‹ Les femmes et les livresChapitre 10 sur 15 · XIV (1644-1670)[175].

XIV (1644-1670)[175].

[175] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 409.

Dans ses _Mémoires_[176], Mme de la Fayette nous parle en détail du charme et de toutes les qualités d'esprit de cette princesse, et trace d'elle ce joli portrait:

«Le changement funeste de cette maison royale (d'Angleterre) fut favorable en quelque chose à la princesse d'Angleterre. Elle étoit encore entre les bras de sa nourrice, et fut la seule de tous les enfants de la reine sa mère qui se trouva auprès d'elle pendant sa disgrâce. Cette reine s'appliquoit tout entière au soin de son éducation, et, le malheur de ses affaires la faisant plutôt vivre en personne privée qu'en souveraine, cette jeune princesse prit toutes les lumières, toute la civilité et toute l'humanité des conditions ordinaires, et conserva dans son cœur et dans sa personne toutes les grandeurs de sa naissance royale.

«...La princesse d'Angleterre possédoit au souverain degré le don de plaire et ce qu'on appelle grâces; les charmes étoient répandus en toute sa personne, dans ses actions et dans son esprit; et jamais princesse n'a été si également capable de se faire aimer des hommes et adorer des femmes.»

[176] Deuxième partie, p. 25-26 (Paris, Jouaust, 1890).

Mlle DE LA VALLIÈRE (1644-1710) eut toujours aussi le goût des livres et des choses de l'esprit. Retirée au couvent des Carmélites du faubourg Saint-Jacques, elle a laissé des _Lettres_ et des _Réflexions sur la miséricorde de Dieu_, qui ont été souvent réimprimées[177].

[177] Cf. Ludovic LALANNE, _Dictionnaire historique de la France_.

La DUCHESSE DE BOUILLON (1646-1714), amie et protectrice de La Fontaine[178].

[178] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 411.

Dans une lettre datée de Paris, novembre 1687, La Fontaine[179] constate que la duchesse se plaît avec «toutes sortes de livres, pourvu qu'ils soient bons», et, sur le point de terminer sa lettre par un éloge de Mme Mazarin, qui ferait suite ou pendant à l'éloge de Mme de Bouillon, il se ravise et conclut par ce quatrain:

L'or se peut partager, mais non pas la louange. Le plus grand orateur, quand ce seroit un ange, Ne contenteroit pas, en semblables desseins, Deux belles, deux héros, deux auteurs, ni deux saints.

[179] _OEuvres_, t. IX, p. 390 et suiv. (édition des Grands Écrivains).

La MARQUISE DE LOUVOIS (1646-1715), Anne de Souvré, femme du ministre secrétaire d'État[180].

[180] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 412;--et Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 179.

La PRINCESSE DE SOUBISE, Anne de Rohan-Chabot (1648-1709)[181], maîtresse de Louis XIV, femme vénale et sans scrupules, dont Mme de Caylus, dans ses _Souvenirs_, et Saint-Simon, dans ses _Mémoires_, parlent en termes sévères:

«Mme de Soubise étoit trop solide pour s'arrêter à des délicatesses de sentiment, que la force de son esprit ou la froideur de son tempérament lui faisoit regarder comme des foiblesses honteuses. Uniquement occupée des intérêts et de la grandeur de sa maison, tout ce qui ne s'opposoit pas à ses vues lui étoit indifférent... Pour dire la vérité, je crois que Mme de Soubise et Mme de Montespan n'aimoient guère plus le roi l'une que l'autre. Toutes deux avoient de l'ambition; la première pour sa famille, la seconde pour elle-même. Mme de Soubise vouloit élever sa maison et l'enrichir; Mme de Montespan vouloit gouverner et faire sentir son autorité[182].»

[181] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 413.

[182] Mme DE CAYLUS, _Souvenirs_, p. 88-89 (édition Jannet-Picard).

