‹ Le rire du Mouron RougeChapitre 25 sur 83 · 4.2

4.2

Midi venait de sonner lorsque Martin-Roget se présenta enfin à Laura Place.

En l’attendant, M. de Kernogan avait passé par toutes les phases d’une violente émotion. Il ne pouvait croire que tout cela était vraiment arrivé, l’affreuse réalité lui échappait sans cesse. Comment Yvonne, sa fille si bien élevée et si obéissante, qui avait montré un tel courage lorsque les massacres monstrueux de ses amis et de sa famille les avaient obligés de s’exiler, comment cette même Yvonne avait-elle pu fuir ainsi qu’une fille de peu, pour épouser en secret un hérétique ? Cela dépassait les bornes du possible et M. de Kernogan ne pouvait le croire.

Entre-temps, Frédéric était revenu une première fois en apportant l’extraordinaire nouvelle que M. Martin-Roget avait quitté ses appartements la veille à quatre heures et qu’on ne l’avait pas revu depuis. Sa propriétaire paraissait d’ailleurs très inquiète à son sujet. Le valet dut y retourner plusieurs fois. Enfin il revint en courant, annonçant qu’il précédait M. Martin-Roget de quelques instants, et il ajouta que ce dernier paraissait très fatigué et de fort mauvaise humeur.

Un court moment après, notre homme pénétra chez le duc.

Page 1