L’Abbesse
Elle sera une femme érudite et spirituelle comme Marie de Rabutin.
Marthe.
Elle sera une femme comme toutes les autres. On ne lui en demande pas davantage !
Philippe.
Mais, pardon ! Je ne verrais pas d’obstacles à ce qu’elle fût distinguée.
Marthe.
Est-ce qu’elle a besoin de ça pour être heureuse ? Est-ce que je suis une femme distinguée ? Est-ce que tu ne m’aimes pas comme je suis ?
Philippe, à sa belle-sœur.
Madame, auprès de vos abbayes, cette maison vous semblera bien réduite. N’oubliez pas que vous l’avez aimée.
L’Abbesse.
Elle ne me reprendra que trop vite puisqu’aussi bien, il me faudra la quitter.
Marthe.
C’est comme tu voudras, mais je ne vois pas ce qui t’empêcherait de finir tes jours ici, chez toi.
L’Abbesse.
Merci, tu es bonne. Chez moi, c’était ailleurs.
(Un temps.)
Marthe, tout à coup.
Où donc est ta jeune fille ?
L’Abbesse.
Elle a dû, par discrétion, nous donner de l’avance et rester avec les enfants.
Marthe.
Eh bien, il est temps… Je te la ramène. Comment l’appelle-t-on, Sabine ?
L’Abbesse.
Mais, mademoiselle, mademoiselle Schlumberger. Ce n’était pas une religieuse, elle n’avait pas encore l’habit.
(Marthe sort.)