‹ Les aventures de Todd Marvel, détective milliardaire Tome IIChapitre 23 sur 37 · Chapitre 4 Une escale

Chapitre 4 Une escale

Après avoir déjeuné dans la salle à manger du yacht, en compagnie de tous les passagers, Virginia se trouva complètement rassurée.
Par quelques prévenances, quelques paroles encourageantes, Miss Elsie avait du premier coup trouvé le moyen d’apprivoiser la petite négresse.

Todd Marvel et ses amis eurent grand plaisir à entendre le récit de ses aventures qu’elle accompagnait d’une mimique expressive.

Au portrait qu’elle leur en fit, ils reconnurent que, sans aucun doute, c’était à Petit Dadd qu’elle avait eu affaire, et ils ne purent s’empêcher d’admirer l’ingéniosité et la malice du jeune bandit.

Floridor seul, ne partageait pas la gaieté générale.

— Avec tout cela, grommela-t-il, nous ne savons pas encore où il est.

« Je ne suis pas tranquille à la pensée qu’il pourrait s’être installé à bord !

— C’est impossible, répondit le milliardaire.

« Les matelots que j’avais placés en sentinelle l’auraient vu ; enfin, nous avons fouillé minutieusement le bâtiment tout entier et nous n’avons rien trouvé.

« Si malin qu’il soit, il n’aurait pas pu nous échapper ou du moins il aurait laissé quelques traces de son passage.

Le Canadien n’était qu’à demi convaincu.

— Je puis me tromper, répliqua-t-il en hochant la tête, mais si vous le permettez, je vais visiter une seconde fois la cale, l’entrepont, les cabines et même le logement de l’équipage.

« Avec un pareil drôle, on ne saurait être trop prudent ! »

— Fais ce qu’il te plaira, répondit Todd Marvel en riant, mais je crois bien que tu perds ton temps.

« Si tu fais quelque découverte sensationnelle, tu viendras nous le dire.

— Je n’y manquerai pas !

Le Canadien, entêté dans son idée, disparut par un des escaliers qui aboutissait à la cale pour commencer sa ronde.

Cette occupation l’absorba pendant une bonne partie de l’après-midi.

Consciencieusement il explora le bâtiment dans ses moindres recoins, sans oublier la chaufferie, les soutes, où se trouvaient les agrès de rechange, et jusqu’au parc, situé à l’avant, où étaient enfermés les animaux vivants destinés à la consommation du bord.

Un des rares endroits qu’il n’eut pas l’idée de visiter, fut, on le devine, la cabine occupée par Miss Virginia.

Il ne lui vint pas un seul instant à la pensée que Dadd pouvait s’y être caché.

Pendant que le Canadien se livrait à ces perquisitions, Virginia s’était assise en compagnie de Miss Elsie, sous une tente dressée à l’arrière, et les deux jeunes filles prenaient plaisir à suivre les évolutions d’une bande de poissons volants que l’on voyait effleurer la crête des lames.

Puis ce furent des paquets de grandes algues chargées de fruits étranges et que les marins appellent « raisins du tropique ».

Virginia dont les inquiétudes s’étaient dissipées, ne s’ennuya pas une minute pendant cette après-midi, et quand la cloche du bord appela les passagers au dîner, elle fut tout étonnée de voir qu’il était si tard.

Après le repas, on fit de la musique, on causa, et il était près d’onze heures quand Virginia tout émue dit adieu aux hôtes qui l’avaient si aimablement accueillie et qu’elle ne devait plus revoir.

D’un tempérament très émotif, la jeune fille se sentait le cœur gros à la pensée de les quitter.

Il lui semblait qu’elle ne retrouverait plus jamais dans l’existence des protecteurs pareils à ceux qu’elle allait laisser derrière elle.

Elle versa quelques pleurs, et après avoir demandé et obtenu la permission d’embrasser Miss Elsie, elle la quitta en lui promettant solennellement de lui donner souvent de ses nouvelles.

