Chapitre 17
Le dimanche suivant quand Geneviève entra à l’église, tenant son fils par la main, elle surprit des regards singuliers, des chuchotements bizarres qui cessaient dès qu’elle tournait les yeux de ce côté. Le même manège se continua pendant l’office. Elle s’aperçut alors que Simon et Victoire s’étaient mis à l’autre bout du banc de famille, de façon à laisser un vaste espace vide entre eux et elle-même. Victoire avait attiré le petit garçon de son côté, en lui montrant des images de son paroissien, de sorte que la jeune femme, à l’écart, avait l’air d’une brebis galeuse.
— Jean, dit-elle à demi-voix, viens ici.
Le petit tourna bien la tête de son côté, mais retenu secrètement par Victoire qui tirait sur sa veste, il retourna au paroissien.
Le prêtre entonnait le Credo, Geneviève ne voulut pas faire d’esclandre ; elle se rapprocha du groupe qui s’était éloigné d’elle, et comme ceux-ci s’étaient réfugiés à l’extrémité du banc, ils furent bien forcés de subir son voisinage.
La sortie est le moment où l’on s’aborde, où l’on se fait des compliments, surtout entre gens qui vivent à de certaines distances. Geneviève fit quelques signes de la tête à des femmes qu’elle connaissait : elle en reçut en échange des saluts tellement glacés qu’elle se sentit blessée au cœur. Détournant ses regards de la foule, elle entraîna doucement son fils vers la grande croix des Frappier, en disant : – Allons voir papa.
Le petit résista un peu, car sa grand-mère l’appelait du geste, mais Geneviève tenait la menotte bien serrée, et, bon gré, mal gré, il dut la suivre.
Elle prit un instant seulement, ne voulant pas se donner en spectacle à cette foule qui lui paraissait hostile, sans qu’elle sût pourquoi, puis elle se leva et se dirigea vers la porte du cimetière.
Victoire et Simon n’étaient plus là ; ils avaient pris les devants ; la jeune femme aperçut au loin la coiffe de sa belle-mère, reconnaissable à son ruban noir, en conciliabule avec une autre coiffe à ruban bleu ; le ruban noir disparut, le ruban bleu revint et se mêla à un groupe de commères qui stationnaient sur la place.
Geneviève marchait un peu plus vite que de coutume, traînant monsieur son fils, qui était de mauvaise humeur ; comme elle s’approchait des commères qui tenaient une conversation fort animée, elle entendit son nom, prononcé d’un ton de mépris. Elle leva fièrement la tête en les regardant :
— Vous parlez de moi, dit-elle.
— Non, madame Beauquesne, répondit la coiffe à ruban bleu, qui la regarda avec effronterie.
Le silence se fit, plus insultant, plus écrasant qu’une injure.
Geneviève passa lentement sans les saluer.
— Pauvre petit ! dit une voix derrière elle. Jean se retourna pour voir qui parlait, mais sa mère le secoua par la main qu’elle tenait, et il baissa la tête se sentant un peu en faute.
— Je vous demande un peu ce qu’il a fait pour le maltraiter ainsi ! dit une autre voix perçante.
La jeune femme continua son chemin sans presser le pas. Quand elle eut atteint un endroit où elle se sentait à l’abri des regards, elle laissa tomber sa tête sur sa poitrine.
— Maman, tu pleures ? dit Jean en voyant tomber des gouttes brûlantes sur le tablier de soie noire de Geneviève.
— Ô mon cher petit, mon cher petit ! s’écria-t-elle, en le prenant dans ses bras ! Ils finiront par t’empêcher de m’aimer !
Jean n’était pas d’humeur à se laisser embrasser, il se prêta de mauvaise grâce aux caresses de sa mère ; dès qu’elle l’eut remis à terre, il s’échappa et courut en avant, criant de toutes ses forces : – Maman Victoire !
