‹ Les Délices libertinesChapitre 11 sur 14 · 11

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’amour n’a pas chômé cette nuit au château. Après le dîner, dans le parc où comme tous les soirs, chacun s’égaille au gré de ses convenances, les couples se sont organisés et ont pris leurs rendez-vous ; les hautes futaies de la grande allée, le berceau de roses, le bosquet des tilleuls, la terrasse du bord de l’eau, ont été sous un ciel nuageux et d’une obscurité propice, le cadre des plus doux roucoulements. Ici, c’étaient May et son frère, là Mme de Servannes et Mme de Lignon, un peu plus loin Clorinde et Claude, Monique et Georges en partie carrée. Pour moi qui avais disposé de ma nuit avec Juliette, notre jolie femme de chambre qui en meurt d’envie, j’entendais me réserver le plaisir d’épier les amoureux en leurs nids d’ombre et de silence.

Mais j’avais compté sans M. de Lignon qui avait jeté son dévolu sur moi et s’est imposé avec une indiscrétion que rien n’a découragée. Je me montrai rétive à ses entreprises et je parvins à lui échapper.

Au détour d’une allée, je rattrapai une ombre.

— C’est toi, Claude ?…

— Tiens, Licette !… D’où sors-tu ?…

— Ne me le demande pas… Mais viens là… dans ce recoin de verdure… sur ce gazon… L’acacia embaume ; il me semble que jamais le parfum ne m’en fut si doux… Tu vas me baiser, chéri ; ce ciel d’orage met en moi des langueurs infinies… Là, par terre, avec la simplicité des bêtes, ce sera exquis. Si je l’osais, je me mettrais toute nue… Étendons-nous…

— Il fait si noir que tu te fonds avec l’herbe… Je distingue pourtant la tâche plus claire de ton ventre et de tes cuisses… Permets, chérie, que je caresse un peu ces trésors…

— Non, mon petit Claude, le temps nous presse… monte sur moi… Ah ! la fraîcheur de tes cuisses… Attends, c’est moi qui vais le mettre… Donne, que je prenne ce joli petit vit… tu n’auras pas grand mal, tant je suis mouillée… Pousse, chéri… Ah ! que cela me fait du bien…

— Il y est… Enlace tes jambes aux miennes…

— Va lentement… Oui, comme ça… ah ! c’est bon… Ta chair, ta belle chair contre la mienne… Sens-tu de quelle ardeur je me donne à toi ?… Va, mon Claude aimé, éveille l’attendrissement de mes premiers émois… Vois comme mon ventre va à la rencontre du tien… Tu me baises, n’est-ce pas ?… Dis-moi que tu me baises !… Dis-moi ce mot exquis…

— Oui, Alice, je te baise… Toute mon âme est entrée dans toi par la porte mystérieuse que tu m’as ouverte… Je t’ai pénétrée… et mieux que de te baiser, je t’habite ! N’est-ce pas cela, le divin péché de la copulation !…

— Ah !… ah !… que c’est bon !…

— Je m’ébats dans tes flancs et de toutes les manières… tiens, comme cela, tout au fond…

— Oh ! oui, répète tes coups ce cul… Ah ! quelles délices !…

— Ou bien encore, sur le bord des petites lèvres… en frottant légèrement… presque sans remuer…

— Ah !… ah ! chéri, ça vient… ça vient !…

— Je vrille lentement… d’un petit rien de mes reins… comme ça…

— Ah !… ah !… je meurs…

— Oui, chérie, c’est l’instant sublime… Vas-y… deux petits coups de cul pour rengainer le gland… tiens !…

— Ah !… je jouis !… donne tout, chéri !…

— Oh ! amour… tiens, reçois mon offrande !…

Ce fut un transport fulgurant.

Enserrant mon amant de toute la force de mes cuisses et de mes bras, je le retournai sous moi sans relâcher la conjonction de nos sexes, et m’accroupis en selle.

Àpeine commençai-je à chevaucher que la mignonne verge reprenait sa vigueur. La course ne fut pour moi que le râle d’une jouissance continue dont Claude décuplait l’ivresse en me postillonnant de son doigt. Quand je le vis sur le point, lui aussi, de rendre l’âme, je voulus que ce fût dans ma bouche qu’expirât son bonheur. Je vidai les arçons et faisant demi-tour sur lui, je pris entre mes lèvres le cher instrument de mon délire. De quelles caresses mignardes n’exaspérai-je pas la montée du flot libérateur ! Ma langue courut sur le renflement du gland, dans le sillon du prépuce, le long du délicat filet. Je mordis aux guignes pleines. Je poussai jusqu’au périnée vierge de poils… jusqu’au petit trou où j’avais logé un doigt…

Mais entre mes doigts qui le tenaient à sa racine, le pénis avait des battements désespérés. La plainte de la délicieuse agonie s’exhala sous mes cuisses où Claude vidait la coupe de ma félicité.

