‹ Les Carbonari de l’amourChapitre 2 sur 24 · I. La Nounou · 02

I. La Nounou · 02

Sollicitée par le marquis dont les ardeurs viriles avaient trouvé chez Éveline des trésors de voluptés inconnues à ses sens blasés, la jeune marquise avait consenti, non sans regret, à donner à l’enfant qui allait naître d’elle le sein d’une nourrice étrangère. Gilbert, tout heureux de conserver pour lui seul les blancs et frais appas de sa jeune femme, avait prié la Mère abbesse de l’Assomption de vouloir bien se mettre en quête d’une nourrice avant l’accouchement d’Éveline. Une ancienne religieuse du couvent, sœur de charité à Cette, lui ayant instamment recommandé une jeune accouchée, dont elle lui faisait les plus grands éloges, la supérieure transmit la sainte recommandation au château de la Vigeraie où l’on prit aussitôt les mesures nécessaires pour faire venir avant les couches de la marquise, la future nourrice de son enfant : Justine Tizarello.

Comme cette nouvelle venue jouera, dans notre récit, un rôle des plus importants, il est nécessaire que nous la présentions au lecteur. Justine Tizarello était la fille unique de petits merciers établis à Cette depuis quelques années : à l’âge de seize ans, elle se prit d’amitié pour un jeune ami de son père, né, comme elle, à Ajaccio, qui s’était épris d’un amour insensé pour la piquante beauté de brune à demi Italienne, pour les grands yeux noirs et les longs cheveux plus noirs encore, de la jeune mercière. Ursino, plus débauché qu’un Napolitain, n’eut pas de peine à deviner chez sa gentille compatriote un tempérament de feu et une proie facile à croquer. Aussi lui fit-il une cour assidue. Chaque jour de la semaine, il lui apportait un amical présent, soit des fleurs, soit un ruban, soit un foulard aux brillantes couleurs, et ses cadeaux intéressés faisaient la joie de la jeune coquette.

Un jour qu’il la rencontra seule au magasin, il profita de l’absence de la mère pour lui murmurer le brûlant aveu de ses amoureux désirs, aveu qui jeta la fillette dans un trouble inexprimable parce qu’Ursino l’avait accompagné d’un long baiser qui avait fait vibrer tous les nerfs de l’enfant. Enhardi par ce premier succès, Ursino profita d’une seconde absence de la mère pour faire voir en cachette à son amie les images licencieuses d’un livre intitulé « La Nuit de Noces ». Justine, émoustillée par les images voulut lire le livre. Ursino le lui laissa en lui faisant promettre de le tenir soigneusement caché : au trouble de la jeune fille quand elle lui rendit le livre coupable, il comprit que l’œuvre de corruption avait fait un rapide progrès et glissa dans la main de la jeune vierge un exemplaire illustre de « l’Académie des Dames ». — Ce ne sont là, ajouta le polisson, que des passe-temps sans conséquence, des écrits enfantins ; mais si tu le veux, je te ferai lire des livres plus jolis encore et plus amoureux. C’est ainsi que les œuvres les plus lubriques, les conseils les plus pervers, l’enseignement le plus libertin, passèrent sous les yeux de Justine et lui enseignèrent, avec une infinie variété de détails tous les mystérieux secrets dont une jeune fille ne doit percer le voile qu’en tête-à-tête avec son époux, entre les draps immaculés du lit de noce.

Le résultat de ces lectures criminelles fut de jeter les sens ardents de Justine dans une telle surexcitation qu’elle exprima naïvement un jour à Ursino, le désir qu’elle éprouverait de voir de ses propres yeux comment est fait un homme, pour s’assurer que tous ces livres, avec leurs étranges images, n’étaient pas un tissu de mensonges.

