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Chapitre 24

— Ce qui m’ennuie, c’est que je ne sais rien, dit Geneviève en repoussant son métier à dentelles.

Elle venait souvent passer une partie de la journée chez Marguerite qui, très fatiguée, restait souvent au logis.

— Comment ! rien ? il me semble au contraire que pour une personne élevée à la campagne, dans un pays perdu…

Geneviève l’interrompit.

— Oui, sans doute, pour une paysanne, je suis assez instruite ; mais que penseriez-vous d’une femme de votre monde qui n’en saurait pas plus long que moi ? Il m’est venu une idée : j’ai pensé à recommencer tout par le commencement avec mon fils et à apprendre ce qu’il apprendra en même temps que lui. Je crois que ce ne serait pas très difficile.

— À quoi bon vous engager dans une pareille entreprise ? commençait Marguerite.

Geneviève secoua la tête.

— Trouveriez-vous convenable qu’au moment de son mariage, par exemple, mon fils fût obligé de reléguer dans un coin l’humble dentellière qui l’aurait élevé, parce que son langage et ses manières ne seraient pas en rapport avec la dignité de sa nouvelle famille ?

— Oh ! Geneviève ! vous savez bien que cela ne peut arriver ! s’écria Marguerite.

— On ne sait pas ; vous m’aimez, vous, et vous ne pensez pas à me reprocher mon ignorance des usages ; mais la famille de ma bru, qui n’aura pas de raisons pour m’aimer, croyez-vous qu’elle ne remarquera pas tous ces petits défauts choquants ?

— D’ici là, reprit Marguerite, vous aurez le temps de vous perfectionner.

— Oui, à condition de m’instruire. Dorénavant, je ferai de mon côté les devoirs que mon fils fera du sien… je sais à peine écrire !

— Vous irez plus vite que lui ! dit la jeune femme en souriant.

— Mais je l’abandonnerai en route… il saura bien des choses que je devrai ignorer… Enfin je ferai de mon mieux.

Elle poussa un léger soupir, et se remit à la dentelle.

— Serez-vous prête pour l’Exposition ? demanda madame Reynold.

— Je l’espère, à condition de travailler sans relâche.

Un silence se fit. Geneviève paraissait préoccupée, mais son amie était trop discrète pour l’interroger. Après avoir hésité trois ou quatre fois, madame Beauquesne se décida enfin. Instinctivement elle avait envie de pencher la tête sur son ouvrage, elle se contraignit à lever les yeux et à regarder Marguerite pendant qu’elle lui parlait, quoique son visage fut couvert de rougeur.

— J’ai un autre ennui, lui dit-elle, et plus grave, mais c’est si bête que je ne sais comment vous en parler… je suis si ignorante de tout, des mœurs, des habitudes du monde… Peut-être ce qui m’ennuie est-il une chose naturelle… peut-être ai-je tort de m’alarmer…

— Qu’est-ce donc ?

— Figurez-vous que depuis trois mois, je ne sais comment cela s’est fait, un homme s’est peu à peu introduit chez moi…

— Que voulez-vous dire ? fit Marguerite étonnée.

— Oui ; c’est un représentant de la maison Pluchet, à ce que je crois, bien qu’il ne me l’ait pas dit ; mais je suis sûre de l’avoir rencontré deux ou trois fois au magasin, quand j’y allais. Il est venu me voir un jour, sous prétexte de me commander un éventail en dentelle pour une corbeille de mariage. Les dessins ne lui convenaient pas ; il a promis d’en faire faire un et de revenir. Je n’ai dit ni oui ni non, vous comprenez ; j’avais besoin d’ouvrage dans ce temps-là, j’en aurais pris de toutes mains… Il est revenu sans apporter de dessin ; il est revenu encore, il a pris l’habitude de venir… le soir surtout, quand Jean est rentré, car dans le jour je n’y suis guère. Il vient le soir, vers huit heures, amuse Jean, lui fait dessiner des bonshommes sur des bouts de papier, cause avec moi… et…

— C’est un amoureux ! dit Marguerite en souriant.

— Un amoureux, à moi ?

Geneviève redressa sa haute taille et respira profondément.

— Un amoureux ! répéta-t-elle, oh ! je l’aurais senti tout de suite, et il ne serait pas revenu deux fois. Un amoureux n’entrera pas sous le toit de la veuve de François Beauquesne !

— Je ne veux pas dire, fit Marguerite avec douceur, que vous permettiez à un amoureux de vous entretenir de ses sentiments ; mais, Geneviève, on peut être amoureux de vous sans que vous le sachiez ! Vous êtes assez jolie pour cela !

Les yeux de la veuve exprimèrent un profond étonnement.