Et Saint-Simon[183]:

«Elle (Mme de Soubise) avoit passé sa vie dans le régime le plus austère pour conserver l'éclat et la fraîcheur de son teint. Du veau et des poulets ou des poulardes rôties ou bouillies, des salades, des fruits, quelque laitage, furent sa nourriture constante, qu'elle n'abandonna jamais, sans aucun autre mélange, avec de l'eau quelquefois rougie, et jamais elle ne fut ........ comme les autres femmes, de peur de s'échauffer les reins et de se rougir le nez. Elle avoit eu beaucoup d'enfants, dont quelques-uns étoient morts des écrouelles... Elle mourut à soixante et un an, le dimanche matin, 3 février, laissant la maison de la cour la plus riche et la plus grandement établie, ouvrage dû tout entier à sa beauté et à l'usage qu'elle en avoit su tirer.»

[183] _Mémoires_, t. IV, p. 294-295.

ANNE DE BAVIÈRE, PRINCESSE DE CONDÉ, fille d'Édouard de Bavière et d'Anne de Gonzague-Clèves (1648-1723)[184].

[184] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. I, p. 307.

Son mari, fils du Grand Condé, était un homme singulier et terrible, une espèce de fou, dont Saint-Simon décrit longuement et magnifiquement toutes les bizarreries de caractère et les méchancetés:

«Fils dénaturé, cruel père, mari terrible, maître détestable, pernicieux voisin, sans amitié, sans amis, incapable d'en avoir, jaloux, soupçonneux, inquiet sans aucun relâche, plein de manèges et d'artifices à découvrir et à scruter tout..., colère et d'un emportement à se porter aux derniers excès même sur des bagatelles, difficile en tout à l'excès, jamais d'accord avec lui-même...[185]»

[185] _Mémoires_, t. IV, p. 342.

Sa femme, «Mme la Princesse, étoit sa continuelle victime. Elle étoit également laide, vertueuse et sotte; elle étoit un peu bossue, et avec cela un gousset fin qui se faisoit suivre à la piste, même de loin. Toutes ces choses n'empêchèrent pas M. le Prince d'en être jaloux jusqu'à la fureur, et jusqu'à sa mort. La piété, l'attention infatigable de Mme la Princesse, sa douceur, sa soumission de novice, ne la purent garantir ni des injures fréquentes ni des coups de pied et de poing qui n'étoient pas rares...[186]»

[186] SAINT-SIMON, _ouvrage cité_, t. IV, p. 344.

«Elle étoit laide, bossue, un peu tortue et sans esprit, nous dit ailleurs Saint-Simon[187], mais douée de beaucoup de vertu, de piété, de douceur et de patience, dont elle eut à faire un pénible et continuel usage tant que son mariage dura, qui fut plus de quarante-cinq ans.»

[187] _Ouvrage cité_, t. XIII, p. 21.

MARIE D'ASPREMONT (1651-1692)[188], qui, à l'âge de treize ans, épousa presque clandestinement le duc de Lorraine Charles IV, alors dans sa soixante-deuxième année, et fameux par tant de surprenantes et folles aventures, «la figure la plus étrange de l'histoire de Lorraine, et peut-être de l'histoire générale de l'Europe», a-t-on très justement dit de ce souverain[189].

[188] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. I, p. 34.

[189] Ernest MOURIN, _Récits lorrains_, Histoire des ducs de Lorraine et de Bar, p. 219 et 283 (Paris, Berger-Levrault, 1895);--cf. Marquis DE BEAUVEAU, _Mémoires pour servir à l'histoire de Charles IV, duc de Lorraine_, p. 267 et suiv. (Cologne, Pierre Marteau, 1690).

Mme DACIER (1651-1720), fille du savant philologue Tanneguy Lefebvre ou Lefèvre, mariée à un philologue non moins érudit, André Dacier, et elle-même très érudite philologue, a rendu de grands services aux lettres par ses éditions et traductions des auteurs anciens; malheureusement, son esprit critique et son goût furent loin d'être à la hauteur de sa science. «Son livre _De la corruption du goût_, écrit contre La Motte à propos de son imitation en vers de l'_Iliade_ et de son _Discours sur Homère_, est un modèle de mauvais style..., et d'inintelligence des questions qui se présentent,» remarque B. Jullien, dans ses _Thèses de critique_[190]; et Sainte-Beuve a de même, à plusieurs reprises, reproché à Mme Dacier ses erreurs de jugement et de goût[191]. Avant eux, La Harpe s'est aussi montré très dur pour «cette madame Dacier, à qui Dieu fasse paix, mais à qui les amateurs des anciens et d'Homère ne pardonneront jamais sa malheureuse érudition[192]». Etc.

