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Chapitre 10 Toutes voiles dehors !

Ruggieri ne prit point la peine de dissimuler son parfait contentement. Tout en pesant sur la barre pour mettre le cap sur la felouque, qui allait louvoyant indolemment, il exprima son approbation avec chaleur. Ce n’était plus le même homme. Tous ses mouvements avaient un entrain plein de gaieté. Il ne s’attendait en vérité point à cette aubaine !

Cette aubaine consistait dans l’attaque d’une felouque de guerre, montée par soixante ou quatre-vingts hommes d’équipage, en vue d’un brick-goélette de la marine militaire.

Ruggieri, ayant viré de bord, donna un coup de pied joyeux et amical dans le flanc de son ami Cucuzone, qui se leva en grondant.

— Quoi de nouveau ? demanda le saltarello.

— Un tour de force, répondit Ruggieri.

Cucuzone se frotta les yeux, s’étira et demanda des explications. Elles furent données par l’amiral Ruggieri, à qui Fulvio cédait le commandement.

— Dire que je n’y songeais pas un petit peu, commença le brave matelot, ce serait mentir… Toute la soirée, ça m’a trotté dans la tête… Je me disais : « Si le maître était au jour d’aujourd’hui comme je l’ai connu autrefois… Mais personne ne peut savoir ce qu’il a en tête maintenant… Enfin, n’importe !… Quoi donc ! il fait ce qu’il veut, puisqu’il est le maître… » Écoute-moi voir… Mets ta chemise à l’aviron de droite, sauterelle !… Je vais te mettre mes calzoni à celui de gauche… vu que je n’aime pas risquer les fluxions de poitrine. Y sommes-nous ?

— C’est fait, dit Cucuzone.

Et Fulvio ajouta :

— Dis vite ton plan… Nous accosterons rien que par la dérive.

— La dérive n’y fera rien, Altesse… ce n’est pas par ce bout-là que nous le prendrons… Regardez voir un peu la mer… on y verrait une paille flotter, dans cette nuit d’enfer où le jour semble sourdre de l’eau… Cela partout, excepté au nord-nord-est, où le ciel donne un peu de lumière… Ce n’est pas d’à présent que je sais cela : la nuit, toute lumière qui vient de l’horizon bouche l’oeil… dans son champ, s’entend… Borde ton aviron, sauterelle, et nage en douceur… Vous allez voir comme le tour va se jouer !

La felouque avait son avant tourné vers cette lueur pâle et fausse dont nous venons de parler et qui gênait la vue du côté nord-nord-est. La barque était tout à fait à l’opposé, c’est-à-dire vers le sud-sud-ouest. Ruggieri manoeuvrait de façon à gagner vers l’ouest pour faire le tour du bâtiment de guerre.

— J’aimerais assez savoir ce que nous avons en fait d’armes, dit-il baissant déjà la voix ; quand je commence à dîner, je demande toujours la carte.

Le prince et Cucuzone portaient chacun deux paires de pistolets ; Ruggieri en avait lui-même une paire. Tous les trois avaient, en outre, leurs couteaux et il y avait deux fortes haches au fond de la barque.

Fiamma voulut avoir un des pistolets de Fulvio.

Ruggieri secoua la tête.

— La poudre ne vaut rien cette nuit ! grommela-t-il ; je donnerais toute notre artillerie pour une hache de plus.

Il s’interrompit pour ordonner :

— Au gouvernail, Altesse, s’il vous plaît ; il nous faut passer au vent de la felouque, le plus loin possible, sans trop nous approcher de ce diable de brick, qui n’a pas l’air de dormir.

Fulvio saisit le gouvernail.

— Et comment vas-tu t’y prendre, Ruggieri ? demanda-t-il.

Celui-ci, qui n’avait pas quitté sa pipe d’écume depuis l’instant où nous l’avons rencontré dans ces parages, l’ôta respectueusement de sa bouche et la plaça, comme un objet précieux, dans son sein.

— Altesse, répondit-il, c’est un essai… Je ne voudrais pas tenter cela avec des Français, ni même avec des Anglais… Mais nos vigies napolitaines dorment debout… Il y a chance de réussir.

— Explique-toi ! ordonna le prince.

Ruggieri obéit, tout en continuant de nager. Son explication ne fut pas longue. À demi-mot, ses deux compagnons l’avaient compris. Toute autre femme, à la place de Fiamma, eût crié à la démence. Fiamma posa sa main sur l’épaule de Fulvio et dit :

— Je sais que je dois mourir avec toi… si c’est pour cette nuit, tant mieux !

Ce fut la dernière parole prononcée. On venait de dépasser la felouque, qui se balançait lentement au roulis. Nos aventuriers en étaient si près, qu’ils entendaient le cri du bois dans les mortaises et les claquements du pavillon qui fouettait à la corne.

