Chapitre 9 LA CORDE
Le geôlier Larchal gardait ce sourire flegmatique qu’il devait à sa mère belge ; mais ses petits yeux noirs, bordés de cils plantés droits dans une paupière un peu gonflée, eurent un rayonnement avide. Ses yeux étaient à son père, l’Auvergnat. Il est connu que le croisement des races produit de merveilleux résultats. Sur cent geôliers, vous n’en trouveriez pas deux réunissant cette épaisseur solide à cette vaillante âpreté. Larchal avait l’honneur d’être ce qu’on appelle un type.
– Eh ! eh ! dit-il avec une gaieté pesante, il y avait donc une affaire de cœur sous jeu, mon camarade ! Eh bien, je ne vous en veux pas pour ça, moi ! c’est de votre âge. Quand nous avions vingt ans, c’est le cas de dire… mais voilà si longtemps ? Y aurait-il quelque chose à faire dire à la personne après la cérémonie du Champ de Mars ?
Ses petits yeux noirs clignotaient horriblement sous ses paupières enflammées. Hector s’était relevé. Un calme extraordinaire avait succédé tout à coup à son élan. Il fixa son regard froid et perçant sur Larchal, qui baissa les yeux.
– M’avez-vous compris ? dit-il de ce ton péremptoire qu’on prend quand on a le droit de commander : je ne veux plus mourir.
Le geôlier croisa ses grosses mains derrière son dos.
– J’en ai vu plus d’un, grommela-t-il, qui avaient la même idée que vous : le moment est vilain à passer… Là ! là ! fit-il, voyant que les veines du front d’Hector se gonflaient ; je ne suis qu’un pauvre homme. Je viens vous demander tout uniment si vous avez quelque message à faire tenir, un testament, un adieu. Si vous n’avez rien, ne nous fâchons pas. Dans une heure, on va venir avec la camisole de force. Vous pouvez encore dormir un bon petit somme avec cela, c’est le cas de dire. Puis, vers l’aube, la toilette, l’aumônier et ce qui s’ensuit. A bientôt, mon jeune camarade !
Il fit un pas vers la porte.
– J’ai de l’argent, dit Hector.
Larchal s’arrêta comme malgré lui.
– Je me suis toujours douté de cela un petit peu, grommela-t-il.
Puis, tout haut :
– C’est le cas de dire comme du chien sur sa botte de paille : vous n’en pourrez point manger… combien avez-vous ?
– Vous le saurez si vous répondez à ma question : Pouvez-vous me faire évader ?
Larchal poussa un large éclat de rire.
– Comme il y va, le petit ! s’écria-t-il. Je suis ici pour empêcher les gens de s’évader, et non pas…
– Alors vous refusez ?
– Parbleu ! Ah çà, pour qui me prenez-vous, jeunesse ? J’ai donc l’air d’un homme qui fait des marchés comme ça ? Mettez vos lunettes ! La conscience vaut mieux que tout l’or du monde. A vous revoir !
Il ouvrit la porte du cachot et sortit précipitamment. Hector eut néanmoins le temps d’ajouter :
– Je vous préviens d’une chose : quand je ne serai plus là, vous démoliriez la prison pierre par pierre que vous ne trouveriez pas mon argent !
Il entendit le geôlier qui arpentait le corridor à pas précipités, mais il avait remarqué qu’un seul tour de clef avait été donné à la serrure. Nul bruit de verrou ne s’était fait. Il vint coller son oreille à la porte. Les pas s’éloignèrent d’abord rapidement, puis se rapprochèrent à petit bruit. Hector eut un sourire ; il retourna à sa paille. L’instant d’après, la porte se rouvrait.
– C’est le cas de dire, murmura Larchal en rentrant, vous êtes un drôle de corps, jeune homme. Quand on parle de ces choses-la, on n’a pas besoin de crier comme des sourds, n’est-ce pas vrai ? Combien avez-vous ?
– Allons-nous nous entendre ?
– C’est selon la somme. Je risque gros : Si le jeu n’en vaut pas la chandelle…
– J’ai cinquante louis écus, prononça Hector presque timidement.
Car la passion de vivre s’enracinait en lui. Larchal fit la grimace.
– Et j’ai une bague en diamant, ajouta le prisonnier, qui vaut plus du double.
– Peut-on la voir ?
– Non.
– L’argent n’a pas de marque, grommela Larchal ; mais une bague, à qui vendre cela ? Et puis ?
– C’est tout ce que j’ai.
– Absolument ?
– Absolument.
– Mille écus pour tout potage ! Ce n’est pas le Pérou ? On risque gros.
– Refusez-vous ? demanda Hector, qui fronça le sourcil.
– C’est le cas de dire : J’en ai bonne envie. Mais les appointements, n’est-ce pas vrai, y a-t-il de l’eau à boire ? Si vous voulez qu’on soit fidèle, donnez ce qu’il faut ! Je parle au gouvernement.
