‹ Le monde de la merChapitre 181 sur 247 · III

III

On prend les Morues, soit avec des filets, soit avec des lignes.

Le filet employé à Terre-Neuve est une seine, grand filet rectangulaire garni de plomb au bord inférieur et de liége au bord supérieur. On en fixe une extrémité près de la côte, et, avec un bateau, on va porter l'autre extrémité en pleine mer, ayant soin de décrire une courbe, laquelle enferme le poisson dans un enclos circulaire. En tirant sur les deux extrémités, des hommes entraînent tout le poisson. Un seul coup en donne quelquefois la charge de plusieurs bateaux. On conçoit que ce genre de pêche ne peut se pratiquer que le long d'une côte.

En Norvége, chaque bateau porte ordinairement soixante filets de 40 mètres de longueur sur 7 mètres de profondeur. Ces filets sont mis à la mer le soir, et n'en sont retirés que le matin. On en dispose à la fois vingt à trente, noués les uns aux autres. Sur le halin ou haussière, et à 2 mètres l'une de l'autre, sont fixées des pierres qui tiennent les filets en place. En outre, des bouées, formées de sphères de verre, de liége ou de bois, maintiennent la partie supérieure des filets à une distance déterminée de la surface de la mer. A chaque bout, se trouve un petit baril portant le nom du propriétaire. (Baars.)

Tout le monde connaît l'organisation des lignes. On les tend le jour et la nuit, par dix ou douze à la fois.

Chaque bateau norvégien en porte une vingtaine, armées chacune de deux cents hameçons.

On se sert, pour appât, de Harengs salés, et quand ils manquent, de rogues de Morue, ou même de petits morceaux de ce poisson.

A Terre-Neuve, chaque pêcheur est muni de deux lignes, qu'il tient à droite et à gauche du bateau. Il arrive souvent que pendant qu'il en retire une, un poisson mord à l'autre, et ainsi de suite. On a vu des pêcheurs habiles prendre chacun jusqu'à quatre cents Morues dans un jour, ce qui est un terrible travail pour leurs bras. Ces lignes sont appelées lignes de main. On nomme lignes de fond, celles qui consistent en cordes très-fortes, sur lesquelles on fixe un certain nombre de lignes partielles armées chacune d'un hameçon. A l'une des extrémités de la corde est attachée une petite ancre à plusieurs pattes (grappin), qui l'entraîne au fond de l'eau, et l'on fixe une autre ancre à l'autre bout. Chacune de ces ancres tient à un petit câble (orin) amarré à une bouée de liége. On peut disposer ainsi deux à trois mille hameçons.

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