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I. La Nounou · 12

Deux semaines se sont écoulées depuis la découverte des souterrains mystérieux. Éveline, Olivier, Nounou et le vicomte Alfred, unis par les liens de l’Aubépine, ont travaillé et travaillent encore avec une ardeur sans pareille à l’ornementation luxueuse du temple de l’amour. Comme il avait été convenu entre Olivier et Nounou, le vicomte de Lortara se vit un jour directement provoqué par Éveline, de la façon la plus brûlante… La châtelaine de la Vigeraie ne trouva rien de mieux que de poser son petit pied sur le genou d’Alfred, pour rattacher sa jarretière dénouée.

Àla vue de ces dessous affriolants, le beau Vicomte, sans plus songer à la présence du Marquis et de Nounou, s’empara d’Éveline, la renversa sur le lit voisin, et, ayant sorti de sa culotte son vit tout nu, jouit, sans déconner, cinq fois de suite, de la délicieuse Marquise, dont les extases délirantes contraignirent Olivier et Nounou à satisfaire ensemble leurs ardeurs réveillées, sur le souple divan d’où ils admiraient les péripéties de la lutte lascive. C’est à l’issue de cette épreuve charmante, dont il se tira avec tous les honneurs de la guerre, que le Vicomte fut proclamé de l’Aubépine, et prit une part très active aux travaux d’installation du sanctuaire de l’amour.

L’arrivée de Joséphine au château a bien apporté quelques entraves aux fréquents tête à tête de la Marquise avec ses amis ; mais la visite du cousin Louis d’Aunac qui a, sans façon, accaparé son amie d’enfance, n’a pas tardé à rendre à Éveline une sécurité suffisante pour aider de toute son activité à l’achèvement des travaux et aux amoureuses obligations de l’Aubépine. Il est question d’une fête galante pour l’inauguration de la voluptueuse Rotonde, et nos amis ne perdent pas une occasion de s’entraîner aux luttes chères à Vénus.

Ce n’était pas sans de vifs regrets que Joséphine avait quitté le couvent. Sa douleur fut grande quand il lui fallut se séparer de sa chère Marcelle. Une promesse de fréquentes visites, solennellement échangée, put seule calmer le désespoir de ces deux cœurs passionnés. — Joséphine a tenu tout ce que promettait sa jeunesse : ses seize ans sont aujourd’hui en pleine fleur de sève printanière et de beauté du diable. Les plaisirs goûtés sous les caresses et les baisers de Marcelle lui ont donné cette aimable assurance de la femme qui sait ce qu’elle vaut. Les confidences du couvent, en éveillant ses sens, ont ouvert sa jeune et vive intelligence. Dès son arrivée au château, elle a deviné les paroles d’amour murmurées à sa mère par ces beaux messieurs qui l’admirent. Malheureusement, elle ne se fait qu’une idée confuse de cette intime union des deux sexes dont Marcelle lui a inspiré une salutaire terreur en lui dépeignant le membre sexuel des hommes comme une barre de fer rigide destinée à éventrer les vierges pour les rendre grosses, c’est-à-dire laides. La triste situation de son pauvre père qui ne l’a pas même reconnue à son arrivée lui a inspiré une grande tristesse qui se dissipe peu à peu grâce aux incessants hommages que chacun adresse avec empressement à la jeune héritière, ce trésor de grâce et de beauté. Mais à tous ces hommages, Joséphine préfère au fond du cœur les audaces et les baisers furtifs de son cousin Louis, qui profite de la liberté des vacances pour faire à Joséphine une cour brûlante. À tout propos il la pousse ou l’entraîne dans les pièces désertes ou dans les coins obscurs pour l’embrasser goulument. Ces jeux n’ont pas tardé à exciter les jeunes gens, et bientôt Louis ne s’est plus contenté de baisers furtifs. Un soir qu’il a trouvé sa cousine seulette dans le salon bleu, il l’a vivement embrassée et tout à coup, pris d’un désir insensé, il a essayé de lui retrousser les jupes. Rougissante et confuse, Joséphine a déjoué la tentative et s’est enfuie dans le parc, laissant son cousin penaud dans le salon. Mille pensées confuses agitent la jeune vierge : Elle est furieuse contre Louis, et pourtant au fond du cœur, elle ne lui en veut pas trop de son audace. La grille du parc a arrêté sa course : Elle admire l’immense prairie et les vieux saules tordus ; l’odeur des foins coupés jette autour d’elle des parfums suaves. Le hasard, ou plutôt la Providence, a résolu ce jour-là de mettre à l’épreuve les sens surexcités de la fillette : une servante lui apparaît soudain, en compagnie de son galant, un vigoureux garçon de ferme. Jugeant l’endroit suffisamment solitaire, et ne voyant pas Joséphine cachée derrière les clématites qui s’enchevêtrent à la grille, les deux amants se préparent à goûter les douceurs de l’amour. Le garçon trousse les cotillons de la fille en la renversant sur un tas de foin. Là, mettant à nu le gros cul de sa bonne amie, il prend plaisir à le considérer un bon moment ; Joséphine ne peut, de son côté, s’empêcher d’admirer ce derrière étalé en plein air… Soudain l’amant se met à claquer d’une main, avec énergie, les deux grosses fesses, pendant que l’autre farfouille par dessous… La servante, émoustillée, se roule en gigotant. Joséphine ne perd rien de ces préliminaires lascifs… par malheur, en se jouant amoureusement, les deux amants disparaissent de l’autre côté du tas de foin. Impossible de franchir la grille pour aller voir… Joséphine ne peut que prêter une oreille attentive. Pendant un long moment encore elle entend des claques, des cris étouffés, et des soupirs… puis les claques cessent, les soupirs deviennent plus rapides et plus profonds, entrecoupés d’exclamations étranges et de râles plus étranges encore… Joséphine, s’appuyant d’une main à la grille, l’autre passée sous ses jupes, écoute en se branlant doucement, et rêve de son amie Marcelle. Décidément, pense-t-elle, les hommes sont bien méchants !… Et son imagination lui offre, tout palpitant, le gros cul de la fille de service, tout rouge et gigotant sous les claques viriles du valet de ferme.