[190] Page 40 (Paris, Hachette, 1858).

[191] Cf. _Causeries du lundi_, t. IV, p. 139; t. XII, p. 80; et _passim_. Dans son _Étude sur Virgile_, p. 303, Sainte-Beuve dit encore: «Mme Dacier, à qui l'on devait la meilleure traduction d'Homère en français, celle qui permettait le mieux d'en juger approximativement, resta marquée d'une légère teinte de ridicule;» etc.--Voir aussi, sur Mme Dacier, son pédantisme et son acrimonie, VOLTAIRE, _Dictionnaire philosophique_, article Épopée, De l'Iliade (t. I, p. 347; édition du journal _le Siècle_);--et LA HARPE, _Lycée ou Cours de littérature_, t. I, p. 67 (Paris, Verdière, 1817). «Il ne nous est rien resté, écrit ce dernier, des invectives que Zoïle vomissait contre Homère; mais elles ne pouvaient guère être plus grossières que celles dont Mme Dacier accable La Motte. On est d'autant plus révolté qu'une femme écrive d'un ton si peu décent, que celui de son adversaire est un exemple de modération et de politesse.» Etc. Qui croirait, après cela, que la bouillante helléniste avait pris pour devise ce vers de Sophocle: «Le silence est l'ornement des femmes»?

[192] _Ouvrage cité_, t. III, 2e partie, p. 372.

La savante traductrice d'Homère, «pensant avoir trouvé dans les auteurs grecs toutes les indications les plus précises sur la cuisine de l'antiquité, eut l'idée de convier un jour la plupart de ses amis à un repas qu'elle prépara elle-même d'après les formules anciennes. Faisant contre mauvaise chère bonne contenance, après s'être efforcés de simuler une certaine satisfaction de la façon dont ils avaient été servis, les convives eurent tous bientôt la conviction d'être empoisonnés. Et l'histoire du festin grec de Mme Dacier est restée légendaire[193].»

[193] Eugène MULLER, _Voyages à travers l'histoire et le langage_, p. 121 (Paris, Delagrave, 1889).

La PRINCESSE PALATINE, Charlotte-Élisabeth de Bavière (1652-1722), femme de Philippe Ier, duc d'Orléans (Monsieur), frère de Louis XIV, devenu veuf en 1670 par la mort d'Henriette d'Angleterre[194].

[194] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. I, p. 349.

C'est elle qui fut la mère du Régent. On connaît sa très curieuse et très libre correspondance, qui a été en partie traduite--car Madame sut toujours fort mal le français et employait de préférence sa langue maternelle--par l'érudit bibliographe Gustave Brunet (Paris, Charpentier, 1869; 2 vol.), et par Ernest Jaeglé (Paris, Quantin, 1880; 2 vol.).

Saint-Simon a tracé d'elle plusieurs portraits; en voici un:

«Madame tenoit en tout beaucoup plus de l'homme que de la femme. Elle étoit forte, courageuse, Allemande au dernier point, franche, droite, bonne et bienfaisante, noble et grande en toutes ses manières, et petite au dernier point sur tout ce qui regardoit ce qui lui étoit dû. Elle étoit sauvage, toujours enfermée à écrire, hors les courts temps de cour chez elle; du reste, seule avec ses dames; dure, rude, se prenant aisément d'aversion, et redoutable par les sorties qu'elle faisoit quelquefois, et sur quiconque; nulle complaisance, nul tour dans l'esprit, quoiqu'elle ne manquât pas d'esprit...[195]»

[195] SAINT-SIMON, _ouvrage cité_, t. XIII, p. 16. Voir aussi la silhouette tracée dans le tome VII, p. 363: «Madame était une princesse de l'ancien temps, attachée à l'honneur, à la vertu, au rang, à la grandeur, inexorable sur les bienséances.» Etc.

