Chapitre 8
Dès que l’agent de police Marest eut obtenu de sœur Geneviève l’autorisation d’aller donner acte de la sortie des prisonnières désignées pour la déportation, toutes les personnes présentes, religieuses, surveillantes, détenues, avaient entouré la pauvre Henriette, qu’on avait fait asseoir sur un banc. L’infortunée avait perdu connaissance : mais, grâce aux soins qu’on lui prodiguait, elle ouvrit bientôt les yeux et jeta un regard effaré sur les personnages qui s’empressaient auprès d’elle.
Au premier rang se trouvaient le docteur et Marianne.
Le docteur tenait une des mains d’Henriette, consultant le pouls.
— Ah ! s’écria-t-elle, je comprends, maintenant, que l’on veuille mourir ! dit-elle.
— Ne parlez pas ainsi !… fit Marianne. Souvenez-vous des paroles que vous m’adressiez à moi-même…
À son tour, le docteur intervint. Il dit à l’éprouvée :
— Si vous avez une famille, pensez à elle !
Henriette avait peu à peu retrouvé assez de force pour se redresser.
— Oh ! ce n’est pas pour moi que l’exil m’effraie, dit-elle…
Marianne crut devoir expliquer au docteur :
— Elle a une sœur dont elle était le seul appui !… une sœur aveugle !
Henriette tressaillit. Et, se levant, elle s’écria, en s’adressant au médecin :
— Je l’avais retrouvée, monsieur ! J’avais retrouvé cette sœur bien-aimée, lorsqu’ils m’ont arrêtée ! Elle mendiait en chantant… couverte de haillons ! Elle marchait, brisée par la fatigue et traînée par une horrible femme qui la martyrise, sans doute, qui la torture. Et ils m’ont empêchée de courir vers elle. Et je ne sais plus où elle est ! Je l’ai perdue de nouveau !… Et pour toujours, cette fois !… pour toujours !…
Les sanglots qui l’étouffaient éclatèrent, noyant les derniers mots qu’elle avait prononcés. Marianne s’était éloignée, appelée par une religieuse.
Ce fut le docteur qui essaya de consoler la jeune fille.
— Attendez donc, mon enfant… fit-il. Celle que vous pleurez… je crois l’avoir rencontrée. De beaux cheveux blonds et de grands yeux bleus, n’est-ce pas ?
— Oui ! c’est cela… fit Henriette, en relevant la tête.
— Et cette vieille femme qui l’accompagnait l’appelait… Je me souviens !… Elle l’appelait Louise !…
— Ah ! c’est elle !… c’est elle ! s’écria Henriette.
— Je connais même cette femme qui la conduisait, ajouta le médecin…
— Vous connaissez… cette femme ?
— Elle est venue vingt fois à mon hôpital… C’est la Frochard ! dit-il.
Marianne revenait en ce moment. Le nom de la Frochard frappa son oreille. Elle leva vivement la tête, comme si elle avait éprouvé un choc violent.
— Vous parlez de la Frochard… dit-elle : je la connais aussi, moi ! Mais ce nom de la Frochard me rappelle une chose horrible.
— Quoi donc ! firent en même temps Henriette et le docteur.
Marianne allait probablement raconter la scène qui s’était passée entre elle et les soldats qui l’emmenaient en prison, lorsqu’elle avait, de loin, reconnu Louise au bras de la Frochard, mais elle craignait de faire éprouver à Henriette une nouvelle émotion. Elle se contenta de répondre :
— Eh bien ! nous savons où elle est, votre sœur…
— Chez la Frochard, parbleu ! affirma le médecin.
— Au nom du ciel ! supplia Henriette, dites-moi où demeure cette femme.
— Elle habite une masure dans la rue de Lourcine ! dit Marianne.
— Alors, je vais retrouver ma Louise !… Je pourrai bientôt…
Elle s’interrompit en jetant un cri de désespoir.