— J’enverrai à Miss, promit-elle, de beaux plumages pour ses chapeaux.

« Il y a à Libéria des aigrettes, des poules de Numidie et toutes sortes de beaux oiseaux.

— Eh bien, c’est cela ! dit Miss Elsie, vous m’enverrez des curiosités de votre nouvelle patrie et cela me fera le plus grand plaisir.

Tout heureuse de la permission qui lui était accordée d’envoyer des cadeaux à sa protectrice d’un jour, Virginia se retira un peu moins triste.

En la reconduisant jusqu’à la porte de sa cabine, le Canadien lui répéta une dernière fois les recommandations qu’il lui avait déjà faites.

— Demain matin, vers quatre heures, lui dit-il, le Desdemona passe au large des Îles Açores.

« Un matelot viendra vous réveiller et une embarcation vous déposera sur les quais de Madère.

« Surtout faites bien attention, ne perdez pas les bank-notes qui vous serviront à payer votre passage de Madère à Libéria.

— Pas de danger, Monsieur Floridor, répliqua Virginia, je suis très sérieuse.

— Alors adieu, Miss, je ne vous reverrai sans doute pas, car lorsque vous partirez personne ne sera levé à bord du yacht.

Virginia serra une dernière fois la main du Canadien et rentra dans sa cabine, dont elle poussa le verrou intérieur, puis elle tourna le commutateur ; une vive clarté illumina la pièce.

Virginia qui se sentait assez fatiguée se laissa tomber dans un fauteuil en poussant un soupir de satisfaction.

— Je suis bien contente… murmura-t-elle à mi-voix.

Un atroce ricanement lui répondit ; elle tourna la tête, Dadd, son diabolique persécuteur était debout derrière elle, plus laid que jamais, mais cette fois complètement blanc.

Cette apparition avait quelque chose de fantastique et de surnaturel, qui eût troublé une imagination plus robuste que celle de l’impressionnable Virginia.

Elle poussa un petit cri, et tomba évanouie.

Bien loin d’aider sa victime à reprendre ses sens, Petit Dadd profita de son immobilité pour la dépouiller de sa robe, de son corsage et de son manteau, puis il lui lia solidement les pieds et les mains, la bâillonna, lui banda les yeux et ensuite la fit disparaître sous le lit comme un objet encombrant.

Cela fait, Dadd revêtit les vêtements de l’infortunée Virginia.

Il se noircit le visage et les mains, à l’aide d’un flacon de teinture qu’il avait trouvé sur la table de toilette.

Puis il se coiffa du chapeau de la jeune fille, ajusta soigneusement la voilette qui devait dissimuler ses traits, et après s’être longuement étudié devant l’armoire à glace, se trouva très satisfait de son déguisement.

— Cela pourra marcher, murmura-t-il. Le Canadien a dit tout à l’heure que le départ était pour quatre heures.

« À ce moment-là, il ne fait pas encore très clair, puis les matelots ne connaissent pas Virginia…

Sur cette réflexion, Dadd ferma prudemment le commutateur et se jeta sur le lit, sans plus se préoccuper de la pauvre négresse que si elle n’eût jamais existé.

Dadd fut arraché aux douceurs du sommeil par des coups violents frappés à la porte de la cabine.

— Je viens à l’instant, cria-t-il d’une petite voix de fausset destinée à faire illusion aux marins qui venaient le chercher.

Il donna un dernier coup d’œil à son accoutrement, mit sous son bras un gros paquet enveloppé de papier gris et ouvrit la porte.

— Dépêchez-vous, Miss, fit le matelot, on n’attend plus que vous, et le Desdemona ne doit pas stationner plus d’une demi-heure.

Sitôt qu’il fut remonté sur le pont désert, Dadd aperçut en effet la yole, déjà mise à flot et où se tenaient quatre rameurs.

Il prit place à l’arrière de la petite embarcation, qui presque aussitôt s’éloigna du bord, et se dirigea rapidement vers la ville dont les maisons blanches se dessinaient dans la pénombre.

