VII.
DE LA FATALITÉ ATTACHÉE A CERTAINS PERSONNAGES
DONT LES NOMS COMMENCENT ET FINISSENT PAR LA MÊME LETTRE.
L'histoire offre quelquefois de singuliers rapprochements; celui qui fait l'objet de cet article est du nombre. On a remarqué que la plupart des personnages vraiment historiques, dont le nom commence et finit par la même lettre, ont eu une existence malheureuse et souvent une fin tragique. Voici une petite série chronologique de quelques-uns de ces noms que nous avons réunis comme preuve de cette observation.
AVANT JÉSUS-CHRIST.
Vers l'an 1670, SÉMIRAMIS, Assyrienne, après un règne de quarante-deux ans, rempli de merveilles plus fabuleuses qu'historiques, est tuée, dit-on, par son fils Ninyas, dans le tombeau de Ninus son mari. D'autres prétendent qu'un beau jour elle se déroba à la vue des hommes dans l'espoir de jouir bientôt des honneurs divins; et qu'en effet, après sa mort, elle fut honorée comme une divinité, sous la forme d'une colombe. Dans ce dernier cas, elle aurait moins de droit à figurer dans notre liste.
· · ·
L'an 626, SARACUS, roi de Ninive, est tué au siége de cette ville attaquée par les troupes réunies de Cyaxare, roi des Mèdes, et de Nabopolassar, roi de Babylone. C'est ce même Nabopolassar qui, général des armées de Saracus, alors roi d'Assyrie, en 648, s'était révolté contre lui, et emparé de la partie de l'empire assyrien dont Babylone était la capitale et sur laquelle il a régné 21 ans. Il faut dire que Saracus, successeur de Saosduchin (le Nabuchodonosor de l'Ecriture Sainte), s'était rendu méprisable aux yeux de ses sujets par sa mollesse et le peu de soin qu'il prenait de son empire.
· · ·
En 524, SMERDIS, fils cadet de Cyrus, roi de Perse, fut tué par ordre de Cambyse, son frère aîné, qui occupait le trône après Cyrus. Prexaspe, favori du Roi, fut chargé de cet assassinat. Cambyse survécut très-peu de temps à ce crime, car il mourut en 523 d'une blessure qu'il se fit à la cuisse avec son épée en montant à cheval[53]. Il laissa la réputation d'un tyran furieux; il avait tué, d'un coup de pied dans le ventre, Méroé sa sœur, devenue sa femme et qui était enceinte.
[Note 53: C'est lui qui, portant la guerre en Egypte, et ne pouvant s'en ouvrir l'entrée qu'en se rendant maître de Peluse, plaça pendant l'assaut, au premier rang, des chats, des chiens et d'autres animaux que les Egyptiens révéraient comme sacrés. Les assiégés n'osant tirer sur leurs dieux, ce stratagème ouvrit la porte de la ville aux assiégeants. C'est encore ce prince qui, arrivant à Memphis, fit massacrer tous les prêtres du dieu Apis, et tua lui-même d'un coup de poignard le dieu, qui, comme on le sait, était un superbe bœuf, dont sans doute l'excellent filet fut le régal de l'impie apiscide.]
Aussitôt après l'assassinat de SMERDIS, parut un faussaire, qui, ressemblant au défunt, prit son nom, trompa le peuple, et s'empara de l'autorité, pendant que Cambyse était encore en Egypte. Celui-ci pressa son retour pour punir l'usurpateur, mais il mourut dans l'intervalle. Le faux SMERDIS n'y gagna pas beaucoup; car ayant été reconnu par Phédime, fille d'Otane, pour un mage (à ses oreilles coupées), il fut massacré par sept seigneurs de sa Cour dans le huitième mois de son usurpation.
· · ·
Vers 479, SCOPAS, célèbre athlète grec, avait été vainqueur au pugilat; il fit marché avec le poète Simonide pour que celui-ci célébrât cette victoire dans une pièce de vers. La pièce terminée, Scopas ne voulut plus payer que la moitié du prix convenu, et renvoya pour l'autre moitié aux Tyndarides, c'est-à-dire à Castor et Pollux, qui, ayant été mentionnés dans la pièce, devaient, selon lui, leur portion du prix. Cette insigne mauvaise foi reçut, dit-on, bientôt sa récompense. L'athlète donna un grand festin auquel assistait Simonide. Comme on était à table, un esclave vint avertir le poète que deux hommes couverts de poussière le demandaient à la porte. Simonide sort, et à peine est-il hors de la chambre, que le plafond s'écroule, et ensevelit sous ses décombres Scopas et tous les convives. On ne faisait aucun doute en Grèce que les deux voyageurs ne fussent Castor et Pollux. Aussi le surnom de favori des Dieux resta à Simonide.