— Ah !… je vais partir !… s’écria-t-elle en se tordant les bras. Je vais partir !
Marianne, d’une voix ferme, s’écria alors :
— Eh bien ! non, il ne faut pas que vous partiez !
Le docteur la regardait, étonné. Quant à Henriette, vaincue par la douleur, elle avait baissé les yeux, en murmurant avec désespoir :
— Il ne faut pas que je parte !… Hélas ! n’y suis-je pas condamnée ?
La parole expira sur ses lèvres. Un véhicule venait de s’arrêter à la grille. C’était la massive charrette attelée de vigoureux percherons.
Henriette avait tout vu.
— Regardez cette voiture, dit-elle tremblante… C’est elle qui va m’emmener !
Les sanglots lui coupaient la voix.
— Oh ! ma pauvre Louise !… ma pauvre Louise !
— Vous parliez de l’empêcher de partir ! dit tout bas le docteur à Marianne… Mais c’est impossible !
Marianne s’était rapprochée de lui et elle lui souffla ces mots :
— Docteur, ayez pitié d’elle…
— Parbleu !… j’ai le cœur bourrelé ! Mais que puis-je faire ?
— Consentez à m’aider.
— Mais par quel moyen ?…
· · ·
· · ·
Pendant que ce court dialogue s’échangeait à quelques pas d’Henriette, qui, vaincue par la douleur, s’était affaissée sur le banc, une scène des plus douloureuses avait lieu dans l’intérieur de la prison.
Marest, on s’en souvient, était allé opérer la levée d’écrou des détenues qu’il devait emmener avec lui dans une autre prison, où les condamnées à l’exil attendraient le jour de leur départ pour le port d’embarquement.
Lorsque l’agent de police parut à l’entrée des ateliers, il y eut, parmi toutes les prisonnières, un moment de silence lugubre. Chacune d’elles éprouva une émotion violente en voyant Marest consulter la liste.
Qui sait si leur nom n’allait pas être prononcé ?
Marest, cependant, garda le silence, se contentant de consulter le livre d’écrou et d’apposer sa signature, en marge, en regard du nom porté sur la liste.
C’est pendant que cette formalité s’accomplissait que sœur Geneviève, ne pouvant supporter le spectacle de la douleur d’Henriette, était venue rejoindre l’agent.
Allant successivement vers chacune de celles dont le nom figurait, elle le savait, sur la liste d’exil, sœur Geneviève imposait ses mains sur le front de la condamnée et la bénissait. La détenue savait ce que cela signifiait et se préparait à suivre l’agent.
Sœur Geneviève avait achevé cette tournée de charité et s’en revint, l’âme torturée, auprès de l’employé, qui achevait d’apposer les signatures sur le registre.
Marest s’inclina devant la supérieure.
Le moment approchait cependant où il devait faire partir le troupeau, malgré les lamentations et les cris.
— Madame la supérieure voudrait-elle m’autoriser, demanda-t-il, à faire mettre en rang toutes les détenues qui doivent me suivre.
La religieuse inclina la tête en signe d’assentiment.
Lorsque la bande fut en rang, Marest se plaça à leur tête et les conduisit ainsi dans la cour, les dirigeant vers la porte de sortie.
À quelque distance de la grille, il commanda la halte.
Alors, les détenues se placèrent sur une seule ligne.
Il s’agissait de faire reconnaître chacune d’elles par la supérieure et de s’assurer que c’était bien la détenue désignée sur la liste qu’il emmenait.
Sœur Geneviève, très troublée et le visage portant la trace des souffrances de l’âme, priait tout bas.
Que se passe-t-il, en ce moment, dans le cœur de Marianne ?
Cette malheureuse, qui venait d’obtenir sa grâce, s’apitoyait-elle simplement sur le sort de la détenue pour laquelle il n’y avait rien à espérer ? Non ! Une pensée sublime était venue à cette voleuse repentie.
