‹ Les Carbonari de l’amourChapitre 9 sur 24 · I. La Nounou · 09

I. La Nounou · 09

Àcette espérance, si menaçante pour sa vertu, Éveline, qui n’avait perdu ni un geste ni un mot du dialogue amoureux, Éveline, dont les regards plongeaient lascivement dans les retraits les plus cachés du corps des deux amants, et suivaient sur les deux sexualités le jeu incendiaire des mains friponnes, Éveline qui n’avait pu s’empêcher d’éprouver déjà deux crises très vives, reçut comme une commotion électrique qui lui arracha un long soupir, prélude de voluptés intenses.

Comment ! Dans les bras amoureux de Justine, au sein des plus aiguillonnantes voluptés, c’est d’elle que jouissait, en pensée, le beau Vicomte, et il l’avouait sans détour à la complaisante Nounou qui se prêtait à ce jeu… bien plus, il osait dire à Justine qu’il n’attendait qu’une occasion pour… fi !… le vilain ! traiter la noble Marquise comme une petite cochonne ! et Éveline répétait complaisamment ces mots : petite cochonne ! Elle ! une petite cochonne !… Et ses doigts mutins allaient plus rapides sur la fente entr’ouverte… Oh ! comme ce polisson de Vicomte farfouillait voluptueusement entre les jambes nues de la soubrette !… Telles délices, Éveline ne les goûterait donc plus, puisque son mari était réduit à l’impuissance. Heureuse ! trop heureuse Nounou de sentir cette main d’homme la provoquer au plaisir, pendant qu’elle s’amusait, la lubrique soubrette, à chatouiller d’un doigt libertin les appas étalés du gentilhomme.

L’éruption des sens, un moment suspendue par les réflexions lascives de la Marquise, éclata soudain avec une impétuosité foudroyante. Éveline poussa un cri de volupté et se fondit. Quand elle reprit connaissance, ses yeux se portèrent vivement sur le couple impudique.

— Que voulez-vous donc de moi, murmurait Justine pâmée de désirs, que cherchez-vous ? à quoi songez-vous ? Que faites-vous là ? — Je veux… je veux, Justine, te mordre… te sucer… te sucer le con… Il est si doux, ton foutre ! — Aïe !… aïe, Vicomte, vous m’ensorcelez. Je ne m’appartiens plus. Ah ! que vous sucez bien. Quelle volupté… ah ! je fais, je fais ! Vous me buvez ! — Oui, belle enfant, je t’ai bue, et avec délices. À moi, maintenant. Suce-moi, Justine. Veux-tu ? Veux-tu me sucer la queue ? — Oui, mon ami, oui, je veux vous sucer la queue, mais à la condition qu’après… vous me… foutrez ? — Oui, oui, ma toute belle… Aïe ! que ta langue est aiguillonnante et douce… Ah ! tu me mordilles les roupettes… — Si cela vous fait mal, Vicomte, je vais cesser ?… — Ah ! non ; continue, mignonne, continue !… Lèche… suce… mords !… tout ! — Là, là ; fais-je bien, mon ami ? — Ah !… j’y suis !… j’arrive !… Justine !… — Monsieur ?… — Que tu es cochonne !… — Vous trouvez, Vicomte ?… Moi, voyez-vous, rien ne m’excite comme de sucer une jolie pine.

