‹ Le triomphe du Mouron RougeChapitre 81 sur 87 · 33.1

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C’est midi. En quelques minutes l’Élu du Peuple, l’idole déchue, est poussé dans une des pièces du Comité de sûreté générale. Avec lui on enferme Saint-Just, Couthon, Lebas, et Augustin Robespierre, ces deux derniers sont venus spontanément partager son sort. Le décret d’accusation voté, le reste est l’affaire du Procureur public et de la guillotine.

À cinq heures du soir, la Convention s’ajourne. Les députés ont besoin de manger et de prendre un instant de repos. Ils rentrent en hâte chez eux et Tallien passe à la Conciergerie pour voir Theresia, faveur qu’on lui refuse. Il n’est pas encore au pouvoir, Robespierre est toujours vivant. Et voici que le tocsin sonne, un roulement prolongé de tambours retentit dans le soir. La ville est sens dessus dessous. Des gens courent dans toutes les directions criant, brandissant des sabres et des pistolets. Henriot chevauche dans les rues, il a arrêté son remplaçant et a fait fermer les barrières, il va essayer de délivrer Robespierre. On lit des proclamations au coin des rues. On raconte qu’on va massacrer tous les prisonniers. Tout à coup, à l’heure habituelle, le tombereau bien connu avec son lot de victimes cahote sur les pavés de la rue Saint-Antoine. La foule, qui sent que quelque chose d’extraordinaire se passe, bien que le décret d’accusation contre Robespierre ne soit pas encore connu, demande à cor et à cri la grâce des victimes. On entoure les tombereaux avec des cris ! « Libérez-les ! » Cependant Henriot descend la rue à cheval et montre ses pistolets. Les tombereaux, qui s’étaient arrêtés, repartent.

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