· · ·
L'an 285, SELEUCUS, l'un des successeurs d'Alexandre, et premier roi de Séleucie, fut tué d'un coup de poignard que Ceraunus, qui l'accompagnait, lui donna dans le dos. Il était âgé de 63 ans et en avait régné 32.
· · ·
En 225, SELEUCUS II, dit Callinicus, roi de Séleucie, mourut prisonnier d'Arsace, par suite d'une chute de cheval, après 21 ans de règne.
· · ·
En 223, SELEUCUS III, dit Ceraunus, fils du précédent, troisième roi de Séleucie, fut empoisonné par ses premiers officiers, dans la troisième année de son règne.
· · ·
En 196, SCOPAS, d'abord général des Etoliens, puis des troupes de Ptolémée-Epiphane, roi d'Egypte, conspira contre ce prince et fut condamné au dernier supplice avec tous ses complices.
· · ·
En 176, SELEUCUS IV, dit Philopator, mourut aussi empoisonné par Héliodore, après avoir régné onze ans.
· · ·
En 93, SELEUCUS, dit Nicator, également roi de Séleucie, meurt à Mopsueste, ville de Cilicie. Il fut brûlé dans sa maison par les habitants soulevés contre lui. Son règne a été de peu de durée, sept mois en tout.
· · ·
En 71, SPARTACUS, gladiateur, puis célèbre par les victoires qu'il remporta sur les Romains dans la guerre des esclaves révoltés qu'il commandait, finit par succomber à la bataille du Silare où il tomba percé de coups sur un monceau d'ennemis qu'il avait immolés. Avant le combat, il avait tué son cheval à la tête de l'armée, disant que s'il était vainqueur il ne manquerait pas de chevaux, et que s'il était vaincu il n'en avait pas besoin. Il s'était rendu très-redoutable aux Romains par les victoires qu'il avait d'abord remportées sur les deux préteurs Vatinius Glaber et P. Valerius, et ensuite sur les deux consuls Gellius et Lentulus; mais Crassus qui, dans le principe, désespérait de le vaincre, parvint enfin à gagner sur les bords du Silare une victoire qui mit fin aux jours de Spartacus et à la guerre des esclaves. Ce chef de révoltés était doué d'un grand courage, mais à l'héroïsme il joignait la férocité.
· · ·
En 55, SELEUCUS, surnommé Cybiosactes, fils d'Antiochus Eusèbe et de Cléopâtre-Séléné, fut le dernier prince de la race des Séleucides; ayant accepté la couronne d'Egypte et la main de Cléopâtre, il fut étranglé par ordre de cette princesse, à cause de ses inclinations basses et de son excessive passion pour l'argent. C'est lui qui s'empressa de faire mettre le corps d'Alexandre dans un cercueil de verre, pour se saisir de celui d'or massif où il avait reposé jusqu'alors.
· · ·
En 52, Mort de SCAURUS, si connu par le luxe incroyable des jeux qu'étant édile, il donna au peuple romain. Il a eu une vie assez orageuse; accusé de concussion et de vexations, il fut défendu par Cicéron dans une des causes les plus éclatantes qu'ait plaidées cet orateur; aussi Scaurus fut-il absous quoiqu'il ne le méritât guère; mais par la suite, accusé de brigues, il succomba et fut condamné, l'an 700 de R., sans que personne voulût s'intéresser pour lui. Il était fils de M. Emilius Scaurus, prince du sénat.
· · ·
En 43, SEIUS (Cnæus), sénateur romain, fut mis à mort par l'ordre de Marc-Antoine.
Ce Romain laissa dans sa succession un superbe cheval qui était d'une force et d'une beauté si extraordinaires qu'on le disait de la race des fameux chevaux de Diomède, qui furent tués par Hercule; mais une singulière fatalité fut attachée à sa possession: tous ceux à qui il a appartenu, depuis Seius, sont morts également de mort tragique: Dolabella, qui l'eut après Seius, fut tué dans les guerres civiles; Cassius, à qui il passa ensuite, se fit ôter la vie par un esclave; et Marc-Antoine, son dernier possesseur, se tua après la bataille d'Actium; aussi par la suite le nom de ce cheval, equus Seianus, passa en proverbe pour désigner ceux qui étaient en butte aux coups de la fortune et qui finissaient malheureusement: «Il a, disait-on, le cheval de Seius.»