Elle avait à peine une minute pour se décider et mettre à exécution son projet. Une minute pendant laquelle son regard alla chercher sur le visage désespéré d’Henriette le courage d’accomplir ce que lui dictait son cœur.
L’agent Marest s’était approché des détenues et avait prononcé ces mots, au milieu d’un profond silence :
— Il reste encore une prisonnière à emmener : Henriette Gérard !
Marianne s’avança.
— C’est moi, dit-elle.
Henriette avait entendu. Le docteur la retint par le bras, en lui murmurant à l’oreille :
— Taisez-vous !… Ne vous perdez pas.
Au surplus, Marianne, qui avait aperçu le mouvement fait par Henriette pour intervenir, demandait à Marest de l’autoriser à faire ses adieux aux détenues et aux surveillantes groupées au fond de la cour.
— Permettez-moi, monsieur, supplia-t-elle en indiquant Henriette, de dire un dernier adieu…
Elle fut interrompue par la jeune fille.
— Non ! dit-elle tout bas, ce que vous voulez faire est impossible. Je ne veux pas… je ne veux pas consentir !
Mais Marianne lui répondit d’une voix calme :
— Ce n’est pas vous que je sauve. C’est moi-même.
— Vous ?
— Si je reste en France, à ma sortie de cette maison… je reverrai Jacques et… cette fois, je serai perdue sans retour. Vous, au contraire, ajouta-t-elle, vous reverrez Louise, et vous serez sauvées toutes les deux !
— Louise ?
Le nom de l’aveugle, prononcé en ce moment, produisit l’effet qu’avait espéré Marianne. Celle-ci profita de l’émotion de la jeune fille pour lui glisser dans la main la lettre de grâce que le docteur lui avait remise.
— Prenez ceci, fit-elle. C’est le salut de Louise… de Louise qui vous attend !
Il se fit aussitôt un certain mouvement dans l’assistance. C’était la sœur Geneviève qui se dirigeait vers les détenues qui allaient partir. Le docteur comprit qu’elle allait à Henriette.
— Sœur Geneviève ! fit-il en regardant Marianne, comme pour lui dire que le sacrifice qu’elle avait voulu s’imposer ne s’accomplirait pas.
Marest était allé à la supérieure pour lui dire :
— Madame, veuillez vérifier cette liste avec moi, afin de déclarer et de signer ensuite que ce sont bien là toutes les détenues désignées pour l’exil.
— Tout est perdu ! dit le docteur à Marianne, qui serrait convulsivement la main d’Henriette.
L’appel commença :
— Françoise Morand !…
Sœur Geneviève, regardant la détenue qu’on nommait :
— Oui !… c’est elle !
— Jeanne Raymond !
— Oui !
Marest appela successivement les noms des autres détenues. Puis se tournant vers Marianne :
— Henriette Gérard !
Sans hésitation, Marianne s’avança.
Et, levant des yeux suppliants sur la supérieure :
— Me voici, ma mère ! dit-elle d’une voix tremblante.
— Vous ?
Sœur Geneviève allait protester. Le docteur s’élance et, lui montrant Henriette, implore du regard.
La religieuse troublée, émue, dirige, alternativement, ses yeux effarés sur Marianne, qui, les mains jointes, attend le verdict qui sera prononcé, et sur Henriette, demeurée immobile et comme pétrifiée.
Alors, Marianne tente un dernier effort :
— Ma mère, ma mère, ayez pitié ! s’écria-t-elle en se prosternant devant la supérieure. Bénissez-moi, ma mère, car ce départ purifie une coupable…
Et plus bas :
— Et il sauve une innocente !…
L’agent intervint :
— Eh bien ! ma sœur ?…
La sainte femme, qui n’avait jamais forfait à la vérité, qui considérait le mensonge comme un crime, sœur Geneviève étendit ses mains sur le front de Marianne. Et d’une voix ferme, elle répondit à l’agent :
— Oui !… c’est bien… Henriette Gérard !…
Un double cri s’échappa de la poitrine des deux détenues, dont l’une prenait la place de l’autre.