Elle-même, avec sa courageuse franchise, s'est dépeinte en ces termes:

«Je dois être fort laide; je n'ai aucuns traits, de petits yeux, un nez court et gros, les lèvres longues et plates; tout cela ne peut former une jolie figure; j'ai de grandes joues pendantes et une longue figure; je suis très petite, grosse et épaisse, le corps et les jambes courtes; en somme, je dois être une vilaine petite laideron. Si je n'avais un assez bon caractère, personne n'aurait pu me souffrir. Pour voir si j'ai de l'esprit dans les yeux, il faudrait qu'on les regardât avec un microscope ou tout au moins avec une lorgnette, ou plutôt il faudrait être sorcier pour le deviner[196].»

[196] _Correspondance de Mme la duchesse d'Orléans, princesse Palatine_, 9 août 1718, t. I, p. 442-443 (édition Gustave Brunet).

Elle était très peinée d'être femme: «J'aurais bien voulu être un garçon[197].»

[197] _Ouvrage cité_, 18 août 1718, t. I, p. 445.

La princesse Palatine avait l'habitude de lire chaque jour plusieurs pages de la Bible, et elle revient souvent, dans sa correspondance, sur cette lecture:

«Je ne manque jamais de lire la Bible; hier je lus les psaumes 54 et 55, les chapitres 14 et 15 de saint Matthieu, et 3 et 4 de saint Jean. Ce matin, je n'ai pu rien lire, car nous avons été à la chasse du cerf[198].»

[198] _Ouvrage cité_, 18 avril 1705, t. I, p. 78, et _passim_.

Voici, pour égayer quelque peu mon sujet, une plaisante anecdote contée par la princesse Palatine, dans une de ses lettres, si abondamment assaisonnées de gros sel, et qui rappellent à la fois Tallemant des Réaux, Gui Patin et Rabelais.

Le héros est le fils du chevalier de Lorraine, un écolier de douze ans, écolier terrible, faisant le désespoir des bons Pères, et qui, toute la nuit, se promenait dans le collège, au lieu de dormir dans sa chambre.

«Les Pères, écrit la princesse[199], le menacèrent, s'il n'y restait pas la nuit, de le fouetter d'importance. Le gamin s'en va chez un peintre et le prie de lui peindre deux saints sur les deux fesses, à savoir saint Ignace à droite, saint François-Xavier à gauche; ce que fait le peintre. L'autre remet bonnement ses hauts-de-chausse, s'en revient au collège, et commence cent méchantes affaires. Les Pères l'appréhendent au corps et disent:

«Pour cette fois-ci vous aurez le fouet.»

«Le gamin se débat et supplie; mais ils lui répondent que les supplications n'y feront rien. Alors l'écolier se jette à genoux et s'écrie:

«O saint Ignace! ô saint Xavier! ayez pitié de moi et faites quelque miracle en ma faveur pour montrer mon innocence!»

«Là-dessus, les Pères lui descendent la culotte, et, comme ils lui lèvent la chemise pour le fesser, le gamin dit:

«Je prie avec tant de ferveur que je suis sûr que mon invocation aura effet!»

«Quand les Pères aperçoivent les deux saints, ils s'écrient:

«Miracle! celui que nous croyions un fripon est un saint!»

«Et ils se jettent à genoux, et ils impriment des baisers sur le postérieur, et ils réunissent tous les élèves...»

[199] _Correspondance de Madame, duchesse d'Orléans_, édition Ernest Jaeglé; dans la _Revue bleue_, 17 avril 1880, p. 1000.

La DUCHESSE DE NOAILLES, Marie-Françoise de Bournonville (1654?-1748).

«Femme d'un esprit supérieur», dit d'elle Ludovic Lalanne. Elle donna le jour à vingt et un enfants, et mourut à quatre-vingt-quatorze ans[200].

[200] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 190;--et Ludovic LALANNE, _Dictionnaire historique de la France_, article Noailles (Anne, comte puis premier duc de).

La DUCHESSE DE LESDIGUIÈRES, Paule-Françoise Marguerite de Gondi de Retz (1655-1716)[201].

[201] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. I, p. 361.

