Scène VII.
THOMAS, MARINETTE.
THOMAS.
Marinette !… la petite, c’est Marinette !… N’oublions pas la commission de l’autre. (S’approchant.) Peste ! le joli minois !
MARINETTE, étonnée.
Hein ?
THOMAS, lui prenant gauchement le menton.
D’honneur ! voilà un morceau de roi !
MARINETTE, le laissant faire.
Voyez-vous ce lourdaud !
THOMAS, à part.
Elle ne dit rien… continuons… C’est ennuyeux, mais j’ai promis.
(Il lui prend la taille.)
MARINETTE, lui donnant un soufflet.
Tout beau ! manant !
THOMAS.
Aïe ! Dites donc, vous, là-bas… c’était pas convenu.
MARINETTE, avançant sur Thomas, qui recule.
Téméraire ! quels sont tes états de service, pour en conter à Marinette ?
THOMAS.
Je vous en conte, moi ?… C’est vous qui m’en compter… des soufflets !
MARINETTE, avançant toujours.
Combien as-tu trompé de maris jaloux et dupé de pères nobles ? combien as-tu ruiné de coquettes ? combien as-tu desséché de financiers ? Réponds, jeune présomptueux, qui oses lever les yeux sur moi ! As-tu jamais, pour faire réussir une intrigue, risqué les galères ou frisé glorieusement la potence ?
THOMAS, à part.
Friser des potences !… en voilà une profession !
MARINETTE, avec pitié.
Non ! tu n’as pas d’exploits, pas de hauts faits ; tu n’es qu’un valet obscur.
THOMAS, gouaillant.
T’obscur ! Oh !
MARINETTE.
Et tu veux plaire à Marinette ? Allons donc !…
AIR : Je vois sur sa figure. (Judith.)
Voyez donc la figure
Du brillant séducteur !…
Avec cette tournure,
Faire le joli cœur !
Je puis bien être tendre,
Mais pas pour ton museau !
Qu’il est beau ! qu’il est beau !
Au revoir, beau Léandre,
Attends-moi sous l’ormeau !
Qu’il est beau ! qu’il est beau !
Au revoir, attends-moi sous l’ormeau !
(Parlé près de la porte.)
Je l’enverrai ma suivante !
(Elle sort au fond.)
· · ·