Le temps était couvert. La nuit, quoique assez claire sous cette latitude, ne permettait pas de distinguer nettement les objets.

Les rameurs pressés de déposer à terre leur passagère pour regagner le yacht au plus vite, n’eurent pas le moindre soupçon de la vérité.

Comment eussent-ils pu se douter que cette petite négresse immobile et silencieuse, dans sa jupe verte et sa blouse orangée, n’était pas la véritable Virginia ?

Ne venait-on pas d’ailleurs de la chercher dans sa cabine ?

Dadd ne se sentait pas de joie à mesure qu’il voyait se rapprocher les maisons de la ville de Madère, dont les jardins plantés d’orangers, de palmiers et de citronniers exhalaient à une grande distance leur souffle embaumé.

— Tout de même, songea-t-il, je puis dire que j’ai de la veine !

« C’est Todd Marvel qui va faire une tête.

Dadd s’était trop hâté de se réjouir.

Une minute ne s’était pas écoulée, qu’une faible détonation se fit entendre du côté du yacht, d’où s’éleva en sifflant une fusée qui alla s’épanouir là-haut, dans les nuages, en une poignée de petites étoiles rouges et vertes.

D’un même geste, les quatre rameurs avaient relevé leurs avirons.

— C’est le signal ! déclara le plus âgé, il faut retourner au yacht sans perdre une minute.

— Mais non, dit un autre, il faut auparavant que nous ayons déposé la négresse sur le rivage.

À ce moment une seconde fusée monta vers les nuages.

À sa lueur fugitive, Dadd put constater que les gens du Desdemona mettaient à la mer une seconde embarcation.

Dadd n’en attendit pas davantage.

Avant que les rameurs eussent eu le temps de l’en empêcher, il piqua une tête dans la mer, en emportant le paquet gris qui semblait avoir pour lui une grande importance.

Surpris et désappointés, hésitants sur ce qu’ils avaient à faire, les matelots donnèrent au fugitif le temps de prendre une avance de cinq minutes.

Quand ils se lancèrent à sa poursuite, il était trop tard ; ils ne réussirent qu’à s’emparer de la robe vert pomme et de la blouse orange, dont Dadd avait réussi à se débarrasser tant bien que mal.

La seconde embarcation, dans laquelle se trouvait Floridor arrivait à force de rames.

Bientôt elle rejoignit la yole sur le théâtre du drame.

Le Canadien était exaspéré.

— Vous l’avez laissé échapper ! cria-t-il aux matelots.

« Ce n’est guère intelligent de votre part.

— Qui, la négresse ?

— Il n’y a pas de négresse, tas d’idiots : c’est Petit Dadd, le bandit.

« La vraie négresse, je viens de la trouver ficelée sous son lit, à moitié morte.

« Tenez, il se moque pas mal de vous !

« Le voilà, là-bas, qui vient de prendre terre ; il faut le rejoindre à tout prix.

« Vous ne savez pas qu’il a dévalisé Mr Todd Marvel ?

Le milliardaire était très aimé de tous ceux qui étaient placés sous ses ordres ; les deux embarcations volèrent à la surface des eaux tranquilles et atteignirent le rivage, dix minutes à peine après Dadd.

— Il y aura une forte prime à qui mettra la main dessus, déclara Floridor.

— Il n’est pas loin, dit un matelot, il vient de tourner le coin de la petite rue là-bas.

« Il n’a pas cent mètres d’avance sur nous.

Les marins, dont quelques-uns étaient d’excellents coureurs, s’élancèrent à la poursuite du fuyard.

Quelques douaniers espagnols se joignirent à eux.

De tous côtés les fenêtres s’ouvraient, habitants et habitantes apparaissaient aux fenêtres en légers costumes.

Tout le monde se demandait de quel drame la paisible ville était le théâtre.

Bientôt il fit grand jour, les boutiques commençaient à s’ouvrir, et des groupes nombreux discutaient avec animation sur le seuil des portes ou au centre des carrefours.

