‹ L’EndymionChapitre 11 sur 28 · Scène CINQVIE’ME

Scène CINQVIE’ME

STHENOBE’E, ENDYMION couché[illisible]

STHENOBE’E ſeule portant vn couteau à[illisible] la main, cherche quelqu’vn pour luy couper[illisible] vne branche du Myrthe.

Ie vay cherchant quelqu’vn qui veüille icy m’ayder[illisible]
A ce que malgré moy ie luy veux demander :
Tel homme que ie fuis m’eſt icy neceſſaire,
Il me pourroit ſeruir, & ne me ſçauroit plaire,
Car, Diane, tu ſçais que ie ſuis toute à toy,
Et que ie t’ay promis de viure ſous ta loy
Tu ſçais comme pour moy dix mille cœurs ſouſpirent,
Et qu’à me poſſeder vainement ils aſpirent.
Mais la neceſſité me va faire accepter
Quelque main qu’on me viſt autrefois reietter.
Il me faut aſſiſter à certain ſacrifice ;
Et quelqu’un auiourd’hui me rendra cet office,
De me vouloir couper du myrthe que ie vois,
Qui ſurpaſſe en hauteur les arbres de ce bois.
Mais i’apperçois vn homme au pied de ce grand arbre,
Qui ſurpaſſe en beauté les lys, & le cinabre :
Approchons doucement pour voir cet inconnu,

Et ſçachons depuis quand il eſt icy venu.
Avançons… Mais bons Dieux ! ie connois ce viſage,
D’où peut eſtre ſorty ce diuin perſonnage ?
Ha ! Diane, il eſt vray que ie le vis vn iour,
Et malgré mes efforts i’eu pour luy de l’amour :
Mais depuis quelque mois que ie m’en vois abſente,
Iay taſché de bannir cette idée charmante.
Enfin ie m’y forçay quand ie ne le vis plus,
Et que tous mes ſoupirs ſe trouvoient ſuperflus.
Ie me remis enfin deſſous la loy premiere,
Et cependant mon cœur bruſloit pour la derniere.

Endymion ouurant les yeux, considere Sthenobée qui le prie de luy couper vn petit raineau du Myrthe.

Toy, que les Dieux peut-eſtre ont fait venir icy,
Parmy ces bois ſacrez pour m’oſter de ſoucy,
Coupe moy de ce myrthe vne petite branche ;
Et ie te vay donner auſſi toſt en reuanche
Ce cœur tant deſiré, tant de fois pourchassé,
Que iamais à nul homme on ne viſt attaché :
A moins que tu ne sois d’un naturel barbare.

ENDYMION ſe leuant tire ſon eſpée pour luy couper la branche.

Qui te refuſeroit, beauté charmante & rare,
Vn ſervice plus grand ?

STHENOBE’E.

Vn ſervice plus grand ? Attends encor vn peu ;
Car ſi l’an me venoit ſurprendre dans ce lieu,
Ainſi seule auec toy, l’on en pourroit médire ;
Fais donc en me ſeruant tout ce que ie deſire.

ENDYMION.

Ouy, diuine beauté, tu peux me commander.

STENOBE’E.

Encor vne faueur, qu’il me faut accorder :
Auſſi toſt que ta main aura de cette eſpée
Pour ſuiure mon deſſein cette branche coupée,
Il te faut retirer, pour me donner loiſir
De la prendre auſſi toſt :

ENDYMION.

il abbat vn petit rameau.

De la prendre auſſi toſt : Ie ſuiuray ton deſir.
Voilà donc ô beauté ce que tu me demandes :

STENOBE’E.

Trop aymable eſtranger, que tes bontez ſont grandes,
Ie les recognoiſtray.

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