‹ Les Délices libertinesChapitre 10 sur 14 · 10

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ous attendions les Lignon ; ils viennent d’arriver. J’aime beaucoup le genre de beauté de May, leur fille, dont la séduction est dans la blancheur incomparable de son teint de rousse, de ce roux de palissandre chaud et lustré qui faisait le charme des belles Florentines de la Renaissance. Son visage a une régularité qui lui donne une expression un peu altière que corrige la douceur de ses yeux havane clair, pailletés d’or. Grande et mince, elle fait le plus joli couple avec son frère Fred, dont elle est la jumelle en une ressemblance de figure, de taille et de manières qui, sous le même costume prêterait à la plus complète confusion. Je dis bien couple, car ils ne se quittent jamais d’un pas et se prodiguent les marques d’une tendresse plus que fraternelle qui confirme ce que Clorinde m’a confié du commerce incestueux qu’ils auraient ensemble. Après ce que j’ai vu de Mme de Servannes et de son fils, comment m’étonnerais-je d’une affection qui a pour elle la parité de l’âge, de la beauté et du caractère ?

Clo m’assure que Mme de Lignon, sous ses dehors très réservés, brûle de la même ardeur que la flamme de son opulente chevelure d’un rouge carotte qui flamboie autour de son visage dont un habile maquillage fait le plus charmant pastel. Elle a séduit tout de suite Camille, pour ce qu’elle paraît peut-être à celle-ci une conquête plus difficile.

Son mari, sensiblement plus âgé qu’elle, est le type du vieux beau qui a eu mille aventures, paie d’audace et ne s’embarrasse pas de scrupules. Sa conversation n’est que libertinage et sous-entendus équivoques ; sa mise est recherchée et avec les meilleures manières, il a, à soixante ans, la fatuité de ceux qui n’ont jamais rencontré de cruelles. Il a le front de ne s’attaquer qu’aux plus jeunes et je ne sais de quels succès il ne se donne encore les gants. Il est de fait qu’il est d’une entreprise hardie, qu’il a la main impertinente et l’œil toujours à l’aguet de quelque retroussé de jupes. Il m’a pris déjà plusieurs baisers sur la nuque et tapoté les fesses.

J’en étais là, quand ma cousine est venue me chercher pour une promenade avec May et Fred. Accompagnés de leur beau lévrier blanc, nous avons bientôt formé deux couples gentiment enlacés, May et moi, Clo et Fred, échangeant nos confidences et nos baisers dont May ne se fit pas prier. Que son haleine était exquise et sa lèvre douce ! Je lui pointai deux ou trois fois ma langue afin de lui marquer sans équivoque les desseins où je voulais en venir avec elle. Ô bonheur ! elle s’arrêta et emprisonnant ma langue entre ses dents de nacre, elle se mit à la suçoter délicieusement.

Nous arrivâmes ainsi à un charmant bocage où nous pûmes nous étendre sur un épais tapis de mousse qui reçut nos enlacements réciproques. Soudain, comme excité par le spectacle de nos tendresses, voici que le lévrier, chevauchant une jambe de Clorinde, s’applique contre son genou à de lascifs mouvements de sa croupe.

— Voyez-vous ce polisson ! s’écrie ma cousine en riant. Il faut à Monsieur des jupes de soie… Ah ! ça, May, auriez-vous donné à Rick de mauvaises habitudes ?

May rougit un peu, mais se défend.

— Oh ! Clorinde, avec un chien, vous n’y pensez pas !

— Ma chère, il n’en faut pas médire ! avez-vous seulement goûté à leurs caresses ?

— Vous êtes folle ! Clorinde !

— Allons, ne serait-ce qu’une fois et par amusette, un jour qu’on était toute seule et qu’on s’ennuyait. Avouez-le, May ! Je le lis dans les yeux de Rick…

— Oh ! amie… je n’aurais pas osé…

— Je n’en suis pas si convaincue !… Nous avons tant de curiosité ! Serait-ce la présence de Fred ?…

— Oh ! moi, dit celui-ci, je ne fais pas difficulté d’avouer que Rick a quelques fois suppléé de sa langue les caresses manuelles de l’âge ingrat…

