‹ Le Sûtra en 42 articlesChapitre 43 sur 46 · ORIGINE DU SÛTRA EN 42 ARTICLES

ORIGINE DU SÛTRA EN 42 ARTICLES

En l’an 24 de l’empereur Tchao (des) Tcheou , le huitième jour du quatrième mois de l’année du Tigre-de-bois, une masse de lumière, venant du Sud-Ouest, brilla dans le palais. Le roi et les ministres, l’ayant remarquée, questionnèrent les sages qui prononcèrent cet oracle : « C’est le signe de l’apparition d’une individualité éminente dans cette région (celle du Sud-Ouest) ; après mille ans, la doctrine (de ce personnage) se propagera dans ce pays-ci. »

Ensuite, l’an 53 de Mo-wang , le quinzième jour du deuxième mois de l’année du Singe-d’eau, le maître fit voir comment on entre dans le Nirvâna.

Ensuite mille treize ans après (l’apparition lumineuse), dans l’année yong-phing, la septième du règne de Ming-ti (des) Hân , dans la nuit du quinzième jour du premier mois, le roi eut un songe. Un homme de haute taille, qui avait deux brasses et plus, qui était de la couleur de l’or, et répandait une clarté semblable à celle du soleil, descendit dans le palais et prononça ces paroles : « Mon enseignement se répandra par degrés dans ce pays. » Le jour venu, le roi questionna ses ministres ; et le ministre Fou-y  lui dit : « Autrefois un oracle du temps de l’empereur Tchao (des) Tcheou fut rendu en réponse (à une question) ; le songe du roi y correspond très-bien. »

Alors le roi lut les vieux récits, et, y ayant trouvé (la mention de) l’oracle du temps de l’empereur Tchao (des) Tcheou, il fut dans la joie. Le roi envoya donc dix-huit personnes, le ministre Wang-ts’un  en tête, dans la région de l’Ouest, avec mission de rechercher l’enseignement du Buddha.

Ceux-ci arrivèrent dans le royaume appelé Youe-chy  (Vriji ?). Alors deux indiens, l’Arhat Matangipa, de la famille de Kâçyapa, et le Pandit Gobharana mirent tous ensemble sur un cheval blanc les livres de la doctrine, le Sûtra en quarante-deux articles, livre capital, et d’autres Sûtras du grand et du petit Véhicule, ainsi que des vases remplis de reliques du maître ; puis, ayant repris le chemin par lequel les messagers étaient venus, dans l’année yong-phing , le dernier jour du douzième mois, ils atteignirent le fort Lô-yang . En six ans, l’Arhat et le Pandit eurent converti les sectateurs de Bon , de la plaine (noire) .

Ensuite l’Arhat et le Pandit, s’étant élevés tous les deux en l’air, adressèrent au roi ces stances :

La progéniture du renard n’est pas (de) la race du lion ;
Une lampe ne brille pas comme le soleil et la lune ;

Un (bassin) d’étang n’est pas le bassin de l’Océan ;
Toute montagne n’a pas les charmes du mont Méru.
Le nuage de la loi pénètre dans le monde entier ;
La pluie de la loi se répand sur la chaîne des êtres pour les humecter
En faisant voir les prodiges des manifestations surnaturelles.
Elle convertit les êtres dans toutes les régions du monde.

Après avoir prononcé ces paroles, ils se transportèrent dans l’Inde, au moyen de leur puissance surnaturelle.

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