Chapitre 51
Le lendemain une lettre de la même écriture arriva à M. de la Morlière. Celle-là était plus explicite :
« Saphir, disait-elle, sera demain jeudi réinstallée dans son appartement de la rue Saint-Lazare. »
M. de la Morlière avait failli mourir de joie. Il avait retrouvé tout à coup son énergie, son courage, sa rare présence d’esprit.
Lorsqu’il entra dans le boudoir de Saphir, la jeune femme remarqua son regard brillant et fiévreux, et elle comprit que l’isolement et l’absence avaient décuplé la passion du vicomte.
Saphir était une fille énergique, d’ailleurs elle se sentait forte de la présence de Paul.
Elle eut un éclat de rire frais et moqueur en voyant entrer M. de la Morlière.
– Comment, dit-elle, vous voilà, mon pauvre ami ?
Le vicomte vint à elle, prit une de ses mains, et la portant à ses lèvres :
– Oh ! que vous m’avez fait souffrir, cruelle enfant ! murmura-t-il.
– En quoi cela, bon Dieu ? fit-elle d’un ton ingénu. Ne vous ai-je point obéi ? J’ai renoncé à Paul. Il est marié, n’est-ce pas ?
– Non, dit le vicomte.
– Asseyez-vous, reprit Saphir, je suis à vous.
Elle le poussa vers la causeuse où Paul était assis tout à l’heure, et passa, en sautillant, dans le cabinet de toilette.
Là elle se pencha vers Paul, qui s’était caché derrière un rideau :
– Que faut-il faire ? dit-elle ; veux-tu que je le renvoie ?
– Non.
– Que veux-tu, alors ?
Paul approcha ses lèvres de l’oreille de Saphir et prononça bien bas ces mots :
– Je voudrais savoir… son crime.
– C’est bien, murmura Saphir, et elle rentra dans le boudoir.
M. de la Morlière levait sur elle un regard enivré.
– Pourquoi m’avez-vous fui ? dit-il ; pourquoi vous êtes-vous échappée de la Charmerie ?
Saphir le regarda fixement.
– Prenez garde ! dit-elle.
– A quoi ?
– Si vous m’interrogez, je répondrai ; et si je réponds, peut-être vous repentirez-vous de m’avoir interrogée.
– Vous êtes folle, mon enfant !
Il voulut lui prendre la main.
– A bas les mains, mon vieil ami ! dit-elle en riant d’un rire moqueur. Nous ne sommes pas à la Charmerie ici ; je ne suis plus en votre pouvoir. Si vous me manquez de respect, j’appelle mes gens…
– Oh ! soupira-t-il.
– Dites donc, reprit-elle, avez-vous lu les Mystères de Paris ?
– Oui, répondit M. de la Morlière. Pourquoi cette question ?
– Alors, vous vous souvenez d’un certain Jacques Ferrand, le notaire ?
– Hélas !
– Oui.
– Et d’une pécheresse appelée Cécily, qu’il aimait à la passion… comme vous m’aimez.
– Hélas !
– Eh bien ! voyez-vous, reprit Saphir, je suis comme Cécily, moi. Je veux bien être bonne pour vous, mais il faut que vous me disiez vos peccadilles, dans le tuyau de l’oreille.
– Hein ? fit le vicomte.
– Si je suis partie de la Charmerie, si je me suis sauvée, comme vous dites… eh bien ! c’est que j’avais de mauvais renseignements sur vous, vicomte.
Elle disait cela avec un rire mutin et charmant, faisant sauter une mule de soie rouge au bout de son pied, et pelotonnée dans sa chauffeuse, en face de M. de la Morlière.
Celui-ci eut le vertige.
– Tenez, reprit-elle, je veux bien ne pas vous renvoyer ; j’ai pitié de vous, mais je veux tout savoir.
Le vicomte eut un éclair de sang-froid :
– Savoir quoi ? fit-il.
