‹ L’Empreinte du dieuChapitre 16 sur 18 · 03 · 03

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Ils arrivèrent à Anvers vers midi. Josef Van Oostland amarra la Maria en face du quai Jordaens, parmi la flottille du Yacht-Club. Et, laissant seulement sur le bateau Jooris, le fils, ils descendirent à deux sur la rive gauche du fleuve.

— C’est loin ? demanda Wilfrida.

— Une heure.

— Nous allons à pied ?

— Il n’y a pas d’autre moyen.

Ils firent la route sans parler. Wilfrida, absorbée, ne sentait pas la fatigue. Le temps lui parut court. Elle fut étonnée quand Josef, montrant de la main une masse de bâtiments d’un jaune brun, sous un panache de verdure, indiqua brièvement :

— C’est là.

Il s’était arrêté devant la barrière qui fermait l’allée.

— Vous resterez ici ? demanda Wilfrida.

— Oui. On me connaît.

— C’est vrai. Eh bien, attendez-moi, Josef. Je ne serai pas très longtemps, je pense. Vous prendrez bien patience une demi-heure ?

Sans répondre, il montra, dans sa main, sa pipe et sa blague de caoutchouc. Il s’assit dans l’herbe, et se mit à bourrer le fourneau de bruyère noircie.

Wilfrida s’engagea dans l’allée, sous des arbres d’un vert sombre que le soleil perçait. Elle atteignit la ferme, entra dans la cour, s’arrêta, prise aux narines par la forte odeur ammoniacale du fumier, et regarda pulluler, dans la paille, dans les mares d’eau sale et la terre détrempée, des canards, des poules, des oies, des dindes, des pintades, toute une vie malpropre, bruyante et malodorante, et gaie cependant.

Des yeux, elle fit le tour des étables, des granges, des remises, une suite de bâtiments encombrés et sales. Dans un angle, elle vit la maison, petite, basse et d’où sortait par la porte ouverte un bruit sourd et régulier : le battement de la baratte. Elle se dirigea de ce côté, lentement. Elle regarda par la porte à l’intérieur, ne vit rien qu’une ombre chaude, bruissante de mouches.

Elle appela. On ne répondit pas. Le battement de la baratte continua, au fond, dans une arrière-cuisine, sans doute. Alors, elle sortit. Il y avait sous la fenêtre un vieux banc de pierre où se chauffait un chat. Elle s’y assit : et resta là longtemps. Elle était presque contente de ce répit, qui permettait à son émotion de se dissiper.

Àla fin, le bruit cessa. Wilfrida allait se lever, quand elle vit sur le seuil une grande femme rouge, hommasse, en tablier bleu, qui la regardait. Elle suait. Elle tenait écartées, grandes ouvertes, ses mains rugueuses et mouillées, et dont la peau luisait comme un cuir verni.

— Que désirez-vous, madame ? demanda-t-elle en flamand.

— Rien, dit Wilfrida. Rien… J’aurais seulement aimé savoir si vous consentiriez à me vendre quelques potées de ces fleurs que vous cultivez. Je les ai vues en passant de loin, et je me suis détournée de ma promenade jusqu’ici. Voulez-vous ?

— Ça oui, dit la mère Schmellebeck. Venez jusqu’au champ avec moi, s’il vous plaît. Le temps de prendre ma truelle…

Elle rentra dans sa cuisine, en ressortit avec l’outil. Et, à travers la cour, elle précéda Wilfrida jusqu’au dehors.

— Qu’est-ce que vous aimez, madame ?

— Avez-vous des azalées ?

— En serre, oui.

— Allons les voir !

Elle choisit cinq ou six pots, les plus chers, sans même les avoir regardés. La mère Schmellebeck était enchantée.

Elles revinrent vers la ferme, entrèrent dans la cuisine. Et cette fois enfin, Wilfrida, dans le fond de la pièce, aperçut les berceaux.