Après s’être assuré que personne ne pouvait le voir du dehors, Ursino se déboutonna prestement, et offrit aux regards émerveillés de son amie, le plus beau braquemard qui ait jamais mouillé une chemise de femme. Le galant compagnon qui n’en était pas à ses débuts de galanterie, et qui ne voulait s’emparer de la jeune fille qu’en toute sécurité, ce qui était impossible dans le magasin, n’eut pas de peine à décider Justine à venir le trouver, le lendemain. Dimanche, chez une dame de ses voisines dont l’amant attitré, capitaine de vaisseau, tenait la mer en ce moment. — Cette dame est si bonne ajouta Ursino, qu’à l’aveu que je lui ai fait de mon amour pour toi, elle m’a offert son appartement pour te recevoir. Elle sera heureuse de nous tenir compagnie ; et quand nous aurons assez causé ensemble, elle t’accompagnera jusqu’à ta porte, mon amour.

Songe, Justine, au bonheur que nous aurons de parler librement de notre affection sans autre témoin que notre dévouée confidente qui te considère déjà comme sa sœur chérie et brûle de faire la connaissance : C’est elle, ma chère, qui m’a prêté pour toi les plus jolis livres de tous ceux que je t’ai fait lire, et elle veut, m’a-t-elle dit, mettre toute sa bibliothèque amoureuse à notre disposition.

Alléchée par cet appas libertin, heureuse de faire connaissance avec cette grande dame qui voulait être sa sœur et protéger ses amours, la jolie Justine promit à son ami tout ce qu’il voulut. À son vif regret, l’approche d’une cliente obligea Ursino à réintégrer son braquemard dans ses culottes, et interrompit l’amoureuse conversation. Dès que la cliente fut sortie, Ursino indiqua exactement à son amie la demeure de Madame Clarisse, et Justine promit de s’y rendre à une heure de l’après-midi le lendemain.

