‹ Le CrimeChapitre 6 sur 28 · 06

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Une manière de sadisme oppose l’homme à la femme, cette côtelette de l’homme, comme s’ils étaient des animaux de race différente. Cependant ils sont l’un à l’autre ce que la lionne est au lion, et le chat à la chatte. Il n’est pas pour eux deux sortes de naissance, une même fragile peau les revêt, et la condition humaine est aussi précaire chez l’un que chez l’autre.

Un mauvais levain nous induit en ruses et en cruautés autour de l’amour.

Cet amour que nous avons parfois juré d’éterniser jusque par delà la mort, notre dégénérescence ne nous permet pas de le soutenir. Pourquoi nous lassons-nous si vite de l’objet aimé ! Pourquoi sommes-nous infidèles à l’amour ! Nos nerfs attaqués nous retirent jusqu’au pouvoir d’aimer et de faire le bonheur d’un être, et nous aimons partout… sans apporter ni trouver de bonheur. Celle-là ou celui-là en pleurs, devant la ruine de sa vie et de son foyer après la désertion du partenaire, se lamente : « Et cependant nous avions tout pour être heureux ! » Il ne lui reste plus que ses yeux pour pleurer.

C’est qu’il nous faut trahir afin de contenter notre folie. C’est de la peine d’autrui que se nourrissent quelques-uns. Ils doivent tuer pour respirer et pour vivre, la jalousie fait leur délectation. C’est la malheureuse coutume chez les hérédos.

Avant que la femme soit pour l’homme sa femme, sa maîtresse ou sa servante, sa proie ou sa vamp, elle est d’abord sa sœur en humanité. Et c’est la fraternité, qui devrait conduire leurs rapports. Si, par hasard, cette charité les conduit, on dit alors que c’est le grand amour, l’amour sublime ! Et les amants de cette sorte passent à l’histoire. L’homme le plus fort de ses membres est aussi faible dans son cœur que la plus faible femme. Sa folie est de penser le contraire.

On veut, des femmes, qu’elles soient à la fois décentes et coquettes ! C’est pour qu’elles paraissent sans cesse nouvelles aux yeux de leur Seigneur, sujet à la satiété, que les femmes ont inventé la mode. Pour l’étonner, l’amuser et le garder, elles changent jusqu’à la couleur de leurs cheveux. Ainsi leur mari voit en sa femme une autre femme, et sans la quitter, se plaît à croire qu’il la trompe. Car les hommes sont plus fous que méchants, de même que leurs compagnes. Ils cherchent jusque dans la vieillesse cette femme impossible, ange et démon, cruelle et bonne dans le même temps, qui ne lasserait pas leur curiosité et qui rajeunirait en prenant de l’âge ! Chacun d’eux voudrait en une seule épouser toutes les femmes !

Autant que les dangers qui la pressent, la faveur de l’homme fait à certaines femmes une âme d’esclave. Malheur à la femme seule ! Mais toute femme recherche — et non pas seulement pour l’amour — son frère l’homme… L’homme timide et la femme laide sont également déshérités. La laideur est un luxe qui n’est permis qu’au sexe fort. Pouvoir à son aise être vieille et laide, c’est le repos pour une femme.

Les hommes, parce qu’ils ont la force, ont aussi la direction de toutes les choses de ce monde.

La femme est corvéable et rançonnée, sa tâche n’est jamais close. Elle n’est jamais défatiguée.

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