Le lendemain, Louis essaya de nouveau de la trousser. Elle le repoussa avec emportement, malgré le désir qu’elle éprouvait de se laisser embrasser par lui. Elle aimait son cousin, la naïve fillette, mais la crainte des claques sur son joli derrière et de la honte qu’elle en ressentirait, l’irritait contre lui et contre elle-même, et la faisait rebiffer contre ses friponnes tentatives. Elle devinait que Louis brûlait de la traiter comme elle avait vu traiter la servante ; peut-être même méditait-il, le sacripant, de lui déchirer le conin et de l’engrosser avec la barre de fer vivante que tous les hommes ont au bas du ventre.

Pendant que l’amour des deux jeunes gens croît et se développe comme une plante sauvage au grand soleil, Nounou se délecte, tantôt à jouer en tête à tête le joli jeu avec la brûlante Éveline, tantôt à livrer celle-ci, déjà surexcitée, aux ardeurs d’Alfred ou d’Olivier, tantôt enfin à prendre elle-même, tour à tour, ces messieurs pour amants selon ses lubriques fantaisies. Le gentil manège de Joséphine avec Louis ne lui a pas échappé. Elle a surveillé les jeunes gens, et vu avec quelle passion Louis, en embrassant sa cousine, la presse contre les murs afin de mieux sentir vibrer, sous ses mains, tout le jeune corps de la vierge. Plus d’une fois, la complaisante Nounou a ménagé habilement au jeune homme l’occasion de surprendre sa jolie cousine loin de tous les regards indiscrets : Le salon bleu, peu fréquenté, est le plus souvent témoin de ces innocents et piquants tête à tête dont Éveline et Nounou suivent à travers la mince cloison, et d’une oreille attentive, les diverses péripéties. C’est Nounou qui a découvert, derrière un vieux placard condamné, l’endroit d’où l’on entend tout ce qui se dit, même à voix basse, dans le salon bleu. Ce flirtage juvénile se déroule donc sous la surveillance maternelle d’Éveline. Elle sait, la gentille maman, que Joséphine n’est pas insensible aux amoureuses avances de son cousin, mais elle ne peut comprendre les terreurs secrètes de sa fille, tant les plaisirs d’amour sont devenus, pour la chaste Marquise, chose naturelle et nécessaire à la vie : — « Quelle farouche vertu ! » dit-elle souvent à la rieuse Nounou. — « Oh ! Marquise, votre fille fait des petites mines effarouchées, mais la coquille lui démange… Elle ne recule que pour mieux sauter. Soyez sans inquiétude, ma belle maîtresse ; bientôt votre adorable enfant ne s’enfuira plus quand son cousin aura envie de voir les dentelles de ses jupons… — « Tu crois donc, Nounou, qu’ils y viendront, à la fin des fins ? — « Ils y viendront, Madame, ils y viendront, croyez-moi ! Le salon bleu ne tardera pas à être témoin du doux sacrifice !… — « Quel dommage, Nounou, que l’acte charmant ne s’accomplisse pas dans ta chambre !… là, au moins, de mon lit, nous verrions tout ! » — « On tâchera, Marquise, de satisfaire votre libertine fantaisie : Foi de Nounou, c’est dans mon lit que Joséphine sera dépucelée, je vous le jure ! Vous avez donc bien envie, chère maîtresse, de voir ce fripon de Louis introduire son membre dans le conin de votre mignonne fille ?