Ursino n’avait dit que l’exacte vérité. Clarisse qui, en l’absence de son amant, avait apprécié plus d’une fois les brillantes qualités de son jeune voisin en tête à tête galant, et à qui ce dernier avait fait confidence de son amour pour Justine, avait offert son appartement à Ursino pour y dépuceler en toute sécurité la jeune Corse. La femme galante se faisait une joie extrême d’assister à pareille fête amoureuse. Elle en régla tous les détails avec son ami Ursino qui, pour lui témoigner sa reconnaissance sans compromettre ses forces viriles, lui offrit gentiment de la gamahucher, malgré la présence de la fille de service. La brûlante Clarisse ayant accepté avec plaisir cette offre voluptueuse, Ursino la coucha sur le lit, et la troussant de tous les côtés, ordonna à la servante de venir se masturber à côté de sa maîtresse tout le temps qu’il ferait minette à celle-ci. Dressée par Clarisse à tous les libertins caprices, la jeune bonne vint en riant se branler à côté du couple voluptueux : maîtresse et servante furent heureuses en même temps, et pendant qu’Ursino buvait l’extase de Clarisse, la liqueur de la petite bonne coulait le long de ses cuisses et salissait le tapis… Le lendemain à une heure précise, Justine arrivait au rendez-vous que lui avait fixé son amoureux. Clarisse l’attendait avec une impatience fébrile, et multiplia pour la jeune fille les témoignages de la plus vive affection. Elle déclara qu’elle était ravie de ce que l’absence de son amant lui permettait de recevoir chez elle une aussi aimable société que celle de Justine et d’Ursino qui allait arriver. En attendant la venue de ce dernier (qu’elle avait fait cacher dans une pièce voisine) Clarisse entreprit de préparer la jeune amoureuse par les confidences les plus friponnes. La jeune pucelle lui ayant naïvement avoué l’impression qu’elle avait ressentie à la lecture des « Deux gougnottes » et combien ces caresses entre femmes l’avaient troublée, Clarisse l’embrasse avec une sorte de fureur érotique, et offrit à l’innocente de lui faire admirer une jolie série de gravures licencieuses destinées à illustrer ce charmant ouvrage de Monnier. La petite Corse accepta avec empressement. Cet examen enflamma tellement les deux femmes que Clarisse, à deux reprises, voulut voir à nu les frisettes de Mademoiselle Tizarello. Comme celle-ci se laissait faire le plus volontiers du monde, Clarisse sortit de son secrétaire une nouvelle série d’images où l’on voyait un beau jeune homme à l’état de simple nature, se livrer avec deux fillettes nues aussi, à tous les jeux, à tous les badinages chers à Vénus. C’est ce moment que le jeune Corse choisit pour faire son entrée et il vint embrasser avec passion la délicieuse Justine : Il couvrit de petits baisers fous les yeux, les lèvres, le cou et la naissance des cheveux de la petite frissonnante. Clarisse n’ayant pu dérober à ses regards l’album érotique, Ursino le prit et, s’asseyant entre les deux femmes, les força de le parcourir avec lui, en priant Clarisse d’éclaircir par les explications les plus amusantes, les diverses polissonneries qui passaient sous leurs yeux émoustillés. La femme galante surpassa en paroles la lubricité des peintures… Quand elle vit que les deux amoureux brûlaient de désirs, elle prit l’album et alla s’allonger sur un sopha vis-à-vis des amants. Elle ne s’aperçut certainement pas, qu’en appuyant sa jambe sur une chaise un peu haute qui était placée au pied du sopha, elle livrait aux regards curieux de Justine ses affriolants dessous, pas plus qu’elle n’avait vu tout à l’heure que de son corsage, largement échancré, les deux gros nénés sortaient presque entièrement leur blanches rondeurs, dressant, sous les regards de la pucelle énamourée, l’insolence de leurs pointes roses. Justine fit observer d’un geste à son ami les ravissants dessous de Clarisse, Ursino, excité au dernier degré, prit Justine dans ses bras, la pressa contre lui de toutes ses forces, puis lui ouvrit amoureusement le corsage et lui plongea, gloutonnement, une avalanche de baisers fous et de langues libertines sur les ravissants contours des deux tétons aussi fermes que du marbre : Un bouton de la robe, puis un second, puis un troisième avaient, tour à tour, sauté sur le tapis, quand la belle Clarisse par dessus son album, vit les deux seins de Justine en proie aux suçons goulus du jeune Corse dont la main et presque tout le bras avaient lentement disparu sous les jupes de la fillette éperdue. Se redressant alors, en dégrafant sa robe de chambre, la complaisante hôtesse rejette loin d’elle ce vêtement superflu, et, à demi cachée par une diaphane chemisette de dentelles, elle vient tendrement embrasser celle qu’elle appelait sa petite mignonne chérie, sa plus douce amie, la forçant doucement par ses tendres caresses et par ses baisers passionnés, à se coucher sur le dos, sans que la main d’Ursino eût lâché prise. Grâce à cette tactique de Clarisse, la jolie petite mercière allait triompher des premières douleurs inhérentes à cette délicate opération du dépucelage : Ursino, transporté de luxure, triompha brutalement des dernières résistances d’une pudeur déjà expirante, souleva ou déchira les voiles suprêmes, étalant ainsi les charmes virginaux livrés pour la première fois à ses mâles ardeurs, et malgré les cris de sa victime que les baisers lascifs de Clarisse essayaient d’étouffer, jouit, sans déconner, de la jeune fille à trois reprises consécutives. Bientôt Clarisse n’eut plus à maîtriser la vertueuse résistance de son amie : Justine ne tarda pas à trouver à ces outrages répétés une infinie douceur et lorsqu’Ursino, en se pâmant, lâcha dans le sein de sa jeune maîtresse sa troisième décharge de foutre, la liqueur sexuelle de Justine s’épanchant à flots bouillonnants, se mêla, délirante, à celle du jeune libertin, dans un torrent d’infinies jouissances. Clarisse, après avoir longuement contemplé l’extase des deux amants, les désunit en riant, et entraîna Justine dans son cabinet de toilette pour réparer habilement les traces de l’outrage subi par la vierge. Ursino, en attendant leur retour se mit à quitter ses vêtements, et ne garda que ses chaussettes blanches. Lorsque les deux jeunes femmes rentrèrent au salon, Ursino put voir, avec une extase indicible, que Justine, pour tout costume portait une chemisette de dentelles tout à fait semblable à celle de Clarisse. À cette vue, pris d’une impudique ardeur, il s’élança sur les deux amies, les bouscula ensemble sur le tapis épais et se livra sur elles deux, à tout le dévergondage de ses sens pervertis. Justine était à bonne école : Elle fut baisée et rebaisée, enfilée, sucée et enculée. Clarisse, folle de joie d’assister à un si joli spectacle, excitait au libertinage le plus effréné l’organe du héros de la fête, et les sens irritables de la jeune fille. Le corps entier de son amie subit les derniers outrages du sperme viril et des caresses lesbiennes les plus raffinées. Dans un élan de reconnaissance lubrique, après avoir longuement et à diverses reprises, contemplé et manipulé la sexualité de son amant, Justine exprima le désir de le voir jouir de la belle Clarisse. Les deux fripons qui ne demandaient pas autre chose que de pervertir complètement le sens moral de Justine, lui offrirent le spectacle le plus enivrant. La courtisane commença par feindre la plus vertueuse résistance : les caresses et les baisers de la petite mercière triomphèrent de ces scrupules pudiques ; mais alors elle prétendit que son conin était incapable d’héberger un hôte aussi long… Pour la rassurer, Justine prit exactement la dimension des deux bijoux, et il se trouva que l’organe mâle était un peu plus court que l’organe femelle : elle pouvait donc se livrer sans crainte, Clarisse prétendit alors qu’il était trop gros et qu’il risquait de déchirer son virginal bijou. Après l’avoir minutieusement mesuré dans ses contours comme elle l’avait fait pour la longueur, Justine la rassure aussi de ce côté. Ursino, devant les deux femmes, se laissait faire avec une complaisance béate. Clarisse, qui avait son idée, dit qu’elle avait une envie folle d’emprisonner d’abord l’instrument du plaisir dans ses longs cheveux noirs : Ursino laissa les deux amies envelopper complètement son organe révolté dans les plis soyeux de la chevelure dénouée à cet effet. Mais il ne tarda pas à déclarer qu’il voulait loger sa verge raidie dans le creux grassouillet formé sous le bras charmant de la courtisane. — Dans mon aisselle ?… — Oui, madame, là où vous avez de si jolies frisettes blondines ! — Eh ! bien soit ! mettons l’y. Vous allez donc me baiser en aisselle, petit vaurien ? — Nouvelles postures et nouvel emprisonnement du priape, sous les yeux ravis de Justine. Après quelques secousses assez voluptueuses, le libertin avoua qu’il désirait piner, mais que Justine devait lui ouvrir le con de son amie. Justine accepta joyeusement la délicate mission… Les deux athlètes se mirent en posture et la pine en érection, dirigée par deux doigts roses disparut dans le vagin de Clarisse. Après avoir consciencieusement essayé les douceurs de cette nouvelle posture, le galant déclara qu’il ne serait pleinement heureux que s’il foutait en cul sa belle partenaire, et qu’il chargeait Justine d’introduire son membre dans le derrière de sa compagne. Cette nouvelle introduction s’opéra gentiment, grâce à l’inaltérable complaisance des deux jolies filles, au milieu du rire général que partagea Ursino ravi. Mais cette fois le galant fut pris en défaut. Émoustillé par tous ces préliminaires charmants, électrisé par la lasciveté des postures qu’il avait fait prendre à Clarisse, aiguillonné par la présence de Justine, chatouillé surtout par la part qu’elle venait de prendre aux deux derniers actes de l’amoureuse comédie, Ursino n’eut pas le temps de changer de posture… La crise le surprit, rapide, impétueuse, et c’est dans le derrière potelé de la courtisane confuse qu’il épancha par saccades involontaires la chaude surabondance de sa sève virile. Justine était aux anges : Clarisse prit sa main mignonne pour achever l’œuvre commencée par les énervants préludes d’Ursino. Et dès que celui-ci l’eût lâchée, les deux femmes s’enlacèrent étroitement des bras et des jambes et se sacrifièrent joyeusement à deux reprises à la Vénus lesbienne. L’impudicité de leurs caresses ne connut plus de frein quand elles virent l’unique spectateur de leurs jeux se branler furieusement en face d’elles. Le jeune Corse usa et abusa follement de la complaisance des deux femmes. Pour compléter l’éducation de Justine la courtisane tailla au galant une plume ravissante, pendant que la petite lui chatouillait les grelots. Ursino se délectait. Sa jeune compatriote ne voulut pas être en reste de galanterie et manifesta le désir de lui sucer le dard. Le polisson se laissa faire, pendant que Clarisse, se logeant entre les jambes de la petite la gamahucha avec passion.