Alors, pour affoler sa jouissance, je sortis la verge de ma bouche, je la laissai se débattre un instant dans le vide, sans autre contact que le souffle ardent dont je l’enveloppais ; puis fondant brusquement sur la queue palpitante, je l’étranglai de nouveau dans l’étroit fourreau de mes lèvres resserrées. Un second gémissement plus rauque, le ventre qui se souleva en ondes successives sous mon visage, activant son mouvement de pompe, et l’extase de Claude dégorgea dans ma bouche sa chaude libation.

Ah ! que je savourai ce suc épais et âcre ! De quel nectar ne m’en fis-je pas l’idée en me disant que c’était la substance de l’être jeune et beau qui m’avait possédée. Avec quelle joie ne la sentais-je pas descendre en moi !

— Merci, mon petit Claude, à demain, lui dis-je, une fois relevés, en pressant sa jolie tête bouclée sur mes lèvres…

Remontée dans ma chambre où Juliette devait venir me rejoindre, je ne songeai d’abord qu’au moyen d’être spectatrice des ébats de May et de Fred. Il n’y en avait qu’un : payer d’audace et me cacher dans la chambre de May qui, vraisemblablement, y attendrait son frère. Je me postai derrière les rideaux de la fenêtre.

Il était déjà onze heures. May fut bientôt là. Elle se dévêtit, fit sa toilette, passa une chemise de nuit, et s’assit sur un canapé. Elle n’attendit pas longtemps. La porte s’ouvrit sans bruit : c’était Fred en pyjama de soie. May se jeta à son cou.

— Polisson, lui dit-elle, m’en as-tu fait des infidélités aujourd’hui !…

— Petite sœurette, cela double l’agrément d’instants comme celui-ci.

— Oui, mais m’as-tu réservé ma part ?… Je vais bien voir… Montrez votre frimousse, petit gredin, ajouta-t-elle en déculottant son frère… Que voilà un vit fripé et penaud !…

Et agaçant de ses mains la verge, celle-ci reprit peu à peu sa belle forme. Puis, s’agenouillant, elle ouvrit toute grande sa bouche, enfourna l’engin qu’elle se mit à sucer goulûment, tout en glissant une main sous les cuisses de son frère. Je le vis tressaillir.

— Viens ! fit-il.

Elle se releva. Il la disposa à l’envers, le torse penché en avant sur le dossier d’une chaise où elle s’accouda. La croupe profondément cambrée, elle présenta à la mentule l’ouverture de ses fesses pointées aussi haut qu’il lui était possible. Fred en ajusta le gland énorme au sillon où se rivaient ses yeux ; puis poussant en avant d’un mouvement de reins pendant que les blancs hémisphères de May s’abaissaient lentement sur leur siège, il emmancha sa queue dans le cul de sa sœurette.

La grosseur de l’épieu, bien qu’elle en eût l’habitude, arracha un cri à la jeune fille. Je la vis se redresser, cambrer son torse en arrière, et de ses bras retournés saisissant la tête de Fred, l’amener jusqu’à elle et la retenir en un fol embrassement.

Je ne pus résister au spectacle de son délire. Je sortis de ma cachette et me précipitai sur eux. Ils n’eurent pas le temps de marquer leur effarement, que j’avais collé ma bouche sur celle de May. La rejetant dans les bras de son frère, je m’accroupis entre leurs jambes et partageant entre eux mes faveurs, je pénétrai d’un doigt l’anus de celui-ci, pendant que mes lèvres s’attachaient au bouton de sa sœur. De l’autre main, je me caressai par-dessous les jupes. Sous l’aiguillon dont l’émoustillait ma langue, May courut sur sa monture une poste échevelée. Courbée sur la chaise, ses genoux collés aux cuisses de Fred, elle chevauchait à grands coups de fessier sur l’axe de sa solide cheville. En quelques minutes nous lâchâmes un même râle qui nous unit dans une commune jouissance.

