Ô POÈME, Ô REFUGE…
À M la Comtesse
A. de Chabannes La Palice.
Ôpoème, ô refuge, ô bois silencieux
Dont j’entends aujourd’hui courir les mille sources,
Ta mouvante clarté seule est douce à mes yeux
Et ta mousse profonde offre seule à mes courses
Une ombre de douceur où tromper mon corps las ;
Et lorsque au vent du soir nous poursuivons nos pas,
Quand la vaine espérance est tremblante dans l’âme
Et que les yeux perdus nous regardons au loin,
Écho de notre appel, lueur de notre flamme,
Ô poème, c’est toi qui nous trompes le moins.