… » — « Tu ne saurais croire, Nounou, combien j’en languis. Je ne voudrais plus avoir à me gêner devant cette jolie enfant. J’ai toujours peur qu’elle me surprenne. Tiens, pas plus tard qu’hier matin, elle est entrée à l’improviste dans ma chambre où se trouvait le Marquis qui était venu me dire bonjour en passant. Olivier cause admirablement, tu le sais : il tenait le fil, moi l’aiguille, et, de fil en aiguille, la conversation avait fini par s’engager à fond quand ma fille entra dans ma chambre. Heureusement qu’Olivier avait tiré les rideaux du lit. Comme il était sur moi, je le secouai brusquement dans la ruelle, l’arrachant et m’arrachant moi-même à la plus douce occupation… Joséphine vint m’embrasser, et me trouva si rouge qu’elle me demanda si je n’avais pas de fièvre. Quand elle fut sortie, nous fermâmes la porte à clef, mais tu vois que nous l’avions échappée belle ! » — « Tandis que si la petite avait été à l’œil !… » — « Bien sûr que nous n’aurions pas interrompu la conversation au point où elle en était ! » — « Vous étiez donc au bon moment ?… » — « Il arrivait ; depuis un petit moment le Marquis ne parlait plus et redoublait ses coups de cul… moi je me laissais doucement décharger, je n’attendais, pour éclater, que le jet brûlant de mon cavalier. » — « Que je vous plains tous deux !… Mais si vous aviez tenu bon, et que Joséphine, mieux instruite, eût eu le caprice de se mêler à votre conversation ?… » — « Tais-toi, vilaine, tu me rappelles ce matin où tu eus le toupet de venir te mêler à la causerie que nous tenions avec le Vicomte !… » — « Mais moi, Madame, vous m’aviez pris mon amant et j’avais le droit de réclamer, même dans votre lit, mes droits violés… Et si je me mêlai à votre causerie impudique, qui s’en plaignit ? » — « Pas moi, en tout cas, ma chérie. » — « Et le Vicomte ?… » — « Lui non plus, mignonne, car il me déclara que tu étais la plus gentille putain qu’il eût jamais enfilée. » — « L’insolent ! attendez que je le tienne entre deux draps, et vous verrez l’air de danse que je lui jouerai !… » — « À propos de danse, Nounou, nous ne tarderons guère à voir arriver les mandolinistes annoncées par ton amie de Cette ? » — « Elles seront là au premier jour. » — « Nous en profiterons pour nos soirées ; nous danserons, ce sera charmant ! qui sait si elles sont jolies ? » — « N’ayez à cet égard aucun souci : les trois mandolinistes et les joueurs de guitare ne me seraient pas si instamment recommandés par ma chère Clarisse, si ce n’étaient trois adorables filles et deux galants « di primo cartello », comme disent les Italiennes. Il y a aussi, me dit Clarisse, la directrice de la troupe qui est danseuse émérite et qui nous réserve d’étranges surprises… » — « Qu’il me tarde de les voir arriver : Je me fais une fête de danser avec nos amoureux aux sons de la guitare. » — « Et moi, Marquise, de me livrer à l’amour aux accords langoureux des mandolines. Si vous saviez ce que c’est bon, Marquise, et comme ça vous transporte, vous et votre cavalier !… C’est une joie que me donnait Clarisse chaque fois qu’il lui prenait la fantaisie de m’exaspérer de jouissance ». — « Je viendrai donc, moi aussi, coquine ! te voir jouir en musique ? — « Ah ! dans ce cas, Madame, quel que soit le cavalier que vous rencontrerez sur moi, n’hésitez pas à lui enfoncer profondément un doigt dans le derrière ; vous doublerez ses désirs et vous triplerez mon bonheur. »

