POUR PEU QU’APRÈS MA MORT…
À M la Comtesse Jean de Pange.
Pour peu qu’après ma mort on songe à mon destin,
On n’y trouvera pas de quoi tenter l’envie ;
J’aurai deviné plus qu’atteint
Ce qu’il faut conquérir pour une belle vie ;
J’aurai, sans être grand, mesuré la grandeur
Et su ce qu’est aimer alors que nul ne m’aime,
Et, n’ayant révélé mes secrets qu’à moi-même,
J’aurai dû parcourir comme un vain enchanteur
Cet univers aux mille routes,
Seul, toujours seul ; sans qu’on m’écoute.