Quand le roulis abaissait le bordage, nos aventuriers pouvaient glisser un regard jusqu’au pied des deux mâts. Autour de l’arbre de mestre, où il y avait un fanal, une demi-douzaine de matelots jouaient aux dés. À l’arrière, à quelques pieds de l’arbre de trinquet, deux officiers causaient. Il n’y avait qu’un homme à la barre. Il n’y avait qu’une vigie, à gauche, sur le parapet du plat-bord. On ne pouvait voir dans les agrès, où peut-être d’autres sentinelles veillaient. C’était donc, sans compter l’imprévu, neuf ou dix ennemis visibles qu’on allait avoir à combattre dès le premier choc. Il fallait que ce premier choc fût décisif et qu’il n’y en eût point un second.

La barque semblait maintenant s’éloigner de son but. Elle gagnait au nord-nord-est, à deux portées de fusil environ de la felouque. Au bout de dix minutes, Ruggieri dit tout bas :

— Tribord, la barre, Altesse !… virons, il est temps.

Un mouvement se faisait à bord de la felouque. On prenait un ris à la seule voile qui restait déployée. Le vent augmentait à chaque instant de violence.

— Stop ! dit encore Ruggieri ; laisse arriver.

Cucuzone cessa de ramer avec un plaisir manifeste et reprit aussitôt cette posture nonchalante qu’il affectionnait particulièrement. Un coup de pied de l’amiral Ruggieri l’avertit que la paresse n’était pas de saison.

— Tiens-toi paré ! lui dit-il ; l’aviron haut ; si nous dévions de dix palmes à droite ou à gauche, nous sommes morts.

C’était un vrai marin que ce Ruggieri. Son calcul était d’une rigoureuse exactitude. Par la seule action du vent sur la coque de la barque, celle-ci dérivait lentement, mais sûrement, vers la felouque.

Les matelots du roi étaient redescendus sur le pont.

— Une idée à tribord, Altesse ! ordonna Ruggieri, et nous autres, coupons nos têtes.

Ils se baissèrent tous à la fois, de façon qu’aucune saillie ne dépassât les profils de la barque.

Une distance de cent palmes les séparait à peine de l’avant de la felouque, qui marchait droit sur eux, gracieusement inclinée, et serrait le vent à miracle, lorsque l’officier de quart emboucha le porte-voix.

— Pare à virer, commanda-t-il.

— Nage ! ordonna en même temps Ruggieri.

Au moment même où la felouque venait au vent sous l’action de son gouvernail, la barque, qui avait subi une vigoureuse impulsion, se présenta par le travers à l’éperon de la felouque.

— Qu’est cela ? demanda l’officier, qui avait ressenti le choc.

Les débris de la chaloupe, coupée en deux, glissaient le long des flancs du grand navire. Mais nos quatre aventuriers, le couteau entre les dents, étaient suspendus, comme une grappe humaine, aux guindeaux qui sous-tendaient le beaupré. Fulvio tenait Fiamma par la ceinture.

— Il n’y avait personne là-dedans, dit l’officier en regardant les débris qui passaient ; je n’ai pas entendu un seul cri.

Un matelot, penché sur le plat-bord, répondit :

— C’était quelque barque chavirée… Ohé ! vigie ! si nous avions rencontré la Rocca-Forcata au lieu de cette coque de noix, nous serions maintenant avec les thons !

Au lieu de répondre, la vigie rendit un râle sourd et comme étouffé. On la vit distinctement s’affaisser le long du plat-bord.

À cet instant, le capitaine mit la tête au grand panneau, demandant, lui aussi :

— Qu’est-ce donc ?

Il n’eut que le temps de se jeter au bas des degrés. La lourde trappe, soulevée violemment, retomba de tout son poids avec fracas. Puis ce fut un grand cri, des imprécations et des blasphèmes.

Sept cadavres étaient sur le pont : trois têtes fendues jusqu’aux épaules, quatre poitrines ouvertes par le couteau calabrais. Il n’y avait de vivant que le timonier qui était tombé, paralysé par la terreur.

Le combat n’avait pas duré une minute.

Les deux panneaux furent en un clin d’oeil maintenus solidement à l’aide de cordages. Il n’y avait plus de communication possible entre le pont et l’intérieur du navire que par les sabords.

C’était le petit mousse qui, le pistolet à la main, tenait le timonier en respect pendant que les autres travaillaient.

Comme Ruggieri achevait d’assujettir la grande écoutille, la mer s’éclaira tout à coup à bâbord, le pont trembla, et un coup de canon partit sous ses pieds. L’équipage de la felouque appelait le brick-goélette à son aide. Le brick entendit, car trois fanaux s’allumèrent aussitôt à sa grande hune.

Cucuzone se mit à rire.

— On dirait qu’ils ne sont pas contents de nous ! grommela-t-il.