— « Petite cochonnette que tues ! Il me semble que ton amie Clarisse t’a éduquée d’une façon bien peu morale ! En fin de compte qu’est donc ton amie, et que fait-elle à Cette ? » — « La joie de tous ses amis et de toutes ses amies, sans compter le bonheur de son amant en titre ». — « C’est donc une femme entretenue, ton amie Clarisse ? » — « Oui, Marquise ! » — « Oh ! fi donc, faire métier de son corps !… » — « Il faut bien vivre, madame, la nécessité excuse bien des choses !… » — « Tu as raison, Nounou ; ton amie après tout ne fait pas autre chose avec monsieur le Public que ce que toi et moi faisons avec le Marquis et le Vicomte ! Mais ce que je ne crois pas, c’est qu’un homme bien élevé éprouve du plaisir avec des femmes si faciles ». — « Vous vous trompez étrangement, Marquise, une femme honnête ne peut pas donner à l’homme les jouissances qu’il trouve chez une jouisseuse de profession ». — « Cela me semble difficile, Nounou, car enfin… suppose que je sois un homme ». — « Parfaitement, madame, je le suppose… et que vous avez envie de… baiser, de foutre, si vous préférez, car c’est dans le réservoir du foutre que vous sentez des démangeaisons… » — « Eh ! bien, Nounou, je m’adresse à une jolie et honnête personne, et je la prie si instamment de me soulager que… » — « Cette jolie et honnête personne vous rira au nez si elle ne vous fait pas jeter à la porte par ses laquais, parce que l’usage veut qu’une femme ne « succombe » qu’après un siège assez long pour refroidir les plus galantes ardeurs ». — « Ceci peut arriver, il est vrai !… » — « Or, si vous êtes homme, et que vous ayez des désirs pressants à satisfaire, c’est chose toute simple… » — « Soyons un peu comme tu l’entends : j’ai des désirs pressants ?… » — « Oui ! vous avez l’envie de foutre une femme !… » — « Eh ! bien ?… » — « Vous entrez au bordel ! » — « J’entre au bordel ! » — « Une foule de femmes demi-nues vous entourent, vous caressent… » — « Et moi, qu’est-ce que je fais, pendant que ces femmes cherchent à me séduire ? » — « Commodément installée sur un canapé ou sur un moelleux fauteuil, vous faites approcher de vous celles dont la figure ou les formes vous paraissent les plus agréables. D’une main, passée sous la robe, vous leur caressez les fesses et le gras des cuisses, de l’autre main vous prenez à poignée la motte velue, puis dirigeant un doigt léger vers le centre des désirs, vous inspectez la sensibilité et la fraîcheur de la fille. Du côté des tétons, pas de déceptions à craindre parce que, dans un bordel qui se respecte, les nénés sont toujours à nu. Ces préliminaires vous ayant pas mal surexcitée, vous faites votre choix et, sous l’œil maternel de la Maquerelle, vous désignez la femme que vous voulez, à moins que vous n’en preniez deux à la fois : Certains hommes ne trouvent rien d’aussi joli que l’amour à trois. Les prêtresses de Vénus vous conduisent dans une chambre où elles s’empressent de vous déshabiller en se mettant elles-mêmes à poil, et vous vous faites servir suivant vos goûts, en vrai sultan ! Il y en a qui baisent purement et simplement, d’autres qui exigent de la femme des postures bizarres, d’autres qui préfèrent se faire sucer le dard, d’autres enfoncer des bougies dans le derrière… Les femmes de bordel sont, en général, expertes à deviner les goûts du client, et le servent en conséquence. Il en est qui font le métier par intérêt et sans goût ; ce sont, en général, les plus dévergondées. Il en est d’autres qui se livrent par goût et avec passion aux actes obscènes qu’exigent d’elles les galants de passage. Il en est, enfin, et ce sont les plus recherchées, qui, malgré leur déchéance, ont conservé des restes de leur pudeur native, et qui ne se prêtent qu’avec mille résistances aux exigences impudiques des clients.

— « Mais qui donc t’a si bien renseignée, coquine ? »

