‹ Les deux orphelinesChapitre 43 sur 65 · Chapitre 5

Chapitre 5

Où allait Picard en quittant, si fort en colère, la Salpêtrière ?
Depuis que M. de Linières avait été nommé aux fonctions élevées qu’il occupait, deux fois déjà Picard l’avait accompagné à la Bastille. Et, pendant que son maître causait avec le gouverneur, il s’était promené dans l’intérieur de la prison. Les guichetiers l’avaient piloté avec toute la déférence que l’on témoigne généralement aux domestiques des grands personnages…

Picard ne se doutait pas alors qu’un jour il aurait peut-être besoin de se rappeler par quels chemins on l’avait fait passer.

Il ne rêvait rien moins que faire imiter Latude par le chevalier. Mais il dut en rabattre en se rappelant qu’il n’avait que cinq jours devant lui.

— Cinq jours ! répétait-il en se promenant de long en large dans le bout extrême de la rue Saint-Antoine. Cinq jours !… Après quoi si nous n’avons pas réussi, Dieu sait ce qu’il en sera de nous !…

Le hasard vint au secours de Picard au moment où il s’y attendait le moins. Tout à coup, sa figure s’éclaira comme par enchantement. La vue d’un geôlier, Rumignac, avait opéré cette métamorphose.

Et c’est la bouche en cœur qu’il dit à celui-ci :

— Hé quoi !… Vous vous évadez comme ça par la poterne. Corne de biche, mon gaillard, vous avez de la chance, vous, de pouvoir venir prendre le grand air au-dehors, et j’en connais certains qui ne seraient pas fâchés d’en faire autant…

— Pardié, fit avec un gros rire Rumignac, quand ce ne serait que le numéro 215.

— Le numéro 215 !… Qu’est-ce que c’est que ça ?…

— C’est le seul nom de M. le chevalier de Vaudrey à cette heure ! répondit le geôlier ironiquement.

Picard parvint à rire. Puis, devenant familier :

— Ce pauvre chevalier, fit-il en haussant les épaules, il doit joliment se faire de la bile, là-dedans. Après tout… il n’a que ce qu’il mérite… Croyez-vous que son oncle, ce bon M. de Linières, n’a pas eu raison de le faire enfermer ?

— Il a donc commis quelque faute bien grave ? demanda le geôlier.

— Une faute horrible, épouvantable, mon cher monsieur Rumignac… il s’est permis de tomber amoureux fou…

— Et c’est pour cela qu’on l’a enfermé à la Bastille ? ne put s’empêcher de s’écrier le geôlier…

— Il a oublié que nousétions de haute noblesse, il s’est avisé d’aimer une fille du peuple, et il veut à toute force l’épouser…

Et, saisissant le bras de son interlocuteur, il l’agita comme s’il n’eût pas été maître d’une sainte colère :

— Épouser une donzelle sans nom, sans sou ni maille qui a su faire la sainte-Nitouche, sans doute, et qui a réussi à rendre ce pauvre chevalier fou, fou à lier.

Il s’animait à dessein, continuant avec un emportement habilement joué :

— Aujourd’hui, il est coffré à la Bastille. Eh bien ! qu’il y reste, qu’il y vieillisse comme Latude, qu’il y élève des araignées savantes comme Pélisson. Car son oncle est bien décidé à le laisser moisir dans sa cellule… et ce n’est pas moi qui demanderai sa grâce à son maître…

— Calmez-vous, mon brave, fit Rumignac ; c’est pas la peine de s’emporter comme ça contre un pauvre prisonnier qui est bien triste, bien affligé… au point que, si ça continue… il n’ira pas longtemps..

Picard se sentit devenir livide.