Vous supposez bien, ma gentille lectrice, que ce premier tête à tête de Justine avec son amant n’était pas fait pour calmer la juvénile effervescence de son tempérament. Les rendez-vous se succédèrent, de plus en plus fréquents ; Madame Clarisse s’était, du reste, sérieusement éprise de la jeune mercière, et celle-ci, reconnaissante envers la tendre confidente de ses amoureux débordements, lui rendait en volupté inouïe le bonheur délirant qu’Ursino lui distillait dans les entrailles. Les fiévreuses ivresses de la courtisane lui plaisaient beaucoup certainement, mais ce qu’il fallait à Justine, c’était le mâle, Clarisse l’avait bien compris, mais peu lui importait puisqu’elle n’éprouvait pas de plus ardente jouissance que de s’emparer de la fillette au sortir des bras de son amant, toute chaude et palpitante, moite encore des acres lassitudes du coït enragé. Mais si ses caresses à elle n’allaient pas plus loin que l’épiderme de sa victime, il n’en était pas de même de celles d’Ursino qui ne tardèrent pas à porter leurs fruits naturels : Un beau jour, Clarisse s’aperçut que la petite était enceinte. Justine simula un engagement à Marseille comme bonne de deux jeunes enfants et, ayant pris congé de sa famille avant que celle-ci ne se fut aperçue de son état, elle alla demeurer chez Madame Clarisse, enchantée d’avoir son amie sous la main jour et nuit. Quant à Ursino, quand il connut la grossesse de la jeune fille, il se refroidit singulièrement à son égard. Ceci permit à la courtisane, après avoir assisté au dépucelage de Justine, d’assister à son premier adultère.

