II. L’Épine blanche · 04
Depuis l’heureux moment où Joséphine avait appris de la Marquise la fondation de l’Aubépine et la prochaine inauguration du Temple de l’Amour, elle n’avait qu’un désir : visiter la rotonde dont le marquis d’Haricourt hâtait l’organisation dernière, en attendant l’arrivée des petites servantes et des mignons enfants que lui avait promis la savante et complaisante amie de Nounou : Madame Clarisse. Pendant le déjeuner qui suivit la débauche où nous avons vu commettre le tendre inceste d’André sur la jeune Emma, Joséphine, assise à côté du marquis d’Haricourt, se montra si prévenante, si empressée à son égard que sa voisine, Madame de Rifray, la taquina à voix basse à ce sujet. Joséphine, en riant, lui avoua à l’oreille le but de ses prévenances : Je veux obtenir du Marquis qu’il me fasse visiter la rotonde ! — Ah ! mignonne, répliqua Nathalie, vous aussi vous connaissez l’existence de ce temple des délices. Eh ! bien votre désir je le partage depuis plusieurs jours, mais le Marquis est inflexible, et je crains bien que vous n’y soyez pour vos frais de galanterie, ma toute belle. — Aidez-moi, chère dame ! — Je veux bien, mon amie, et je vais prier Gabrielle de se joindre à nous : C’est elle qui a le plus d’influence sur son beau-frère.
Le marquis d’Haricourt se laissa prier, supplier, cajoler tant et si bien que nos trois amies en arrivèrent à un argument décisif en déposant chacune à son tour un baiser mouillé sur la tête rose de son priape : Telle était la condition que, poussé à bout, avait imposée Olivier aux trois amies. Il ne lui restait plus qu’à s’exécuter, et c’est ce qu’il fit avec grâce.
Surprises au premier abord, et même un peu effrayées par le silence du long corridor tendu de velours noir, Joséphine et ses compagnons ne purent retenir un cri d’admiration quand elles pénétrèrent dans la salle d’attente à la luxueuse ornementation. Mais leur enthousiasme ne connut plus de bornes lorsque le Marquis leur ouvrit à deux battants les trois portiques de la rotonde inondée de flots de lumière. Au centre, dans des massifs de verdure et de fleurs entourés d’un vaste bassin aux eaux miroitantes de reflets électriques, se dressait l’arène au sable fin, sur laquelle devaient prendre place les musiciens de l’amour. Du milieu du bassin, jaillissaient vers la voûte des gerbes de perles lumineuses qui retombaient en pluie fine dans les plus suaves couleurs de l’arc-en-ciel. Formant un premier cercle sur le bord du grand bassin, vingt larges divans bas et moelleux semblaient, artistement groupés, attendre le signal de l’amour. Tout autour de la grande salle, des lits de repos très bas, enveloppés de rideaux de gaze rose et diaphane et recouverts de velours grenat, invitaient d’une irrésistible façon aux tendresses intimes et aux abandons complets de la pudeur et de la vertu. Sur un fond de satin noir que garnissait jusqu’à mi-hauteur les parois du temple, tranchaient d’admirables groupes de marbre et de splendides tableaux de maîtres italiens représentant, sous toutes les formes imaginables, les mignardises irritantes de la volupté, et offrant aux couples, enlacés sur les lits, de charmants modèles de lubricité.
Les trois amies contemplaient les détails enchanteurs de toutes ces séductions en ne se communiquant leurs impressions que par des furtifs serrements de mains et des regards obliques mouillés de désirs. Leurs pas glissaient silencieux sur l’épais tapis d’Orient, à la suite du Marquis qui signalait à leur attention les œuvres d’art les plus lubriques, en leur décrivant dans tous ses détails l’effet produit par chaque statue ou chaque tableau sur les sens du spectateur émoustillé. Remarquez-vous, mesdames, disait-il, que le tapis est de plus en plus épais et moelleux, à mesure qu’il se rapproche des lits aux rideaux de gaze : Vous devinez, n’est-ce pas, le motif de cette particularité ? Il se peut que, pendant le bal, deux danseurs emportés par leur ardeur amoureuse, n’aient pas le temps d’arriver jusqu’au lit qu’ils désirent, et tombent enlacés dans l’exaspération du rut surchauffé : N’est-il pas naturel que nous ayons songé à adoucir leur chute et rendre plus voluptueuses leurs délices ? Nos jolies visiteuses approuvèrent la pensée du Marquis, et Nathalie remarqua en riant que sur un tapis aussi souple une femme pouvait tomber sur le dos sans se blesser le derrière. Gabrielle, tentée de voir le joli cul de Madame de Rifray, la défia d’essayer : Nathalie y consentit sans hésiter et, se troussant jusqu’à la ceinture, se laissa tomber, assise, de toute sa hauteur. Ses compagnes eurent beau la visiter de très près, cette chute n’avait laissé nulle trace comme l’affirma le Marquis lui-même en se faisant un plaisir de tenir soulevés les jupons de la Comtesse pour la mieux exposer aux investigations minutieuses de ses deux jeunes amies.
Après leur avoir montré qu’un mécanisme secret remplaçait à volonté le tapis par une table en fer à cheval, sortant du sous-sol avec tous ses sièges, en vue des banquets à venir, le bel Olivier conduisit les visiteuses dans les salons de toilette : C’est là, Mesdames, que vous viendrez revêtir les costumes les plus propres à enflammer vos cavaliers, depuis le peplum romain fendu sur les cuisses, jusqu’à la simple écharpe nouée aux reins par devant et dont les bouts pendants protègent la timide pudeur. — Mais, Marquis, dit Gabrielle, je ne vois ici que de la gaze bleue, rose ou verte ? — Et que voulez-vous de plus, ma chère amie ? Vous savez bien que le vêtement qui fait le mieux ressortir votre beauté de déesse, c’est la simple nudité ? — Oh ! beau-frère, vous me feriez rougir ! — Sous la gaze rose, possible ! — Vous êtes un Vaurien ! Mais les Messieurs, où se déshabilleront-ils ? car je suppose que ce costume si rigoureux pour la timidité naturelle à notre sexe, sera aussi de règle pour le vôtre, mon cher Olivier ? — Mon amie, ceci dépendra complètement de vous, puisque chaque dame imposera à son cavalier le costume qu’il devra prendre. C’est ce qui fait que nous n’avons pas songé à leur attribuer des salons de toilette particuliers : ils viendront s’habiller ici. — Avec les dames ? — Eh ! bien, pourquoi ? — Mais il se passera des choses ! — Des choses charmantes en vérité, ma belle Gabrielle, et dont nous pouvons, si vous le voulez bien, Mesdames, vous offrir un échantillon. — Merci, Marquis, merci pour le moment… attendez que nous ayons satisfait notre curiosité, et poursuivons notre visite.
