‹ Le monde de la merChapitre 49 sur 247 · II

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Les Polypiers Hydraires sont de faux Polypiers. Des travaux modernes ont appris que ces arborisations sont, pour la plupart, une forme dégradée et transitoire des Méduses. La Méduse fait le Polypier; le Polypier fera la Méduse.

Les Polypiers Hydraires sont très-abondants sur nos côtes. Ils appartiennent au groupe des Tubulaires, des Campanulaires, des Sertulaires...

La Tubulaire chalumeau est un Polypier des plus curieux. Ses tiges, nombreuses, sont cornées, jaunes et marquées d'espace en espace de nœuds inégaux; elles ressemblent à des brins de paille. Leur partie inférieure est tortueuse et très-adhérente aux corps étrangers; la partie supérieure est à peu près droite, ou mieux, légèrement flexueuse. L'ensemble représente un végétal fleuri, sans feuilles ni rameaux.

Au sommet de chaque tige, se développe une double corolle écarlate de quinze à trente-cinq pétales par rangée, les extérieurs étalés, les intérieurs relevés en houppe. Un peu au-dessous paraissent les ovaires, qui pendent, quand ils sont mûrs, comme des grappes orangées. Au bout d'un certain temps, les corolles se flétrissent, tombent et meurent. Un bouton les remplace, lequel produit un nouveau Polype; et ainsi de suite. Cette succession détermine l'allongement des tiges, chaque prétendue fleur élevant un peu le tube qu'elle termine, et chaque addition ajoutant un nœud de plus à l'axe qu'elle allonge.

[Illustration: TUBULAIRE CHALUMEAU

(Tubularia indivisa, d'après Dalyell).]

La Tubulaire rameuse est une des productions animales les plus singulières et les plus intéressantes. Parfois elle ressemble à un vieil arbre ruiné par le temps; d'autres fois elle rappelle un vigoureux arbrisseau en miniature, tout fleuri, élevant au-dessus d'une tige brun foncé un grand nombre de branches et de rameaux touffus, que terminent autant de petites Hydres d'un beau jaune ou d'un rouge éclatant.

[Illustration: CAMPANULAIRE

(Campanularia dichotoma, d'après Dalyell).]

Les Campanulaires diffèrent davantage. Les bouts de leurs branches par où sortent les Polypes sont élargis en forme de clochettes.

L'espèce appelée dichotome est une des plus délicates et des plus élégantes. Elle offre une tige mince comme un fil de soie, résistante, élastique et brune. Les Polypes sont assez nombreux. Sur une arborisation haute de 20 centimètres, il en existe peut-être douze cents.

[Illustration: SERTULAIRE

(Sertularia [Plumularia] falcata, d'après Dalyell).]

Les Sertulaires sont encore des Polypiers Hydraires. Ceux-ci ont une tige cornée, tantôt simple, tantôt rameuse: on les prendrait pour de petites plantes. Leur nom est dérivé du latin sertum (bouquet). On peut les comparer à des arbustes en miniature, à branches flexibles, demi-transparentes et jaunâtres.

[Illustration: SERTULAIRE ARGENTÉE

(Sertularia argentea, d'après Dalyell).]

Dans chaque Sertulaire, il y a sept, huit, douze, vingt petits panaches, contenant chacun cinq cents animalcules, ce qui fait jusqu'à dix mille Polypes par association. On assure que, dans un pied de Sertulaire argentée, il existe au moins cent mille individus.

Le Sertularia falcata rappelle, par l'élégance de son port et la délicatesse de ses rameaux, les plus belles Mimoses. Ce Polypier fait partie aujourd'hui des Polypiers Bryozoaires.

Les petites cellules qui logent les Polypes ne sont pas toujours distribuées de la même manière. Il y en a tantôt des deux côtés, tantôt d'un seul. Quelquefois elles se groupent comme de petits tuyaux d'orgue; d'autres fois elles s'enroulent en spirale autour de la tige, ou forment çà et là des anneaux horizontaux.

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