Fred, dont la virilité était stupéfiante, ne me laissa pas souffler. Il m’emporte dans ses bras, me couche en travers du lit, jupes remontées à la taille, mes cuisses repliées contre mes seins, mes jambes allongées par-delà ma tête, mon petit conin entièrement à découvert. Pour me maintenir dans cette posture disloquée à laquelle se prête ma souplesse, je pèse de mes mains sur mes mollets. Je crois pourtant qu’il l’a belle et que je le lui offre au mieux. Que projette-t-il donc ?

— May, dit-il, tu vas m’aider… Pointe ma queue dans son cul, je le lui veux faire à la mode florentine.

— Fred, Fred, vous allez m’écarteler !…

— Non, amie, me dit May, elle a franchi le mien, elle franchira bien le tien que je ne crois pas plus étroit !…

Mais déjà elle a pris la machine et l’a affrontée à la petite porte. Je sens un contact d’une rigidité extrême. Fred porte son buste en avant et presse sur son membre. La pointe entr’ouvre l’anneau résistant. Je n’ai encore que le sentiment d’une faible intromission. Il pousse un peu plus fort, toujours soutenu par la main polissonne de sa sœur.

Ah ! cette fois, c’est la sensation d’un déchirement et je me mords la lèvre pour ne pas crier.

— Tout le gland est logé, chérie, me dit May ; attends-toi à présent à la grande secousse. Va, Fred, pousse… fais-la crier, c’est si bon la douleur dans la jouissance… va, mon aimé !…

Les doigts de celui-ci, crispés dans mes chairs, me disent l’effort de sa propulsion. Je jette un cri aigu. C’est comme un coin de plus en plus large qui s’enfonce en moi par degré. Mes flancs se tortillent sous la violente effraction.

— Tu me déchires… tu me perfores, monstre !…

Il bat alors en retraite, mais ce n’est que pour prendre un nouvel élan. D’une saccade plus brusque, il entre plus à fond son phallus démesuré. Je crois que je vais défaillir : une barre d’acier fouille mes entrailles.

Penchée sur mon horrible supplice, May suit d’un œil passionné et cruel, l’impossible coït auquel Fred s’obstine, peut-être avec un ragoût de sadisme. Dans le même halètement de curiosité que moi hier, un doigt au derrière de son frère, un autre sur mon clitoris qu’elle branle avec légèreté, elle est figée de plaisir à regarder la résistance de mon anus meurtri au membre furieux qui l’écartèle. Je la vois mordillant ses lèvres comme sous l’effort imaginaire de l’irruption dont elle voudrait pouvoir m’éventrer elle-même… Je l’entends encourager mon bourreau :

— Va, chéri, pousse-le lui donc… Crains-tu de la fendre un peu… Je voudrais te voir jouir dans le sang…

Fred m’empoigne plus violemment aux hanches, et en même temps qu’il attire à lui mes fesses, il m’assaille d’un coup de ventre qui m’ébranle et me fait râler. Peine perdue !… Sans pouvoir s’enfoncer d’une ligne, le braquemart refoule à l’intérieur ou distend au dehors l’anneau auquel il est maintenant trop parfaitement ajusté. Je hennis sous le pal redoutable qui me laboure et, seule, semble me tenir en vie l’image lubrique de cette copulation impossible que ma perversité voudrait pourtant réaliser entièrement. Je m’y acharne par ma complaisance sous l’effroyable assaut. Je suffoque, mais je retiens mes gémissements pour ne point décourager le labeur de ce taureau pénétrant sa nouvelle Pasiphaé.

— La queue n’est encore qu’à moitié, observe May d’un air navré.

Je la sens, en effet, bloquée par l’étranglement de ma chair, et dans ses mouvements de recul je crois que mes entrailles, aspirées par elle, se vident. Subitement, j’éprouve la cuisson d’une estafilade…

— Ah ! une goutte de sang qui perle ! s’écrie avec une joie féroce l’affreuse May… Va, pousse… Tiens, une autre… Va, jouis dans son sang !…

— Oui, qu’importe, Fred, dis-je à demi évanouie, fonce encore !… mais encule-moi à fond…

Mais, sous ses efforts répétés, Fred parvenait à la pâmoison, et un flot tiède et lénifiant m’inonda tout à coup. À cette perception, portant toute ma pensée sur la main qui me titillait avec rage, je m’excitai à unir ma jouissance à celle de mon amant. J’y touchais, quand dégageant son membre encore en érection, il me le plongea de toute sa longueur dans mon étroit conin abondamment lubrifié par l’approche du plaisir.