Voici le cabinet d’électricité, d’hydrogénie et de mécanique qui dirige tous les mouvements locaux : inutile d’entrer. Voici le calorifère destiné à fournir une température toujours égale dans les salles, galeries et corridors. Les offices et cuisines, les appartements de la jeune domesticité ont une entrée indépendante avant d’arriver à la salle d’attente. Venez par ici, Mesdames, voir une curiosité de haut goût dont nous devons l’invention à Nounou, l’amie intime de notre gracieuse châtelaine, et la nourrice de Mademoiselle Joséphine ici présente : Veuillez pénétrer dans le salon des eaux courantes ! » — Eh ! quoi, s’écria Nathalie, qu’est-ce que cela ? ne dirait-on pas des squelettes de bidets ? — Vous avez deviné juste, Madame, répliqua le Marquis : Ce sont là des bidets en caoutchouc vulcanisé, mais ossaturés de façon que le derrière, tout en s’appuyant solidement dessus, offre un large espace libre pour recevoir les soins de propreté sans avoir besoin de changer de posture. — C’est là, en effet, la plus ingénieuse des inventions, mais à quoi sert donc cette roue nickelée placée devant le bidet ? Essayez seulement, Mademoiselle, et vous en aurez la surprise. — Je suppose, Marquis, que je n’ai rien à craindre ? — Au contraire, Mademoiselle, vous allez voir : Enfourchez seulement votre dada… — Sans se déconcerter, Joséphine prit sa robe et ses jupes à deux mains et, troussée jusqu’à la ceinture, s’assit cavalièrement sur le bidet. À peine, sur le conseil du Marquis, eut-elle imprimé une légère impulsion à la roue, que le petit canal sur lequel était disposé le bidet, se remplit jusqu’au bord d’une eau tiède et courante qui semblait sortir de la roue elle-même. Au second tour de roue, Joséphine s’aperçut que son bidet s’abaissait jusqu’à plonger dans le courant liquide. Le Marquis s’approchant de la jeune fille lui fit voir dans une rainure une canule en argent simulant un priape allongé, muni à sa base d’un coude élastique avec robinet en forme d’ailes priapiques. Il enseigna à Joséphine que cette canule avait pour but de balayer chez la femme toute trace récente du passage du mâle, et il insistait pour que la jeune châtelaine essaya le jet purificateur. Joséphine se prêta à cette fantaisie, et saisissant entre le pouce et l’index la base du vit d’argent, elle se le planta dans le fourreau de l’amour, ce qui lui fit drôlement serrer les fesses. Puis, le Marquis ayant tourné les petites ailes du robinet elle sursauta, la pauvre petite, sous le coup de fouet voluptueux de l’injection vaginale. Le Marquis, à l’aide d’une légère pression activait ou modérait la violence du jet, et la jeune fille trouva très drôle, mais très agréable, la sensation éprouvée. La première honte étant passée, Joséphine se laissa manipuler, non seulement par le chaud Marquis, mais encore par Gabrielle et surtout par Madame de Rifray : celle-ci voulait à tout prix que sa jeune amie fit, sous les yeux du Marquis, l’essai complet du bidet ; or, la petite, malgré tous ses efforts, n’ayant pu qu’expulser un filet d’eau virginale et dorée, force fut à l’une de ces dames de prendre sa place sur le bidet plongeur. Gabrielle sur un mot du Marquis, qui la pressa sur son cœur, s’exécuta bravement, et étala aux regards allumés de son beau-frère et de Nathalie, une adorable paire de cuisses blanches, une flamboyante entrée de paradis et surtout un cul tellement lubrique, qu’Olivier et Nathalie ne purent s’empêcher de le manipuler aussitôt avec amour. — Prenez garde, dit la rieuse Gabrielle de provoquer chez moi un soulagement aussi odorant qu’intempestif, si vous saviez comme cela me presse ! — Vite, ma chérie, lui dit Nathalie, venez plonger votre joli cul dans l’eau bienfaisante et soulagez-vous, ma toute belle ; l’eau emportera tout, n’est-ce pas, Marquis ? — Tout, Comtesse, excepté le splendide fessier de notre adorable Baronne, et ce sera fort heureux pour nous, n’est-ce pas ?… pauvre chérie !… la voilà qui se soulage. — Au bruit, Joséphine qui s’épongeait et se frictionnait le derrière, se retourna en éclatant de rire, ce qui fit rougir Gabrielle. Mais le Marquis n’attendit pas la fin de l’opération pour glisser la main par dessous, dans le courant tiède ; et il eut vite fait de nettoyer le petit cyclope de sa belle-sœur de toutes traces équivoques. La chose ne s’accomplit pas sans beaucoup d’attouchements et d’intromissions du doigt qui faisaient sursauter et se pâmer de rire la charmante baronne. Mais elle se gardait bien, la lascive créature, de quitter la place. Le Marquis l’ayant félicitée de sa bravoure et de sa fermeté au poste, avoua qu’il n’aurait peut-être pas, malgré l’effronterie de son sexe, le courage qu’elle venait de montrer. — Ah ! s’écria Gabrielle en bondissant pour s’essuyer à la hâte, c’est ce que nous allons bien voir ; et aussitôt, avec la complicité de Nathalie et de Joséphine piquées au jeu, elle se mit en devoir de déculotter son beau-frère. Celui-ci, dont les paroles n’avaient eu que ce but, se laissait faire avec la plus molle passivité et se laissa conduire sur le bidet par ces dames. Mais quel ne fut pas l’embarras des trois amies, en voyant le galant priape se dresser hors du récipient en les menaçant d’une risible aspersion. Joséphine ne trouva d’autre remède, pour conjurer le danger, que de faire une fourche avec deux doigts, pour réduire de force le joli boute-joie à faire sa petite affaire en lieu convenable. Nathalie s’étant assurée que le Marquis opérait le plus consciencieusement du monde, ce fut Gabrielle qui voulut rendre à son cher Olivier l’office exquis qu’elle en avait reçu, et, à tour de rôle, lui enfonça quatre doigts mutins dans le fondement. Joséphine s’y étant aussi essayée, force fut à Nathalie de suivre l’exemple et de venir crisser, en le mesurant à diverses reprises, l’orifice cher aux éphèbes de Gomorrhe. Ces petits jeux libertins excitèrent tellement les sens d’Olivier que, voulant se ménager, il y mit fin brusquement pour conduire ses amies dans la galerie supérieure. Malheureusement pour ses vertueuses dispositions, aux galeries comme à la rotonde, tout était admirablement disposé pour provoquer la volupté.
