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CHAPITRE XVII.

LA SURPRISE.

Nous avons laissé l'aventurier sous le coup imprévu d'une passion aussi subite que sincère, et attendant avec impatience l'explication, peut-être même les espérances que la Barbe-Bleue devait lui donner.

Après avoir pris son repas, qui lui fut respectueusement servi par Angèle, au grand désespoir du chevalier, le Caraïbe alla gravement s'asseoir au bord du petit lac, à l'ombre épaisse d'un palétuvier qui croissait sur sa rive; puis, mettant les coudes sur ses genoux, appuyant son menton dans la paume de ses deux mains, Youmaalë, semblant regarder l'espace, resta longtemps immobile dans cette sorte de paresse contemplative si chère aux peuples sauvages.

Angèle était rentrée chez elle.

Le chevalier se promenait pensif dans le parc, jetant quelquefois un coup d'oeil jaloux et courroucé sur le Caraïbe.

Impatienté du silence et de l'immobilité de son rival, espérant peut-être en tirer quelques renseignements. Croustillac vint se placer auprès d'Youmaalë. Celui-ci ne parut pas l'apercevoir.

Croustillac toussa, s'agita; même immobilité de la part du Caraïbe.

Enfin, le chevalier, dont la patience n'était pas la vertu favorite, lui toucha légèrement l'épaule en lui disant:

--Que diable regardez-vous donc là depuis deux heures? le soleil va bientôt se coucher et vous n'avez pas encore fait un mouvement.

Le Caraïbe retourna lentement la tête du côté du chevalier, le regarda fixement sans cesser d'appuyer son menton dans la paume de ses mains, puis il reprit la position qu'il avait et resta muet.

L'aventurier rougit de colère et lui dit:

--Mordioux!... quand je parle j'aime qu'on me réponde.

Même silence de la part du Caraïbe.

--Ces grands airs-là ne m'imposent pas, s'écria Croustillac, je ne suis pas de ceux que l'on mange tout vivants, je pense?

Même silence.

--Mordioux! s'écria l'aventurier, savez-vous qu'à la fin, tout cannibale que vous êtes, je pourrais bien vous faire prendre un bain dans ce lac en manière de leçon de politesse et à cette fin de vous civiliser, monsieur le sauvage?

En disant ces mots, le chevalier s'approcha du Caraïbe d'un air menaçant.

Youmaalë se leva gravement, jeta un regard dédaigneux sur le chevalier, puis lui montra du doigt une énorme souche de bois d'acajou à racines contournées, qui formait le siège rustique sur lequel il était assis.

--Eh bien! après? demanda le chevalier, je vois cette souche, je ne comprends pas votre signe, à moins qu'il ne signifie que vous êtes aussi sourd, aussi muet, aussi impassible que cette souche.

Sans lui répondre, le Caraïbe se baissa, prit le tronc d'arbre entre ses bras nerveux, le jeta dans l'étang, et, d'un geste significatif, sembla dire à Croustillac: Voilà comme je puis vous traiter.

Puis Youmaalë s'éloigna lentement sans que sa physionomie eût, pendant cette scène, révélé la moindre émotion.

Le chevalier était resté stupéfait de cette preuve de force extraordinaire; car ce bloc d'acajou lui avait paru et était en effet si pesant, que deux hommes auraient pu difficilement accomplir ce que venait de faire le Caraïbe.

Son étonnement passé, le chevalier courut sur les pas du sauvage et s'écria:

--Est-ce à dire que vous m'auriez jeté dans le lac comme vous avez jeté cette souche?

Le Caraïbe, sans s'arrêter dans sa marche grave et silencieuse, baissa la tête en manière de signe affirmatif.