Geneviève se tordit les mains avec un geste désespéré. Que lui voulait-on ? qu’avait-elle fait ?
Elle entra rapidement dans la cour du moulin, vit en passant son petit garçon sur les genoux de Simon détourna la tête et monta à sa chambre. Elle avait besoin d’être seule pour réfléchir.
Elle ne pouvait plus se le dissimuler : les regards malveillants, les paroles sournoises que depuis la mort de son mari elle sentait flotter autour d’elle, toute cette animosité qu’elle avait prise pour un produit de son imagination malade, cela existait ! On lui en voulait, de quoi ? Elle l’ignorait, mais à coup sûr on avait déchaîné contre elle, dans le pays, une colère avec laquelle il lui fallait compter.
Mais comment se défendre de ce qu’elle ignorait ? Comment nier des fautes que personne ne formulait ? Elle résolut de s’expliquer avec Victoire, coûte que coûté, au risque d’une rupture définitive ; car, pour l’ennemi, elle le tenait sans aller plus loin : c’était son implacable belle-mère.
Elle descendit pour le repas de midi. Saurin venait de rentrer, et avec lui les deux autres garçons du moulin ; la table était mise pour tous. Elle s’assit, laissant présider son beau-père, qui n’avait jamais cédé cet honneur à personne, pas même à son fils.
Elle ne mangea guère, mais son esprit éveillé aux soupçons était à l’affût de tout ce qui pouvait désormais l’éclairer. Elle remarqua les signes d’entente secrets entre le grand-père et le petit-fils. Ils se faisaient des petites mines, des sourires discrets… On avait comploté quelque partie pour l’après-midi, bien certainement ; Jean allait encore disparaître sans qu’on sût où il était passé.
Elle se promit d’y veiller cette fois, et au moment où le café apparaissait sur la table, Jean faisant mine de vouloir s’évader pour courir, elle se leva brusquement.
— Vous ne voulez pas de café ? lui dit gracieusement son beau-père.
— Je reviens à l’instant, fit-elle d’un ton indifférent. Jean, tu n’as pas de sarreau, viens en mettre un bien vite.
Jean, sans défiance, suivit sa mère, qui prit dans l’armoire un tablier bleu et blanc, et le lui attacha, tout en causant.
— Où allez-vous cette après-midi ! dit-elle d’un air négligent.
Le petit rusé la regarda de côté, un doigt dans sa bouche, comme il faisait quand il ne voulait pas répondre.
— Eh bien ?
— Grand-père m’a dit de ne pas te le dire, répliqua enfin l’enfant d’un air malicieux.
— Mais tu sais qu’il faut obéir à ta mère, dit la jeune femme avec douceur, maîtrisant l’immense colère qui bouillonnait en elle.
Jean secoua la tête d’un air mutin, et fit deux pas vers la porte.
— Dis-moi où vous devez aller, et je te laisserai peut-être sortir, insista Geneviève ; mais si tu ne veux pas me répondre, tu resteras ici toute la journée.
— Sans descendre ? fit le malin petit garçon.
— Sans descendre.
— J’aime mieux ne pas le dire, tu ne voudrais pas me laisser aller. Tu ne veux jamais que je sorte avec mon grand-père et ma grand-mère.
— C’est bien, dit Geneviève, tu resteras ici jusqu’à ce que tu aies obéi, et demandé pardon. Moi, je vais prendre mon café.
Elle sortit, emportant la clef.
Quand elle entra dans la salle d’en bas, les yeux perçants de Victoire cherchèrent l’enfant derrière Geneviève, qui s’assit tranquillement devant la tasse de café que son beau-père venait de lui verser.
— Où est Jean ? dit Victoire.
— Là-haut, dans ma chambre.
Au même instant une grêle de coups de pied retentit à l’étage supérieur dans le bois de la porte, et des cris perçants firent résonner toute la maison.
— Ce pauvre petit, vous l’avez oublié. Je vais lui ouvrir, dit Victoire empressée.