Les profonds et moelleux divans, les souples dossiers d’où les spectateurs accoudés pouvaient suivre tous les détails de l’immense salle, tout réveillait dans l’esprit des visiteuses, des idées libertines. Après avoir admiré le spectacle féérique qu’offrait le temple d’amour vu des galeries, Gabrielle fit remarquer combien il serait agréable d’assister aussi, invisible, aux amoureux ébats d’un couple ardent et jeune… — — Olivier, à la peau duquel portait depuis quelques jours la capiteuse beauté de sa belle-sœur saisit celle-ci par la taille, et lui proposa d’aller à l’instant réaliser son rêve lascif. Oh ! si Nathalie et Joséphine voulaient être bien gentilles !… dit la Baronne, en pressant la main d’Olivier… — Qu’exigez-vous de nous, chère amie ? dit Nathalie ; parlez, et nous vous obéirons. — J’ai une folle envie, reprit Gabrielle, de vous faire voir l’amour, toutes nues, sur l’une de ces couches voluptueuses.
Entendu ! mignonne… Voulez-vous, chère Joséphine, venir faire l’amour avec moi ?… — Il y a longtemps que j’en brûle d’envie, belle Comtesse, et rien ne pouvait m’être plus agréable que votre aimable proposition : Laissons donc la belle Baronne et le fier Marquis en doux tête-à-tête, et venez faire de moi au gré de vos amoureux caprices ; je suis prête. — À tout, chère petite ? — À tout ! ma douce amie. Et moi aussi ! Venez vite, car j’ai hâte Oh ! comme je vais vous soulager ! — je vous mets au défi ! — Je veux qu’il n’en reste pas une goutte pour votre amant ! — C’est ce que nous allons voir. Comtesse. À cette provocation, Madame de Rifray répondit en prenant la jeune fille par la taille pour l’entraîner vers les grands escaliers de marbre.
Le Marquis et Gabrielle les suivirent du regard, fortement émoustillés par leur amoureux empressement. Quelle étrange chose, pourtant, que la pudeur, dit Olivier, en soulevant les jupons de sa belle-sœur assez haut pour voir son corps tout nu jusqu’au ventre. Il a suffi, ma chère amie, que vous ayez le courage tout à l’heure, de me traiter comme une nourrice traite son bébé, pour que je ne fasse aucune différence entre votre nudité et la mienne. Tenez, je vous trousse avec autant d’aisance que je me déboutonnerais si j’étais seul, pour me secouer la chiche en pensant à vous. — Eh ! bien, mon cher ami, c’est la même chose pour moi. Depuis que ma main a touché les parties les plus secrètes de votre splendide corps, il me semble aussi naturel de porter ici ma main, et de toucher ce que je touche entre vos cuisses, que de me la passer sous mes jupes, comme je ferais peut-être si j’étais seule ici… et saisissant à poignée l’organe nu de son ami, la Baronne le pressa tendrement : Mais, ne dirait-on pas à votre raideur, que vous avez envie de moi, cher ami ? — Je vous aime, Gabrielle ! je brûle pour vous d’une ardeur insurmontable, j’ai de vos baisers un désir fou !… Non, cher ange, ma raideur ne vous trompe pas. Il n’y a que votre charme exquis qui puisse la provoquer chez moi si intense ! Cette raideur qui vous charme, parce qu’elle est votre œuvre, ma toute belle, je l’ai éprouvée deux fois déjà ; la première fois, le jour de votre mariage avec mon pauvre frère épuisé par les excès. Il me semble encore vous voir si appétissante dans votre blanche parure ! À la pensée de ce que je supposais, que vous alliez faire cette nuit là, mon imagination se monta au point que j’aurais donné mon corps, vendu mon âme pour vous regarder librement sous les jupes comme je vous vois en ce moment… Une autre fois, vous étiez avec Madame de la Vigeraie ; dans le parc, moi, je vous observais à travers le feuillage épais d’une vigne vierge, et je vous admirais de toute mon âme, elle et vous. Votre jarretière avait peut-être glissé ou bien votre bas formait un pli au-dessus du genou, car je vous vis soudain soulever discrètement votre robe, et le jupon blanc avec, pour rattacher la jarretière rose. Madame la Marquise vous regardait faire avec le plus vif intérêt. Pour moi, à cette vue incendiaire, je profitai de l’abri que m’offrait la charmille pour porter sur moi une main criminelle, et calmer l’intolérable prurit que m’avait communiqué la vue de votre adorable cuisse. — Et maintenant, en la regardant, que ressentez-vous, cher Marquis ?… — Maintenant, divine Baronne, si je n’avais l’espoir gourmand de livrer bientôt à votre tendre ardeur le petit vaurien que vous caressez si gentiment, et la certitude de l’introduire dans un instant, avec toutes les formes voulues, au sein de cette jolie fente rose que je vois s’entr’ouvrir comme une fleur de pourpre… chère Gabrielle, pardonnez-moi, mais il me serait impossible de résister au désir fou que j’éprouve de me secouer sur le champ, devant vous, le porte-joie lubrique dont vous chatouillez le gland rubicond. — Fi, le vilain égoïste ! À moi pauvre femme trop timide pour suivre votre exemple pervers, vous m’infligeriez le supplice cruel de vous voir jouir seul ? — Vraiment, ma chère Gabrielle, vous n’oseriez vous masturber là, devant moi ?… — Non, mon ami, malgré toute mon envie, il me semble que je n’aurais pas ce courage. — Oh ! chère petite sœur, vous augmentez le désir que j’éprouve, en ce moment, de vous voir faire cette sottise… Essayez, mignonne, je vous en supplie !… laissez-moi placer moi-même votre fine main, donnez-moi ce doigt… là !… appuyez-le sur le petit bouton dressé… doucement… bien doucement mon ange… branlez !… branlez !… Oh spectacle divin !… — Que je suis honteuse, Olivier ! Que me forcez-vous de faire ?… Qui m’eût dit que jamais je consentirais, devant un homme !… Oh ! mon ami ! ne me regardez pas ainsi : vos yeux me disent des choses !… Oh !… oh !… je sens… que c’est doux !