--Après tout, se dit Croustillac en s'arrêtant, ce mangeur de missionnaire ne manque pas de bon sens; je l'ai menacé le premier de le jeter à l'eau, et d'après ce que je viens de voir de sa vigueur, je suis forcé de convenir que j'aurais eu de la peine, et puis c'eût été une manière déloyale de se débarrasser d'un rival... Ah! cette soirée tarde bien à venir! Dieu merci, voici le soleil couché, bientôt la nuit sera venue, la lune levée, et je saurai mon sort; la veuve me dira tout, je pénétrerai enfin tous ces profonds mystères qui me sont cachés... Ruminons encore ce sonnet que je réserve pour un grand effet... Il est destiné à peindre la beauté de ses yeux... Peut-être n'a-t-elle jamais entendu de sonnet... Peut-être sera-t-elle sensible au bel esprit... Mais non, non, je n'aurai pas ce bonheur...

Croustillac commença à déclamer ces vers en marchant à grands pas:

Ce ne sont pas des yeux... ce sont plutôt des dieux! Ils ont dessus les rois la puissance absolue. Dieu... non... ce sont des cieux...

L'aventurier ne put terminer ce vers, Mirette vint le prévenir que sa maîtresse l'attendait pour souper.

Le Caraïbe ne soupant pas, Croustillac fit ce repas tête-à-tête avec la veuve: elle semblait rêveuse et parlait peu, plusieurs fois elle tressaillit involontairement.

--Qu'avez-vous, madame? dit Croustillac, qui était lui-même préoccupé.

--Je ne sais... de singuliers pressentiments, mais je suis folle. C'est votre physionomie taciturne qui me donne des vapeurs, ajouta-t-elle avec un sourire forcé; voyons, égayez-moi donc un peu, chevalier. Youmaalë est sans doute à cette heure en adoration devant certaines étoiles, et je suis étonnée de ne pas le voir. Mais il dépend de vous de me faire oublier sa présence.

--Voilà une merveilleuse occasion de placer mon sonnet, se dit le Gascon. Si j'osais, madame, je vous réciterais quelques petits vers qui pourraient peut-être... vous distraire...

--Des vers... Comment! vous êtes poëte, chevalier?

--Tous les amoureux le sont... madame.

--C'est-à-dire que vous êtes amoureux... pour avoir le droit d'être poëte.

--Non, dit tristement Croustillac, je suis amoureux pour avoir le droit de souffrir...

--Et de chanter votre douloureux martyre... Voyons les vers...

--Ces vers, madame, font tout ce qu'ils peuvent pour peindre deux yeux bleus... bleus... et beaux... tout comme les vôtres... c'est un sonnet...

--Voyons ce sonnet.

Et Croustillac récita les vers suivants d'un ton tour à tour langoureux et passionné:

Ce ne sont pas des yeux, ce sont plutôt des dieux! Ils ont dessus les rois la puissance absolue. Dieux... non; ce sont des cieux... ils ont la couleur bleue Et le mouvement prompt comme celui des cieux.

--Il faudrait pourtant choisir, chevalier, dit la Barbe-Bleue. Sont-ce des yeux des dieux ou des cieux?

Croustillac reprit avec un merveilleux à propos.

Cieux! non; mais deux soleils clairement radieux, Dont les rayons brillants nous offusquent la vue. Soleils... non; mais éclairs de puissance inconnue Des foudres de l'amour signes présagieux.

--Décidément, chevalier, je voudrais savoir à quoi vous vous arrêtez... soleils... je l'avoue... me plaisait assez... dieux aussi...

Croustillac continua avec une molle langueur:

Ah! s'ils étaient des dieux feraient-ils tant de mal? Si des cieux... Ils auraient leur mouvement égal; Deux soleils ne se peut, le soleil est unique...

--Ah! mon Dieu... chevalier, voici que vous me ravissez maintenant toutes ces charmantes comparaisons... il ne me reste plus qu'éclairs...

Croustillac secoua la tête...

Éclairs... non; car ceux-ci durent trop et trop clairs; Toutefois, je les nomme afin que je m'explique, Des YEUX... des DIEUX... des SOLEILS... des ÉCLAIRS...