DEPUIS JÉSUS-CHRIST.
L'an 31, SEJANUS (Ælius), ministre et favori de Tibère, est étranglé par ordre de son maître.
· · ·
En 43, ABIA, roi d'Arabie, étant entré dans une conspiration contre Izate, roi d'Adiabène, se tue au moment où l'on allait le faire prisonnier.
· · ·
En 68, NÉRON (L. Domitius), ce monstre couronné, souillé de tous les vices et de tous les crimes, se poignarde pour échapper au supplice de la roche Tarpéienne.
· · ·
En 79, SABINUS, prince gaulois, caché si long-temps dans les environs de Langres, nourri par les soins de sa digne Eponine, au fond d'une caverne, est condamné à mort et exécuté par ordre de Vespasien, pour s'être fait proclamer César par ses soldats, neuf ans auparavant, dans le moment que Vespasien venait d'être salué empereur.
· · ·
En 211, SEPTIMIUS SEVERUS, empereur, cruel persécuteur des chrétiens, après avoir échappé aux poignards de Caracalla, est réduit à se faire mourir. Une indigestion fut l'instrument de mort qu'il préféra.
· · ·
En 255, SEVERUS (Alexander), empereur, successeur d'Héliogabale, l'an 222, fut massacré, à l'âge de vingt-six ans, par ses soldats, que le barbare Maximin, comblé de ses faveurs, avait excités à la révolte.
· · ·
En 257, le pape ETIENNE (STEPHANUS), élu en mars 253, reçut la couronne du martyre sous Valérien.
· · ·
En 258, SEXTUS II, successeur d'Etienne, eut également la palme du martyre sous le même empereur. Cette persécution est la huitième; elle dura quarante-deux mois.
· · ·
En 507, l'empereur SEVERUS (Flavius Valerius) périt de mort violente par ordre de Maximin Hercule. Il fut étranglé selon les uns; d'autres prétendent qu'on lui permit de s'ouvrir les veines.
· · ·
En 453, ATTILA, surnommé le fléau de Dieu, mourut d'une hémorragie à Strasbourg, en retournant dans ses états.
· · ·
En 584, CHILPÉRIC, digne époux de la cruelle Frédégonde, est assassiné à Chelles. Grégoire de Tours l'appelle l'Hérode, le Néron de la France.
· · ·
En 619, le patrice ELEUTHÈRE, exarque de Ravenne, ayant voulu se faire couronner empereur, est massacré par son armée sur la route de Ravenne à Rome.
· · ·
En 673, CHILDÉRIC II, roi d'Austrasie, est assassiné, à l'âge de 24 ans, par Bodilon, jeune seigneur qu'il avait fait fouetter. La reine Blichilde, qui était enceinte, est également égorgée par ce Bodilon.
· · ·
En 708, le pape SISINNIUS, mourut subitement le 18 janvier, après vingt jours de règne.
· · ·
En 752, CHILDÉRIC III, est déposé, rasé et renfermé dans le monastère de Saint-Bertin à Saint-Omer, où il mourut en 755. Il eut pour successeur Pepin-le-Bref, maire du palais de Neustrie et de Bourgogne depuis 741, de toute la monarchie en 747, et proclamé roi des Français dans l'assemblée tenue à Soissons au mois de mars 742.
· · ·
En 755, ABDALLA, le premier des Khalyfes Abbassides, fut tué dans l'Irâc, par ordre de Mansour. C'était un prince d'un grand courage, mais d'une cruauté plus grande encore. Ayant vaincu les Ommiades, plusieurs princes de cette maison vinrent se soumettre; se fiant à son serment, ils se rendent à un grand festin auquel il les invite; mais à peine ont-ils pris place, qu'ils sont égorgés par des assassins. Aussitôt des tapis sont étendus sur les cadavres qui servent de tables aux meurtriers. ABDALLA ne respecta pas même l'asile des morts; il fit ouvrir à Damas le tombeau des Ommiades, et le corps du Khalyfe Héchâm ayant été trouvé intact, il le fit mettre en croix, ensuite le fit brûler, et ses cendres furent jetées au vent.
