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Mais oui, qu’il y a des gens de talent et de conscience voués au bien public ! Mais ils sont pris et paralysés par les jeux de la politique qui sont jeux de hasard (cependant les jeux de hasard sont interdits). Ce sont les plus obscurs, les rancuniers, qui font la loi par le nombre aux meilleurs du lot dans chaque parti. Des joueurs, nous sommes des joueurs ! Il n’y a pas deux vérités, il n’y en a qu’une. L’homme sain la découvrirait sans peine. Des fous ne sauraient s’en contenter.
Et c’est ainsi que la vie et la mort et l’honneur des peuples sont joués aux dés, de même que les habitués jouent à la belote leurs consommations au petit café !
… Avec la Diplomatie d’autres jeux : pour lesquels des nations folles ne fournissent à leurs distingués ministres que des ballons de celluloïd ! L’avantage obtenu vous est demain retiré. Ce que fait aujourd’hui, demain le déliera ! Les peuples n’ont plus de « parole d’honneur », les fous n’ont pas d’honneur.
Et les jeux de la Bourse sont notre reflet. Ils achèvent de nous ruiner après avoir tué la sage Économie.
On s’en prend aux journaux, qui sont ce qu’ils sont. Mais les journalistes sont de qualité. L’opinion veut sans cesse de nouveaux mensonges. Il faut alimenter ce monstre inventé par les temps modernes : l’Actualité, qui exige de savoir les choses au moment où elles se passent, et même auparavant ! Et le papier ne se refuse pas à l’encre.
Quelle divination est exigée des journalistes ! Ils doivent tout prévoir, le temps de la réflexion ne leur est jamais accordé.
L’enthousiasme est ce qui reste de l’innocent, quand l’innocence est passée. Quel est donc leur enthousiasme pour que chaque jour leur paraisse nouveau et qu’ils s’y intéressent, pour qu’ils prêtent l’oreille à chaque nouvelle et « fassent confiance » à chacun de nous.
Cependant ils accordent une option et un sort à toutes les divagations d’une humanité en délire.
Une seule réalité tangible : les faits divers.
Soumis à la plus stricte discipline, les journalistes ne s’appartiennent pas. Eux et les pompiers sont toujours là où est le danger. On ne leur accorde pas d’être malades ni fatigués. Quand ils meurent, c’est sur la brèche (car ils ne se reposent pas plus qu’ils ne s’enrichissent) après avoir pris fait et cause et fabriqué de la gloire pour autrui, après s’être dispersé au gré des feuilles volantes.