– Mais… les histoires de votre jeunesse.
Il se prit à sourire.
– J’ai été jeune comme tout le monde, dit-il.
– Pas davantage ?
– Non.
– Vous n’avez ni tué, ni volé, ni incendié ?
M. de la Morlière jeta un cri, se leva tout d’une pièce, devint affreusement pâle et chancela comme un homme ivre.
– Excusez, murmura Saphir avec cynisme, je ne croyais pas toucher aussi juste… je voulais plaisanter…
M. de la Morlière était un de ces hommes qui se redressent tout à coup et font face à l’orage au moment où on les croit terrassés.
Il se remit de son trouble en moins de temps qu’il n’en faut à un éclair pour briller et s’éteindre ! et regardant froidement Saphir, il lui dit :
– Ah çà ! que veux-tu donc dire, ma petite, et à qui en as-tu ?
Ce calme, cette audace, déconcertèrent la pécheresse.
– Mais, dame ! fit-elle, c’est que j’ai entendu dire…
– Quoi ?
– Que dans votre jeunesse…
– Que dans ma jeunesse, j’ai aimé les chevaux, la table, les femmes… le jeu… Après ?
M. de la Morlière dominait maintenant Saphir autant qu’elle le dominait tout à l’heure. Elle baissa les yeux et se tut. Le vicomte voulut payer d’audace jusqu’au bout :
– Est-ce de l’argent que tu veux, petite ? fit-il en tirant de sa poche une bourse pleine d’or, et la posant sur la cheminée.
Mais cette fois il était allé trop loin.
Saphir rougit de colère, prit la bourse et la lui jeta au visage.
– Sortez ! lui dit-elle.
Un éclair de rage brilla dans les yeux du vicomte. Il se leva lentement, fit un pas vers la porte, et parut attendre que Saphir le rappelât et lui adressât un mot d’excuse.
Mais Saphir s’était adossée à la cheminée et souriait avec mépris.
– Adieu, balbutia-t-il ; vous avez tort… je reviendrai demain…
– Mais sortez donc ! fit-elle avec hauteur, sortez, honorable vieillard.
Cette épithète fut un coup de massue pour le vicomte. Il s’en alla chancelant comme un homme ivre, traversa le salon ; il entendit Saphir qui riait aux éclats.
Celui qui l’eût rencontré dans l’escalier en eût eu pitié.
M. de la Morlière était venu à pied ; il s’en alla de même, rasant les murs, trébuchant à chaque pas.
– Elle sait tout ; pensait-il ; elle aura revu Paul, et Paul lui aura dit que son père lui faisait horreur !
Le calme, l’audace du vicomte, avaient eu la durée de quelques secondes. Une profonde atonie, une prostration sans égale, leur succédaient. Mais cette âme perverse n’en protestait pas moins contre le coup qui le frappait. L’amour qu’il ressentait pour Saphir venait se doubler de haine.
– Ah ! murmurait-il en s’en allant, si jamais je ne t’aime plus, comme je t’écraserai, vipère !…
Au moment où il arrivait à l’angle de la rue Blanche, un fiacre descendant cette rue débouchait dans la rue Saint-Lazare.
L’œil atone du vicomte s’arrêta sur ce fiacre et rencontra le regard d’une jeune femme qui s’y trouvait seule.
M. de la Morlière ôta son chapeau et salua.
La jeune femme laissa échapper un geste et deux mots de surprise :
– Tiens ! c’est vous, vicomte ?
Et elle secoua le fil de laine bleue qui correspond au siège du cocher.
Le fiacre s’arrêta, M. de la Morlière s’approcha tête nue et dit :
– Votre très humble et très obéissant serviteur, madame la comtesse.
Or, cette jeune femme n’était autre que madame d’Estournelle, qui venait de chez son amie Grenat.
Les femmes seules ont une pénétration merveilleuse.
La comtesse fut frappée du visage pâle et bouleversé de M. de la Morlière.