--A la bonne heure... au moins, chevalier, dit Angèle en riant, vous me rendez mon bel écrin de comparaisons, et je n'ai qu'à choisir... aussi je garde tout... dieux... cieux... soleils... éclairs...

L'aventurier regarda un moment la Barbe-Bleue en silence, puis il dit avec un accent de tristesse si vraie que la petite veuve en fut frappée:

--Vous avez raison... madame... ce sonnet est ridicule... vous faites bien de vous en moquer... Que voulez-vous... j'ai du malheur... je suis bien puni de ma folle présomption... de mon étourderie...

--Ah! chevalier... chevalier, vous oubliez mes recommandations... je vous ai dit de m'égayer... de m'amuser...

--Et si je souffre, moi?... et si, malgré mes dehors grotesques, je ressens un chagrin cruel... comment puis-je faire le bouffon?

L'aventurier prononça ces paroles sans emphase, mais d'un ton pénétré, d'une voix émue...

Angèle le regarda avec étonnement, et elle fut presque touchée de l'expression de la physionomie du chevalier. Elle se reprocha d'avoir pris pour jouet cet homme qui, après tout, ne paraissait pas manquer de coeur, de courage et de bonté; ces réflexions ramenèrent la jeune femme dans un cercle de pensées mélancoliques. Malgré l'effort passager qu'elle avait fait pour être gaie et pour rire du sonnet du Gascon, elle se sentait agitée par d'inexplicables pressentiments, obsédée par des craintes vagues, comme si elle avait eu l'instinct des dangers qui grondaient autour d'elle.

Croustillac était tombé dans une rêverie douloureuse...

Angèle leva les yeux sur lui, elle en eut pitié; elle ne voulut pas prolonger plus longtemps la mystification dont il était victime; elle sortit brusquement de table, et lui dit d'un air sérieux:

--Venez, nous causerons dans le jardin, monsieur, et nous irons retrouver Youmaalë. Son absence me tourmente. Je ne sais, mais je me sens oppressée comme si un violent orage allait éclater sur cette maison.

La veuve sortit du salon, le chevalier lui offrit son bras, tous deux descendirent en se promenant les différentes rampes du jardin.

L'aventurier était si touché de l'état d'anxiété où il voyait Angèle, il conservait si peu d'espérance... qu'il osait à peine lui rappeler la promesse que celle-ci lui avait faite. Enfin il lui dit avec embarras:

--Vous m'avez promis, madame, de m'expliquer le mystère de...

La Barbe-Bleue interrompit le chevalier et lui dit:

--Écoutez-moi, monsieur; que ce soit faiblesse d'esprit ou prévision, je me sens de plus en plus agitée, il me semble qu'un malheur me menace; pour rien au monde je ne voudrais à cette heure, et dans la disposition d'esprit où je suis, prolonger à vos dépens une plaisanterie qui n'a que trop duré.

--Une plaisanterie, madame?

--Oui, monsieur; mais, je vous en prie, descendons encore cette terrasse. Ne voyez-vous pas Youmaalë là-bas.

Non, madame; la nuit est claire pourtant, mais je n'aperçois personne... Vous me disiez donc, madame, qu'une plaisanterie...

--Oui, monsieur, j'avais su par le père Griffon, notre ami, que vous aviez l'intention de venir me proposer votre main; j'ai envoyé le boucanier à votre rencontre... en le chargeant de vous amener ici... Je vous ai accueilli avec l'intention, je vous l'avoue, et je vous en demande pardon, de m'amuser un peu à vos dépens...

--Mais, madame... ce soir même vous deviez m'expliquer le mystère de votre triple veuvage... la mort de vos maris, la présence successive du flibustier, du...

Angèle interrompit encore le Gascon en lui disant:

--N'entendez-vous pas marcher?... N'est-ce pas Youmaalë?

--Je n'entends rien, dit Croustillac navré de voir ses espérances ruinées, quoique pourtant il s'attendît à tout depuis qu'un véritable amour avait éteint sa sotte et ridicule vanité.