Elle est surtout connue par son intimité avec l'archevêque de Paris François de Harlay, qui la voyait «tous les jours de sa vie, ou chez elle ou à Conflans, dont il avoit fait un jardin délicieux, et qu'il tenoit si propre, qu'à mesure qu'ils s'y promenoient tous deux, des jardiniers les suivoient à distance pour effacer leurs pas avec des râteaux... La duchesse de Lesdiguières n'y couchoit jamais (à Conflans), mais elle y alloit toutes les après-dînées, et toujours tous deux tout seuls. Le 6 août (1695), il (l'archevêque) passa la matinée à son ordinaire jusqu'au dîner. Son maître d'hôtel vint l'avertir qu'il étoit servi. Il le trouva dans son cabinet, assis sur un canapé et renversé; il étoit mort[202].»

[202] SAINT-SIMON, _ouvrage cité_, t. I, p. 180.

La duchesse de Lesdiguières avait rassemblé une belle bibliothèque dans son hôtel de la rue de la Cerisaie.

ÉLÉONORE-MAGDELEINE-THÉRÈSE, fille de Philippe-Guillaume, comte palatin DE NEUBOURG, femme de Léopold Ier, empereur d'Allemagne (1655?-1720)[203].

[203] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 122.

La MARQUISE DE CHAMILLART, Isabelle-Thérèse Le Rebours, femme du secrétaire d'État et ministre de Louis XIV (1657-1731).

Dans son domaine de l'Étang-la-Ville, la marquise de Chamillart avait rassemblé une bibliothèque fort remarquable[204].

[204] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 143-144.

Elle était très liée avec Mme de Maintenon, «dont elle subissait l'influence et qui lui avait inculqué ses habitudes de piété froide et de sévère étiquette».

Elle aimait la simplicité, et ce goût se remarque dans les livres qui «sont jansénistes, et ne portent ordinairement pour toute décoration extérieure que son chiffre: deux C entrelacés, frappés en or aux quatre coins des plats. Les armes sont dans la doublure encadrée dans une simple roulette, à laquelle elle a laissé son nom[205].»

[205] Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. I, p. 6 et 372-373.

Les filles de Mme de Chamillard:

1º CATHERINE-ANGÉLIQUE, femme du marquis DE DREUX-BREZÉ (1683?-1739).

2º MARIE-THÉRÈSE, femme du duc DE LA FEUILLADE, maréchal de France (1684-1725?).

3º ÉLISABETH-GENEVIÈVE, femme du duc DE DURFORT DE LORGES (1685-1714)[206].

[206] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. II, p. 428. Cette troisième fille de Mme de Chamillard porte les prénoms de Geneviève-Thérèse dans Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 153.

Saint-Simon, dont cette dernière, la duchesse de Lorges, était la belle-sœur, a tracé d'elle un vivant, et vigoureux, et superbe portrait, où nous voyons que cette grande dame était sans doute encore plus passionnée pour le jeu que pour les riches reliures:

«La duchesse de Lorges, troisième fille de Chamillard, mourut à Paris, en couche de son second fils, le dernier mai (1714), jour de la Fête-Dieu, dans sa vingt-huitième année. C'étoit une grande créature, très bien faite, d'un visage agréable, avec de l'esprit et un naturel si simple, si vrai, si surnageant à tout, qu'il en étoit ravissant; la meilleure femme du monde et la plus folle de tout plaisir, surtout du gros jeu. Elle n'avoit quoi que ce soit des sottises de gloire et d'importance des enfants des ministres; mais tout le reste elle le possédoit en plein. Gâtée dès sa première jeunesse par une cour prostituée à la faveur de son père, avec une mère incapable d'aucune éducation, elle ne crut jamais que la France ni le roi pût se passer de son père. Elle ne connut aucun devoir, pas même de bienséance. La chute de son père ne put lui en apprendre aucun, ni émousser la passion du jeu et des plaisirs. Elle l'avouoit tout le plus ingénument du monde, et ajoutoit après qu'elle ne pouvoit se contraindre. Jamais personne si peu soigneuse d'elle-même, si dégingandée: coiffure de travers, habits qui traînoient d'un côté, et tout le reste de même, et tout cela avec une grâce qui réparoit tout. Sa santé, elle n'en faisoit nul compte; et, pour sa dépense, elle ne croyoit pas que terre pût jamais lui manquer. Elle était délicate, et sa poitrine s'altéroit. On le lui disoit: elle le sentoit, mais de se retenir sur rien, elle en étoit incapable. Elle acheva de se pousser à bout de jeu, de courses, de veilles en sa dernière grossesse. Toutes les nuits elle revenoit couchée en travers dans son carrosse. On lui demandoit en cet état quel plaisir elle prenoit. Elle répondoit d'une voix qui de foiblesse avoit peine à se faire entendre qu'elle avoit bien du plaisir. Aussi finit-elle bientôt. Elle avoit été fort bien avec Mme la Dauphine, et dans la plupart de ses confidences. J'étois fort bien avec elle; mais je lui disois toujours que pour rien je n'eusse voulu être son mari. Elle étoit très douce, et, pour qui n'avoit que faire à elle, fort aimable[207].»