… — Allons, je vois que ma chaste belle-sœur commence à prendre goût au jeu ! Tudieu, comme elle y va vigoureusement, cette petite et blanche main !… Assez ! assez, petite polissonne, ceci ne ferait pas mon affaire à moi !… Gabrielle, arrêtez-vous, je le veux ! — Oh ! mon chéri, de grâce ! je ne puis pas… non, je ne puis pas m’arrêter, c’est trop bon ! Ciel, vous vous emparez de mes deux mains… pourquoi m’avoir embrasée de désirs voluptueux ? Achevez-moi comme vous le voudrez, mais achevez-moi ! — Voulez-vous bien vous taire, impudique ! Vous me faites rougir !… Et tout en prononçant ces paroles, le chaste Olivier étreint dans ses bras amoureux le corps de sa belle-sœur… les pantalons sont tombés, les chemises sont troussées… Olivier pousse insensiblement Gabrielle, et la fait tomber à la renverse… lui, sur elle ; étendu les membres agités d’un indicible frisson que partage la jeune femme… Leurs organes en feu se cherchent et se provoquent : Me sentez-vous, Gabrielle ? — Oh ! oui, je vous sens ! Votre gland me froisse mon petit bouton d’amour ; il me chatouille, il m’irrite ! le voilà qui se glisse vers la petite entrée du palais voluptueux que mon doigt caressait tantôt… aïe ! poussez !… enfoncez, enfoncez encore !… il entre, mon ami !… — Tout seul, Gabrielle !… il entre tout seul ! le sentez-vous entrer ? oh ! chérie que c’est bon, que c’est doux !
Àce moment un éclat de rire étouffé par un baiser, apprit au couple amoureux que son ivresse avait des témoins. Loin d’en être offusqués, les deux amants se soudèrent plus étroitement l’un à l’autre, comme si l’on eût tenté de les désincruster. Puis, ayant jeté sur les indiscrètes un oblique regard, ils aperçurent auprès d’eux, debout, et en état de nudité complète, Joséphine avec Madame de Rifray, qui semblaient vouloir juger des coups pour applaudir le vainqueur de ce tendre duel. J’ai dit en état de nudité absolue, mais j’ai eu tort, Joséphine et Nathalie étaient revêtues d’une ceinture de gaze bleue pailletée d’or, dont le grand nœud aux franges de soie retombait coquettement sur la hanche au lieu de voiler, comme il aurait dû faire, la pudique toison qui abrite chez le sexe féminin le tendre sanctuaire de la jouissance. Olivier et sa conquête, brisés de volupté, succombèrent en même temps à la douce crise d’amour. Ils ne revinrent à eux que pour engager une nouvelle lutte aussi ardente et plus voluptueuse peut-être que la première, car Nathalie, invitant Joséphine à l’imiter, vint aiguillonner les amants par de charmantes et lascives caresses. Toutefois, ces amusements produisirent sur la vive Comtesse un tel effet, que se tournant vers Joséphine, elle la prit à bras-le-corps pour la coucher sur le divan et lui faire partager les extases de la Baronne d’Haricourt.
La pudique Joséphine, confuse à la pensée de se livrer à une femme, aux côtés mêmes du Marquis, se débattit aux bras de la Comtesse et lui échappa. Une course folle s’engagea entre les deux amies, pendant que le brûlant Olivier déchargeait consciencieusement dans le sein frémissant de son heureuse et délirante compagne, qui lui demanda enfin grâce un instant.
Accoudés à la galerie dans le désordre du plaisir, ce désordre exquis qui provoque à de nouvelles folies, les deux amants purent jouir à leur aise d’un ravissant coup d’œil. La chasse galante donnée par Madame de Rifray aux appétissants appas de Joséphine était bien digne de toute leur attention par les péripéties émouvantes auxquelles elle donna lieu. Serrée de près par son adversaire, Joséphine se laissa brusquement choir en travers du moelleux tapis. Nathalie emportée par la vitesse acquise, ne pût s’arrêter à temps, et, venant broncher contre le corps nu de son amie, tomba à son tour, de tout son long, les fesses en l’air. Joséphine, vivement relevée, appliqua une forte claque au blanc derrière de son amoureuse et reprit la course folle, mais la rusée Nathalie se garda bien de s’en relever. Feignant une entorse douloureuse ; elle se posa sur le flanc, dans la position qui faisait ressortir le mieux les rondeurs affriolantes de ses chairs, et se mit à gémir comme une pucelle en mal d’enfant. La tendre Joséphine toute émue, revint sur ses pas et contempla avec un regard de convoitise la nudité lascive de son amie. Celle-ci se plaignant d’une vive douleur à la jambe, la jeune fille, sans défiance, voulut secourir la jolie blessée, et lui prenant délicatement le genou, chercha le siège du mal. Nathalie se laissait complaisamment manipuler par la fillette ; mais celle-ci qui s’était jusque-là tenue sur ses gardes, ayant commis l’imprudence d’enjamber le corps de Madame de Rifray, la Comtesse, folle d’amour, saisit la jeune fille par les cuisses et, se haussant à la force du poignet, se mit à lécher la vulve en feu de sa juvénile partenaire. Immédiatement subjuguée par le voluptueux languettage, Joséphine se laissa doucement attirer par cette lascive titillation, jusqu’à ce que sa bouche se trouva à portée du bijou convulsé de Nathalie. Oubliant toute pudeur, fascinée par l’éclat purpurin des lèvres virginales qui s’entr’ouvaient comme à l’approche de la divine jouissance, la petite châtelaine, mettant à profit les leçons du couvent, s’amusa d’abord à aiguillonner Nathalie de tous les feux de la luxure par de légères et furtives piqûres de langue sur le clitoris turgescent. Mais ces lascifs préludes redoublant les ardents efforts de la Comtesse, eurent pour conséquence, chez la jeune fille inexpérimentée, l’ascension trop rapide du sperme dans les canaux séminifères, ascension accompagnée de contractions spasmodiques de tous les muscles éjaculateurs et d’une brusque émission de matière épaisse et blanche comme chez les vierges qui éjaculent pour la première fois.