— Pas longtemps ? fit-il en s’efforçant de ne pas balbutier…

— Pardié, puisqu’il ne mange pas…

— Il… il ne…

— Non !… Depuis qu’il est ici, je remporte chaque jour sa pitance, sans qu’il y ait touché… et, cependant, je lui ai servi un menu de choix, car on l’a spécialement recommandé au gouverneur…

Picard avait dressé l’oreille. Ce qu’il apprenait de l’exception qu’on faisait en faveur du prisonnier, en ce qui concernait le menu, le rassurait, d’une part, sur les intentions de l’oncle, et, de l’autre, faisait entrevoir la possibilité de tenter la délivrance du neveu.

Ce n’était pas, pensait-il, le moment de laisser tomber la conversation, puisqu’il trouvait le geôlier disposé à bavarder. Aussi, revenant à une de ses précédentes répliques, il dit à brûle-pourpoint à Rumignac :

— Avec quelle adresse, avec quelle habileté, il a su s’évader, ce Latude… et quelle persévérance !

— Bah ! dit Rumignac, je connais un particulier qui a su se procurer la clef des champs sans y mettre autant d’années qu’il en a fallu à ce fameux Latude…

— Vraiment ! Et quel est cet homme habile ?

— Moi, monsieur Picard, dit avec fierté Rumignac.

— Vous !… Contez-moi donc ça !…

— J’y consens : mais pas ici.

Il avait tendu la main au valet.

— Moi, fit-il, je rentre chez moi : je vais voir la ménagère et embrasser les enfants, car je ne reprends mon service qu’à la nuit…

— Tiens, j’allais vous proposer de trinquer ensemble…

— À la santé du roi ? tout de même… Mais pas au cabaret, c’est compromettant… Aussi, monsieur Picard, je vous prierai d’accepter l’hospitalité d’un pauvre, mais brave homme.

— De grand cœur, monsieur Rumignac.

Les deux hommes traversèrent le chemin de ronde qui entourait la Bastille et arrivèrent à l’entrée de la rue Saint-Antoine devant une petite maison dont le geôlier ouvrit la porte basse.

Et, faisant passer son invité devant lui :

— C’est au rez-de-chaussée, tenez, à droite.

La femme Rumignac se présenta en ce moment sur le seuil et introduisit Picard dans la pièce enfumée qui servait de nid à la couvée d’enfants et de salle à manger.

Le repas du père – qu’on attendait – était déjà prêt sur la table, flanqué d’une bouteille à grosse panse.

— Asseyez-vous là, en face de moi, fit gaiement le geôlier, après avoir renvoyé la marmaille, et toi, femme, apporte un gobelet pour cet excellent M. Picard, le factotumde monseigneur le lieutenant de police.

Mme Rumignac salua très bas.

— Puis, continua le geôlier, tu pourras nous laisser, car j’ai besoin de causer avec mon ami Picard.

Les gobelets emplis, les deux hommes les vidèrent d’un trait. Rumignac commença, en reposant bruyamment le sien sur la table :

— Vous me demandiez donc, mon cher monsieur, de vous raconter comment j’ai fait…

— Pour vous évader de prison, enfin, comment vous vous y prendriez pour sortir de la Bastille si vous étiez enfermé.

— Moi ?… Mais comme je m’y suis pris autrefois pour m’évader de la forteresse dans laquelle ces diables d’Anglais m’avaient incarcéré. J’en suis sorti au grand jour et par la grande porte !…

— Vraiment ?

Cette fois, Picard ne dissimula pas sa surprise.

— Et l’on ne… vous a pas repris ? Vous êtes un homme admirable, monsieur Rumignac : ce que vous venez de me dire m’intrigue au plus haut point.

Le geôlier se rengorgea comme un paon. Picard, qui l’observait, jugea qu’il allait enfin se déboutonner.

— Eh bien ! voici la chose, dit Rumignac. Vous savez déjà que, fait prisonnier sur le champ de bataille où je venais de m’illustrer, je fus enfermé ?…

— Oui, dans une forteresse… comme la Bastille ?

