‹ L’EndymionChapitre 10 sur 28 · Scène QVATRIESME.

Scène QVATRIESME.

ENDYMION ſeul.

STANCES.

VAriables deſtins, trompeuſes viſions,
Obſcure ſombre nuit, adorables rayons
D’une diuinité tantoſt inexorable,
Par des coups immortels plus cruels que la mort :
Et celle cy m’a dit pour tout mon reconfort
Que Diane m’eſtoit trop douce & fauorable.
Diane ton pouuoir ne peut il ſurmonter
Ces monſtres de rigeur que tu veux contenter
Par des traits inhumains done i’ay ſenty les pointes ?
Deeſſe tu pouuois m’exempter de ces coups,
Sans aueugler mes yeux en vn moment ſi doux,
Et de forcer ma bouche à te faire des plaintes.
Auray-ie trauerſé les lieux les plus affreux ;
Auray ie ſurmonté des monſtres odieux ;
Pour iouyr vn moment de tes graces diuines ?
Pour contempler encor tes celeſtes beautez,
Mes yeux out veu les fleurs au milieu des clartez,
Mais mon cœur auſſi toſt a ſenty des eſpines.
Diane mes deſirs eſtoient ils indifcrets ?
Venois ie dans ces lieux eſcouter vos ſecrets ?
Pour trauerſer mon cœur de fleches ſi cuiſantes
Ouy Deeſſe, il eſt vray que i’eſtois criminels,
Et que ie meritois vn ſupplice eternels,

De venir eſpreuuer des armes ſi puiſſantes,
Arreſtons nous icy, tous mes ſens ſont laſſez ;
Allons nous repoſer apres nos maux paſſez,
Au pied de ce grand Myrthe, où la mouſſe eſt eſpaiſſe,[illisible]
Pour ſouſtenir mon corps qui ſe meurt de foibleſſe.

Il ſe couche au pied du Myrthe, & s’endort.

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