Maintenant, j’ai une folle envie de baiser, Voulez-vous faire mon bonheur, Vicomte ? Voulez-vous ? Mettez-moi votre pine dans le con… — Oui, Justine, ma pine, ma grosse pine là, dans ton con de fille ; et nous jouirons, et nous culetterons et nous foutrons ensemble… Écarte bien les cuisses, ma belle, il n’y a que le museau dedans… — Aïe !… mon ami, vous y voilà… en plein ; enfoncez ! plus encore ! Avez-vous peur de me transpercer ?… — Je le voudrais, mignonne, et que ma pine, entrée par ton con, sortit par le trou de ton cul. — Touchez avec le doigt pour vous assurer si elle n’a vraiment pas commis déjà cette sottise ? — Oh ! le joli petit trou du cul que tu as, mignonne. Impossible d’y faire entrer le doigt. — Vous n’avez donc pas à craindre que le reste y passe, mon ami ? — Qui sait, coquine ? Nous essayerons, si tu veux ? Veux-tu que nous essayons « si le reste » y passe ? — Je veux bien, mon ami. — Adorable petite putain, mets-toi à genoux… le cul en l’air. Attends, que je te fasse ton affaire… Euh !… euh !… — Je crains, Vicomte, que vos efforts ne restent sans résultat… aïe ! que me faites-vous ?… C’est trop gros… Vous me ferez mal… Voulez-vous bien revenir par devant… — Relève un peu plus le cul, ma chérie, ouvre à présent le voisin. M’y voilà. Je ne voulais qu’essayer, ma toute belle, ce sera dur, mais je crois tout de même que nous y arriverons. Là… Là !… mon amour, en cadence. Je te baise en levrette. Jouons en mesure le joli jeu du croupion… — Délicieuse ivresse ! je crois, cher Vicomte, que… je sens… oh ! je sens que ça vient. — Modère-toi, petite reine. Attends-moi… Encore ! encore ! ah !… ah ! là, foutons, Justine, foutons ensemble ! — Aïe !… Vicomte… que me faites-vous ? je ne… puis pas… me retenir… ça vient !… ça y est ! oui, ça y est… euh ! euh !… Et vous ?… — Aussi pour moi, mignonne, ça… vient… là… sens-tu… ça y est ! dans ta matrice. — Ça coule ! c’est chaud… — C’est mon foutre, Justine… — C’est votre foutre, Monsieur ? Il m’entre dans les moelles… — Je décharge encore… comme je jouis !… ça y est… en plein !… Veux-tu que je sorte, mignonne ?… — Sortir ?… et pourquoi ? Auriez-vous peur de m’engrosser ? — Cela pourrait bien t’arriver, ma chère, si tu laisses jeter mon bouillon dans ta jolie marmite. — Qu’importe ? n’éprouvez-vous pas une plus vive jouissance, de penser que votre jet amoureux peut rendre enceinte la fille que vous exploitez ? — Je t’avoue, Justine, qu’il y a dans ce cas un double plaisir à décharger dans un con de fille… — Jouissez donc doublement à la pensée que peut-être, en ce moment, vous me faites un enfant, et laissez votre bel oiseau dans ma cage… Si je deviens grosse, Vicomte, ce sera une preuve que vous avez du foutre dans les couilles. — Je n’en ai plus pour le moment, coquine, tu l’as tout pompé. — Je m’en aperçois, Monsieur, vous m’avez tout inondée. Mais je vous pardonne. C’est trop bon. — Si nous recommencions, Justine ? — À votre service, Vicomte. — En gamin ? chère minette ? — En gamin, si c’est votre fantaisie. — Adorable friponne ; quels jolis nénés que tu as là ?… — Allons, Monsieur le Vicomte, placez-vous sur le dos. — Que veux-tu me faire ? — Vous enfourcher, puisque vous me voulez en gamin. Ciel ! quelle raideur ! — Et qui donc ne banderait pas devant toi, jolie coquine ?… Mais… que fais-tu là ?… — Cher Monsieur Alfred… j’ai honte, laissez-moi l’épousseter en me branlant un peu le bouton avec votre grosse et chaude fève. — C’est mon gland que tu appelles une fève ?… Branle donc, mon amour, branle !… Ça me fait autant de bien qu’à toi. — Ah ! que vous vous tortillez !… modérons, modérons nos élans ; là ! là !… — Assez !… assez, petite folle ! Enfonce-le, je le veux ; enfonce ! — L’y voilà tout entier, le vaurien ! quel polisson !… — Remue ! agite-toi, Justine… joue… vite !… — Moi je veux pas, na !… — Polissonne, veux-tu jouer du cul ! et vite ! — Je veux pas ! c’est une sottise que vous voulez que je fasse. Je dirai à maîtresse que vous avez dit à moi de jouer du cul… moi j’ai jamais joué du cucu… Je sais pas, na !… — Cochonnette ! en attendant, elle me postillonne l’œil de bœuf… mais son immobilité m’exaspère. Ah ! je sens que la sève monte… je vais jouir ! Ciel ! jamais la volupté n’a été précédée chez moi de pareils aiguillons… Cochon, cochon, cochon d’amour ! je coule… je meurs ! — C’est vrai que tu meurs, vilain ? Ze te sens dedans moi !… Tu fais la sottisette dans mon cul… grand vaurien, tu la fais… toute… Ah !… Monsieur le Vicomte, t’y voilà ?… attends !… attends-moi, petit coçon !… tu veux, ah ! tu veux que je joue du cul !… je t’en jouerai du cul… Et tiens !… Et tiens ! — Oh ! Justine, arrête, arrête de grâce, je ne puis plus ! Tu me fais mal… Je suis mort. Tu m’as fait couler les moelles. — Allez, beau galant, un bon sommeil vous remettra de tout le mal que je viens de vous faire ; allez vite, cher vicomte, retrouver votre chaste dodo, mais évitez les rêves dorés qui suivent les amoureux exploits… il pourrait renaître de nouvelles envies… — Et alors ?… — Et alors… vous me tueriez, cher Vicomte. — Dieu m’en garde, mon amour !

