XVIII.
LETTRE CHINOISE ADRESSÉE A LA REINE D'ANGLETERRE.
Cette lettre que nous ne rapportons qu'à cause de la singularité de quelques expressions, a été adressée, en 1839, à sa majesté la reine Victoria, par des commissaires délégués du gouvernement chinois, pour l'engager à supprimer pour toujours le fatal commerce de l'opium, si funeste, disent-ils, au genre humain. Voici cette lettre où ils s'expriment d'une manière aussi cavalière que ridicule par les titres qu'ils se donnent.
«Nous les enfants de la dynastie céleste, qui avons accepté les dix mille royaumes de la terre, nous possédons un degré de majesté divine que vous ne pouvez pas sonder. Ne dites pas que nos avertissements vous ont manqué.
»Vous, Reine, en recevant cette lettre, prenez immédiatement les mesures nécessaires pour empêcher le commerce de l'opium; et faites-les-nous connaître.
»Ne cherchez en aucune manière à user de fausseté ou à éluder nos ordres. Nous ne vous permettons ni des détails, ni des détours.
»Nous nous tenons avec anxiété sur notre orteil en attendant votre réponse.
»Donné la seconde lune de la XIXe année.
Signé LIN, commissaire impérial, président de l'administration de la guerre, vice-roi de Hoo-Kwang.
TANG, l'un des présidents du conseil de guerre, vice-roi de Canton et de Quangse.
E, vice-président du conseil de guerre et gouverneur de Canton.
Voilà de plaisants Chinois avec leur ton grossier et leur style de Rodomont; aussi, le surintendant, jugeant cette pièce par trop impérieuse et trop contraire aux règles de la diplomatie, n'a pas cru devoir la mettre sous les yeux de la Reine.
HUITIÈME OBJET.
QUELQUES DOCUMENTS SINGULIERS EMPRUNTÉS A L'HISTOIRE, A LA LÉGISLATION ET A LA LITTÉRATURE, CHEZ LES ANGLAIS.