— Ne vous dérangez pas ; je l’ai enfermé.
— Tout seul ? Si c’est Dieu permis ! Il y a de quoi lui faire tourner le sang ! Geneviève, il y a longtemps que je l’ai dit, vous n’êtes pas une bonne mère ! Qu’est-ce qu’il a pu faire, cet ange ?
— Il ne va pas rester seul longtemps, dit tranquillement Geneviève, car je vais remonter auprès de lui. Ensuite, voici ce qu’il a fait : il ne veut pas me dire où son grand-père lui a promis de l’emmener cette après-dîner.
— Et c’est pour cela que vous le martyrisez ! s’écria Victoire en levant les mains au ciel.
Les cris, un instant arrêtés, avaient repris de plus belle, et les coups de pieds faisaient rage.
— Je veux savoir où il va, dit la jeune mère avec calme.
— Voilà une belle affaire ! Je voulais l’emmener au pont Cosnard, où il y a des nèfles chez le meunier qui doivent être bonnes à manger à l’heure qu’il est.
— Je suis bien aise de le savoir, fit Geneviève ; il n’était pas besoin de m’en faire mystère. Mais il n’avait qu’à me le dire, je l’aurais laissé aller ; je n’aime pas les cachotteries.
— Ah ! jour de Dieu ! cria Victoire, si mon fils vivait encore, ça ne se passerait pas comme ça !
— Je le crois, madame Victoire, dit Geneviève en rassemblant tout son courage ; il y a beau temps qu’il vous aurait fait quitter la maison où vous rendez son fils menteur et méchant ; mais ce qu’il aurait fait, je suis bonne pour le faire. À Noël, vous irez demeurer à la Quesnerie, s’il vous plaît. Je ne veux point de méchantes gens chez moi.
— L’entends-tu, Simon ? s’écria Victoire outrée. Elle nous renvoie ! Et avec quoi donc que vous nous renverrez si nous ne voulons pas nous en aller ? C’est-il avec les gendarmes ?
— Ne dites pas de bêtises, ma fille, dit Simon d’un air paterne. Vous savez bien que si nous quittions le moulin, les propos ne chômeraient pas. Je vous conseille de nous garder, car vous avez besoin de nous pour soutenir votre bonne renommée.
— Ma renommée ! s’écria Geneviève si surprise qu’elle en oublia sa colère, qu’est-ce que ma renommée a à voir là-dedans ?
— On sait ce qu’on sait, on dit ce qu’on dit, reprit le vieux paysan. Croyez-moi, ma fille, nous avons toujours agi pour le mieux, et nous continuerons à faire de même ; mais le jour où nous sortirions d’ici, personne ne voudrait plus vous parler.
— Que dit-on, enfin ? s’écria la veuve, perdant toute mesure.
Il lui fut impossible d’obtenir une réponse. Celui qui, dans sa vie, ne s’est pas buté à quelqu’une de ces obstinations diaboliques, ne pourra jamais comprendre à quel degré d’exaspération ce système peut amener un être innocent qui sent son impuissance à lutter. Simon gardait tant de mesure et de prudence qu’il était invulnérable. Victoire se taisait, voyant la partie fortement engagée ; enfin, elle n’y put tenir. C’était là son défaut capital.
— Allez, dit-elle, vous êtes bien heureuse qu’après avoir été ramassée par mon fils, vous trouviez encore de braves gens pour couvrir vos manières de leur honnêteté.
La main de Geneviève se leva, et dame Victoire aurait reçu ce jour-là le soufflet qui lui était promis depuis longtemps, si le fracas d’un meuble tombant à terre et les cris furieux du petit garçon ne l’avaient attirée en même temps à l’escalier, laissant vociférer Victoire, que Simon, cette fois, n’essaya pas de calmer.