— Ah ! tu ne me l’as jamais confessé, petit monstre ! fit May un peu fâchée…

— Quelle femme n’en pourrait dire autant, reprit Clorinde, et combien qui n’ont de chien que pour cela… Je confesse y avoir pris un grand plaisir à de certaines heures, car il n’est pas de langue qui puisse rivaliser avec celle d’un chien dressé à cet exercice… Allons, Rick, tout doux, mon petit… tu vas salir ma jupe… Montre un peu ta chose qui commence à pointer… Tenez ! May, voyez ce joli bout d’un bel écarlate… Cela ne vous donne point envie ?… Oui, mon mignon, ajouta-t-elle en embrassant le museau effilé de Rick, oui, je te comprends, tu veux faire un peu joujou, hein ? Eh bien ! attends !… Mets-toi de côté… là… et puis que je te la prenne entre ces trois doigts… Ah ! le coquin, s’il aime ça… Alors quoi ! ta mémère ne te le fait donc jamais ?… Elle t’a bien un peu tripoté comme ça, avec ses petites menottes… n’est-pas, May ?… Eh quoi ! pas même un peu branlé ?…

— Oh ! branlé, oui sans doute, avoua enfin celle-ci, mais je vous jure, par simple curiosité, pour voir simplement comme cela pouvait être sous la main…

— Voyez si elle est raide, coupa Clorinde, tout occupée au jeu dont elle paraissait fort excitée… et s’il se laisse masturber, rentrant son arrière-train comme s’il était en position… Ah ! petit salaud, tu la montres ta pique… Regardez-moi s’il bande…

— Que ne prenez-vous la mienne ? intervint Fred qui déjà s’était déboutonné.

— Laissez donc ! fit-elle, cette pauvre bête, je veux la rendre tout à fait heureuse… Oui, Rick, tu vas me le mettre, mon mignon !

Avisant un banc de gazon plus exhaussé où elle pouvait s’adosser à un arbre, elle vint s’y asseoir dans une pose demi-allongée ; et jupes relevées à la taille, cuisses ouvertes sous son coquet pantalon fendu, elle attira Rick sur elle. Celui-ci, comme s’il n’en était pas à son coup d’essai, dressant sur ses pattes de derrière son corps long et mince et s’appuyant de celles de devant sur les épaules de Clorinde, se mit en posture de la couvrir.

Tout en feignant des rires amusés, pour dissimuler notre émoi de cette lubricité inimaginable, nous nous étions approchés pour bien jouir de ce singulier spectacle. Rick, un instant, tâtonna au-dessus de l’orifice qui s’offrait à lui. Sa verge, verticalement érigée, malgré tous ses efforts pour l’incliner dans une voie trop en contrebas, labourait inutilement la toison blonde qui masquait le pertuis.

Nous partîmes tous d’un éclat de rire devant ces efforts impuissants dont s’exaspérait l’animal en précipitant ses mouvements. Sans honte du scandale, Clorinde, avec une tranquille impudeur, s’arc-bouta en pose plus raccourcie sur ses jarrets afin de faire saillir davantage son ventre dans l’écartement de ses cuisses.

— Allons, dit-elle, tu es un maladroit, tu n’as pas l’habitude de baiser des princesses… Je vais t’aider…

Le ceinturant d’un bras, et saisissant délicatement le dard de l’animal, elle en dirigea la pointe au bon endroit. La croupe du lévrier donna un coup brusque qui acheva la pénétration. La langue pendante, la gueule béante, les yeux allumés, nous le vîmes s’agiter avec fureur.

Alors, partageant la folie érotique dont Clorinde était animée, je jetai mon regard sur le priape rubicond que Fred avait tiré de sa culotte et qu’il me tendait insolemment. Sa grosseur me stupéfia. M’étant accroupie sur les talons, je le pris avec hésitation dans ma main bien trop petite, et c’est très maladroitement que je m’appliquai à en caresser la longueur démesurée.

Fred alors, pesant sur ma tête, l’inclina jusque sur le bout de sa machine.

— Engoule, chère enfant ! me dit-il.

— Quoi ! m’écriai-je, dans la bouche ? Jamais ça n’y tiendra !

— Va, te dis-je !… N’as-tu pas appétit de ce friand morceau ?…

Et sa main m’en glissa presque de force l’extrémité rutilante entre les lèvres.