--Avançons encore, reprit la Barbe-Bleue, le Caraïbe est peut-être dans le bois d'orangers près du bassin.

--Mais, madame, ce mystère?...

--Ce mystère, reprit Angèle, s'il en est un... ne peut pas... ne doit pas être pénétré par vous... ma promesse de vous découvrir ce soir ce secret était une plaisanterie dont j'ai honte maintenant, je vous le répète... et si j'avais tenu cette folle promesse, c'eût été en vous rendant le jouet d'une autre mystification plus coupable encore!

--Ah! madame, dit vivement le chevalier, c'est bien cruel.

--Que voulez-vous de plus, monsieur? je m'accuse et vous en demande pardon, dit Angèle d'une voix douce et triste. Oubliez-vous les folies que je vous ai dites; ne pensez plus à ma main, qui ne peut appartenir à personne; mais souvenez-vous quelquefois de la recluse du Morne-au-Diable, qui est peut-être à la fois... et bien coupable et bien innocente... Et puis enfin, ajouta-t-elle en hésitant, comme souvenir de la Barbe-Bleue... vous me permettrez, n'est-ce pas? de vous offrir quelques-uns de ces diamants dont vous étiez si épris avant de m'avoir vue...

Le chevalier rougit à la fois de dépit et de chagrin; le sentiment vrai qu'il ressentait pour Angèle lui faisait considérer comme injurieuse une offre qu'il eût auparavant sans doute acceptée sans le moindre scrupule.

--Madame, dit-il avec autant de fierté que d'amertume, vous m'avez accordé l'hospitalité pendant deux jours: demain je partirai; la seule grâce que je vous demande, c'est de me donner un guide. Quant à votre proposition, elle me blesse... doublement.

--Monsieur...

--Oui, madame... car vous me croyez assez vil pour oublier à prix d'argent un humiliant procédé...

--Monsieur... telle n'est pas mon intention...

--Madame, je suis pauvre, je suis ridicule, je suis vain, je suis ce qu'on appelle un homme d'expédient, mais j'ai mon point d'honneur à moi!

--Mais, monsieur...

--Mais, madame, en retour de l'hospitalité que m'aurait offerte un habitant, j'aurais pu mettre mon esprit et ma complaisance à sa disposition, c'eût été un marché comme un autre..... pire qu'un autre peut-être, soit: quand on se met dans la dépendance d'un plus heureux que soi, on doit se contenter de tout... J'ai amusé le capitaine de la Licorne pour le payer du passage qu'il m'a donné sur son navire... Nous sommes quittes. J'ai fait là un misérable métier, madame, je le sais mieux que personne, car mieux que personne j'ai souvent connu le malheur...

--Pauvre homme! dit tout bas la veuve attendrie.

--Je ne dis pas cela pour être plaint, madame, reprit fièrement Croustillac, je voulais seulement vous faire comprendre que si par nécessité j'ai pu accepter le rôle d'un commensal complaisant, jamais je n'ai reçu d'argent comme compensation d'un outrage.--Puis il ajouta d'un ton profondément ému et pénétré:--Puissiez-vous, madame, toujours ignorer le mal que m'a fait cette proposition, moins encore parce qu'elle était bien humiliante que parce qu'elle m'était faite par vous... Mon Dieu, vous vous seriez amusé de moi.... que je l'aurais souffert sans me plaindre... mais m'offrir de l'argent pour me dédommager de vos railleries... Ah! madame, vous me faites connaître une des peines de la misère que j'ignorais encore... Après un moment de silence, il reprit avec une nouvelle amertume:--Au fait... pourquoi m'auriez-vous traité autrement? qui suis-je? sous quels auspices suis-je entré ici? Les vêtements que je porte ne m'appartiennent seulement pas.... Pourquoi se gêner avec moi, n'est-ce pas, madame?