Mais déjà sœur Geneviève avait relevé Marianne et lui ouvrait ses bras. Elle pleurait, et son âme s’élevait vers Dieu pour lui demander pardon du pieux mensonge qu’elle venait de faire.
Marianne dut s’arracher à son étreinte, pour suivre l’agent. La malheureuse alla prendre sa place dans le rang des déportées.
La grille s’ouvrit et toutes ces exilées disparurent deux à deux. Alors, sœur Geneviève regarda le médecin qui soutenait Henriette. Et, les yeux pleins de larmes :
— Ah ! docteur ! dit-elle, mon premier mensonge !…
— Il vous sera compté là-haut, ma sœur, comme une œuvre de charité.
Lorsque Marianne eut disparu, il se fit un mouvement parmi les gens qui avaient assisté à cette lamentable scène.
Alors le docteur prit Henriette par la main et, la présentant à sœur Geneviève :
— Vous avez sauvé une innocente, dit-il ; à mon tour de sauver une pauvre victime !…
Henriette s’était agenouillée.
— Ma mère ! fit-elle, je prierai !… je prierai toute ma vie pour vous qui avez voulu que ma sœur me fût rendue, pour vous qui avez eu pitié des deux orphelines !…
· · ·
En sortant du cabinet de travail du lieutenant de police, où il venait de rendre compte à M. de Linières de la façon dont ses ordres avaient été exécutés, Marest se trouva nez à nez avec Picard !
À sa vue, le vieux domestique se composa un visage à l’expression indifférente et lui demanda :
— Quelle bonne nouvelle m’annoncez-vous, monsieur Marest ? Mon maître est-il un peu moins irrité ?
— Il a tout lieu d’être satisfait, je suppose… car le voilà débarrassé de quelqu’un qui le gênait, puisque…
Et, s’interrompant :
— Au fait, vous ne savez rien ! vous n’y étiez pas…
— Où ça ?
— À l’affaire du faubourg Saint-Honoré…
— Je sais, je sais, ricana Picard en haussant les épaules, on a arrêté… une fille…
— Fille tant que vous voudrez, mais, de ma vie, je n’avais assisté à pareille scène.
— Des pleurs… des cris… parbleu !… On connaît ça !…
— Pas du tout, vieux sceptique que vous êtes… C’étaient de vraies larmes et des cris de véritable désespoir. Je vous avouerai que moi et mes hommes nous étions remués : mais il fallait obéir… et, ma foi… Ce n’est pas moi qui l’ai conduite à la Salpêtrière : une fois l’arrestation opérée, l’officier et les exempts s’en sont chargés. Par exemple ! c’est votre serviteur qui vient de la parquer dans la charrette des femmes qu’on expédie à la Louisiane. Eh bien ! sachez que la demoiselle Henriette Gérard est recommandée d’une façon toute spéciale à la bienveillance du gouverneur…
» Elle sera, c’est le désir de monseigneur le lieutenant de police, traitée tout autrement que le commun des exilées. Qui sait même si elle ne s’y mariera pas ?… »
Picard perdait patience et, un peu plus, allait dire son fait à l’agent.
Il quitta Marest avec l’intention de se rendre auprès du comte de Linières. Mais quel prétexte prendrait-il pour pénétrer dans le cabinet sans y être appelé ?
Picard s’était planté contre la porte, lorsque celle-ci s’ouvrit pour livrer passage au lieutenant de police.
— Toi, ici ? fit le magistrat.
— Oui, monseigneur… J’attendais en prévision du cas où monseigneur aurait besoin de mes services.
M. de Linières était soucieux.
— Viens, dit-il après réflexion, en ouvrant au valet la porte du cabinet de travail. J’ai reçu de fâcheux rapports à propos du chevalier, commença-t-il. M. de Vaudrey, paraît-il, s’abandonne au désespoir, au point de refuser toute nourriture.