– Oh ! oh ! se dit-elle, qu’a-t-il donc, ce vieillard ? Serait-il amoureux ?
Et elle lui tendit la main et lui dit en souriant :
– Comment, vicomte, vous êtes à pied dans ce quartier lointain ?
– Oui, madame.
– Eh bien, montez… Je vais vous reconduire.
– Mais… madame…
– Montez donc ! insista-t-elle, ouvrant elle-même la portière. Où voulez-vous aller ?
– Où vous voudrez, dit le vicomte distrait et songeant de nouveau à Saphir.
La comtesse avait aperçu au coin de ses paupières ridées une larme prête à rouler sur sa joue.
– Voyons, mon cher vicomte, reprit-elle lorsqu’il fut monté dans la voiture, vous allez bien me permettre une indiscrétion ?
Il la regarda.
– Je devine, reprit-elle, que vous avez quelque peine ; vous êtes pâle et défait.
– Moi ?
– Votre voix est mal assurée. Et, tenez, vous avez des larmes dans les yeux. Or, poursuivit la comtesse en souriant, il y a bien douze ou quinze ans que nous nous connaissons, n’est-ce pas ?
– A peu près.
– Je suis une vieille amie ; nous avons joué au lansquenet ensemble… avant que je fusse comtesse, n’est-ce pas ? Est-ce que je n’ai pas été un peu l’amie de cette petite blonde des Folies-Dramatiques… vous savez ?… Comment s’appelait-elle ?
– Moka.
– C’est cela ! Eh bien, je vous rencontre rue Saint-Lazare, à pied, vers six heures, la mine à l’envers, les yeux fatigués… et j’ai bien un peu le droit de supposer que si Moka a pris sa retraite, il y a quelque part, dans le quartier, une beauté qui se montre cruelle pour vous.
– C’est vrai, dit le vicomte.
– Et vous l’aimez ?
– Comme on aime à mon âge. J’ai cinquante-huit ans, répondit le vicomte avec l’accent du désespoir.
– Pauvre ami ! dit madame d’Estournelle ; tenez, dit-elle, faisons un pacte.
– Lequel ?
– Un pacte d’alliance.
– Ah !
– Vous connaissez mon mari. Or, vous me rencontrez seule, en fiacre, à deux lieues de chez moi. Ceci peut vous sembler louche. Promettez-moi le silence.
– Je vous le promets.
– En échange je vais me charger de vos petits intérêts de cœur.
Le vicomte tressaillit.
– Comment se nomme-t-elle ? insista la comtesse. Voyons ! n’hésitez pas… Vous savez bien que lorsqu’une femme comme moi se mêle du bonheur d’un galant homme…
– Mais… balbutia le vicomte, vous ne la connaissez pas sans doute.
– Qu’est-ce que ça fait ? Et puis, d’ailleurs, je connais tant de gens !
Le vicomte hésitait encore.
– Dites donc, mon ami, fit madame d’Estournelle, je veux décidément tout savoir, et le moyen de provoquer vos aveux, c’est de vous en faire un moi-même.
– Vous ?
– Moi. Je suis à Paris à l’insu de mon mari, qui me croit en Bretagne…
– Vraiment ?
– Je loge mystérieusement dans le quartier où nous nous sommes rencontrés.
Le vicomte ne put se défendre d’un sourire.
– Chut ! fit-elle. Donc j’ai une liberté absolue. Et vous ?
– Oh ! moi, soupira le vicomte, je ne sais si je suis libre ou esclave.
– Rentrez-vous dîner habituellement chez vous, vicomte ?
– Pas toujours.
– Ainsi, on ne vous attend pas ?
– Jamais !
– A merveille ! Vous allez me conduire aux Champs-Elysées, vous m’offrirez à dîner, et je ne vous laisserai aller qu’après que vous m’aurez fait votre confession tout entière.
Cette perspective de dîner en tête à tête avec une jolie femme qui s’offrait comme médecin de l’âme, devait séduire M. de la Morlière.