Le Marquis et Gabrielle, enlacés par la taille, suivaient avec un vif attrait les phases des lesbiennes frénésies étalées à leur curiosité vicieuse, et point ne se firent faute, nos deux galants, de chatouillements, tâtonnements et même, par intervalles, sacquements joyeux qui alternaient avec les divines pâmoisons des deux angéliques tribades.
Énervés à la fin par les jouissances multiples et les efforts les plus violents, les deux couples amoureux se remirent en état de décence pour regagner promptement le château où les invités devaient déjà commencer à arriver en foule. Le Marquis était tout fier de ses exploits, mais Joséphine éprouvait une certaine confusion, surtout quand ses deux compagnes lui rappelaient certains détails caractéristiques de ses doux plaisirs.
Éveline, qui avait remarqué l’absence des trois amies, et se doutait de l’escapade, n’eut pas de peine à obtenir de Gabrielle une confession complète. Elle admira la vaillance de sa fille, et félicita la Baronne d’avoir savouré une amoureuse accolade, les yeux fixés sur le tableau érotique que lui offrait Nathalie et Joséphine accouplées. C’était ravissant, ma chère ! disait Gabrielle. — Vraiment il n’y a rien qui donne plus de piquant à l’acte amoureux que la vue de certaines lubricités commises dans le voisinage. Un des plus vifs plaisirs que j’ai goûtés pendant que mon mari était encore capable de me faire ça, c’était de regarder Justine se masturber pendant que je me livrais à l’amour avec ce pauvre Marquis. — Oh ! la masturbation ! je ne connais rien de si gentil, reprenait Gabrielle ! un jour, le Père Octavien, mon prédicateur de prédilection, triompha de ma vertu rien qu’en me racontant comment, au séminaire, tous les draps de lit s’agitaient à la fois d’un petit mouvement convulsif à l’heure de la masturbation des jeunes abbés. Ce récit me fit une telle impression, que le saint homme en profita pour me branler d’abord, puis pour se faire branler par moi, et enfin pour m’enfiler dans toutes les règles ; ce fut délicieux. Bien des fois, depuis, je me suis amusée à surprendre des garçons ou des filles occupés à se branler. — C’est très joli, je n’en disconviens pas, mais cela vous excite trop, dit Éveline. Un jour, j’ai vu un garçon d’écurie se branler derrière le mur du jardin, et j’ai été obligée de suivre son exemple. — Il fallait l’appeler et vous faire mettre ça par le rustre, ma chère, il n’y a rien comme ces campagnards pour vous calmer le prurit. — On dirait que vous en savez quelque chose ma belle ? — Je vous conterai cela plus tard, voici une voiture antédiluvienne qui se dirige vers le château ?… qui donc nous amène-t-elle ? — Ah ! c’est la vieille calèche des Lauterac. Allons recevoir ces jeunes filles ; ce sont les amies intimes de Joséphine, toutes jolies et, à ce qu’il paraît, désireuses de faire partie de notre amoureuse association, voici Joséphine qui accourt aussi à leur rencontre.
Au milieu des baisers et des cris de joie, Joséphine, sa mère et Madame de Rifray accueillirent tour à tour dans leurs bras :
Marcelle de Lauterac, grande et belle brune de dix-sept ans, dont les yeux assassins vous pénètrent jusqu’à la moelle ; Marcelle avait eu l’insigne honneur d’initier Joséphine aux douces privautés de l’amour, et se promettait bien de ne pas perdre son temps au château.
Suzanne d’Arvan, aussi brune, aussi ardente que Mademoiselle de Lauterac, et qui ne se consolait pas de sa séparation d’avec la gentille Anna.
Alice de Noirmont, qui avait vainement essayé de faire oublier à Marcelle les délices goûtées dans les bras de Joséphine, et dont le petit chat mutin avait des fringales inassouvies de plaisir.
Laure Morin, la blonde enfant qui avait remplacé Anna auprès de la brûlante Suzanne, et dont la toison virginale contrastait par l’ébène de ses frisettes avec la chevelure blonde de la vierge.
Marthe Pélissier, dont les amoureux talents, également appréciés par toutes ces jeunes filles, servaient de délicieux jouet à leurs caprices érotiques. Marthe était petite, vive, ardente et jouisseuse à l’excès.
Berthe Devaire, la petite sœur du tendre Étienne, sortit à son tour de l’antique calèche, suivie d’une respectable religieuse, laquelle chaperonnait tout ce jeune et bouillant petit monde de diablotins enjuponnés.
Pour expliquer l’arrivée simultanée de toutes ces jeunes amies de couvent, il me suffira, belle lectrice, de vous dire que la gentille Anna Dumoulin venait à peine de perdre sa fleur de quinze ans dans les bras amoureux de Paul de Civray, que toute fière de son exploit, elle s’empressa d’en faire part à sa chère et intime amie Suzanne d’Arvan, avec laquelle elle entretenait une correspondance des plus actives et des plus brûlantes. De son côté, la belle Joséphine avait écrit à sa tendre Marcelle, quels délicieux ravissements elle avait éprouvés sous les baisers d’amour de son jeune cousin, et lui avait donné, sur la perte de son innocence, les détails les plus complets et les plus scabreux. Jugez, chère lectrice, si ces deux jeunes confidentes, en se faisant part de leurs secrets mignons, manquèrent d’épiloguer sur la double aventure, et se sentirent agréablement chatouillées par ces récits libertins ! Alice, Marthe, Berthe et la blonde Laura furent tour à tour admises dans le tendre secret de Joséphine et d’Anna. Leurs deux grandes compagnes de jeux s’amusaient à irriter leurs sens par la lecture de ces lettres incendiaires, et redoublaient le trouble sexuel des fillettes en leur faisant entrevoir, au milieu des caresses irritantes, toutes les joies du virginal sacrifice. Aussi, lorsque arriva à Marcelle la lettre de Joséphine lui annonçant la création d’une association ravissante dont l’unique but était : « Jouir », Marcelle et Suzanne formèrent le joli projet de profiter de cette occasion unique, pour offrir librement leur virginité en holocauste à Vénus. À leur tour, elles séduisirent si bien leurs petites amies que, toutes ensemble, elles écrivirent à la « Reine d’Amour », d’une main ferme et déliée, leur demande d’admission à l’Aubépine, se déclarant prêtes à subir toutes les épreuves que l’on imposera à leur juvénile chasteté. Elles savent, les coquines, le sort qui les attend, et cette pensée leur fait brusquement serrer les cuisses… Aussi, quelle joie quand elles apprirent que Joséphine et sa mère les attendaient avec impatience au château. La douairière d’Arvan, la tante adorée de Suzanne, qui ne soupçonne point le sort réservé aux jeunes filles, a décidé que sœur Thérèse les accompagnerait. Sœur Thérèse est une des surveillantes de l’Assomption qui, pendant les vacances, est censée diriger les études de Suzanne. Allures hautaines malgré l’humble costume, visage d’un pur ovale, traits fins et distingués, tel est le portrait de la nonne qui accompagnait les pensionnaires, et serra longuement dans ses bras la jeune châtelaine, son ancienne élève.