— Bah ! c’est qu’il n’a pas faim, dit Picard avec un cynisme affecté.
— Je ne voudrais pas que le chevalier… que mon neveu poussât les choses à l’extrême… d’ailleurs, le séjour de la Bastille doit lui paraître moins dur qu’il aurait pu l’être si je n’avais recommandé au gouverneur de traiter son prisonnier avec égards.
— Ah ! monseigneur a fait cela ?
— Oui !… répondit sèchement M. de Linières : j’espérais que, touché de ma générosité, Roger reviendrait à de meilleurs sentiments…
— Il y reviendra, monsieur le comte.
— J’ai chargé le gentilhomme qui commande la forteresse de conseiller à Roger de faire amende honorable… Le gouverneur l’a mandé auprès de lui… Le chevalier a décliné l’invitation…
— C’est extraordinaire…
— C’est surtout dangereux pour lui !… Aussi vais-je essayer une dernière fois…
Le vieux serviteur prit un air embarrassé… Il ouvrit la bouche, comme s’il eût voulu donner un avis, puis il se retint au moment de parler. Le comte s’en aperçut.
— Qu’en penses-tu, fit-il, que tu n’oses te risquer à dire ?
— Oh ! je ne me permettrai pas…
— Je t’y autorise… Parle !…
— Si monseigneur voulait écrire…
— Écrire au chevalier, moi ?
— D’un oncle à un neveu, ça se peut… insinua le rusé domestique.
— Oui, lorsque le neveu ne s’est pas mis en révolte contre le chef de sa famille.
— C’est juste !…
— Et je ne voudrais pas… avoir l’air de…
Se reprenant, avec un emportement comique :
— Non !… monsieur le comte, non, vous ne pouvez pas donner cette dernière preuve de votre grandeur d’âme : vous devriez laisser le coupable ronger son frein au fond de sa prison… à moins que vous ne preniez en considération le profond chagrin qu’en éprouve Mme la comtesse… car elle est sérieusement malade…
M. de Linières avait eu une crispation des lèvres, dont Picard ne voulut pas s’apercevoir. Il continua :
— Et, dans ce cas, monsieur le comte, il est certain qu’une lettre de vous aurait sur ce malheureux jeune homme une influence mille fois plus salutaire que…
— Soit, dit M. de Linières, j’écrirai une lettre.
— Et, si monseigneur le permet, je me chargerai de la porter moi-même. Je pourrai peut-être ajouter certaines choses que ne contiendra pas le billet de monsieur le comte et qui, j’ose le croire, décideront le chevalier à toutfaire pour sortir de prison.
— C’est bien, dit le comte, j’accepte ta proposition.
Picard eut un tressaillement de joie.
— Je serai aux ordres de monsieur le comte quand il jugera convenable de m’envoyer à la Bastille… comme négociateur…
Lorsque Picard eut refermé la porte, le comte de Linières laissa éclater sa colère.
— Oui, la comtesse de Linières est souffrante, se dit-il ; mais pourquoi sa faiblesse pour Roger l’a-t-elle entraînée loin de ses devoirs ; à quel sentiment a-t-elle obéi en se rendant auprès de cette fille que j’ai envoyée rejoindre ses pareilles à la Salpêtrière. Depuis, elle s’est renfermée dans le silence, un silence qui m’exaspère, qui fait naître en moi mille poignants soupçons. Et je n’ai pu lui arracher son secret !…
M. de Linières était arrivé progressivement au comble de l’exaspération. Debout, les lèvres frémissantes, il regardait la porte qui donnait sur le couloir conduisant à la chambre à coucher de la comtesse.
À ce moment, on frappa discrètement à cette porte. C’était la camériste de la comtesse qui venait annoncer que le docteur était auprès de la malade.
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