Scène XIII.
THOMAS, puis MARINETTE.
THOMAS, regardant en l’air.
Ah ! bravo ! bravo ! bien joué, bien joué, les autres (Avec colère.) Ah ça vous ne me lâcherez donc pas ? Comment ! je n’ai pas le droit de vouloir quelque chose qui n’arrive pas ! C’est un guignon ! D’abord, je vous préviens d’une chose… je sais bien que vous êtes là, allez… Vous me guettez, vous me mouchardez… Je ne fais aucun pacte avec vous, je ne vous connais pas ; tenez, voilà comme je vous regarde ! (Il regarde avec mépris par dessus son épaule.) Et, maintenant, je m’en vais… Ah ! mon Dieu ! et mon laissez-passer !… Il l’a emporté… (S’adressant aux prétendus esprits.) Je ne veux rien de vous, au moins !… Cette robe… (Il prend sous son bras la robe et le bonnet d’avocat.) Avec ça on passe partout, à ce que dit le vieux… Quelques papiers sous le bras pour faire la frime… (Il prend sur le bureau, le dossier laissé par Fayensal.) Et maintenant, au petit bonheur !
(Il se dirige vers le fond.)
MARINETTE, entrant par la gauche.
Eh bien ! où vas-tu donc ?
THOMAS.
Dans la campagne.
MARINETTE.
Comment tu abandonnes le champ de bataille au moment décisif… Frontin, monsieur Frontin, qui quitte la partie la perd.
THOMAS.
Mais elle est gagnée la partie… Mon maître épouse ta maîtresse… Je viens de publier leurs bans.
MARINETTE.
Est-ce possible ! Tu es donc le diable ?
THOMAS.
Chut !… Écoute, Marinette… je peux te dire ça à toi… Dans ce moment, tu causes avec un jeune homme qui sent le roussi… (Flairant sa manche et la lui faisant sentir.) J’infecte le roussi, en ce moment ici. (S’adressant brusquement au ciel.) Adieu, vous !
(Il sort au fond.)
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