— Jolie ? moi ? dit-elle. Je vous en prie, madame Reynold, ne me contez pas de sornettes ! Je n’ai jamais été jolie, peut-être ce qu’on appelle un beau brin de fille autrefois, quand mon François…

Elle poussa un soupir et passa la main sur son front pour écarter le souvenir douloureux.

— Mais si je croyais un instant qu’un homme peut me regarder…

Marguerite se mit à rire.

— On vous regardera, ma chère Geneviève, et beaucoup, n’en doutez pas. Ne vous gendarmez donc pas contre des admirations que vous ne pouvez empêcher. Le tout est de les contenir dans les bornes du respect. Est-ce que ce monsieur qui vient vous voir vous a parlé quelquefois de sa famille, de ses affaires ?

— Il m’a laissé sa carte : Roger Besnard.

— Pas de qualification ?

— Non.

— L’adresse ?

— Il y en avait une ; mais il m’a dit qu’il avait déménagé !

Marguerite resta songeuse, et Geneviève reprit sa dentelle. Elle se sentait le cœur allégé depuis qu’elle avait parlé à son amie de ce visiteur presque inconnu.

— Avez-vous de l’argent chez vous ? demanda soudainement Marguerite.

Geneviève leva la tête tout effarée.

— Oui, un peu, pas beaucoup… Pourquoi ?

— Si cet homme était un voleur ?

— Un voleur ? Oh ! non… ce que j’ai ne vaut pas la peine d’être volé.

— Et votre secret ne vaut-il pas la peine d’être surpris ? dit Marguerite, soudainement éclairée. D’autant plus surpris qu’il n’est plus à vous, maintenant que vous l’avez vendu à M. Moisson, et qu’un rival en commerce aurait intérêt à…

— Ah ! s’écria Geneviève, se peut-il qu’il y ait des gens assez scélérats pour former de pareils projets ?

— On en fait bien d’autres ! dit la jeune femme avec un sourire. Si M. Besnard n’est pas un amoureux, c’est un espion envoyé auprès de vous par M. Pluchet.

Geneviève ne répondit pas, et continua à travailler.

— J’en aurai bientôt le cœur net, dit-elle ; voici quatre heures et demie, je vais chercher mon fils à l’école, et si mon amoureux, comme vous dites, vient ce soir, il faut qu’il me dise ce qu’il veut.

— Soyez prudente, au moins, dit Marguerite. Si je m’étais trompée ?

— Ne craignez rien, fit Geneviève avec un sourire. Je suis Normande, vous savez !

Elle partit. Jean avait précisément ce soir-là tant de choses à lui dire au sujet d’un « nouveau » entré le matin même, qu’elle eut à peine le temps de méditer ce qu’elle allait dire à son visiteur.

— Maman, dit maître Jean en la tirant par la manche, figure-toi que le nouveau est bête, mais bête !…

— C’est assez l’ordinaire des nouveaux, répondit Geneviève impatientée. Il te paraît bête, et ne l’est peut-être pas ; mais vous autres enfants, dès qu’on n’est pas pareil à vous, vous déclarez qu’on n’est qu’un sot.

— Oh ! maman ! fit Jean d’un air malicieux ; pour cette fois, je t’assure que je n’ai pas tort ! Il est aussi bête que moi, quand je suis arrivé à la pension le premier jour !

Il n’y avait rien à reprendre à cette comparaison ; Geneviève ne put s’empêcher d’en rire. Le dîner fut vite expédié ; la mère et l’enfant avaient gardé la frugalité du village. Dès que la nappe fut enlevée, Jean apporta des crayons et du papier.

— J’espère, dit-il, en jetant un regard de côté vers sa mère, j’espère bien que M. Roger va venir ce soir. J’aime quand il vient, parce qu’il m’amuse.

Geneviève ne répondit pas à cette invite. Jean reprit :

— Il est amusant, M. Roger, il sait faire des bonshommes très drôles, et puis on les découpe. C’est intéressant. Pourquoi ne sais-tu pas faire des bonshommes, toi, maman ?

— Parce que je n’ai pas appris, répondit la mère avec un peu d’irritation.

— Il faut apprendre, il faut tout apprendre ! dit maître Jean d’un air capable. On peut tout ce qu’on veut.

— Alors tâche de vouloir te taire un peu, dit Geneviève avec humeur. Tu m’étourdis avec ton bavardage.

Jean coula un regard en dessous vers sa mère, et garda un silence prudent.

Un quart d’heure après, on frappa à la porte.

— Entrez, dit Geneviève dont le cœur battait comme dans les grandes circonstances de la vie.

On entra ; c’était M. Roger Besnard lui-même, tout souriant, tenant à la main un petit paquet de gâteaux, destinés à son jeune ami, et avec l’apparence la plus cordiale.