— Encore plus imprenable !…

— Diable !… diable !…

— On faisait bonne garde à l’intérieur aussi bien qu’à l’extérieur… Donc, me voilà coffré !… Dès le lendemain, quelque chose fermentait là-dedans.

Il se frappa le front.

— C’était le génie, monsieur Rumignac !

— Oui, continua-t-il, je ruminais… J’avais remarqué que, le dimanche, le geôlier était pressé de s’en aller dès qu’il m’avait apporté ma soupe du soir…

— Ah !…

— Oui ! Là-bas ça se passait – j’ai su cela depuis – absolument comme à la Bastille… Les officiers jouaient aux dés… Et les soldats les imitaient.

— Les geôliers aussi, apparemment ?…

— Ça va sans dire… Pour lors, j’avais décidé de déguerpir un dimanche.

— Et vous vous y êtes pris ?…

— Primo, d’abord, fit le geôlier, figurez-vous que c’est vous qui êtes le prisonnier.

— Brr !… Brr !… tremblota le valet : ça m’en donne la chair de poule…

— Donc, vous êtes en prison, et vous possédez une grande tabatière, bourrée jusqu’au couvercle… Depuis longtemps, vous ruminez de vous évader… Vous n’attendez que le moment propice…

— Voilà ce qui est le plus difficile… savoir quel est le moment le plus propice…

— Puisque je vous ai dit que c’était le dimanche…

— Ah ! fit Picard, dont les yeux pétillèrent.

— Oui, le dimanche, chez nous, c’est le repos et le congé pour les officiers : il n’en reste qu’un pour toute la compagnie.

» Le gouverneur avait tous les officiers à dîner, et ils ne se seraient pas dérangés pour un empire…

» C’est comme ici, il vaudrait mieux choisir l’heure du dîner du gouverneur, parce que c’est aussi le moment où le guichetier apporte la nourriture aux prisonniers… »

— Parfait !

— J’avais donc décidé que, ce dimanche-là, je risquerais le coup. Depuis longtemps, j’écoutais pour voir si le geôlier n’arrivait pas… Alors, au bout d’un moment, j’ai entendu mon homme… Il s’arrête à la cellule qui précède la mienne…

— Bon ! le cœur vous battait bien fort, n’est-ce pas ?

— Je le laissais battre, mordieu !… J’avais bien autre chose à faire dans ce moment-là. Je me préparais…

— Comment ?…

— Figurez-vous, j’avais pris la précaution de vider le contenu de ma tabatière à même ma poche… Le geôlier arrivant, je pris à poignée le tabac… Le geôlier paraît… Il entre, et, comme il a les deux mains occupées, car dans l’une il tient l’écuelle à soupe et le pain, dans l’autre le gobelet et la cuiller, je profite de cela… Je lui lance une poignée de tabac dans les yeux !…

— Allez toujours, fit Picard.

— Il lâche tout et se roule par terre dans d’atroces douleurs… Je me jette sur lui… ensuite, comme il me fallait paralyser les mouvements du geôlier et surtout l’empêcher de crier…

— C’est ça qui devait être le plus difficile ?

— Allons donc ! pour un novice, peut-être, mais comme j’étais un malin, j’avais à l’avance fabriqué un bâillon et j’avais un mouchoir tout prêt…

— Comment !… Vous avez fait tout cela ?

— Parbleu ! et bien plus fort que ça… En effet, comme le geôlier ouvrait la bouche pour crier, je lui fourre le bâillon, le mouchoir par-dessus, un bon nœud par-derrière, et le voilà muet…

— Mais le geôlier avait les mains libres, dit Picard…

— Eh bien ! naïf que vous êtes, est-ce qu’on ne s’en servait pas pour se frotter les yeux qui cuisaient sous le feu du tabac…

— Admirable !… admirable !…

— Comme j’avais fait des bouts de corde avec mes draps, ma chemise, tout ce que j’avais pu trouver, je me mis à attacher les poignets du geôlier solidement !…

— Puis les jambes…

— Tout juste !… Et, lorsque je l’eus ficelé comme un saucisson, j’eus tout le temps de…

— Prendre le trousseau !