Elle ne dit rien. Une émotion irraisonnée l’étreignait.

— Comment emporterez-vous tout ça, madame ? demandait la fermière.

— Je ne sais pas trop, murmura Wilfrida.

— Je vais appeler mon homme, voulez-vous ? Il vous fera une petite caisse…

Elle sortit. Vite Wilfrida courut aux berceaux.

Il y avait cinq ou six marmots qui dormaient, ou jouaient avec leurs menottes sales. Une petite fille aux fins cheveux de lin, suçait son pouce, et regardait l’inconnue. Elle avait des yeux bleus très larges, et comme pleins de souvenirs, qui emplirent Wilfrida de trouble et de remords.

La fermière rentrait.

— Voilà, madame. Dix minutes, et mon homme en aura fini.

— Je vais toujours vous payer, dit Wilfrida. Que vous dois-je ?

— Un pot à douze, deux à dix, deux à huit, deux cactus.

Elle comptait sur ses doigts :

— Ça fait quatre-vingt-douze trente, madame. On mettra quatre-vingt-dix, quoi ?

Le total lui paraissait gros. C’était pour elle une belle vente. Elle ajouta, un peu inquiète :

— Ça ira, madame ?

— Mais oui, dit Wilfrida.

Elle tira cent francs de son sac.

— Tenez. Le reste sera pour l’emballage, n’est-ce pas ?

— Merci, merci bien, madame, dit la fermière ravie.

Wilfrida s’approchait des berceaux.

— Toute cette petite famille n’est bien sûr pas à vous ?

— Oh ! non, non, dit en riant la fermière. Des enfants que je soigne, seulement. J’en ai six comme ça pour le moment, madame.

— Oui, je vois…

Elle regardait les enfants, n’osait aller tout de suite à la petite fille aux yeux bleus, comme si la femme avait pu se douter…

— Celui-là ? demanda-t-elle en montrant un bébé de sept ou huit mois qui dormait.

— Des gens de Lokeren. Des ouvriers, madame. Ils viennent tous les samedis.

— Et cet autre, ce gros, si gentil, qui joue avec son croûton de pain ?

— Un du village, on le reprend tous les soirs. Les parents travaillent dehors, le jour.

— Et cette belle petite, là-bas, qui me regarde ?

— Ah ! celle-là, la mère est d’Anvers. Une toute jeunette. Elle vient le samedi. Elle ne me l’a pas dit, mais…

Elle baissa le ton.

— …Mais je pense bien qu’elle n’est pas mariée, madame. Je n’ai jamais vu le père. Un enfant de l’amour… Een bastaardkind… C’est triste, hein ?

Le mot souffleta Wilfrida comme si ç’avait été sa propre faute. Elle sentit le sang lui affluer au visage et se détourna.

Elle s’avança jusqu’au berceau, prit l’enfant dans ses bras. Elle n’osait plus regarder la fermière. Il lui semblait que cette femme devinerait.

— Elle a mangé, dit la fermière. Elle n’est pas bien. Prenez garde, madame.

Un hoquet secouait la petite. Elle eut une grimace. Deux ou trois gros morceaux de lait caillé lui montèrent aux lèvres, que la fermière essuya du coin de son tablier. Cela sentait l’aigre, l’enfant malade…

— C’est rien, dit la fermière, énonçant un axiome populaire. C’est signe qu’elle digère bien.

Wilfrida ne releva pas l’erreur.

— Elle n’a pas l’air très robuste, murmura-t-elle seulement.

— Eh non, pas trop… Faudrait toujours être autour d’elle. Mais quand on en a six à soigner… Et puis, vous savez, les enfants qui ne viennent pas comme les autres, ils ne sont jamais si beaux. Ils paient la misère de la mère, souvent. Pas vrai, madame ?

— C’est vrai.