Il avait de trente à quarante ans, un air aimable, des yeux gris, très mobiles, dont il était difficile de saisir l’expression tant ils étaient vifs dans leurs mouvements, des mains blanches, des favoris noirs, et une toilette décente ; il avait l’air d’un commis voyageur en passe de devenir patron.

Jamais Geneviève ne l’avait étudié d’aussi près ; à vrai dire, précédemment elle ne l’avait pas regardé. Toute sa vie, elle s’était vue entourée d’indifférents, mais elle n’avait pas connu la solitude. Petite, dans les maisons où elle accompagnait sa mère, on la laissait courir comme un jeune chien ; plus tard, à Délasse, le bruit des conversations entre les chalands de l’auberge lui avait rempli les oreilles sans préoccuper son esprit ; au moulin, on entendait toujours grogner Victoire, ou travailler la petite servante. Le grand isolement qui environne les travailleurs solitaires dans ce vaste Paris avait froissé Geneviève sans qu’elle s’en rendit compte.

Plus d’une fois, quand, après avoir conduit son fils à l’externat, elle était partie seule pour une longue course, elle avait eu envie de pleurer, de crier, tant la poitrine lui faisait mal, tant ce brouhaha auquel elle était étrangère lui paraissait cruel et inhospitalier.

Trop fière pour causer avec sa concierge, elle en était réduite à rentrer chez elle. C’étaient cinq heures de solitude et de silence d’hiver, parfois de neige, interrompu seulement par le ronflement du poêle quand Geneviève y remettait du charbon.

C’est le contraste de son existence passée avec la solitude présente qui avait engagé Geneviève à se départir de sa sauvagerie en faveur de l’homme inconnu qui était venu opinément lui rendre visite. Elle avait cédé malgré elle et sans le savoir à ce besoin de sociabilité qui fait autour de nous tant de bonnes choses et de mauvaises. Le jour où elle s’aperçut qu’elle avait eu tort, elle devint très clairvoyante.

Roger Besnard fut toisé de la tête aux pieds par le premier regard qu’elle jeta sur lui ce soir-là pendant qu’il était occupé à dessiner pour Jean un cavalier turc sur un superbe cheval… Il s’était assis sans y être invité comme un hôte attendu et bienvenu… Elle eut honte d’elle-même pour lui avoir permis de prendre cette place, dans son intérieur, auprès de Jean-Frappier, qu’elle avait juré d’élever seule. S’ils la voyaient de là-bas au village, en ce moment, que penseraient-ils d’elle ?

Cette idée amena sur ses joues une rougeur brillante qui donna tant d’éclat à ses yeux que Besnard en fut surpris. Il se figura immédiatement que cet éclat extraordinaire venait des sentiments que la belle veuve éprouvait pour lui.

— Eh bien, madame Beauquesne, lui dit-il, vous voilà jolie comme un cœur, ce soir. Vous avez passé une bonne journée ?

Les avertissements de Marguerite n’avaient pas quitté l’esprit de Geneviève ; mais à ce mot familier, si peu en harmonie avec ses sentiments à elle, elle eut peine à contenir un mouvement d’indignation. Elle sut s’en préserver cependant et répondit d’un ton calme :

— Oui, j’ai vu une amie que j’aime et que j’estime.

— Ah oui ! Votre amie à la dentelle ?

Ce mot froissa Geneviève. Elle se tut, préparant une grosse question.

— Vois-tu, mon petit bonhomme, il est fini, dit Besnard, en donnant un dernier coup de crayon à son œuvre ; tu peux le découper à présent.

— J’aime mieux le copier ! dit l’enfant qui prit le crayon des mains du visiteur, et s’appliqua de toutes ses forces à reproduire son modèle.

Besnard passa ses dix doigts dans ses cheveux pommadés, et se tourna vers Geneviève.

— Eh bien, monsieur, lui dit-elle sans préambule, cet éventail que vous deviez me faire faire ?

— Vous y songez encore ? répondit-il avec un gros rire.

— C’est pour cela que vous étiez venu, fit-elle en reculant un peu sa chaise.

— C’est vrai, c’est pour un éventail ; mais vous n’avez jamais voulu faire de dentelles devant moi, je ne sais pas seulement si vous pourriez vous en tirer.

Geneviève ne répondit pas.

— J’aimerais à voir comment vous vous y prenez, continua-t-il… ces jolis doigts si fins doivent être agiles…

Il essaya de saisir la main de Geneviève, qui la retira doucement.

— Que voulez-vous de moi, monsieur Besnard ? dit la jeune femme ; voici déjà quelque temps que vous venez ici, et je ne sais pas bien le motif de vos visites…

— Quoi donc ? fit-il, est-ce qu’on a besoin de motif quand on se convient ? Vous êtes une aimable femme, madame Beauquesne, votre fils est un gentil garçon, je m’amuse dans votre société… Est-ce que cela ne suffit pas ?