— « Mon amie Clarisse avait une compagne d’enfance qui venait très souvent chez elle. Comme cette compagne était la mère abbesse d’une de ces galantes maisons, elle nous parlait souvent de ses pensionnaires, et j’aimais à me faire donner toute espèce de détails sur les mœurs et les occupations de ce curieux harem. — « Les femmes y sont-elles reçues ? » — « Certes oui ! Une fois avec Clarisse, nous avons eu cette fantaisie ». — « Et qu’avez-vous fait ?… Dis-moi tout ! » — « Madame Picard, c’est le nom de la mère abbesse, nous reçut avec la plus vive joie ; et après nous avoir offert à toutes ses dames, ainsi que deux jeunes garçons de quinze à seize ans attachés à l’établissement, elle nous invita à faire notre choix à loisir. Clarisse prit le plus jeune des garçons, et moi une petite Napolitaine qui avait des yeux pervers. J’avais hésité entre cette dernière et la jolie bonne qui nous avait servi. Comme si elle avait deviné mon envie, l’aimable matrone ordonna à la jolie bonne de nous accompagner pour nous assister dans nos amoureux divertissements. Je baisai Madame Picard sur les deux joues, et nous partîmes pour Cythère, accompagnées de joyeuses plaisanteries et d’éclats de rire : — « Je viendrai vous surprendre, prenez garde ! nous dit la matrone en me menaçant du doigt, tandis que je serrais la taille de la jolie bonne en robe noire et tablier blanc, et que, fermant la marche, la petite Nina fouillait lascivement sous nos jupes. Clarisse qui marchait devant avec le jeune garçon n’attendit pas d’être dans la chambre pour sortir du pantalon la queue mutine de son cavalier. — La pièce dans laquelle nous entrâmes était grande et magnifiquement meublée. Mises par nos partenaires à l’état de nature, nous ordonnâmes au jeune garçon de jouir devant nous de la petite Napolitaine. Ils s’accouplèrent gentiment sous nos yeux, et perpétrèrent l’acte sexuel avec une adorable impudeur. Excitée par ce spectacle, je suppliai la gentille bonne de me faire minette. Clarisse, assise à côté de moi sur la fouteuse, me regardait avec curiosité tressauter sous l’habile languéyage de la bonne. Je lus le désir dans ses yeux noirs, et je me mis à la branler. Ce fut le premier acte de l’Opéra. Puis Clarisse se fit exploiter par le gamin, tandis que je recevais avec volupté les caresses napolitaines de Nina. Ensuite, ce fut mon tour de loger la jolie petite pine et d’en tirer mon profit. En même temps que l’adolescent s’escrimait de toutes ses forces contre ma vertu et me secouait son goupillonnet dans le ventre, je suçais la petite Nina. Nina de son côté, faisait mimi à la bonne ; la bonne à son tour gougnottait ardemment Clarisse, dont les deux mains libres et voluptueuses se jouaient sur le cul potelé de mon jeune fouteur. Appelée par nos cris de volupté, Madame Picard assista à ce dernier acte de notre jolie débauche, et pour nous donner la fête complète, ordonna à tout son personnel féminin de nous offrir le grand jeu des puces savantes. C’est, paraît-il, le spectacle préféré, le jeu de prédilection des belles et honnêtes dames qui, de temps à autres, viennent visiter le couvent de Madame Picard. Sept couples de jolies jeunes femmes, se tordant, échevelées et enlacées sur le tapis étendu à nos pieds, tantôt s’égratignant et se mordant de rage amoureuse, tantôt râlant de bonheur sous les coups de langue victorieux, nous forcèrent, Clarisse et moi, à nous faire encore une fois chevaucher par les deux pensionnaires mâles de notre amie, ce qu’ils firent du reste avec une aimable désinvolture… » — « Friponne de Nounou, comme tu dois jouir ! Tu me donnes une envie folle de voir arriver nos amis. Sais-tu bien, Justine que je ne comprends pas la froideur du comte d’Ermenonville, lui qui, au début, me faisait une cour si empressée ! » « — Je crois, Marquise, sans en être absolument sûre, que votre belle-sœur, la chaste Olympe, n’est pas étrangère au refroidissement du comte ». — « Olympe ! la beauté la plus froide que l’on puisse rêver ! » — « Ah ! Madame, ne vous fiez pas aux apparences ! C’est précisément à ces vertus farouches, que la volupté arrache les haut-le-cul les plus savoureux. Depuis quelques jours, j’ai remarqué chez la comtesse Olympe certains symptômes qui ne trompent jamais et qui me font supposer qu’elle a un amant… » — « Et cet amant heureux, tu crois que c’est le comte Léonce ? » — « Sa froideur à votre égard d’un côté, de l’autre ses fréquentes visites à la Cerisaie m’inspirent les soupçons les plus sérieux ». — « Nous allons surveiller cela, Nounou et si nous étions assez heureuses pour les prendre sur le fait… » — « Vous en seriez presque aussi heureuse que de surprendre votre fille dans les bras du vicomte Louis, son cousin ? » — « Presque autant, ma chérie. Il me tarde qu’il n’y ait autour de nous que des membres de l’Aubépine ; c’est-à-dire que des fouteurs et des baiseuses libres de tout préjugé, de façon à pouvoir, à tout instant du jour et de la nuit, se faire enfiler n’importe où, sans redouter une surprise. Ah ! voici le Marquis ! quel bonheur ! à moi, Marquis ! je vous attendais avec une impatience ! » — « Mon Éveline ! » — « Cher Olivier ! » — Et à ces mots l’heureux couple s’unit amoureusement… — « Les voilà à l’œuvre, nos jolis tourtereaux, s’écria Justine, sont-ils à croquer quand ils baisent !… »

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