· · ·
En 824, EUGÈNE II, fut élu pape, mais son élection fut troublée par l'ordination d'un antipape nommé Zizime, soutenu par la noblesse. Cela causa du trouble; il fut apaisé par l'empereur Lothaire qui vint à Rome. Pendant son séjour dans cette capitale, ce prince réclama plusieurs terres injustement confisquées au profit de l'Eglise, et en ordonna la restitution; Eugène y consentit. Ce pape n'a occupé le trône pontifical que pendant trois ans; il est mort au mois d'août 827. On lui attribue l'établissement de l'épreuve par l'eau froide, dont le P. Mabillon a donné l'explication dans ses Vet. Analect., Parisiis, 1723, in-fol.
· · ·
En 897, le pape ETIENNE VI, qui pendant son court pontificat avait exercé de grandes violences, fut jeté dans une obscure prison, chargé de fers, puis étranglé. Il a régné à peine 14 mois.
· · ·
En 911, SERGIUS III, pape de 904 à 911, ne parvint au Saint-Siége qu'après beaucoup de peines et de traverses. Dès 898, à la mort de Théodore II, il avait eu une partie des suffrages des Romains; mais il fut obligé de fuir en Toscane où il resta caché jusqu'en 904, qu'il revint à Rome. Il y fut nommé en place de Christophe qu'il chassa, et ce Christophe avait lui-même chassé Léon V, son prédécesseur. Sergius III a occupé le trône pontifical pendant sept ans; Frodoard a fait l'éloge de son gouvernement; mais le satirique Liutprand, suivi par Baronius, est le seul ancien qui l'accuse d'un commerce coupable avec la fameuse Marozie. (V. l'Art de vérifier les Dates, in-8º, tom. III, p. 315.)
· · ·
En 981, OTTO II, dit le Sanguinaire, empereur d'Occident, se rend à Rome et fait préparer au Vatican un festin somptueux auquel il invite les grands seigneurs, les magistrats et les députés des villes d'Italie. A peine est-on à table, qu'une troupe de gens armés entre brusquement dans la salle, se jette sur ceux dont les noms sont inscrits sur une liste de proscription, les traîne dehors et les égorge. Deux ans après (le 7 décembre 983), Otto meurt à Rome, empoisonné, dit-on, après avoir régné dix ans, et avoir commis beaucoup d'autres cruautés[54].
[Note 54: OTTO, son père, dit le Grand, qui a régné de 936 à 973, était très-sévère, mais pas aussi cruel que son fils. Les Romains ayant enfermé le pape Jean XIII au château Saint-Ange, puis l'ayant chassé de Rome, Otto le fit réintégrer, et condamna à diverses peines et supplices ceux qui avaient pris part à cette révolte. On fit grâce de la vie au Préfet de Rome nommé Pierre; mais la punition ignominieuse qu'on lui infligea ne fut-elle pas pire que la mort? On commença par lui couper la barbe, objet de grande vénération dans ce temps; puis on le pendit par les cheveux au cheval de la statue de Constantin; ensuite on le mit à rebours sur un âne; on lui attacha une outre sur la tête, puis deux autres aux cuisses; et, dans cet état, on le promena par la ville, le frappant de verges et l'exposant à toutes les railleries et à toutes les insultes de la populace; enfin on le jeta dans une prison obscure d'où il ne sortit, après un long séjour, que pour être banni loin de Rome.
Cet empereur Otto ne jurait que par sa barbe dont il prenait le plus grand soin et qui lui descendait jusqu'à la ceinture.
C'est sous son règne que l'on infligeait différentes peines singulières suivant la diversité des états. Le Harnescar était la punition de la haute noblesse; elle consistait à porter un chien sur les épaules l'espace d'une ou deux lieues; la petite noblesse était condamnée à porter une selle de cheval; le clergé, un gros missel; et la bourgeoisie une charrue, mais toujours à pareille distance. Ces détails ne me sont parvenus qu'après la publication de La Selle chevalière, Dijon, 1836, in-8º.]
En 1071, EUDOXIE, impératrice d'Orient, fut réléguée par Jean Ducas, dans un couvent où elle termina ses jours vers 1097. C'était une femme savante; elle fit une espèce de dictionnaire intitulé Ionia seu Violarium, que M. Dansse de Villoison a publié avec des notes et des dissertations curieuses, dans le premier volume de ses Anecdota græca, Venetiis, 1781, 2 vol. in-4º. Ce traité d'Eudoxie, relatif aux généalogies des Dieux, des héros et héroïnes, renferme tout ce que l'on a dit de plus curieux sur le paganisme.
