‹ Le rire du Mouron RougeChapitre 29 sur 83 · 5.3

5.3

Le lendemain, Yvonne Dewhurst fit à son amie Lady Blakeney le récit fidèle de tout ce qui s’était passé. Elle prit même le soin de joindre une copie de la lettre de son père, en la priant de la communiquer également à Lady Ffoulkes.

Elle attendait son père qui devait arriver d’un instant à l’autre et Lord Tony était allé jusqu’à la grille du parc pour l’attendre.

Une demi-heure plus tard, M. de Kernogan serrait dans ses bras sa fille rayonnante de joie. Il était pâle, paraissait fort las et se plaignait toujours de ce refroidissement. De toute évidence, il ne se sentait pas très bien et, les premières effusions passées, Yvonne commença à s’inquiéter sérieusement de son état. Au fur et à mesure que la soirée avançait, le duc devenait de plus en plus silencieux ; il refusa presque toute nourriture et vers huit heures il annonça son désir de se retirer.

— Je ne suis pas vraiment malade, dit-il en embrassant tendrement sa fille, seulement un peu las… Ce doit être toutes ces émotions. Je serai mieux demain après une bonne nuit.

S’il s’était montré cordial, mais réservé envers Lord Tony, ce qui d’ailleurs semblait normal étant donné son caractère peu démonstratif, le duc avait manifesté à sa fille une tendresse toute particulière, comme s’il avait éprouvé des remords à son égard.

Page 1