Et, après un long baiser qui n’en finissait plus, les deux amants se séparèrent enchantés l’un de l’autre.

Brisée de fatigue par les plaisirs contre nature qu’elle n’avait cessé de provoquer à l’aide d’attouchements continuels, la belle Éveline, aussitôt que le Vicomte eut pris congé de sa brûlante compagne, appela Nounou dans sa chambre. Pour obéir à l’appel de sa maîtresse, Justine cherchait en hâte un vêtement… — Inutile, ma chère, de faire le tour par le corridor. Ouvre le grand placard de gauche, tu n’auras qu’à pousser le fond pour être chez moi. — En effet, la soubrette émerveillée se trouva en présence de la Marquise.

En voyant le désordre du lit de sa maîtresse, et le panneau grand ouvert, elle ne put s’empêcher de rougir à la pensée que sa maîtresse avait été témoin de toutes ses libertines folies avec le Vicomte ; mais elle se remit bien vite en réfléchissant combien ce délicieux spectacle avait dû enflammer les sens de la jeune et tendre Marquise. Et d’ailleurs si le désordre du lit n’en avait pas été l’indice suffisant, l’accueil d’Éveline ne lui avait laissé aucun doute à cet égard : — « Accours dans mes bras, coquine, j’ai tout vu ! Tu étais adorable ! Viens ici, plus près, prends-moi dans tes bras comme je te prends dans les miens. Comme tu dois être lasse, ma belle ? le charmant Vicomte ne t’a pas épargnée. Tu ris, friponne… Aïe !… que me veux-tu ? Non ! oh ! non, laisse-moi, je t’en supplie ; je me suis trop fatiguée… Nous allons dormir ensemble ; veux-tu m’amour ? bien enlacées ?… Dis-moi combien de fois que tu es arrivée au bonheur ? J’ai compté jusqu’à cinq, puis je me suis… perdue… Dis-le moi, mignonne. — Vous voulez donc ma confession, Marquise ? — Oui, ma chérie, combien de fois as-tu joui ? — Le compte est facile, chère maîtresse : deux fois que le vicomte m’a branlée, trois fois qu’il m’a fait minon-minette, et sept fois qu’il m’a aspergé la matrice, ça fait, si je ne me trompe, douze coups que j’ai tirés, et tous de franc jeu, je vous prie de le croire. — Sept fois lui ? — Oui, ma chère Marquise, pas une de moins, et aussi raide à la fin qu’au début. Aussi, mes draps de lit en portent les marques : Ils sont inondés — Polissonne ! comme tu as dû jouir ?… — Surtout que M. Alfred a un jeu ravissant. — Oh ! je l’ai bien vu, libertine, comme tu lui ouvrais toutes les portes du plaisir. — Toutes les portes, et à grands battants, Madame, — Aussi l’as-tu mis hors de lui. — Oh ! que serait-ce, divine Marquise, s’il vous tenait un jour entre deux draps toute nue ou en chemise ! — Il n’en ferait peut-être pas autant que ce qu’il a fait avec toi, friponnette ! — Je parierais, Marquise, qu’il vous fera ça au moins dix fois si ce n’est douze, tellement il bande rien qu’en prononçant votre nom. — Allons, tais-toi, vilaine, tu me fais rougir. — Avec ça, tendre et chaste maîtresse, que vous n’avez pas envie de sentir sa pine frétiller entre vos cuisses ? — Ma chère Justine, je ne te cacherai pas que si ce n’était le péché d’adultère, je serais peut-être assez faible pour succomber. — Et surtout si vous pouviez soupçonner la volupté que vous procureront, au moment du bonheur, les contractions finissantes qui font du vicomte le prince des fouteurs. — Qu’appelles-tu les contractions finissantes ?

— Vous savez bien, Madame, qu’au moment de la douce crise, l’homme reste immobile dans les bras de la femme, pour lancer et darder en nous le jet brûlant du plaisir. Eh ! bien à ce moment-là, où vous savourez avec une indicible ivresse, l’anéantissement délicieux de votre cavalier, le membre du Vicomte semble s’indigner contre l’immobilité de son maître, et tout en projetant, tout en dardant en voluptueuse éjaculation, il est agité de petites torsions convulsives qui vous ravissent et, bon gré, mal gré, vous arrachent des cris de jouissance en même temps qu’une abondante liqueur : Voici, chère maîtresse, qui vous donnera une idée de ce jeu.

Et joignant l’exemple à la parole, la soubrette rieuse, fit avec le doigt comprendre à son amoureuse maîtresse, la nature de ces voluptueuse torsions. Éveline en fut enchantée, et s’endormit, baignée de bonheur aux bras de la lascive camériste, pour rêver de l’élégant Vicomte.

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