— Mais ce n’était pas tout d’avoir les clefs, mon bonhomme : pour sortir, il fallait autre chose…

— Quoi donc ? demanda le valet anxieux.

— Un déguisement, parbleu ! Sans cela, j’aurais été arrêté dès les premiers pas…

— Mais le déguisement, ça ne se fabrique pas comme cela.

— Ne l’avais-je pas sous la main ?

Picard s’était redressé et interrogeait du regard…

— La défroque du geôlier, pardié ! s’exclama Rumignac d’un ton triomphant. J’enfilai les habits de l’Anglais, qui étouffait de rage et un peu aussi par le bâillon, je mis son bonnet et ses ripatons à gros clous.

— Et vous avez filé !…

— Oui !… en homme prudent, par exemple, sans me presser. Pour plus de précautions, j’avais refermé la porte…

— Continuez, monsieur Rumignac, continuez, mon ami : jamais rien ne m’a autant intéressé.

» Donc, vous voici déguisé, costumé en geôlier… vous parcourez le couloir, vous arrivez à la porte… »

— Là se trouvaient les soldats.

— Bigre !…

— C’était le dimanche : ils se tenaient dans la pièce qui leur sert de corps de garde : ils jouaient aux dés !…

— Mais la sentinelle qui devait être à la porte…

— Les regardait jouer !… Oh ! c’est la même chose partout ! aussi bien à la Bastille qu’ailleurs…

— Alors, le soldat n’a pas fait attention à vous ?

— Puisque j’étais travesti en geôlier…

— Très juste : vous avez passé devant lui, fier comme Artaban. Enfin, je vous vois dans le corridor qui conduit à la cour… C’est le moment de l’émotion.

— Nom d’une pipe ! il ne fallait pas en avoir… car il y avait là les sentinelles de la cour qui se promenaient le fusil toujours chargé..

— Brr ! ne parlez pas de ça, monsieur Rumignac !

— Je marche droit à la poterne… je l’ouvre.

— Avec quelle clé ? demanda vivement Picard.

— Avec celle-ci…

Et le geôlier, choisissant une clef dans le trousseau, la présenta à Picard…

— Bon, suis-je assez bête, voilà que je vous indique celle de notre poterne, comme s’il s’agissait…

— De la Bastille !…

Picard regardait la clef avec la plus grande attention.

— Et maintenant, cher ami, vous voici aussi savant que moi !…

— C’est merveilleux…

— Mais tout ce bavardage m’a donné soif : nous allons en vider une…

— De derrière les fagots ?…

— Il n’y a pas de fagots dans ma cave, soupira le geôlier !… C’est toujours le même vin, de la piquette d’Auxerre, à ce que dit ce voleur de cabaretier…

— Et vous ne détestez pas une fine bouteille ? insinua le rusé valet…

— Oh ! que nenni !

— Eh bien ! mon camarade, je vous en apporterai une de chez…

Il approcha ses lèvres de l’oreille de son interlocuteur.

— De chez monseigneur ?…

— Oui, Rumignac : j’ai la confiance absolue du maître…

— Et la clef de sa cave ?

— Toutes les clefs, monsieur Rumignac…

— Heureux mortel !

— M. de Linières ? oui !… car jamais maître n’a été plus fidèlement servi que lui…

Picard avait retrouvé tout son calme.

Il continua, toujours sur le même ton hypocrite :

— Oui, Rumignac, mon ami, M. de Linières peut compter sur moi, sur mon dévouement et mon zèle, en toute circonstance…

— C’est bien, cela !

— C’est simplement juste, car, depuis trente ans que je suis à son service, il m’a traité comme un membre de sa noble famille.

— C’est extraordinaire !…

— Vous avez dit le mot… En outre, mon maître me demande quelquefois conseil, souvent même…

Rumignac ouvrit de grands yeux ébahis.