Mais après deux heures de poursuites inutiles, douaniers et matelots revinrent bredouilles.

Dadd avait gagné la campagne et là on l’avait perdu de vue.

On supposa qu’il avait trouvé un asile dans quelque plantation et on remit à plus tard de nouvelles recherches.

La nuit précédente Floridor qui souffrait d’une insomnie avait eu l’idée de se lever pour veiller lui-même au départ de Virginia.

Il était arrivé dix minutes trop tard, mais en pénétrant dans la cabine de la petite négresse, son attention avait été attirée par des gémissements inarticulés qui semblaient partir de dessous du lit.

Il avait découvert Virginia à demi asphyxiée et presque folle de peur, et il l’avait délivrée.

Le Canadien avait tout compris.

— C’est moi qui avais raison, avait-il pensé. Dadd était à bord et pour qu’il nous fausse ainsi compagnie, c’est qu’il a trouvé moyen de voler quelque chose.

Après avoir donné quelques soins à Virginia, Floridor très inquiet était allé réveiller Todd Marvel.

C’est alors qu’ils avaient constaté que le tiroir du bureau où le milliardaire renfermait certains papiers, avait été ouvert à l’aide d’une fausse clef, sans doute pendant que les passagers se trouvaient réunis dans la salle à manger. Le tiroir était vide.

— Heureusement, déclara le milliardaire, assez ému, les documents les plus importants sont en sûreté dans le coffre-fort.

« Ce qu’on m’a volé n’a qu’une valeur secondaire ; ce sont surtout des lettres, des coupures de journaux et des brochures.

« Cela m’ennuie pourtant que ces papiers tombent entre les mains du docteur Klaus Kristian…

C’est alors que Floridor s’était lancé à la poursuite du voleur.

Rien ne fut négligé d’ailleurs pour s’emparer de ce dernier.

Des battues furent organisées dans toute la campagne, des primes furent promises, mais tout fut inutile.

Dadd semblait s’être littéralement évaporé.

L’île de Madère est, par excellence, un pays de luxe.

Les touristes millionnaires, qui trouvent la société trop mêlée dans la Riviera, à Naples ou au Caire, se rendent à Madère. C’est là, a dit un romancier anglais, que viennent mourir tous les riches tuberculeux.

L’atmosphère de ces îles éternellement couvertes de fleurs et de fruits, et où jamais ne souffle de tempête, possède des propriétés à la fois apaisantes et engourdissantes ; sous ce beau climat, il est très difficile d’être énergique. Le seul fait de respirer, de vivre et de dormir, suffit au bonheur.

C’est un des rares endroits du monde où il n’y ait pas besoin de travailler. La paresse est à l’ordre du jour. Tout le monde y est naturellement porté à la fainéantise et à l’insouciance, depuis les travailleurs de la terre, jusqu’aux domestiques des hôtels.

Dans ces fertiles campagnes, où un Yankee eût installé des charrues électriques, des machines perfectionnées pour l’irrigation, le paysan se contente simplement de laisser pousser ses orangers, et la perspective du bénéfice le plus énorme ne le ferait pas renoncer à une heure de sa sieste ou de sa flânerie quotidienne.

Les affiches que Todd Marvel avait fait apposer en promettant une prime à qui capturerait Petit Dadd, excitèrent d’abord vivement l’attention.

Elles firent d’abord le sujet de toutes les conversations ; on en parla beaucoup mais personne ne se dérangea.

Enfin, le vieil orgueil espagnol était blessé par les prétentions de cet Américain, qui, parce qu’il avait des dollars, se figurait que rien ne devait résister à sa volonté.

— Eh bien ! disaient les gens de l’île en s’abordant, est-ce que vous allez essayer de gagner la prime ?

Généralement l’interpellé se reculait d’un pas, avec un geste indigné.

— C’est l’affaire de la police, cela ! Señor ! répondit-il. Grâce à Dieu, je ne suis pas un mouchard.

— C’est ce que je me suis dit moi-même !