Ce ne fut pas sans peine que dans ma bouche ouverte à décrocher la mâchoire je pus loger l’énorme gland. Je fus sur le point d’étouffer quand, soucieux de son seul plaisir, Fred me la refoula jusqu’à la luette où, par sadisme peut-être, il me le maintint quelques secondes, malgré les haut-le-cœur qu’il provoquait.

Cependant que je manœuvrais de mon mieux cette queue prodigieuse qui savourait à la fois le velours de mes lèvres et de mes joues et la râpe de mes dents, May gagnée par le même délire s’était allongée entre mes jambes. Entièrement cachée sous mes jupes qui traînaient à terre, tirant à soi mon derrière, elle ajusta ses lèvres à mon clitoris, et en quelques succions qui procédaient d’une éducation savante, elle fit sourdre l’extase sublime.

Au même instant le gland monstrueux de Fred me parut se gonfler encore et une éjaculation partie d’un jet puissant vint me frapper le fond de la gorge, en telle quantité qu’elle en déborda au dehors, dans les derniers coups de pompe que je donnai.

Je dégaînai le vigoureux phallus, et m’excitant du spectacle de l’accouplement de Clorinde, je cherchai une seconde extase dans le remuement de mes fesses dont j’écrasais le visage pâmé de May, quand ma cousine poussa à son tour le gémissement du bonheur.

— Mais je jouis !… je jouis !… clamait-elle. Avec un un chien !… comme l’autre fois !… Oh !… oh !… son gland… je le sens qui grossit… C’est délicieux… Il m’inonde, le cochon… Ah !… ah !…

D’une tape sur son museau, elle se dégagea de Rick qui, retombé sur ses pattes de devant, assécha d’un coup de sa langue ce qui perlait au bout de sa queue.

Par bonne fortune un ruisseau coulait tout à proximité. Après que Clo y eut procédé à une toilette indispensable, elle s’offrit au caprice de Fred dont la quille avait immédiatement repris une ardeur nouvelle.

Se laissant retomber sur le dos, jambes en l’air, elle lui cria :

— À toi, Fred !… Viens, déchire-moi de ton épieu !… Vois si je t’ouvre mes cuisses… L’as-tu bien ainsi à ta portée ?…

Il s’était allongé sur elle sans mot dire, l’œil allumé, presque bestial. Sa queue à la main, un peu posé sur le côté, il pointa et poussa brusquement.

— Oh ! va… va… clama Clorinde. Va… déchire… enfonce… Aïe !… que tu fais mal… Aïe !… bourreau !… Aïe !… mais enfonce donc !… Ah ! tu y es… monstre !… je te sens, va… Baise… baise, cochon !… Mets-la jusqu’au fond, que j’en meure de douleur !… Ah ! que c’est bon !…

— Tiens !… tiens !… scandait l’autre en administrant ses vigoureux coups de cul.

Il la posséda avec une exaspération frénétique. Quand il fut bien en train, sa sœur se posant à cheval sur le visage de ma cousine pour être clitorisée par elle, vint goûter avec lui la douceur des baisers dont je ne pouvais plus douter qu’ils n’eussent l’habitude.

Spectatrice passive, allongée tout à côté, ma figure penchée sur les cuisses entre-croisées les unes dans les autres, je me délectai à voir besogner la terrible mentule dont la tête, chaque fois qu’elle forçait l’étroit passage, arrachait à Clorinde des cris de douleur qui s’étouffaient sous la robe de May. La longue et magnifique verge se logea pourtant tout entière ; et avec le sentiment d’être moi-même pénétrée de ses vigoureuses poussées, j’en suivais avidement les allées et venues, alternées en cadence, qui foulaient et refoulaient les tendres lèvres distendues à l’excès sous sa pression.

Je la vis peu à peu se lubrifier des premiers épanchements du plaisir qui venait, glisser plus mollement, accélérer insensiblement sa course, puis, dans un violent refoulement qui la fixa au fond de sa glissière de chair, s’immobiliser brusquement en un choc furieux des deux ventres. Tous les trois haletèrent ensemble et clamèrent leur délire. May en expirant sur les lèvres de son frère qu’elle semblait mordre au sang, lui murmura, les yeux éteints :

— Ce soir, chéri, tu me le promets, pour moi toute seule !…

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