— Pourtant, elle est gentille, regardez-la. Elle a des petites mines… Elle m’aime bien, elle me connaît. Elle parle un peu, déjà, quand il n’y a personne, parce qu’elle est sauvage… Ah ! oui, alors, elle sait se faire aimer. Hein, prootje ?

Elle l’avait reprise ; elle la serrait contre sa lourde poitrine, d’un bras robuste, et, brave femme, l’embrassait de tout son cœur, maternellement.

— Moi, j’en ai pitié, de cette petite, c’est celle que j’aime le mieux. Elle est sage, elle s’attache aux gens. On dirait déjà qu’elle sait qu’elle sera malheureuse ! Des gens qui abandonnent des amours comme ça, madame, vous ne trouvez pas qu’on devrait leur couper le cou ? C’est pas bien, n’est-ce pas ?

— Non, dit Wilfrida, d’une voix étouffée, ce n’est pas bien… Ce n’est pas bien…

Elle sortit. Elle se sentait mal à l’aise. Elle avait besoin d’air.

Sur le seuil elle respira un moment. Son trouble se dissipait, sa gorge se desserrait.

— Voilà votre paquet, dit la mère Schmellebeck, en voyant arriver son mari.

Il avait fait un colis, emballé les pots dans une caissette et lié le tout d’une corde.

— Ça ne sera pas trop lourd ?

— Mais non, dit Wilfrida.

Elle prit la caisse, fit quelques pas pour s’en aller. Elle s’arrêta, se retourna vers la fermière :

— À l’occasion, madame, vous dérangerais-je beaucoup en venant vous acheter des fleurs et voir votre petite famille ? Je… J’aime bien les enfants… Je vous apporterai quelques menues choses pour eux… N’est-ce pas ?

— Oh ! madame, vous êtes bien bonne !

— Mais non, mais non… Allons, au revoir.

— Au revoir, madame. Et quand il vous plaira.

Wilfrida redescendit la longue allée ombreuse et verte. Elle allait doucement. Le paquet lui pesait. Elle se sentait lasse, l’esprit vide, comme après un grand bouleversement.

Wilfrida revint la semaine suivante, et la semaine d’après. Et ce lui devint une habitude, un besoin. Elle choisissait son jour, le jeudi, le lundi, parce que la fermière lui avait dit que Karelina ne venait jamais ces jours-là. Elle s’en faisait fête d’avance. Ce voyage en barque autour de Walcheren, l’arrivée à Anvers, la longue route à travers champs, et la ferme, les enfants, cette petite Domitienne qui commençait à la connaître, et qu’elle gardait avec bonheur des après-midi entières, tout cela transformait sa vie, lui donnait un sens, chassait l’obsession perpétuelle, la hantise du disparu. Elle en avait presque des scrupules, quelquefois. Elle craignait vaguement que ce ne fût pas bien, de laisser en elle s’adoucir le souvenir douloureux. Mais elle se rassurait vite. Elle avait l’impression, au fond de sa conscience, de bien faire, d’obéir à quelque mystérieuse volonté.

Il fit un temps radieux, cet été-là. Elle passa des journées lumineuses à errer avec l’enfant par les champs de lin jaune, de blés mûrs, et de fleurs éclatantes. Jour par jour, elle pénétrait plus avant dans l’âme obscure de la petite. Un geste, une ombre de sourire sur le pauvre visage la faisaient tressaillir. Elle contentait pour la première fois un instinct profond, une soif de maternité, et s’en grisait.

La mère Schmellebeck ne s’étonnait pas. Wilfrida l’avait mise en confiance, en lui racontant une histoire de maladie qui exigeait le grand air, de longues promenades aux champs. Elle disait habiter Merxem, dans la banlieue d’Anvers, avec sa mère et son mari, négociant en bois. Ainsi, Karelina ne pourrait être mise en méfiance par une indiscrétion.