· · ·
En 1147, le Pape EUGÈNE III, élève de S. Bernard, eut un pontificat très-orageux. Trois fois, il fut obligé de quitter Rome; il se retira en France, l'asile ordinaire des Papes et des Princes persécutés. Il séjourna à Cluny, à Dijon, où le roi Louis-le-Jeune vint au devant de lui; à Citeaux, à Paris, à Châlons-sur-Marne, à Verdun, etc.; enfin il rentra à Rome en 1152, et y mourut le 8 juillet 1153.
· · ·
En 1154, ROGER, premier roi de Sicile, mourut à l'âge de 58 ans, après un règne très-agité; il attira sur l'Italie le fléau des guerres qu'y firent les empereurs d'Orient et d'Occident qu'il avait provoqués.
· · ·
En 1265, NAPOLÉON della Torre, se fit proclamer Seigneur de Milan. Après s'être déclaré contre les nobles et en avoir fait périr plusieurs, il fut fait prisonnier avec Mosca son fils, par l'archevêque Otto Visconti, en 1276; puis, dépouillé de son titre, il mourut en prison en 1283.
· · ·
En 1439, EUGÈNE IV, élu pape le 3 mars 1431, fut déposé par le concile de Bâle, qui nomma en sa place Amédée, Duc de Savoie. Eugène ne vit point la fin de ce schisme et mourut le 23 février 1447, après un pontificat fort orageux.
· · ·
Vers 1570, mourut SARTORIUS, savant Hollandais, né à Amsterdam vers le commencement du XVIe siècle; il possédait et enseignait les langues latine, grecque et hébraïque. Ses opinions religieuses lui attirèrent des persécutions; il embrassa la Réforme vers 1558 et devint ministre évangélique à Delft et à Noordwick: il passe pour un des premiers restaurateurs de la langue hollandaise. Il s'est fait à lui-même cette épitaphe:
Hac ego sum tumulatus humo Sartorius, ortum Cui primum tellus Amsterodama dedit. Ingenium colui variè, docuique juventam Omnigenas artes, quippe triglottos eram. Sed postquam virtus, duris exercita fatis, Destituit corpus, spiritus astra tenet.
Ce savant n'est connu que sous le nom de Sartorius; mais son nom de famille était Jean Schneider. Hadrien Junius a dit de lui qu'il était sorti plus de savants de son école que de héros du cheval de Troie.
· · ·
En 1590, le Pape SIXTUS V (Sixte-Quint) mourut très-peu regretté des Romains à cause de son excessive sévérité qui allait parfois jusqu'à la cruauté, et des grands impôts dont il accablait le peuple. Aussi, après sa mort, le peuple se vengea en brisant la statue qu'on lui avait érigée de son vivant; et le sénat décréta qu'il ne serait plus érigé de statues à aucun pape durant sa vie.
· · ·
En 1704, STANISLAS Leczinski est élu roi de Pologne, en place de Frédéric-Auguste déposé; mais par suite des troubles qui agitèrent le royaume, et du rétablissement de Frédéric-Auguste, STANISLAS fut obligé de fuir et de quitter ses Etats en 1710. Elu une seconde fois en 1733, il abdiqua trois ans après, en 1736, et se retira en France au mois de juin de la même année. Il fut reconnu duc de Lorraine et de Bar en 1737. Sa fille unique, Marie-Charlotte-Sophie-Félicité Leczinska avait été mariée à Louis XV le 15 août 1725. STANISLAS périt à Nancy par accident, (le feu ayant pris à sa robe de chambre), le 23 février 1766. Il était âgé de 83 ans.
· · ·
En 1820, LOUVEL (Louis-Pierre), employé dans les écuries du Roi comme sellier, poignarde le duc de Berry, âgé de 42 ans, à dix heures du soir, le 13 février, à la porte de l'opéra, à Paris. Le prince ne survit que quelques heures à sa blessure, malgré les soins empressés du célèbre Dupuytren. Le misérable assassin est condamné à mort par arrêt de la Cour des pairs du 6 juin de la même année 1820, et il est exécuté le lendemain 7, à l'âge de 37 ans.
· · ·
En 1821, NAPOLÉON Bonaparte, empereur des Français, après un règne des plus éclatants, qui a duré dix ans (du 18 mai 1804 au 11 avril 1814), meurt en exil à l'île Sainte-Hélène, le 5 mai. Il a vécu 51 ans 8 mois et 20 jours.
· · ·
En 1832, NAPOLÉON Bonaparte (François-Charles-Joseph), né de l'empereur Napoléon, et de l'archiduchesse Marie-Louise, le 20 mars 1810, meurt à Schœnbrun le 22 juillet 1832.