Jean n’avait rien que la peur : à force de se débattre, il avait fait tomber une lourde chaise en bois massif, dont le fracas lui avait causé une angoisse horrible. Quand sa mère ouvrit la porte, ses cris s’arrêtèrent tout à coup, et il courut se cacher dans son tablier, avec des pleurs de repentir.
L’après-midi était fort avancée ; je ne sais si quelqu’un l’a remarqué, mais le temps passe extraordinairement vite quand on se querelle. À cette époque de la fin de novembre, le jour baisse rapidement. Il était près de quatre heures, et le jour baissait.
L’enfant avait tant pleuré qu’il était las. Sa mère feignit d’avoir oublié le sujet de cette scène, et l’endormit dans ses bras pendant que la nuit achevait de tomber.
Quand il dormit paisiblement, elle le souleva et le déposa sur le grand lit, en l’entourant d’oreillers pour qu’il ne courut aucun danger de rouler en bas, puis elle alluma une bougie et sortit, en ayant soin de prendre la clef.
Elle descendit l’escalier avec précaution, car elle ne voulait pas attirer l’attention des deux vieux. Au moment où elle atteignait la moitié des marches, elle vit entrer Lumeau qui ne pouvait la voir dans l’ombre, mais qu’elle reconnut à la lueur du foyer de la salle basse. Une vague intuition de la vérité lui passa dans le cerveau.
Elle acheva de descendre, passa rapidement devant la porte et se trouva dans la cour. Elle se dirigea du côté du moulin, où Saurin avait une petite chambre au-dessus d’une salle basse, et frappa du doigt à la vitre.
Le brave garçon parut sur le seuil. La journée lui semblait longue, il n’avait osé s’approcher de la maison, et pourtant, s’il l’avait pu, avec quelle joie il eût poursuivi Simon et Victoire à coups de fourche, jusqu’à la Quesnerie ?
— Que voulez-vous, maîtresse ? dit-il.
Elle fit un pas pour entrer, il lui barra le chemin.
— Pas chez moi, maîtresse, excusez la hardiesse, mais il ne faut pas que vous entriez chez votre garçon meunier.
Elle recula de quelques pas, et il l’introduisit de l’autre côté des granges, dans un endroit tout à fait désert, où personne ne pouvait les voir. La nuit était noire et sans étoiles.
— Qu’est-ce que le marchand de moutons vient faire ici ? dit-elle, commençant par la première idée qui lui vint, au milieu de tant de perplexités.
— Rien de bon, grommela le meunier, j’en donne ma foi ! Est-ce que c’est ça que vous vouliez me demander, maîtresse ?
— Non, il y a autre chose. Que dit-on de moi dans le village, et pourquoi la protection des Beauquesne est-elle utile à ma bonne renommée ?
— Nous y voilà, dit le brave garçon : eh bien, madame Geneviève, il n’y a qu’une réponse aux deux questions. La Quesnelle a fait courir le bruit que vous rompiez votre veuvage, pour épouser cette figure de suif qu’on appelle Lumeau.
— Moi ! cria Geneviève en se frappant la poitrine à plusieurs reprises. Moi ! rompre le veuvage de mon François ! Ils sont fous !
— Pas fous, mais bien méchants, dit Saurin. Vous n’avez pas vu comme ils ont attiré cette mauvaise peau de marchand de moutons, pour faire croire aux gens que vous le regardiez. Ils espéraient endommager si bien votre réputation, que vous auriez été obligée de l’épouser, sous peine d’être montrée au doigt.
— Eh bien ? fit Geneviève qui ne comprenait pas.
— Eh bien, on vous aurait retiré la tutelle de Jean-Frappier Beauquesne, et vous auriez été vivre avec votre mari. Voilà ce qu’ils avaient imaginé. Ce n’est pas bien fort, mais tout ce que leur esprit peut produire.
Geneviève épouvantée restait muette.