— Pas tout à fait, reprit Geneviève de sa voix claire qui résonnait comme une fanfare dans le silence de l’étage désert. Si vous étiez une femme ou moi un homme, ce serait tout simple, mais j’ai à garder ma réputation d’honnête femme, et mon honneur de veuve…

Besnard, un peu interloqué de cette brusque attaque, si peu prévue, ne sut trop que répondre.

— On vous a fait la leçon, dit-il soudain, exprimant sans le vouloir la pensée qui se retournait dans sa tête.

— Je suis d’âge à me la faire à moi-même, répondit-elle tranquillement.

Besnard jeta un regard inquiet sur le petit garçon ; seul avec sa mère, il eût trouvé d’autres arguments, que la présence de l’enfant glaçait sur ses lèvres, tout Parisien jovial qu’il était.

Se retirant un peu en arrière de Jean, il essaya encore une fois de prendre la main de Geneviève, qui la retira comme à la vue d’un fer rouge.

— Ne comprenez-vous pas, lui dit-il, les raisons du sentiment… on a un cœur, que diable… Vous me faites dire ce soir des choses que j’aimerais mieux vous dire demain dans l’après-midi, par exemple, pendant que les enfants sont à l’école.

— Non, monsieur, fit Geneviève en quittant sa place pour passer auprès de Jean, et le mettre ainsi entre elle-même et son hôte. Quand les enfants sont à l’école, je travaille et je ne reçois personne.

— Pas même moi ? dit Besnard d’une voix insinuante.

— Personne, répondit Geneviève d’une voix ferme en le regardant en face.

Une telle expression de dépit, de rancune, de colère concentrée, passa sur les traits de cet homme, en voyant déjoués les plans qu’il croyait savamment combinés, que madame Beauquesne pâlit ; il avait détourné la tête et ne put voir les yeux dilatés de Geneviève se fixer sur lui avec horreur. Un instant elle eut peur, en se sentant seule avec lui, car Jean était pour elle un bien faible défenseur…

— Comme il vous plaira, dit Besnard en revenant au sentiment de la situation ; j’ai pour principe de ne jamais contrarier les dames, même dans leurs caprices. Jean, veux-tu que je te fasse un autre cheval ?

— Non, fit Jean en levant vers lui son museau effronté. Tu m’ennuies ce soir ; tu peux t’en aller.

— Eh bien ! il est gentil, votre gamin ! dit brusquement Besnard en se levant. C’est vous qui lui apprenez à me traiter comme cela ?

— Jean, dit doucement Geneviève sur un ton de reproche, il ne faut jamais être impoli envers personne, et tu viens d’être impoli avec monsieur. Fais-lui tes excuses.

L’enfant avait bonne envie de désobéir, mais sa mère le regardait d’un air si ferme qu’il n’osa.

— Je vous demande pardon, dit-il d’un ton boudeur, les yeux baissés, la lèvre pendante, comme un garçon résolu à bouder.

Geneviève lui mit doucement sa main sur la tête : Besnard ne dit rien. Ils étaient debout tous trois ; renouer la conversation à l’amiable n’était pas facile.

— Y a-t-il longtemps que vous n’avez vu M. Pluchet ? dit tranquillement madame Beauquesne.

Son calme apparent lui coûtait cruellement, car Jean sentit trembler la main de sa mère.

— M. Pluchet ? balbutia l’infortuné, mais je ne le connais pas…

— Alors je suis fixé sur votre compte, reprit Geneviève. Si vous m’aviez avoué le connaître, j’aurais douté de la sincérité de vos paroles, mais j’aurais continué à vous recevoir. Vous ne le connaissez pas… moi, je vous ai vu chez lui.

— Quand cela ? fit Besnard insolemment.

— Quand j’y allais, il y a un an ; quand vous ne pensiez pas avoir affaire à moi, j’ai passé près de vous inaperçue ; je n’étais alors à vos yeux ni jolie ni intéressante… Ce secret, qui est maintenant la propriété d’un autre, et qu’il n’a pas voulu m’acheter autrefois, combien M. Pluchet vous a-t-il donné pour me le voler, dites !

Besnard ouvrit la porte et se faufila dans l’escalier mal éclairé, se heurtant à toutes les marches, en murmurant quelque grossière injure.

Geneviève referma la porte à double tour et ouvrit la fenêtre comme pour chasser les miasmes.

— Maman, dit Jean, il est méchant et menteur, tu le détestes ?

— Oui, mon fils ; mais il faut toujours être poli, même avec ceux qu’on n’aime pas.

— Bon, fit Jean-Frappier. Pour poli, je tâcherai ; mais qu’il ne revienne pas, car moi aussi je le déteste.

— Sois tranquille, dit sa mère. Il ne reviendra pas.

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