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Chapitre 26 Yeux d’enfants

Pourquoi les yeux des tout-petits sont-ils si beaux ? Pourquoi semblent-ils des firmaments en miniature où reste toujours à son zénith un soleil noir et or, si étrange ?
Bébé ne parle pas, il entend sans comprendre, toute son intelligence s’arrondit dans ses prunelles se posant sur les choses telles des ventouses pour en sucer le sens. Voici qu’elles ont saisi un rayon de lumière qui se brise au biseau d’une glace. La clarté pour Bébé, c’est la joie, et ses bras, bourrelets roses de chair, se sont mis à scander le rythme de cette lumière qui danse ; un sourire écartant doucement les lèvres molles, a formé une fleur mignonne sur l’alvéole des gencives.

Penchons-nous sur des yeux d’enfants. Ils font oublier que les nuages roulent au dehors, que le vent est aigre et les hommes méchants.

Penchez-vous, vous surtout mères que la vie accable. Voyez comme ces yeux reflètent nos misères sans ternir ; penchez-vous quand vous ont épuisées veilles et fatigues.

Le Bon Dieu a fait les yeux des petits si beaux pour qu’on y aperçoive un coin du paradis.

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