Ces derniers mots du pauvre Croustillac eurent un accent de douleur et de honte si sincère que la jeune femme, touchée de ces paroles, regretta vivement l'offre indiscrète qu'elle avait faite; elle baissa la tête, et marcha ainsi pendant quelque temps auprès de Croustillac.

La veuve et Croustillac arrivèrent ainsi assez près du bassin de marbre blanc dont on a parlé.

La jeune femme tenait toujours le bras de l'aventurier.

Après quelques minutes de réflexion, elle lui dit:

--Vous avez raison... j'ai eu tort... je vous ai mal jugé, monsieur... la réparation que je vous offrais était presque une injure... Ne croyez pas, je vous en prie, que j'aie voulu un instant vous humilier... rappelez-vous ce que je vous disais ce matin... de votre courage, de ce qu'il devait y avoir de généreux dans votre coeur... Eh bien! cela... je le pense encore... Vous m'aimez, dites-vous... si cet amour est sincère... il ne peut m'offenser... il serait mal à moi de répondre à un sentiment toujours flatteur par un procédé blessant... Allons, ajouta-t-elle avec une grâce charmante, la paix est-elle faite? me gardez-vous encore rancune?... dites-moi que non, afin que je puisse vous demander de passer ici quelques jours... comme mon ami... sans crainte d'être refusée.

--Ah! madame! s'écria Croustillac transporté, ordonnez... disposez de moi... je suis votre serviteur... votre esclave... votre chien... Ces bonnes paroles que vous venez de me dire me font tout oublier... Votre ami... vous m'avez appelé votre ami... Ah! madame, pourquoi ne suis-je qu'un pauvre cadet de Gascogne!... Je ne serai jamais assez heureux pour pouvoir vous prouver mon dévouement.

--Qui sait?... mais j'ai une réparation à vous faire... Attendez-moi là, il faut que j'aille voir où est Youmaalë et chercher quelque chose... un présent... oui... monsieur le chevalier, un présent... que je vous défierai bien de refuser cette fois...

--Mais, madame...

--Vous répliquez... Ah! mon Dieu! quand je pense pourtant... que vous vouliez être mon mari... Attendez-moi là... je reviens.--Et ce disant, Angèle qui, tout en causant était parvenue jusqu'au bassin de marbre, remonta légèrement l'allée du parc et disparut du côté de la maison.

--Que veut-elle dire? Que veut-elle faire? se demanda Croustillac en regardant machinalement l'eau du bassin. Puis il ajouta avec exaltation:--C'est égal, je suis à elle à la vie, à la mort; elle m'a appelé son ami; je ne la reverrai plus sans doute, mais c'est égal, je l'adore; ça ne fait de mal à personne... et, je ne sais, mais on dirait que ça me rend meilleur... Il y a deux jours, j'aurais accepté ces diamants... Aujourd'hui... cela me fait honte... C'est étonnant comme l'amour vous change...

Croustillac fut tout à coup interrompu dans ses réflexions philosophiques.

Le colonel Rutler, à la faible clarté de la nuit, avait vu l'aventurier se promener avec la Barbe-Bleue; il avait entendu ces derniers mots d'Angèle à Croustillac:--mon mari... attendez-moi là.

Rutler ne douta pas que le Gascon ne fût l'homme qu'il cherchait; il sortit tout à coup de sa cachette, s'élança sur le chevalier, lui jeta un voile sur la figure, profita de son saisissement pour le renverser à terre; puis, lui passant un noeud coulant autour des mains, il eut bientôt maîtrisé sa résistance, grâce à sa rare vigueur.

Le chevalier fut ainsi terrassé, garrotté, et bâillonné en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire.

Ceci fait, le colonel lui mit un poignard sur la gorge en lui disant:

--Milord-duc, vous êtes mort... si vous faites un mouvement, ou si vous appelez madame la duchesse à votre secours... Au nom de Guillaume d'Orange, roi d'Angleterre, je vous arrête comme coupable de haute trahison... et vous allez me suivre...

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