‹ Le CrimeChapitre 25 sur 28 · 25

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Ôfemmes ! donneuses de lait, donneuses de sang ! Ô femmes, fontaines de vie ! O femmes ! vous en avez le pouvoir, rompez cette effroyable chaîne de l’hérédité où le bourreau était déjà une victime, où la victime se fait bourreau. Ne permettez plus que votre conception soit un crime, et que vous transmettiez avec le lait et le sang le poison de l’hérédo. Les maux de l’Espèce, vous les souffrez jusqu’au plus secret de vos organes. Ne permettez pas que votre maternité soit saccagée et que vous donniez la mort quand, pour créer des vies nouvelles, vous risquez votre propre vie ! Que votre générosité et vos douleurs ne soient pas trahies ! Ne soyez pas de ces infortunées qui donnent, pour la honte de notre humanité, des enfants couverts de plaies, que l’on retire du corps des mères comme des fruits bons à être jetés au fumier pour y achever leur pourrissement !

Ne craignez pas ce mot d’« hérédo » quand vous le trouverez dans l’héritage des parents qui vous ont tout laissé de ce qu’ils possédaient, le meilleur comme… le moins bon. Peut-être ne savaient-ils pas… peut-être vous ont-ils bien aimés de la même tendresse que vous avez pour vos enfants. S’ils furent honnêtes et braves gens, ils doivent être respectés dans leur mémoire.

Vous qui bercez l’homme et l’enfant, qui accédez à leurs désirs, n’ayez ni peur, ni honte de ce qui fut gagné dans l’acte d’amour. C’est malchance pour le corps mais non souillure de l’âme.

Vous avez joui de l’amour et vous avez donné de l’amour, accepterez-vous de faire un enfant sans lui avoir préparé l’habitacle de votre corps, le recevrez-vous dans une auberge de crime, où vous le nourrirez d’un sang empoisonné ?

Ces mots d’amour qui vous charmèrent et dont le souvenir demeure, passé d’amour, votre enfant chétif, peureux, misérable ou repoussant, votre enfant ne les entendrait pas à son tour. Quand il voudra chercher de l’amour… il ne rencontrerait que la répulsion ou une pitié aussi cruelle que la répulsion !

L’enfant né de vos amours ne connaîtra pas l’amour.

Sauvez la race des hommes dont les volontés sont contradictoires. Sauvez l’Amour car nous n’avons plus la persévérance d’aimer et l’amour est aussi une longue patience !

Et ne permettez plus qu’on vous marie, ainsi que s’accouplent d’obscurs animaux, sans savoir quelles ressources, vous et l’homme, apportez au fonds commun de santé qui sera la vraie richesse du couple et le meilleur apanage des enfants.

N’acceptez pas que votre mariage soit une « loterie ».

N’acceptez pas la contamination pour vous et la déchéance pour les enfants.

C’est le grand crime envers eux, c’est un infanticide !

Exigez qu’on vous soigne, tandis que l’enfant n’est encore qu’à vous, mêlé à vos organes. Exigez, vous en avez le droit. C’est vous qui continuez la race !

Vous n’êtes plus ignorante, vous savez que tout se guérit et qu’un homme loyal, même malade, reste digne de votre amour. Vous devez l’attendre et demeurer pour lui son plus cher espoir. Comme s’il était allé vous chercher une fortune dans quelque mine fabuleuse, en se soignant, il travaille déjà, pour vous et pour le foyer.

Que ce ne soit pas la fin d’un monde, mais le commencement d’une autre race !

Et cette race innocente et purifiée que vous allez concevoir fera grâce à notre souvenir, à cause de nos génies, de nos artistes et de nos héros, à cause de nos gens de pensée et de nos petites gens, à cause de nos martyrs ! qui furent aussi des hérédos !

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