‹ Le monde de la merChapitre 144 sur 247 · III

III

La quantité de sang que font perdre les Sangsues de mer est, en définitive, peu considérable relativement à la corpulence de l'animal sucé. Le plus souvent, ce dernier ne semble pas s'apercevoir de la voracité de son parasite. Il est à peine affaibli, il n'est jamais épuisé. On serait même tenté d'admettre qu'à certaines époques, les très-petites saignées qu'on lui pratique le rendent plus leste, plus dispos et lui donnent plus d'appétit!

O bonne, ô sainte, ô divine saignée!

(J. DU BELLAY.)

On l'a dit avec raison, les parasites s'attaquent moins à l'organisme qu'à ses produits surabondants. (Van Beneden.)

Ce qui constitue surtout le parasitisme (qu'on nous passe ce mot), c'est le fait remarquable, que l'individu vivant aux dépens d'un autre individu ne fait pas périr ce dernier; à moins de circonstances particulières, lesquelles, par bonheur, se rencontrent rarement. S'il n'en était pas ainsi, l'espèce du parasite, ou celle de l'animal qui le nourrit, devrait nécessairement disparaître, conséquence contraire aux lois essentiellement harmoniques qui régissent l'univers.

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