Éveline se montre adorablement charmante pour les invitées de sa fille, et après avoir conduit la sœur Thérèse dans l’appartement qu’elle lui destinait (et qui n’était autre que la chambre de Nounou), elle alla installer les jeunes amies dans ce quel appelait leur dortoir, s’excusant de ne pas avoir à leur disposition des chambres séparées. Elles se récrièrent en assurant, ce qui était vrai, qu’elles étaient trop heureuses de n’avoir qu’un seul appartement.
Ce fut dans le grand château, à partir de cette heure, un caquetage, un babil charmant et ininterrompu, tel qu’en pleine forêt peuvent en ouïr les bûcherons perdus au milieu d’un peuple de petits oiseaux familiers et bavards.
Bastien Darrède et Léopold Morive arrivèrent au château un peu plus tard que les jeunes filles, et furent tout joyeux de se voir accueillis par leurs amis de séminaire, Claude et Léon de Rifray.
Claude et Léon étaient venus à cheval, et c’est pendant que leur aimable tante Nathalie faisait sa tendre visite à la rotonde, qu’ils étaient arrivés au château où Éveline les avait affectueusement accueillis et accompagnés dans leur chambre : elle serait peut-être restée auprès d’eux un peu plus longtemps que ne le comportait la décence, si Nounou ne fut survenue à l’improviste, espérant peut-être surprendre quelque sottise, et n’eut prévenu sa maîtresse de l’arrivée du comte Urbino de Mirafiore, capitaine des zouaves pontificaux en disgrâce pour l’heure, à la suite d’aventures galantes dans un couvent.
Le vicomte Georges de Brueil, musicien de grand renom et amant attitré de la belle danseuse O’Kennedy ainsi que le célèbre poète érotique, Octave Ormilly, dont les vers licencieux faisaient la joie des boudoirs, accompagnaient Urbino de Mirafiore.
Ils arrivaient sur la pressante invitation de leurs amis le marquis d’Haricourt et le vicomte Alfred de Lortara, auxquels Éveline avait donné pleins pouvoirs pour amener les plus aimables recrues à l’Aubépine.
Anna arriva peu après en compagnie d’André et fut chaleureusement accueillie par la joyeuse bande. Elle se jeta au cou de Suzanne et semblait ne plus vouloir s’en séparer.
Depuis deux jours la comtesse Olympe se trouvait au château avec sa jolie petite bonne Herminie, à la grande joie de Valentine Dumoulin qui l’avait précédée à la Vigeraie, et à qui il tardait d’avoir des nouvelles de la ferme, de ses poules, de ses canards et de son mari. Le jardinier, en effet, après avoir fait au château les travaux pressants était retourné promptement auprès de la comtesse de Civray, qui n’avait auprès d’elle que sa femme de chambre Mercédès.
Herminie, donna à la jardinière les détails les plus satisfaisants sur tout son petit monde, mais la taquina un peu au sujet des assiduités de la belle Catalane auprès de son cher Dumoulin. Mais Valentine qui avait sur la conscience ses fredaines avec le vicomte Paul, ne fit que rire des taquineries d’Herminie.
Profitant de la liberté laissée par la Marquise à tous ses hôtes, la belle Olympe et le comte d’Ermenonville, s’abandonnaient à la fougue de leur mutuelle tendresse, et tantôt chez lui, tantôt dans le lit de sa maîtresse, le galant Léonce cueillait sur le sein de la Comtesse des myrtes et des roses à foison. Mais s’ils échappèrent à la malignité publique, ils ne purent se cacher longtemps de la petite camériste, dont les quinze ans et l’œil brillant avaient bien vite deviné le doux secret de sa maîtresse. Un matin que, dans le lit de la Comtesse, Olympe et Léonce se démenaient avec fureur pour éteindre le feu de leurs désirs, Herminie les prit sur le fait, et s’amusa fort à les voir faire. L’acte consommé, Herminie supplia les deux amants de recommencer, disant qu’elle n’avait jamais rien rêvé d’aussi gentil que ces amoureuses caresses. Après lui avoir fait jurer le secret de leurs amours. Olympe et le Comte obéirent sans la moindre gêne au désir de la petite curieuse, et s’unirent discrètement sous l’abri pudique du drap léger. Mais une fois bien pénétrée, la belle Olympe permit à Herminie de soulever tous les voiles pour admirer de plus près les tendres mystères d’amour. À partir de cette heure, Herminie fut leur confidente en titre, et sa présence, loin de les gêner, semblait être un stimulant à leurs ardeurs. La gentille Herminie, en gamine vicieuse, se branlait régulièrement pendant qu’ils baisaient ensemble.
