‹ L’EndymionChapitre 21 sur 28 · Scène TROISIEME.

Scène TROISIEME.

ENDYMION ſeul.

STANCES.

Ce qu’on m’auoit predit n’est que trop veritable :[illisible]
Tu l’as donc ordonné, Deeſſe variable ;
Que ie ſois immolé pour ce iour ſolennel ?
Ouy, ie mourray, Diane, & ſans ſçavoir mon crime
I’irai ſur ton autel pour eſtre ta victime,
Et répandre mon ſang pour eſtre criminel.
Nous murmurons mon cœur, cet arrêt nous eſtonne,[illisible]
Et Diane le veut, c’eſt elle qui l’ordonne,
Vois qu’elle en eſt le iuge, & qu’il faut obeyr :
Que tu le ſçeus hier d’vne bouche mortelle,
C’eſt pourquoy maintenant l’agreable nouuelle
De cet arreſt de mort te doit bien réiouir.
Mourons, Endymion, ſans faire reſiſtance ;
Et monstrons à la mort vn cœur plein de constance :[illisible]
Ouy, Diane, auiourd’huy tu verras ton autel,
Pour contenter tes yeux, & pour te ſatisfaire,
Rougir de toutes parts ; puiſque c’eſt pour te plaire
Que tu veux voir le ſang d’vn malheureux mortel.
Mais, Diane, c’eſt trop, tu me combles de gloire,[illisible]
Et i’oſe murmurer d’vne telle victoire ;

C’eſt toy qui veux ma mort, ie ne diſpute plus :
Deeſſe, i’y conſens, mon ame ſe diſpoſe
A mourir pour l’honneur d’une ſi belle choſes ;
Ie ſerois criminel d’en faire le refus.
Mais i’entends Sthenobée auec ſa compagnie,
Cette rare beauté, l’honneur de l’Albanie,
Ha ! bons Dieux ! ie la vois en un bel appareil,
Eſcoutons les diſcours de ce brillant Soleil :
Cachons nous en vn coin.

Il ſe cache derriere vne colomne.

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