Ce fut un bonheur dont je crus mourir, à cette introduction inattendue que j’appelais de tous mes vœux, et qui épousa avec fougue ma vulve brûlante. La queue manœuvrée à grands coups sur sa glissière, m’eut à peine trois fois, de son gland rubicond et saillant, froissé les tendre lèvres qui le comprimaient, qu’un spasme fulgurant me transporta au septième ciel…

May alors saute sur le lit, enjambe ma tête, l’enserre de ses cuisses, accroupit à même mes lèvres sa toison fauve où la fente vermeille met sa blessure de grenade, et m’encerclant de ses bras sous les fesses qu’elle malaxe avec furie, enfouit son visage dans le calice dont Fred pompe les suavités. Sous sa langue agile qui parcourt la délicate corolle de ses titillations savantes, sous les succions de sa bouche à mon clitoris et les mordillages dont ses fines quenottes avivent le plaisir d’une pointe de douleur, la jouissance que fait jaillir sans arrêt la queue royale qui m’encloue, monte à des sommets vertigineux.

Combien de temps cela dura-t-il ?… je ne sais… La motte qui se trémousse sur ma bouche l’emplit de ses émissions répétées. Je fourrage ma gougnotte avec une folie égale à la sienne. Ma langue a cédé la place aux doigts. Mon pouce et mon index pénètrent ses deux orifices, et, pressant sur leur mitoyenne cloison de chair, la font hurler de bonheur.

— Dans ma bouche… tiens, mets-le… cria-t-elle à son frère dans une rage de luxure.

Ah ! ce gland qui se retire de moi, quelle sensation indicible !… Les lèvres gloutonnes de May l’aspirent. J’en ai la perception sous la croupe qui me couve, et j’entends les halètements de Fred que la fatigue attarde sur la montée du plaisir.

Ma jouissance brusquement interrompue clama son désespoir :

— Eh quoi ! tu m’abandonnes, monstre, après m’avoir mutilée !… Ta queue ! ta queue ! suppliai-je, en mordant presqu’au sang la cuisse de May. Oh ! je vais jouir !… Jouis en moi, chéri… jouissons ensemble !…

Un cri fou, les délices d’une nouvelle pénétration, plusieurs saccades qui heurtent mes flancs, la sensation inimaginable d’un liquide chaud qui, en jets successifs, se répand dans mon être : c’est mon baiseur qui enfin roule avec moi dans l’abîme de l’extase.

Nous râlons ensemble notre bonheur dans ce mot : « je jouis ! je jouis ! je jouis ! » que tous les trois nous répétons jusqu’à cette prostration qui délie nos membres et affale nos corps l’un sur l’autre.

La pensée que Juliette devait m’attendre me remit debout la première. Je laissai mes deux partenaires se soûler de nouvelles caresses s’ils en avaient encore la force, et je regagnai ma chambre.

Juliette était là, en chemise, assise dans un fauteuil ; elle m’attendait en effet sans impatience.

— Ah ! Mademoiselle a fait une équipée, me dit-elle en se levant à mon entrée.

— Ne m’en parle pas, je suis rompue et meurtrie !…

— Que Mademoiselle m’excuse, j’ai tout entendu… J’étais derrière la porte… et cela m’a mise dans un état !…

— Ah ! petite dévergondée, tu l’as fait, cochonne !… montre-moi ça…

Je passe ma main entre ses cuisses, et la retire toute mouillée.

— Je me réservais pour Mademoiselle, et c’est l’effet de ma curiosité aux portes derrière lesquelles on fait l’amour cette nuit… Madame de Servannes a rejoint madame de Lignon, et monsieur Claude mademoiselle Clorinde, pendant que vous étiez vous-même en bonne compagnie… Je crains fort que Mademoiselle n’ait plus besoin des services que j’eusse été heureuse de lui rendre…

— Peut-être pas tout de suite, Juliette, car je sors de table ; mais il n’y a pas d’heure pour une friandise. Demeure donc… Sais-tu que tu es appétissante ainsi ?… Donne ton aisselle que j’en savoure le parfum. Il n’est rien qui m’excite autant que cette odeur-là… Laisse-moi suçoter cette houppette blonde… c’est savoureux…

— Mademoiselle me chatouille !…

— Et ce derrière, crois-tu que je n’en sois pas aussi curieuse ?… Tourne-toi que j’en juge… Ah ! voici la jolie raie sombre qui s’incurve en dessous. Ma parole, ton petit cul est ravissant, Juliette… Penche-toi que je voie la mystérieuse sente coralline… Oh ! oh ! elle se perd sous la mousse. Es-tu fournie, ma chère !… mais c’est la toison d’or elle-même !… Que peut bien cacher cette opulente chevelure ?… Voyons que je tâte… Oh ! coquine, tu ne le disais pas… quel clitoris !… Mais, dis-moi, tu peux jouer à l’homme ?…

— Oh ! pas tout à fait ; mais j’en puis branler un clitoris plus agréablement qu’avec le doigt.