La nourrice, d’ailleurs, n’éprouvait qu’admiration et reconnaissance pour cette bonne dame si aimable, qui apportait des gâteaux, des remèdes, soignait les enfants, laissait encore de l’argent pour acheter des lingeries et des lainages, et mettait tout son bonheur à s’en aller deux ou trois heures dans la pâture ou la campagne, avec la petite.

Par elle, Wilfrida connut un peu de l’existence de Karelina, son travail, sa gêne, sa dignité triste et un peu distante. Elle n’acceptait ni les secours ni les consolations. Wilfrida n’eût pas su dire elle-même si elle éprouvait plus de colère que de pitié à s’apercevoir que là aussi le souvenir du mort restait vivant, à découvrir chez Karelina un culte pareil à celui qu’elle entretenait elle-même.

Ce qu’elle eût voulu, c’était arracher l’enfant à ce milieu pauvre et triste, l’élever convenablement, comme la fille de son mari, lui enseigner peu à peu le culte de sa mémoire. Elle pensa à l’adoption. Elle commença à rêver d’avoir l’enfant près d’elle, toujours. Elle ne pouvait quitter Walcheren, ce coin de lande tout imprégné de souvenirs. Mais n’y aurait-il pas un moyen d’amener à Windhuis Domitienne ? De la garder toujours ? De ne plus la quitter ? La pensée de ce bonheur possible laissait Wilfrida frémissante.

Karelina n’était pas sans savoir qu’une dame de Merxem s’occupait de sa petite. La mère Schemellebeck avait la langue trop bien pendue pour ne pas lui raconter les visites et les attentions de cette riche inconnue.

— C’est la femme d’un gros marchand de bois, disait-elle. Venez un lundi, un jeudi, vous la verrez, vous la connaîtrez. C’est une si gentille dame ! Malade, un peu, douce, bonne…

— Vous savez bien que je travaille, disait Karelina… Dites-lui bien, madame Schmellebeck, comme je lui suis reconnaissante…

Sans la connaître, elle se prenait d’affection pour cette inconnue, elle se plaisait à en rêver. Elle éprouvait une douceur, une consolation inexprimables à se dire que quelqu’un, tandis qu’elle travaillait, s’occupait de son enfant et veillait sur elle.

— Vous n’aimeriez pas qu’elle s’en charge complètement ? demandait la fermière. Elle s’ennuie, cette dame, elle n’a pas d’enfant. Si vous vouliez, elle me l’a dit, elle emmènerait la petite chez elle pour toute la semaine, et la ramènerait ici pour que vous l’ayez à vous le samedi…

La perspective d’une récompense princière lui suggérait d’autres arguments encore.

— Les gosses sont trop nombreux pour que je puisse être, comme ces dames, aux petits soins pour eux. L’enfant est délicate. Deux cents francs que vous me donnez, les médicaments, le linge, c’est lourd… Vous n’auriez plus un sou à payer, elle l’a dit, elle se chargerait de tout. Au fond, c’est pour le bonheur de la petite. Ces gens sont riches. Plus tard, ils pourraient l’adopter, par exemple, lui laisser leur bien, ça s’est vu…

— Je ne veux pas, disait Karelina.

⁂

— Je vous donnerai dix mille francs, disait Wilfrida. Dix mille francs, madame Schmellebeck, si elle me la laisse. Et je lui ferai faire une pension, à elle, ce qu’elle demandera, ce qu’elle voudra.

— Je n’ose plus, madame, je n’ose plus lui en parler, répondait la fermière, navrée. Ce n’est pas la peine, elle ne voudra jamais.

Et Wilfrida continuait son existence double, allait de Walcheren à Anvers, et d’Anvers à Walcheren, et laissait de chaque côté une moitié de son cœur. Près de l’enfant, elle pensait au mort ; près du mort, à l’enfant. Et elle s’apercevait avec angoisse que la situation était insoluble, qu’elle s’enchaînait chaque jour davantage dans son amour pour la fille de Domitien, et que cela ne pourrait que durer ainsi, sans issue possible, jusqu’à là catastrophe.

