‹ Le monde de la merChapitre 180 sur 247 · II

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La pêche de la Morue forme la source principale des richesses de Granville, Saint-Malo, Saint-Brieuc, dans les départements de la Manche, de l'Ille-et-Vilaine et des Côtes-du-Nord.

Les Anglais et les Américains se livrent à cette lucrative industrie avec la même ardeur que les Français.

C'est principalement sur le banc de Terre-Neuve qu'on va chercher ce précieux poisson.

La Morue y arrive au printemps.

La quantité des poissons qui s'y rassemblent est vraiment phénoménale. Il y a plus de trois siècles que toutes les nations du monde s'y donnent rendez-vous, y viennent prendre des chargements considérables, et l'on n'y a pas encore constaté de diminution sensible.

En 1578, la France avait, sur le banc de Terre-Neuve, 150 navires; l'Espagne, 125; le Portugal, 50, et l'Angleterre, 40.

Pendant la moitié du XVIIIe siècle, la pêche fut exploitée par les Français, les Anglais et les Américains.

Le relevé de neuf années, commençant avec 1823 et finissant avec 1831, nous a appris que la France avait envoyé à Terre-Neuve 341 navires jaugeant 36 680 tonneaux, montés par 7085 matelots. Ces navires ont exporté 25 718 466 kilogrammes de poisson, dont 8 974 238 salé, 16 744 228 de Morue verte, et 1 217 008 d'huile. En estimant à 20 francs le quintal métrique de poisson, et à 100 francs celui de l'huile, nous trouvons un chiffre de 6 360 746 francs par année moyenne.

On assure que l'Angleterre emploie annuellement près de 2000 navires et environ 30 000 marins à la pêche de la Morue.

On dit que les Américains mettent en mouvement, pour la même industrie, 3000 navires et 45 000 marins.

On a calculé que les navires anglais et américains rapportent chacun, en moyenne, 40 000 poissons.

La Hollande n'est pas en arrière des autres nations. Elle a exporté, en 1856, 1 172 203 kilogrammes de ce poisson préparé de différentes manières; en 1857, 1 297 666 kilogrammes; en 1858, 1 702 431, et en 1859, 1 507 788.

Sur les côtes de la Norvége, depuis la frontière de la Russie jusqu'au cap Lindesness, la pêche de la Morue forme la source d'une industrie et d'un commerce extrêmement considérables. Elle dure environ trois mois. On évalue à plus de 20 millions le nombre de Morues qu'elle procure à la consommation.

Dans ce pays, cette pêche occupe plus de 20 000 pêcheurs, montés sur au moins 5000 bateaux. Elle se fait à une distance de deux lieues norvégiennes (15 au degré) de la terre, dans une profondeur de 100 à 160 mètres.

D'après le rapport officiel fait au roi de Suède par l'inspecteur en chef de la pêche à Lofoden, on a mis en mer, en 1856, 4623 bateaux, et en 1860, 5675. Cette dernière année, on a employé 3453 appareils de profondeur, 7775 pêcheurs à la ligne, et 13 038 pêcheurs au filet.

Suivant le même rapport, on a salé, cette même année, à l'est de Lofoden, 10 080 000 Morues fendues, et à l'ouest, 2 640 000. On estime les poissons ronds, c'est-à-dire les Morues non fendues, à 9 000 000. Si l'on ajoute à ces chiffres les Morues consommées pendant la pêche, on arrivera au total de 24 millions.

Les œufs obtenus en 1860 ont rempli 16 000 tonneaux, et l'huile, 40 000.

Les côtes de l'Islande sont aussi très-riches en Morues.

La France a fourni pour la pêche de ce poisson: en 1860, 210 bâtiments et 3275 hommes; en 1861, 222 bâtiments et 3602 hommes, et en 1862, 232 bâtiments et 3741 hommes. Le port de Dunkerque seul a donné, cette dernière année, 134 navires et 2157 marins.

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