Quant aux policiers de profession, ils ne montraient guère plus de zèle.

— C’est une affaire entre Américains, disaient-ils, qu’ils se débrouillent ensemble, cela ne nous regarde pas !

« Ces milliardaires se figurent qu’ils n’ont qu’à parler. Ce n’est pas moi qui me priverai de ma sieste pour aller au grand soleil, donner la chasse à un bandit dont on ne peut recevoir que de mauvais coups. »

Petit Dadd avait bénéficié de cette inertie générale, et grâce à son ingéniosité naturelle, il avait eu vite fait de découvrir une retraite à peu près sûre.

Il avait remarqué que parmi ces magnifiques villas, dont beaucoup pourraient être appelées des palais, un grand nombre étaient fermées, leurs propriétaires ne venant passer à Madère que deux ou trois mois, et il s’était dit qu’il ne ferait de tort à personne en s’installant dans une de ces somptueuses demeures momentanément abandonnées.

Avec sa sagacité habituelle il avait choisi une villa tout à fait isolée et située au milieu d’un grand parc.

Avec ses fausses clefs, il s’y était introduit sans peine, et y avait élu domicile ; les lits étaient excellents, la cave bien fournie, et le jardin immense abondait en fruits de toute espèce.

Petit Dadd passa là trois semaines tout à fait heureuses. L’arrivée des propriétaires de la villa le força, par malheur, à déguerpir précipitamment. Ils survinrent au milieu de la nuit, en automobile, avec toute une escorte de cuisiniers, de domestiques et de femmes de chambre.

Arraché aux douceurs de son premier sommeil, Dadd n’eut que le temps de sauter par la fenêtre et de s’enfuir à toutes jambes.

Il se retrouvait maintenant en pleine campagne, obligé de se cacher pendant le jour et de voler sa nourriture dans les jardins, comme aux époques les plus troublées de sa jeunesse.

Il déploya d’ailleurs tant de prudence, que malgré l’activité dont firent preuve le milliardaire et ses amis, le fugitif échappa à toutes les recherches.

Floridor ne décolérait pas.

— C’est inimaginable, s’écria-t-il, ces gens-là sont d’une nonchalance dont on ne peut se faire idée !

« Ils sont fainéants comme des couleuvres !

— Jamais, en effet sauf dans certaines régions de l’Équateur, répondait Todd Marvel, je ne me suis heurté à une pareille torpeur.

« On dirait qu’ils n’ont même pas envie de gagner de l’argent.

Le milliardaire et son secrétaire passaient une partie de leur journée à visiter les autorités de l’île, pour tâcher de stimuler leur zèle.

Partout ils étaient admirablement reçus.

On les accueillait avec le pompeux cérémonial de l’antique politesse castillane ; on leur offrait d’excellents cigares, on leur faisait déguster le merveilleux vin que produisent les quelques vignes qui existent encore dans l’île.

Enfin on ne les congédiait jamais, sans leur avoir promis, en termes choisis, que l’on ferait l’impossible pour donner satisfaction aux nobles señors.

D’ailleurs personne ne bougeait, et les choses demeuraient toujours au même point.

Le temps passait, Dadd restait toujours introuvable.

Cependant Todd Marvel ne pouvait prolonger plus longtemps son séjour dans l’île de Madère.

Il dut se contenter de laisser une certaine somme à la police locale pour que les départs des navires fussent surveillés d’une façon spéciale.

Il espérait bien que le hasard, jusqu’alors si favorable à Petit Dadd, finirait un jour par se tourner contre lui.

Quant à Virginia, elle se trouvait si malade qu’on dut renoncer à l’envoyer à terre.

Il fut décidé qu’elle accompagnerait Miss Elsie jusqu’au Havre, où elle pourrait s’embarquer directement sur un des grands paquebots qui font le service de la côte occidentale d’Afrique.

Il semblait qu’une inexorable fatalité s’acharnât à empêcher la pauvre négresse de regagner la patrie de ses ancêtres.

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