Depuis qu’elle était au château, l’affriolante jardinière était devenue l’amie intime de Nounou toujours à l’affût de jolis minois, et avait conquis l’amitié de toutes ces grandes dames qu’elle avait fait rire comme des petites folles au récit croustillant de son dépucelage. Cette prise de possession, la veille du mariage, et surtout l’accident arrivé à son fiancé, cette grosse queue, pincée par les muscles du vagin comme un petit oiseau par le nœud coulant d’un lacet, puis la venue de la mère et les aspersions d’eau froide, tout cela avait plu infiniment à la libertine société, à laquelle se trouvait mêlée Valentine ; cette intimité naissante ne fit qu’accroître lorsque Nathalie, ayant été surprise en tête-à-tête galant avec le Marquis par la charmante jardinière, exigea de Valentine, comme gage de sa discrétion, qu’elle se livra au bel Olivier. La jeune femme, après quelques difficultés, finit par se rendre au désir de la Comtesse, qui prit un vif plaisir à ce lascif impromptu… Mais la vertu de Valentine n’en fut pas quitte à si bon marché, car le vicomte de Lortara, arrivé sur ces entrefaites, voulut à tout prix profiter de l’aubaine et déclara, qu’il allait publier ce qu’il venait de voir, si Valentine ne se donnait à lui de bonne grâce. Notre vaillante héroïne fut donc, malgré sa pudeur, forcée de subir un nouvel outrage, à la suite duquel elle fut incorporée dans le nouveau bataillon de l’Aubépine, Ce ne fut pas tout ; Éveline, que la comtesse de Rifray était allé prévenir arriva en toute hâte, et, en présence de ses deux partenaires, obligea Valentine de se confesser à elle, et d’avouer son double déshonneur. Partageant au fond du cœur les goûts lubriques de la Marquise, la jeune jardinière prit plaisir à avouer quelles jouissances exquises elle avait éprouvées pendant le double viol qui venait de se consommer dans ses heureuses entrailles.
Voici qu’excité par les termes brûlants de cette confession, le Vicomte allait s’emparer à nouveau de la pauvrette, lorsque survint Léonce d’Ermenonville qui, mis au courant par la Marquise, reprocha à Alfred sa gloutonnerie et supplia galamment Valentine de ne pas lui refuser ses amoureuses faveurs. La belle rougit à cette tendre prière, et, pour la troisième fois, troussée jusqu’au nombril, livra son petit jardin à la bêche vigoureuse et féconde qui brûlait de l’exploiter. Le Comte, après avoir savamment bêché et arrosé sa conquête, força celle-ci à branler Nounou, sans toutefois lâcher prise, pendant qu’Éveline, accouplée avec le Marquis, et Nathalie enchevillée au vicomte Alfred, se livraient sans la moindre gêne à la violence de leurs amoureux transports. Je dois ajouter, chère lectrice, qu’en branlant d’un doigt léger le clitoris de Nounou, Valentine qui sentait s’agiter en elle le membre viril du fier Léonce, succomba encore une fois à la volupté, et inonda de ses chaudes faveurs les polissonneries de son amant.
L’affaire finie ; que ne donnerai-je pas, s’écria la Marquise ravie, pour que la belle Olympe, la chaste comtesse d’Aunac, dont le fils a une si belle pine, eut assisté et participé aux plaisirs que nous venons de goûter !… Au nom d’Olympe, Valentine encore enchevillée, et qui se préparait à chasser le Comte par de petits mouvements très agréable à la fin du coït, Valentine, dis-je, dès que le nom d’Olympe fut prononcé, sentit brusquement raidir et s’agiter dans elle la verge révoltée du beau Léonce. Force lui fut de partager encore une fois la brûlante jouissance. Mais, ayant commis l’indiscrétion de plaisanter son amant sur l’effet produit en lui par le nom de la belle Olympe, Éveline l’entendit, et vint aussitôt murmurer à l’oreille de Léonce les confidences les plus émoustillantes concernant les beautés secrètes de la comtesse d’Aunac. Cette ruse eût un plein succès ; trois fois de suite, sous les brûlantes paroles de la Marquise, Valentine sentit jaillir en elle la sève brûlante de M. d’Ermenonville. Finalement, cédant aux sollicitations de sa charmante hôtesse, Léonce fut amené à faire l’aveu de ses relations coupables avec la jolie veuve. Un transport de joie accueillit cette confession, et il fut décidé par la galante assemblée que, dès son arrivée au château, la belle Olympe serait surprise aux bras de son amoureux complice.
Deux jours après, le complot fut exécuté point par point. La tendre comtesse d’Aunac, ayant commis l’imprudence de se livrer à Léonce dans son cabinet de toilette sans songer à fermer toutes les portes, ne sortit du spasme divin qui accompagne l’éjaculation réciproque et simultanée, que pour jeter un cri d’effroi ; à la vue des indiscrets regards qui se promenaient sur sa nudité voluptueuse. Il y avait là, au premier rang : Nounou, Éveline, Valentine et Nathalie. Derrière ces lubriques se tenaient le vicomte de Lortara et le marquis d’Haricourt en compagnie de la petite camériste Herminie Duclos, arrivée trop tard pour défendre la porte de sa maîtresse et cacher ses amours.
Pour dissiper la gêne d’Olympe, Olivier allongea sans façon la camériste à côté de sa divine maîtresse, en invitant le vicomte Alfred qui avait la pine la plus menue, à donner à la petite sa première leçon de l’amoureuse jouissance. Malgré la résistance effarouchée de la jeune pucelle, Alfred, lestement déculotté, la queue au vent, se jeta sur elle en la couvrant de baisers et de tendres caresses : grâce au concours de l’habile Nounou, il vint à bout de cette virginité rétive et lui plongea son épée vivante en pleines entrailles. Le Marquis, de son côté, avait poussé Éveline en la troussant, et jouissait d’elle sur le pied du lit. Entraînée par l’exemple, Valentine et Nathalie se chatouillaient sur un canapé voisin, tandis que Léonce, profitant de la stupeur de la Comtesse, lui administrait une nouvelle friction lubrique dont elle ne tarda pas à partager l’enivrante volupté, tout en laissant ses regards émus parcourir les groupes en amoureuse action. Ce délicieux spectacle, joint à l’ivresse du coït, vainquit les derniers scrupules de la comtesse d’Aunac, que stimulaient, du reste, les libidineuses exhortations et les attouchements lascifs de Nounou. Après la première jouissance : « Changement de cavaliers ! » s’écria Nounou en s’emparant de Léonce, tandis que le bel Alfred de Lortara sautait sur la Comtesse abandonnant la craintive Herminie, maintenant préparée au priape majestueux du Marquis d’Haricourt. Malgré l’opération préliminaire, Olivier ne pénétra pas sans d’énergiques efforts dans ce retrait mignon qui exaspérait ses désirs. La petite camériste obéissant à l’exemple, et cédant au doux appel de ses sens émoustillés se prêtait de tout son cœur aux désirs du Marquis dont elle réussit enfin à loger le membre énorme dans la fente rosée de sa virginité ravie. Ce fut une exquise débauche ; Olympe, séduite par la nouveauté et le piquant d’un pareil libertinage, s’abandonna tour à tour aux baisers saphiques de Nounou, aux lesbiennes caresses d’Éveline et réclama elle-même l’honneur de loger le puissant priape d’Olivier dans sa jolie fente de veuve.