Il avait connu la comtesse au temps où elle s’appelait la Topaze, et il se dit sur-le-champ :
– Voilà certainement la femme qui peut faire entendre raison à Saphir.
Il eut même, en ce moment, un retour de calme et de présence d’esprit, qui lui fit envisager la comtesse comme un auxiliaire inattendu dont, au besoin, il pourrait tirer bon parti. Les natures perverses se devinent.
Il accepta donc avec empressement l’offre de la comtesse, qui dit au cocher :
– Allez aux Champs-Elysées !
Durant le trajet, la conversation continua.
– Ainsi, dit la comtesse, cette petite fille se moque de vous ?
– Hélas !
– Est-elle jolie ? A-t-elle quelque esprit ? Lui avez-vous offert une position ?
– Je me ruinerais de bon cœur…
– Alors elle est sotte !
– Non, elle aime…
– Ah ! murmura la comtesse, voici la vraie pierre d’achoppement trouvée. Eh bien ! nous verrons à tourner la difficulté. Mais à propos, poursuivit-elle, donnez-moi donc des nouvelles de votre fils, vicomte ?
Cette question fit faire un soubresaut à M. de la Morlière.
– Mon fils ! dit-il, mon fils !… je ne le vois plus… il est en province.
– Ah !
– Est-ce qu’il n’a pas eu l’année dernière une liaison dont on a beaucoup parlé… une belle créature, si je me souviens ?
Le vicomte faillit livrer son secret sur-le-champ ; mais il se contint.
– Oh ! fit-il négligemment, je ne me suis jamais trop occupé de cela… J’ai toujours un peu fermé les yeux.
– Père indulgent ! murmura la comtesse avec un sourire moqueur.
La comtesse baissait son voile de façon à n’être pas reconnue.
Le fiacre s’arrêtait devant un restaurant.
Puis elle prit le bras du vicomte, et monta au premier étage où ils demandèrent un cabinet. Ils y étaient à peine installés que des pas retentirent dans le corridor, et on entendit une voix qui disait :
– Garçon, retenez-moi ce cabinet, et quand un jeune homme viendra me demander, vous le ferez monter.
Cette voix avait arraché un tressaillement à la comtesse.
Le garçon ouvrit le cabinet voisin de celui occupé par la comtesse et son vieux cavalier, et le nouveau venu y entra.
Quelques minutes après, on entendit de nouveau un bruit de pas dans le corridor, et celui qu’on attendait sans doute arriva.
– Bonjour, Paul !
– Bonjour, Victor !
Tels furent les mots échangés qui arrachèrent un double cri à la comtesse et à M. de la Morlière.
– Victor de Passe-Croix ! murmura madame d’Estournelle.
– Mon fils ! exclama le vicomte au comble de la stupeur.
Les cloisons étaient minces ; on entendait fort bien ce qui se disait d’un cabinet dans l’autre.
La comtesse mit un doigt sur sa bouche pour recommander le silence à son compagnon.
– Chut ! dit-elle, écoutons.
Et tous deux prêtèrent l’oreille.
– Sais-tu, disait Victor, que tu me fais joliment poser ? Il était convenu que nous nous trouverions à cinq heures sur le boulevard, et que nous viendrions dîner ici. J’ai fini par y venir tout seul pensant que tu n’oublierais pas, au moins, ce dernier rendez-vous.
– Pas plus que le premier, mon cher Victor, répondit Paul ; mais il m’est arrivé une aventure.
– Ah !
– J’ai rencontré Saphir.
Le vicomte tressaillit et eut un bourdonnement dans les oreilles.
– Saphir ! dit Victor, ton ancienne maîtresse, n’est-ce pas ?
– Justement. Saphir m’a emmené chez elle ; elle m’aime toujours, la pauvre fille, et puis, elle avait beaucoup de choses à me dire.
– Ah !
