‹ Le triomphe du Mouron RougeChapitre 4 sur 87 · 2.1

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Deux heures plus tard, une demi-douzaine de personnes se trouvaient dans l’antichambre de la demeure mystérieuse de Catherine Théot. La pièce étroite, longue, nue, aux murs humides et sans couleur, était vide de tous meubles si l’on excepte les bancs de bois brut où les gens se tenaient assis. Les bancs étaient appuyés aux murs, l’unique fenêtre était fermée comme par crainte de la lumière et, du plafond, pendait un lustre de fer forgé dont les deux chandelles allumées laissaient leur fumée monter en spirales irrégulières jusqu’au plafond bas et noirci.

Les personnes assises ou vautrées sur les bancs ne parlaient pas entre elles. Elles semblaient attendre. Une ou deux paraissaient assoupies ; d’autres, de temps en temps, secouaient leur apathie et regardaient avec des yeux vaguement interrogateurs du côté d’une portière épaisse qui pendait devant une porte au bout de la pièce et essayaient d’écouter. Cela se produisait chaque fois qu’un cri, un gémissement, un sanglot leur parvenaient à travers la portière. Quand tout se calmait, les gens reprenaient leur attitude patiente, léthargique, et le silence régnait une fois de plus parmi eux. Par moments, quelqu’un soupirait et, une fois, un de ceux qui dormaient ronfla.

Loin de là, l’horloge d’une église sonna six coups.

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