— Faut pas vous faire de chagrin, maîtresse, dit humblement Saurin, je ne suis qu’un pauvre garçon meunier, mais si je puis vous être bon à quelque chose…
— Je leur ai dit qu’ils iraient vivre à la Quesnerie, murmura la jeune femme essayant de rattraper ses pensées qui flottaient à la dérive.
— Il aurait mieux valu ne pas leur dire, fit observer Saurin ; mais puisque c’est fait…
— Croyez-vous que je puisse vivre à côté d’eux, les voir, leur parler après ce qu’ils ont fait ? Et ces femmes, ce matin, qui m’ont insultée… Ô François, si tu étais là !
Elle s’était tournée vers le moulin et le regardait avec des yeux dilatés par l’horreur de sa situation sans issue.
— Ils ne s’en iraient pas ! dit Saurin.
— Mais la loi ?
— Vous ne pouvez pas leur faire un procès pour ça ! On vous jetterait des pierres !
Geneviève recula soudain la tête.
— Eh bien, soit, dit-elle ; mon bon Saurin, je vous remercie de votre amitié. Il n’y a de bon ici que vous et Mélie.
S’il n’avait pas fait si noir, elle aurait vu rougir le garçon meunier.
— À propos de la Mélie, si vous vouliez, maîtresse…
— Quoi ?
— Je l’aurais bien épousée… elle vous aime tant !
— Ah ! j’en serai bien contente ! s’écria Geneviève. Au moins, elle aura quelqu’un pour la protéger contre Victoire. J’aurai le cœur moins serré en pensant à elle, la pauvre enfant !
— Merci, madame Geneviève, fit Saurin, prêt à fondre en larmes, sans savoir pourquoi. Et sans vous commander, qu’est-ce que vous allez faire ?
— Je n’en sais rien ! dit la jeune femme. Dans tous les cas, Saurin, je me souviendrai de votre amitié d’aujourd’hui.
Elle retourna lentement vers la maison pendant qu’il rentrait dans sa chambre.
Une résolution bizarre se formulait dans l’esprit de Geneviève ; la vue de l’odieux Lumeau, assis auprès du foyer entre les deux Beauquesne, précipita sa décision.
— Vivre avec ces gens-là ! Revoir ceux qui m’ont trahie, insultée, leur disputer mon fils à toutes les minutes de ma vie ! Jamais !
Avant de monter, elle tira les verrous d’une petite porte qui allait dans le jardin, passant sous l’escalier, et dont on ne se servait presque jamais ; puis elle se rendit à sa chambre.
Jean dormait toujours, sous la lueur vacillante de la bougie. Geneviève prépara son petit manteau à capuchon, qu’il mettait dans les grands froids, puis elle prit sa propre mante, qu’elle revêtit. Fouillant au fond de l’armoire, elle tira de derrière les draps une bourse de toile remplie d’or, celle-là même que François avait été heureux de lui donner lors de la naissance de leur fils. Elle prit aussi une petite boîte plate, qui contenait les dentelles qu’elle avait finies, et le petit coussin avec l’ouvrage commencé. Le tout passa dans un sac de moyenne grandeur, qu’elle attacha à sa ceinture au moyen d’une courroie solide. Puis elle enleva l’enfant endormi qui poussa un soupir, sans se réveiller, l’enveloppa dans la mante, et descendit avec toutes les précautions imaginables.
Tout était comme elle l’avait laissé : les gens dans la salle, la porte du jardin entrouverte… Elle la franchit et la tira doucement derrière elle, puis elle traversa rapidement le jardin.
Au moment où elle arrivait sur la route, après avoir passé dans un herbage désert, elle s’arrêta pour regarder le moulin, dont la haute silhouette se découpait sur le fond noir des arbres, aux lueurs vagues de la nuit.
— Ô mon François, adieu ! dit-elle. C’est parce que je t’aime que je m’en vais !
Et elle s’enfuit rapidement, emportant son enfant endormi dans ses bras.
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