Il tira de sa poche une petite Bible protestante, huileuse comme un cuir à rasoirs.
– Si vous aviez plus, vous lâcheriez plus, n’est-ce pas vrai ? fit-il d’un ton aimable et insinuant : on n’est pas chien dans votre position.
– Je ne sais pas ce que je ferais si j’avais plus, repartit Hector que l’impatience gagnait ; je sais que je n’ai rien autre chose et je suis pressé. Décidez-vous.
– C’est le cas de dire : Dieu vous bénisse ! ça vous prend comme une envie d’éternuer. Je vas vous proposer une chose. Vous êtes un honnête homme et chrétien, n’est-ce pas vrai ? Jurez-moi que si vous avez de quoi, vous me donnerez trois autres mille francs.
– Je vous le jure ! s’empressa de dire Hector.
– Là-dessus ! fit Larchal en tendant sa petite Bible luisante.
Elle lui servait de portefeuille depuis quinze ans. Hector jura sur la petite Bible grasse. Ne vous étonnez pas de sa patience. Il avait de la joie plein le cœur. Larchal se gratta l’oreille, bien fâché d’avoir si peu demandé. Il ajouta :
– Avec les intérêts à six, du jour d’aujourd’hui, capitalisés tous les mois et portant intérêt à leur tour, c’est le cas de dire.
– C’est le cas de dire, interrompit Hector, que vous êtes un assommant coquin ! Sommes-nous d’accord, oui ou non ?
Larchal, ce Belge greffé sur auvergnat, avait la susceptibilité brabançonne, tempérée par la prudence qui fleurit sur les bords de l’Allier. Il eut envie de se fâcher. Il ne se fâcha point.
– Allez-vous me donner l’argent et la bague ? demanda-t-il.
– Quand vous les aurez gagnés, repartit Hector.
– Vous êtes défiant, jeune homme, c’est le cas de dire. Mais je suis au-dessus de tout cela, et ce que j’en fais, c’est pour épargner le sang, je le dis franchement. Mes principes n’admettent pas la peine de mort. Vous m’objecterez : pourquoi êtes-vous geôlier ? Je vas vous expliquer…
– Je n’objecte rien, interrompit Hector ; en besogne ?
Larchal le regarda avec étonnement.
– En besogne ! répéta-t-il ; c’est le cas de dire ! Croyez-vous que je vas vous emporter sur mes épaules ?
– Ne me donnerez-vous pas les moyens de fuir ?
– Il ne manquerait plus que cela ! Un bon conseil, je ne dis pas. Vous sciez un barreau.
– C’est fait.
Hector secoua la tête.
– Faut-il vous aider ? demanda ironiquement Larchal.
– Vous avez une corde dans votre poche, dit froidement Hector.
Larchal sourit.
– Et une bonne, c’est le cas de dire, prononça-t-il très bas, qui a déjà servi.
– Donnez !
– Donnez l’argent et la bague.
Hector hésita. Le temps pressait.
– L’argent et la bague, répondit-il, seront attachés au dernier nœud de la corde.
– Vous les avez donc sur vous ? conclut Larchal.
– C’est ce que vous ne saurez pas. Voyons la corde !
Larchal déboutonna son gilet ; il avait la corde enroulée autour du corps. C’était une fine et solide tresse de soie écrue qui avait dû servir déjà, en effet. Ce geôlier flamand, panaché d’Auvergnat, n’en était pas à son début. Il avait dû gagner de bonnes sommes à protester contre la peine de mort, qui ne cadrait pas avec ses principes. Hector examina la corde.
– Oh ! fit Larchal, c’est le cas de dire : ça en porterait bien une demi-douzaine comme vous.
– Est-ce assez long demanda le jeune prisonnier.
– Puisqu’on l’a faite exprès, répliqua Larchal.
Hector, qui le considérait attentivement, ne put lire ni encouragement ni menace sur ce visage tout rond à la bouche large et béante, surmontée d’un nez trop court que flanquaient deux yeux pleins de candeur. Hector dit :
– J’ai essayé de voir par ma fenêtre ; c’est impossible ; où tomberai-je ?
– Sur la petite marge du terre-plein, en dedans du fossé. Quand vous serez au bout de la corde, lâchez sans crainte : vous ne serez pas à plus de quatre pieds du sol, tout gazon, un vrai matelas, et n’essayez pas de me faire une farce avec la bague et l’argent. C’est le cas de dire : je vous revaudrais ça.
– Ce qui est promis est promis, répliqua Hector. Restez-vous ici ?
– Le plus souvent ! on n’aurait qu’à venir !
Il tira sa montre en se dirigeant vers la porte.
– Vous avez une heure, une heure dix même. Ne perdez pas de temps, et bonne chance !
