‹ Le dernier vivant Tome IIChapitre 48 sur 80 · 4.46 N∘ 130

4.46 N∘ 130

(Écriture de Lucien, mais pénible et altérée.)

17 mai.

Ces deux semaines ont été comme un rêve douloureux.

Ma mère est venue hier, toute seule. Elle a pleuré en me voyant. Je dois être bien changé. Elle m’a demandé si je répugnerais à voir un prêtre.

J’ai écrit à Jeanne, comme je t’écris à toi, pour laisser mon cœur parler.

Si nous devions nous retrouver dans l’autre vie…

Voilà maintenant dix-neuf jours que je ne me suis levé. Mes yeux faiblissent ; je ne vois plus bien Paris.

Quand ma mère est partie, elle a parlé au docteur dans l’antichambre. J’ai entendu qu’il lui disait : « Ça peut durer un mois, deux mois, mais ça peut finir brusquement. »

Il me semble que Jeanne est morte. J’ai hâte de mourir aussi.

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