– Lorsque tout à coup, pendant que j’étais chez elle ; elle demeure rue Saint-Lazare, tu sais ?
– Oui. Après ?
– Lorsque tout à coup, dis-je, on sonne, puis on apporte une carte… La carte de qui ? devine.
– Dame ! c’est difficile.
– La carte de mon père.
Et Paul eut un éclat de rire qui fit faire à son père, dans le cabinet voisin, une horrible grimace. Paul continua.
– Je n’ai eu que le temps de me jeter dans un cabinet voisin. De là, j’ai vu et entendu.
– Ah !
– Mon père est venu priant, suppliant, humble et petit… Saphir a été superbe. Sais-tu bien qu’elle lui a dit : Si vous voulez que j’aie pitié de vous, il faut que vous me fassiez l’aveu de ce crime que vous avez commis dans votre jeunesse ?
– Elle lui a dit cela ?
– Oui.
– Et alors ?…
– Alors, dit Paul tristement, alors mon père a été très fort. Il s’est redressé… il a traité Saphir de son haut et a fini par lui offrir sa bourse. Saphir a pris la bourse et lui a jeté au nez, en lui ordonnant de sortir.
– Ce qui fait que vous n’avez rien su ?
– Rien.
Les deux cousins demeurèrent silencieux un moment. Alors la comtesse regarda froidement M. de la Morlière, qui était livide.
– Maintenant, dit-elle, je n’ai plus besoin de votre confession, je sais tout.
Et comme il baissait les yeux.
– Il paraît que vous avez plus d’une peccadille sur la conscience, hein ? Du moins c’est l’opinion de votre fils…
– Madame…
– Et il paraît aussi que votre cousin le baron de Passe-Croix est dans le même cas…
Les rares cheveux du vicomte se hérissèrent.
– Chut ! dit la comtesse, je sais bien des choses allez, quand ils seront partis, nous causerons.
Une heure après, Victor de Passe-Croix et son cousin étaient sortis de chez le traiteur.
La comtesse s’était levée et, abritée derrière la jalousie, elle les vit s’éloigner à pied dans la direction de la place de la Concorde.
Alors elle dit au vicomte :
– Regardez-moi bien en face ! croyez-vous que je puisse être une alliée pour vous ?
– Oui, balbutia le vicomte, que la suite de la conversation des deux jeunes gens avait épouvanté.
– Votre neveu vous accuse, votre fils vous méprise, une association mystérieuse vous poursuit, ajouta la comtesse ; enfin, la femme que vous aimez a horreur de vous… Eh bien ! je puis lutter avec tout ce monde-là, moi.
– Vous ! fit le vicomte, regardant cette femme, dont l’œil étincelait.
– Moi.
– Vous seriez mon alliée ?
– Oui.
– Mais… en échange…
– Ah ! en échange, dit la comtesse, je vous demanderai autre chose… Mais le moment n’est pas venu… Envoyez chercher une voiture et partons.
Madame d’Estournelle et M. de la Morlière montèrent dans un coupé de remise, qu’ils firent arrêter au coin du faubourg Saint-Honoré.
Là, madame d’Estournelle dit au vicomte :
– Venez demain soir à neuf heures, rue Blanche, 15 ; vous demanderez une veuve récemment arrivée de province, madame Durocher : c’est moi.
Le vicomte descendit et regagna son hôtel à pied.
– Où faut-il conduire madame ? demanda le cocher.
– Rue de la Michodière, répondit-elle.
La comtesse, un quart d’heure après, sonnait à la porte de cet appartement bizarre où nous avons plusieurs fois déjà introduit nos lecteurs.
Un homme vint ouvrir. C’était l’homme aux lunettes bleues, l’homme au caban goudronné, celui qui avait essuyé les deux coups de pistolet de Victor de Passe-Croix.
– Vous êtes d’une exactitude merveilleuse, madame la comtesse, dit-il ; je ne vous attendais guère avant demain.
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