– Dans une demi-heure, repartit Hector, vous pourrez remonter votre corde, le salaire sera au bout.
Larchal sortit et referma la porte à triple tour. Sa tête se pencha sur sa poitrine, pendant qu’il reprenait sa route le long des corridors.
– C’est le cas de le dire, grommelait-il d’un air soucieux ; je suis curieux de voir l’argent de ces Legagneur.
Il descendit un escalier d’une douzaine de marches et s’arrêta devant une porte basse qui était dans le mur au tournant de la cage.
– Tiens ! tiens ! encore de la lumière chez M. Gavaux !
Il frappa. On vint ouvrir. C’était une sorte de cellule où deux petites tables étaient installées derrière un grillage. Un vieillard à la tête branlante, au bon sourire triste et doux, était l’hôte de cette retraite. C’était le commis-greffier du conseil de guerre, Vieux soldat chargé de famille et à qui sa retraite ne suffisait pas.
– Vous veillez tard, ce soir, père Gavaux, dit le geôlier.
Le père Gavaux lui tendit toute ouverte sa vaste tabatière en cuir bouilli.
– Et vous ne faites pas votre ronde de bonne heure, vous, monsieur Larchal ! répondit-il.
– C’est le cas de le dire, répliqua le geôlier. Je n’ai plus de jambes en songeant à l’affaire de demain. Si jeune !
– Et si beau garçon ! enchérit M. Gavaux. Eh bien ! monsieur Larchal, reprit-il en cassant ses reins à angle droit pour se remettre en marche et gagner sa place derrière le grillage, ça me fait plaisir de voir que vous avez bon cœur. Je vas vous mettre du baume dans le sang. Le président du conseil de guerre a reçu un pli de Paris, ce soir, et je suis consigné en attendant ses ordres.
– Est-ce qu’on penserait ?… commença Larchal en pâlissant.
– On est à peu près sûr que la grâce est arrivée. Mais qu’avez-vous donc, monsieur Larchal ? vous tremblez !
– Monsieur Gavaux, c’est l’émotion ! Je ne suis pas riche, mais j’aurais donné de bon cœur…
– Allons ! allons ! fit le vieux soldat, vous êtes un brave homme.
Larchal était de nouveau dans l’escalier. Sa face ordinairement rougeaude avait des tons verdâtres. Il fit un pas pour remonter, puis il s’arrêta. A deux ou trois reprises, sa main glacée essuya son front, ruisselant de sueur.
– Cinquante pieds de hauteur ! prononça-t-il en une sorte de gémissement.
Puis il ajouta ?
– Si c’était vraiment sa grâce.
Cet homme subissait un terrible combat. Mais il ne bougeait pas. Voici pourquoi.
– Je ne lâche pas les Legagneur, conclut-il en tirant de sa poitrine un large soupir, à moins de cinq cents livres de rentes, et ce ne sera pas payé !
Il continua de descendre. Ses yeux étaient troublés. Il cherchait son chemin dans les couloirs qu’il traversait plusieurs fois par jour. Il était comme ivre. Ces scélérats qui ont encore une conscience sont bien plus coupables que les autres. Larchal rentra chez lui et se coucha tout habillé. Il tenait sa montre à la main. Il n’avait pas éteint sa lanterne.
Hector était à la besogne. Et Dieu sait qu’il n’y allait pas mollement ! Toute son énergie avait ressuscité en lui après ce long sommeil. Il se sentait de force à soulever des montagnes. Tout de suite après le départ de Larchal, il avait sauté sur son escabelle et arraché le barreau scié qu’il avait posé en travers, entre les deux autres, et il y avait noué sa corde. C’était simple, c’était solide. Il grimpa sur l’appui. Souple comme il l’était, il se coula entre les deux barreaux. Pour la première fois, son regard put interroger le vide au-dessous de sa fenêtre.
La lune se couchait derrière le château. Ses rayons éclairaient encore les toitures des maisons de Sedan, mais toute la partie sud-est de la vieille forteresse était dans l’ombre. Les derniers reflets de la lune rendaient plus opaque l’obscurité environnante. C’était une excellente nuit pour s’évader. Mais c’était par conséquent une nuit qui ne laissait rien deviner de ses mystères. Hector eut beau regarder de tous ses yeux, il ne put reconnaître à quel point des douves correspondait la fenêtre de son cachot.
Il entendait les pas de trois sentinelles : une sur la courtine, deux sur le rempart. Il ne les voyait point.
Le château de Sedan, bâti sur roc du côté de la ville, a des plans très inégaux à sa base. Entre la courtine et le rempart, le lieu nommé Pertuis, où l’eau des douves extérieures pénètre à travers une grille de fer en cas de besoin est creusé à une profondeur considérable.