Un lundi, Wilfrida était allée à la ferme. Elle sortait de la cour, la petite Domitienne dans ses bras, pour descendre l’allée qui menait à la grande route. De loin, brusquement, au bout de l’allée, elle vit arriver quelqu’un qui marchait lentement, et montait vers la ferme.

Karelina !

C’était elle, en effet. L’usine chômait. Karelina en profitait pour venir voir sa petite.

Wilfrida n’eut que le temps de se rejeter en arrière, de rentrer précipitamment dans la cour. Elle courut à la cuisine, remit l’enfant dans le berceau, se sauva par la porte de l’arrière-cuisine. La pensée de se trouver face à face, brusquement, avec Karelina, la laissait épouvantée et défaillante.

Dès lors, elle se rendit mieux compte de ce que sa conduite avait de téméraire. C’était miracle que cette rencontre ne se fût pas produite déjà. Elle n’osa plus quitter Windhuis pendant deux semaines.

Puis elle revint, une fois, furtivement, comme une voleuse, incapable de résister plus longtemps à sa passion de maternité.

Et elle eut peur, une seconde fois, elle se cloîtra à Windhuis. Le remords l’accablait. De nouveau, elle entendait au fond de sa conscience scrupuleuse et comme assoiffée de sacrifice, des voix de reproche. Et le chagrin, le souvenir déjà cher de cet enfant s’y ajoutait pour la tourmenter davantage. Elle s’étonnait de sentir par combien de fibres il lui était déjà attaché. Elle se rappelait mille choses, des regards, des gestes, de confus balbutiements. Elle retrouvait, fugitives, à peine discernables, mais troublantes, des ressemblances, des linéaments de similitude, entre la frêle et tendre créature, et l’image qu’elle gardait du mort. Un pli des lèvres, une façon de lever les yeux… Et cela l’emplissait de trouble, d’une angoisse inexplicable.

Elle savait bien où elle allait, lentement, guidée par une volonté souveraine. Elle se révoltait encore, résistait, s’indignait, ou s’exaspérait. Mais on eût dit qu’il y avait en elle quelque chose de plus fort que sa volonté.

Elle retomba dans les hésitations, les incertitudes d’autrefois. Elle retrouva sur la tombe de Van Bergen ses crises de doute, de remords, toute une misère morale. Elle sentait bien, au fond, qu’il faudrait se soumettre ; elle n’acceptait pas encore. Elle allait entretenir le mort, l’implorer, lui crier son désespoir.

« Tu ne peux pas me demander cela, Domitien ! Je ne peux tout de même pas consentir à cela ! Je ne suis qu’une femme, une malheureuse femme ! J’ai fait ce que j’ai pu ! Que me veux-tu encore, Domitien, que me veux-tu ? »

L’idée du sacrifice absolu lui inspirait des révoltes furieuses, un sursaut désespéré de tout son être.

Elle crut pouvoir se reprendre, se libérer, en ne retournant pas à Anvers, voir l’enfant. Elle passa trois semaines à Windhuis, sans bouger, n’allant que de sa maison au cimetière, et passant de la colère à la tristesse, du refus véhément aux hésitations, aux remords, à l’acceptation… Celui qui résiste à l’hypnose doit vivre comme elle vivait. Elle n’aurait jamais plus de bonheur qu’à obéir. On eût dit que le mort l’avait marquée de son empreinte.

À Walcheren, tout l’obsédait, la ramenait à l’idée fixe. Elle quitta Windhuis, dans une révolte suprême, retint sa cabine sur le Sabena, qui partait quatre semaines plus tard de Rotterdam pour une croisière en Baltique. Elle y subit, solitaire, une insupportable torture morale, écourta le voyage, et rentra plus désespérée que jamais à Windhuis.

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