Elle choisit, pour cette délicate opération, un vieux Monsieur très paillard qui, chaque mois, lui rendait visite et qui, à diverses reprises, lui avait exprimé le vif désir de faire l’amour devant elle, avec une autre fille : L’occasion ne pouvait être plus belle, et le vieux Monsieur en profita avec des raffinements de ruffian qui firent le ravissement de sa jeune conquête. Justine se montra aussi fieffée gourgandine que son amie, et quand le vieux Monsieur s’en alla la bourse vide et les couilles à sec, Clarisse se jeta au cou de son amie, la renversa sur le tapis, et finalement l’emporta dans son lit d’où les deux tribades ne sortirent qu’après avoir épuisé la coupe des voluptés défendues.

Le ventre de Justine grossissait démesurément : C’était pour les deux amies un continuel sujet de plaisantes remarques. La femme galante voulait continuellement s’assurer si le petit ne mordait pas encore, et ne manquait aucune occasion de lui présenter le bout du doigt ; — « Il suce, disait-elle en riant, mais il ne mord pas ! » — Enfin, arriva pour Justine le moment d’entrer à l’hôpital en qualité de fille de chambre de Madame Clarisse. C’est là qu’au bout d’un mois elle accoucha d’une ravissante fillette, née de père inconnu, et qui reçut le nom de Fiorella. Sœur Brigitte qui s’était prise d’affection pour la jeune mère, ayant reçu, de la supérieure de Toulouse, mission de trouver une nourrice pour la jeune châtelaine de la Vigeraie, proposa la place à Justine qui accepta avec empressement. Et voilà comment la belle Corse entra au Château de la Vigeraie en qualité et avec le titre officiel de Nounou, pendant qu’on lui gardait, aux « Enfants trouvés », la gentille Fiorella.

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