Puis il se rapprocha du timonier en exécutant une série de sauts chinois qui lui eussent valu de nombreux applaudissements au largo della Carita.

Ruggieri avait saisi le porte-voix. Il se pencha au-dessus du plat-bord.

— Nous sommes ici trente lurons de la flottille du Porporato… Nous avons de la poudre pour faire chanter votre chapelet de caronades… Je suis Ruggieri !… Beldemonio est avec nous… Si vous êtes sages, il ne vous arrivera pas malheur… si vous faites encore du bruit, nous mettons vos embarcations à la mer, nous braquons vos caronades à pic et nous cassons votre felouque comme une noisette !… Ainsi, mes mignons, soyez aimables !

Cette harangue paternelle fut suivie d’un profond silence.

Le brick-goélette avait changé de bordée et se rapprochait sous sa grande voile et son foc. C’était toute la voilure qu’il pouvait porter par cette tourmente. Tout en marchant, il faisait signaux sur signaux. Mais la felouque restait désormais sombre et muette.

L’idée qu’ils avaient là, sur le pont au-dessus d’eux, trente forbans résolus et bien armés parmi lesquels se trouvaient ces diables incarnés, Beldemonio et Ruggieri, terrifiait les marins parqués dans la batterie. Ils tenaient conseil, matelots et officiers, rapprochés par la détresse commune ; ils étaient bien forcés de convenir que la menace des pirates était d’une réalisation facile.

Les caronades, libres et montées de façon à pouvoir plonger, fournissaient l’angle qu’il fallait pour démantibuler bel et bien le navire. Et Dieu sait que Beldemonio, Ruggieri et leur troupe n’étaient pas hommes à reculer devant une extrémité de ce genre.

Le silence fut rompu par un éclat de rire de Cucuzone. Il venait de monter d’un seul bond sur les épaules du timonier tremblant.

— Hé ! Ruggieri ! s’écria-t-il ; devine qui nous avons là !… C’est Toniotto, le Tarentais, poltron comme une poule, mais bon matelot… À trois, nous n’aurions jamais pu border la grande voile de trinquet… voilà du renfort.

— Il faudra que la signora tienne la barre, répondit Ruggieri. En besogne ! ce lourdaud de brick file mieux que je ne croyais.

Cucuzone sauta sur les planches et donna une poussée au Toniotto, qui vint rouler aux pieds du prince.

Le brick dessinait distinctement dès lors sa grande silhouette dans la nuit. Fulvio tira sa montre.

— Nous avons encore une heure avant le lever de la lune, dit-il ; dans une heure, il faut que nous soyons hors de vue.

— À la vergue, Cucuzone ! commanda Ruggieri.

— Donnez-vous la peine de monter, seigneur Toniotto ! dit celui-ci, qui mit respectueusement le bonnet à la main.

Toniotto ne se fit pas prier. C’était un matelot, mais, comme il fut en haut aussi vite que Cucuzone le virtuose, il faut bien dire que la peur lui donnait des ailes.

Ils se mirent chacun d’un côté de la vergue ou plutôt de l’immense antenne et commencèrent à déferler. Le vent leur fouettait la toile au visage, mais Cucuzone avait plus d’un talent. Grâce à sa singulière adresse, on put jeter l’écoute unique qui sert à maintenir les voiles latines. Ruggieri et le prince, saisissant ensemble ce câble qui les souleva deux ou trois fois à un demi-pied du pont, parvinrent à border la voile. Alors la felouque donna à la bande si terriblement, que le bout de l’antenne laboura l’écume. Il y eut un grand cri d’alarme dans la batterie, parce que l’eau entrait à flots par les sabords.

— Bouchez tout ! commanda Fulvio dans le porte-voix.

Les marins de Naples obéirent. Il n’y avait pas à hésiter.

Ruggieri, bondissant par-dessus les cordages, avait déjà la barre en main. Les gonds du gouvernail crièrent ; la felouque se releva, souple et vive. L’instant d’après, elle fendait l’écume avec la rapidité d’un cheval de course.

Au bout d’une heure, des teintes sanglantes diaprèrent le sud-est. Il y avait un grand nuage qui planait comme un énorme oiseau au-dessus de la ligne de l’horizon, laissant libre une étroite bande de ciel. La lune parut bientôt dans cet espace vide. C’était le croissant ébréché du dernier quartier, ce demi-disque d’airain rougi qui semble au loin un incendie gigantesque d’abord, puis va se rapetissant et blanchissant à mesure que le croissant monte, de telle sorte que ce bouclier de cuivre semble s’argenter peu à peu.

Quand le croissant piqua sa corne supérieure dans le nuage, les bords de celui-ci prirent des teintes d’acier poli. Le brick-goélette se perdait au lointain ; il fallait la lunette de nuit pour distinguer sa grande voile, qui semblait l’aile d’une mouette à perte de vue. En même temps, les profils de la côte sortaient du noir.