— Tenez, continua Picard, lorsqu’il s’est agi de faire enfermer le chevalier, M. de Linières répugnait à cette idée… C’est moi qui l’ai décidé à agir avec rigueur.

— Comment ! c’est vous ? hasarda le geôlier.

— J’ai été forcé, pour le décider, de faire pincer M. le chevalier en flagrant délit de tête-à-tête avec la coquette impudente.

— Pauvre jeune homme !

— Je vous conseille de le plaindre !… Quant à moi, je le laisserais…

— Mourir de faim ?

— Oh ! non ! pas tout à fait… Il faut même que nous trouvions moyen de le faire renoncer au jeûne qu’il s’impose… Il est le seul héritier de notre nom après tout… un grand nom, qu’il ne faut pas laisser éteindre…

Puis, changeant de ton :

— Vous dites donc qu’il refuse de goûter à l’ordinaire de la Bastille ?

— Et même à la cuisine de M. le gouverneur lui-même, qui a reçu l’ordre de le traiter avec douceur.

— Eh bien !… il me vient une idée… Je vous apporterai, pour ce maudit prisonnier, quelques bouteilles d’excellent vin de la cave de M. le lieutenant de police…

— Oh ! impossible… Je ne pourrais les lui donner…

— C’est juste… le devoir avant tout… j’apporterai les bouteilles et vous les garderez pour vous.

— Pour moi… mais je ne dois pas…

— Non, je veux dire : vous les garderez… chez vous… en dépôt ; ce vin sera ma propriété, puis, chaque fois que je viendrai voir mon ami Rumignac, nous boirons ensemble une bouteille de monexcellent vin…

— Ah ! comme cela, je ne dis pas non…

— Quant au prisonnier, l’important c’est de le décider à manger. Il demandera ensuite à boire, sans qu’on le lui offre.

— Mais le moyen !…

— M’y voici… Je suis, comme vous le pensez, bien initié aux goûts du prisonnier. Je connais certain pâté de cailles et d’alouettes dont il raffole ; j’en apporterai un et, avec l’autorisation de M. le lieutenant de police, bien entendu, vous donnerez ce pâté au prisonnier…

— C’est convenu…

— Il le refusera, naturellement, comme il refuse chaque jour ce que vous lui apportez… Alors, vous lui direz que cela vient de la part de… Laissez-moi le temps de réfléchir… Lorsque je vous apporterai notre vin… non, je veux dire mon… mon vin et le pâté du prisonnier, j’aurai trouvé le moyen de le lui faire accepter, et à nous deux nous aurons l’honneur de conserver à une illustre famille son dernier rejeton.

— Et vous êtes bien sûr qu’en agissant ainsi…

— Je suis sûr que vous vous attirerez les bonnes grâces de M. le lieutenant de police. Monseigneur ne veut pas avoir l’air de faiblir… C’est pour cela qu’il me charge d’agir. Il veut que le chevalier se soumette et non pas qu’il se laisse mourir de faim, et, comme vous aurez aidé à l’accomplissement des désirs de M. de comte, je puis vous assurer d’avance de sa haute protection…

En s’interrompant, persuadé que le dernier coup était porté, Picard se leva :

— Corne de bœuf, dit-il, déjà si tard ! J’oubliais que mon maître m’attend pour que je lui rende compte de l’état de son neveu et du résultat de ma démarche… Au revoir donc, monsieur Rumignac… à ce soir…

— Ce soir ?…

— Si j’ai le temps je passerai par ici… J’apporterai les bouteilles… et… le pâté !

— Mais avant huit heures alors… Parce qu’à huit heures et demie je reprends mon service.

— Donc, à huit heures !

Les deux hommes se serrèrent la main avec toute la cordialité que provoquent de nombreuses libations.

Et Picard se retira, en sautillant comme un homme enchanté de lui-même.

q

Page 1