Hector dépensa toute une minute en efforts inutiles pour s’orienter ; une autre minute fut employée à résoudre cette question ! comment sortir de l’enceinte une fois au bas des murailles du château ? – A la grâce de Dieu !
Au moment où il allait se suspendre à sa corde, ses yeux, habitués graduellement à l’obscurité, distinguèrent les deux sentinelles du rempart. Elles poursuivaient tranquillement leur promenade limitée.
Hector était vêtu de sombre ; c’était le bruit seul qui pouvait le trahir. Or, il paraît que, malgré ses précautions, il avait fait quelque bruit, car, à peine fut-il en dehors de sa fenêtre, qu’il vit une silhouette se dessiner sur le parapet de la courtine. C’était la sentinelle qui se pencha sur l’appui de pierre et interrogea du regard les ouvrages environnants. Hector retint son souffle. Il se soutenait à la force des bras et n’osait faire un mouvement pour prendre ses jambes dans la corde, selon les règles de l’art gymnastique. La corde n’avait point de nœuds. Elle était franche et très mince. Ce fut un rude début.
La sentinelle fut plus de trois minutes à son balcon. Hector sentait déjà ses tempes battre et ses oreilles tinter. Dans tout effort ce qu’il y a de plus terrible, c’est l’immobilité.
Enfin le soldat reprit sa promenade. Hector poussa un grand soupir et entortilla ses jambes dans la corde, qui lui fit aussitôt un point d’appui. Il était rompu à tous les exercices du corps. Il commença à descendre lentement.
L’étage où était située sa prison faisait saillie circulaire, supportée par des corbeaux pleins. Au bout de quelques pieds, il arriva dans le vide et le vent le prit. Il faut avoir tenté ces périlleuses entreprises pour savoir ce qu’un coup de vent, je ne parle ni d’ouragan ni de tempêté, je parle du souffle, de cinq ou six jours sur dix dans nos hivers, pour savoir, dis-je, ce qu’un souffle de vent peut ajouter d’atroces angoisses au danger. Une fois que la corde est prise par le vent, aucun effort ne peut modifier ses oscillations. Pour l’arrêter il faut un obstacle extérieur, c’est-à-dire un choc, c’est-à-dire un bruit, et le bruit, c’est la mort.
A vingt pieds au-dessous des corbeaux, Hector, balancé comme un ballot que descend la poulie, vint frapper le mur. Il se fit inerte pour amortir le son. Et il se laissa filer.
Au troisième ou quatrième choc, ce n’était plus la pierre lisse de la muraille ; sa hanche se meurtrit contre les aspérités d’une roche, et le flanc de la forteresse commença de se renfler sous lui. Les balancements cessèrent.
Sur le rempart, à demi-voix, les deux sentinelles disaient :
– Ohé ! Baptiste ! As-tu entendu ?
– Entendu quoi ?
– Je ne sais pas, moi. C’était comme qui dirait un grattement.
– Ca grogne toujours les vieilles murailles. C’est pour ce matin, le maréchal des logis de chasseurs.
– Pauvre diable ! Paraît que son compte est réglé.
– Voilà déjà les bourgeois de Sedan qui vont retenir leurs places.
Hector s’était arrêté un instant pour reprendre haleine et pour écouter. Quand il se laissa couler de nouveau, la corde tombait comme un fil à plomb le long du roc taillé. De temps en temps, il essayait de voir au-dessous de lui, mais c’était uniformément un vide sombre, côtoyé par le roc à pic. Les ténèbres étaient du reste, de plus en plus profondes à mesure qu’il s’enfonçait davantage. Les sentinelles du rempart étaient maintenant au-dessus de lui.
Tout à coup la corde manqua entre ses jambes. Il arrivait au bout. Sa première idée fut de prendre son aplomb et de se laisser tomber. Il était venu pour cela.
Un dernier regard jeté vers le sol inférieur lui montra comme un bourrelet solide. C’était sans doute la marge de gazon que Larchal lui avait annoncée. Il n’y avait pas à hésiter. Hector donna son âme à Dieu et se laissa couler jusqu’au bout de la corde, pour diminuer d’autant la hauteur du saut.
Il calculait que la corde pouvait avoir encore un pied sous sa main, lorsqu’un des boutons de son veston se prit dans une aspérité du roc et sauta. Instinctivement Hector serra la corde et s’arrêta pour écouter. Le bouton toucha le bourrelet qui était au-dessous de lui, rebondit sourdement et donna un petit choc sec à quelques pieds au-dessous. Puis, à un long intervalle, il frappa deux ou trois fois la roche. La sueur inonda les tempes d’Hector.
Puis le bouton, à un intervalle plus long encore, tomba dans l’eau en rendant un petit bruit profond.
Il avait mis près d’une seconde à tomber. Il y avait sous les pieds d’Hector un précipice de plus de cinquante pieds.
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