— Belvédère ! murmura Fulvio, dont l’oeil inquiet interrogeait le rivage ; le vent a sauté, la tempête nous pousse, nous filons dix noeuds.

Cucuzone dormait, couché en rond comme une chenille. Ruggieri fumait sa pipe d’écume à la barre. Toniotto était toujours de quart.

Quand il fallait un coup de main, Cucuzone s’éveillait en grondant et faisait miracle.

Fulvio et Fiamma étaient assis l’un auprès de l’autre. Ils gardaient désormais le silence. Une fois, Fulvio se pencha au-dessus de la zingara et mit un baiser sur son front.

— J’aime jusqu’à ta pitié ! murmura-t-elle.

Ils avaient passé la Scalea ; ils gagnaient au large, en face du golfe de Policastro pour doubler le cap Palinure. Bientôt le phare de la Liscosa montra son feu tour à tour blanc et rouge.

C’était une course furieuse. La felouque gémissait jusqu’aux jointures les plus profondes de sa charpente. Et le calme de ces quatre aventuriers faisait avec l’ouragan un contraste étrange.

Il y a bien des gens, dans le pays de Naples, qui se souviennent encore de cette nuit du 14 février 1823 et de celle qui la suivit, pendant laquelle eut lieu la dernière grande éruption du volcan.

La mer et la terre étaient en fièvre. La terrible convulsion qui se préparait pesait sur elles.

Tout était menace ou souffrance. Le boeuf, engourdi au fond de l’étable, refusait la pâture ; les chevaux, ces vaillants, se vautraient dans la litière en gémissant ; les oiseaux sauvages venaient se réfugier jusque dans les villes. La nature entière semblait saisie d’une mystérieuse horreur.

Au petit jour, la felouque donna toutes voiles dehors dans la passe entre l’île de Capri et le cap Campanella. Une heure après, au moment où le soleil se levait, on jeta l’ancre entre Castellamare et la Torre dell’Annunziata.

— Nous partons quatre, dit Ruggieri dans le porte-voix ; il reste vingt-six hommes sur le pont.

Le patron de la felouque, ses officiers et ses matelots gardèrent le silence. Désormais, leur plus ardent désir était que cette méchante aventure ne s’ébruitât point.

— Dans deux heures, ajouta Ruggieri, tout sera fini, et vous serez libres.

Cucuzone et le Toniotto avaient mis un canot à la mer.

On a remarqué que ces tourmentes qui ont pour origine quelque grand cataclysme souterrain, se calment souvent durant le jour, pour reprendre avec plus de violence quand le soleil descend à l’horizon. C’est la marche de la fièvre et de presque toutes les maladies qui attaquent la machine humaine.

Le vent avait diminué sensiblement ; la mer bleue se faisait houleuse et commençait à déchirer partout son blanc linceul d’écume. Le ciel était clair et, sauf l’effrayant panache de fumée que le Vésuve déroulait à gros flocons, vous eussiez dit une de ces matinées de mars ou de septembre, où l’équinoxe amène ces brusques alternatives de calme et de tempête.

Ce fut en plein jour, à huit heures du matin, que nos aventuriers prirent terre entre l’îlot de Revigliano et l’embouchure de la petite rivière de Vamo.

Quelques gardes-côtes étaient sur la grève, essayant de reconnaître ce navire à l’ancre, où nul être humain ne se montrait, car nos aventuriers avaient eu soin d’emmener avec eux le pauvre Toniotto.

Ils s’engagèrent aussitôt dans la campagne, laissant les ruines de Pompéi à leur gauche, et marchant dans la direction d’Angri.

À un coude du Sarno, dans une ravissante oasis plantée de beaux arbres s’élevait une villa d’aspect sombre qui semblait avoir été bâtie au temps de la domination espagnole. Les fenêtres de la façade extérieure étaient toutes fermées. Fiamma, qui marchait la première, s’arrêta et dit :

— C’est là.

Fulvio lui tendit la main.

— Tu as tes instructions, lui dit-il ; vous deux, Cucuzone et Ruggieri, vous avez les vôtres… Partez sur-le-champ pour Naples, et revenez bien vite, je vous attends !

Il s’enfonça aussitôt dans les bosquets qui entouraient la villa.

Fiamma le suivit longtemps d’un regard triste. Quand elle l’eut perdu de vue, elle rejoignit ses deux compagnons, qui montaient au petit village d’Angri. Ils trouvèrent là des chevaux et partirent au galop pour Naples.

Avant d’entrer dans la ville, ils se séparèrent. Ruggieri et Cucuzone descendirent vers le port. Fiamma se dirigea vers la rue de Mantoue, où était la maison des Folquieri.

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