Au milieu des jouissances et des baisers multipliés, la belle Olympe et la gentille Herminie, prêtèrent le serment exigé des membres de l’Aubépine, et furent officiellement incorporées dans la bande jouisseuse.
C’est quelques instants après cette scène, digne couronnement pour le Marquis de sa visite aux lieux de délices en compagnie de sa belle-sœur, de Joséphine et de Nathalie, que les invités commencèrent à arriver, et reçurent de la Marquise le charmant accueil dont nous avons décrit les détails.
Le dîner, comme on peut le penser, fut très gai. Les jeunes amies de Joséphine, assises chacune à côté de son cavalier, eurent plusieurs fois à rougir des allusions transparentes et des questions tant soit peu indiscrètes, que se permirent à leur égard ces Messieurs émoustillés par le voisinage de tant d’innocence et de pudeur ; mais en somme, tout se passa de la façon la plus décente. Après le dîner, les invités furent régalés d’un concert de mandolines et de guitares.
Le voluptueux répertoire des Tziganes produisit sur toutes ces virginités réunies, le même effet qu’une brise amoureuse soulevant de petites rides précipitées sur la surface d’un lac d’azur. Les jeunes séminaristes, vivement émus par la grâce plastique des musiciennes en maillot couleur de chair et en jupes de gaze transparente, jetaient sur leurs compagnes des regards chargés de tendres promesses. Les jeunes filles, de leur côté, malgré la présence de sœur Thérèse, admiraient de toute leur âme les deux jolis joueurs de guitare, dont l’étroit maillot rose semblait défier les désirs des pucelles par l’ample caleçon de soie éclatante aux plis larges et bouffants. Des joueurs de guitare, les regards humides des jolies fillettes se glissaient vers les séminaristes pour se détourner dans un afflux d’impudiques pensées, sœur Thérèse, seule, paraissait insensible aux charmes irritants de ce tendre spectacle. Mais celui qui eût eu le bonheur polisson de se glisser sous ses jupes, aux plis chastes et rigides, aurait éprouvé un vif étonnement et une délicieuse surprise en voyant le con virginal de la religieuse distiller goutte à goutte, dans une série de frissons ininterrompus, le baume divin de la jouissance solitaire.
Étienne et Robert, émus par ces accords lascifs, n’eurent pas de peine à entraîner chez eux le jeune André Gelin et ils s’amusaient à chatouiller la nudité charmante du jeune groom lorsqu’une visite inattendue changea leurs dispositions. Anna Dumoulin, ayant vu son frère s’esquiver à l’anglaise, eut peur qu’il ne fut indisposé, et, bientôt, quittant sa place au concert, se dirigea vers la chambre de Robert. Son entrée fut saluée par des cris de joie, et nos trois drôles, malgré la vertueuse résistance de la jeune fille, la dévêtirent de force et lui infligèrent à tour de rôle, le dernier outrage.
Vivement émoustillées, de leur côté, par la musique irritante, émues par le souvenir de leurs exploits érotiques à la Rotonde, Joséphine et Gabrielle d’Haricourt étaient allées ensemble goûter, sous les arbres du parc, les douceurs de Lesbos.
La Marquise, à la fin du concert s’étant aperçue de l’absence de sa fille, l’excusa auprès des jeunes pensionnaires et voulut accompagner celles-ci dans ce qu’elle appelait leur « dortoir ». Nounou, pendant ce temps, accompagnait sœur Thérèse dans sa propre chambre ainsi que l’avait ordonné la perverse Marquise, après quoi elle alla accompagner chez eux les jeunes séminaristes et, après s’être assurée qu’il ne manquait absolument rien chez eux, elle leur recommanda « d’être sages ! » Bastien ayant eu l’effronterie de faire voir à la nourrice sa pinette en érection, Justine le menaça du revers de la main. « Prends garde, lui dit le petit polisson, si tu calottes, moi, je décalotte ! » — « Demain. Monsieur l’effronté, vous pourrez décalotter à votre aise ; mais, pour le moment, cachez-moi ce petit drôle ! » — Le mot de Bastien eut un vif succès au salon où le rapporta Nounou.
Joséphine, à son retour du parc, ayant déclaré qu’elle voulait coucher seule pour réserver toute son amoureuse énergie, il fut décidé que la nuit se passerait pour tous dans une chasteté rigoureuse.
Malgré cette décision solennelle, nous sommes obligés d’avouer, en notre qualité d’historien fidèle, que Nounou, ayant eu la fantaisie de faire le tour des chambres une heure après le couvre-feu, trouva Madame de Rifray couchée avec le comte Urbino de Mirafiore, puis les deux jolies Tziganes, Isilla et Nitza, dans le lit du vicomte Georges de Brueil. Quant à la chaste Olympe, Nounou la trouva aux prises avec le poète érotique d’Ormilly, qui calmait de la bonne manière la surexcitation amenée chez la Comtesse par une pièce de vers incendiaire qu’il lui avait débitée sur l’oreiller.
En camériste consciencieuse, Nounou alla immédiatement rendre compte à Éveline de sa tournée nocturne. Mais quelle ne fut pas sa surprise de trouver l’appartement vide et d’entendre le voluptueux concert dont sa propre chambre était le théâtre. S’élancer sur le lit de la Marquise et, par la fenêtre secrète, jeter un rapide et curieux coup d’œil chez elle, fut pour Nounou l’affaire d’une seconde. Le jeune Robert, tout nu, s’acharnait impudique sur deux femmes nues comme lui et qui le défiaient, en riant : de ces deux femmes nues, l’une, c’est la Marquise, la brûlante Éveline ; l’autre, grand Dieu ! c’est la sainte fille qui a consacré au doux Jésus sa virginité ; c’est sœur Thérèse, à l’état de nature, resplendissante de beauté et d’impudeur.