— M’en voilà toute excitée… j’en oublie ma fatigue… Viens sur ce lit me montrer comme tu sais faire…

— Mademoiselle comble mes souhaits, me répond Juliette qui, avec une force que sa sveltesse ne laissait pas supposer, m’enlève dans ses bras et me porte sur le lit.

Elle s’allonge entre mes jambes, après avoir disposé sous mes fesses un coussin qui me met à hauteur convenable. Un bras passé à ma taille, de l’autre main pressant sur la commissure de son vagin, elle fait pointer son étonnant clitoris. Elle en caresse le tour de ma vulve, en frotte délicatement les bords, les entr’ouvre, et le glisse jusqu’au bouton qu’il émeut d’une douce frication. Je soupire :

— Que c’est bon, Juliette… que tu fais bien… C’est encore meilleur qu’avec la langue…

Et puis, je m’excite à cette image libertine. Jolie comme elle est, Juliette m’évoque un gosse vicieux me lutinant de sa verge impubère. Mes mains enserrent ses fesses et descendent le long du sillon ambré de son cul. Cette impression active mon plaisir. Je sors bien vite de ma passivité et balance mon pubis de haut en bas. Juliette cueille sur ma bouche les soupirs qui viennent y mourir, et sa langue se promène sur mes lèvres. De quels frissons elle énerve ma muqueuse !…

Lorsque la belle fille voit l’éclat de mes yeux qui se trouble, elle insinue son clitoris raidi entre les deux lobes de mon coquillage, le loge en plein milieu, et, s’accolant à moi dans une étreinte étroite, manœuvre sa croupe comme ferait un homme. Pour accentuer cette pénétration à fleur de calice, j’ai noué mes jambes sur la croupe de Juliette. Ses seins contre mes seins, ses mains sous mes fesses, elle me mord, me suce, me languette de mille manières.

Afin de ne rien distraire de mon plaisir, je me laisse faire. La passivité est une chose exquise. De son côté, Juliette se pique à son rôle et me susurre des mots fous comme un amant à sa maîtresse.

— Tu vois, souffle-t-elle câlinement, je suis ton petit homme… Je te le mets… et moi je ne t’estropie pas, comme l’autre de tout à l’heure… Je sais bien, va, qu’il t’a fourré ça dans ton petit trou… tu as assez crié… Ah ! tiens !… tiens !… que je te l’enfonce le plus loin possible…

— Oui, oui, dis-je, c’est bon, chérie, enfonce !…

C’est à peine si sa croupe remue. Toute l’action est dans son épaisse motte velue qui me pilonne sur place et imprime un petit va-et-vient au clitoris. J’ai l’impression d’un chatouillement continu et très agréable à fleur de chair, mais qui s’exaspère et à la longue s’énerve d’un spasme qui ne vient pas. Juliette m’y devance. Je la sens se raidir sur moi, et son cri de bonheur expire sur ma bouche.

— Oh ! pourquoi ne jouis-tu pas avec moi, gémit-elle, en déhanchant son cul et me choquant violemment de son ventre. Tiens ! vois comme je jouis… comme je mouille… Oh ! jouis donc, chérie… jouis !…

J’appelle à mon secours toutes les réserves de mon imagination. En vain j’émeus mes flancs et mes cuisses et je frotte désespérément ma motte à sa crinière : la jouissance se refuse. Mes membres se crispent, je me tords sur le lit dans l’exaspération nerveuse du désir inassouvi et impuissant.

Alors Juliette se retourne, chevauche mon visage et dans un renouveau de délire s’empare de mon vagin. De son doigt plongé jusqu’au fond, et qu’elle fait aller comme une verge d’un calibre plus consistant, de ses lèvres et de sa langue triturant mon bouton, en un instant elle déclenche une extase d’autant plus vibrante que les excès de cette nuit l’avaient plus longtemps retardée. Avidement mon amante but la chaude effusion dont je m’étais mouillée et je l’entendis peu après soupirer tendrement sous les caresses que je prodiguais à son minet.

Morte de lassitude, je m’endormis dans les bras de cette délicieuse amante. Au réveil, qui nous surprit ventre contre ventre, je tenais encore sa mignonne queue de clitoris dont j’avais dû, toute la nuit, jouer entre mes doigts.

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