[207] SAINT-SIMON, _ouvrage cité_, t. VII, p. 60-61.

MARIE-BÉATRIX-ÉLÉONORE D'ESTE-MODÈNE (1658-1718)[208].

[208] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 124.

La DUCHESSE DE BEAUVILLIERS, ou DE SAINT-AIGNAN-BEAUVILLIERS, fille de Colbert, femme du duc de Beauvilliers, ami intime de Saint-Simon (1658?-1733)[209].

[209] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 413;--SAINT-SIMON, _ouvrage cité_, t. IV, p. 73, et t. VII, p. 130 et suiv.;--Ludovic LALANNE, _Dictionnaire historique de la France_.

La DUCHESSE DE VENTADOUR, Charlotte-Éléonore-Madeleine de la Mothe-Houdancourt (1661?-1744)[210].

[210] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 205.

MARIE-LOUISE D'ORLÉANS (1662-1689), sœur consanguine du Régent, qui épousa le roi d'Espagne Charles II, possédait de beaux livres, qu'elle faisait timbrer des armes d'Espagne, accolées à celles d'Orléans[211].

[211] Cf. Eugène ASSE, _les Bourbons bibliophiles_, p. 49-50.

LOUISE-FRANÇOISE DE MORTEMART, fille du maréchal de Vivonne, abbesse de Fontevrault en 1704 (1664-1742)[212].

[212] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 188.

MADEMOISELLE DE BLOIS, Marie-Anne de Bourbon, fille légitimée de Louis XIV et de Mlle de La Vallière, qui épousa Louis-Armand de Bourbon, prince de Conti, est citée parmi les femmes bibliophiles (1666-1739)[213].

[213] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 416.

De même pour une autre MADEMOISELLE DE BLOIS, Françoise-Marie de Bourbon, fille légitimée de Louis XIV et de Mme de Montespan, qui épousa Philippe, duc d'Orléans, et eut ainsi pour belle-mère la princesse Palatine (1677-1749): elle aussi eut le goût des beaux livres[214].

[214] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 5.

MARIE-ANNE-FRANÇOISE BIGNON DE VERTHAMON (1669?-1739)[215].

[215] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 207.

La COMTESSE DE VERRUE (1670-1736), la fameuse _Dame de Volupté_, fille du duc de Luynes, et maîtresse du roi de Sardaigne Victor-Amédée II de Savoie.

Elle avait la passion des collections d'art, et, lorsqu'elle vint habiter Paris, elle réunit, moitié dans son somptueux hôtel de la rue du Cherche-Midi, moitié dans son château de Meudon, une des plus belles bibliothèques de son temps, riche surtout en pièces de théâtre. Nous en savons la composition exacte grâce au catalogue dressé par Gabriel Martin, et qui se trouve à la Bibliothèque nationale.

Ses livres, au nombre d'environ 18.000, étaient «d'un choix exquis», dit Joannis Guigard[216] et, pour la plupart, «habillés par les meilleurs artistes de l'époque».

[216] _Ibid._

La comtesse de Verrue annotait volontiers ses livres, ce qui prouve l'attention avec laquelle elle les lisait, et son goût pour l'étude: un exemplaire de l'ouvrage de Lenglet-Dufresnoy, _De l'usage des romans_, conservé jadis au dépôt du Louvre, était littéralement couvert de notes de sa main[217].

[217] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 207.

Elle-même avait composé son épitaphe:

Ci-gît, dans une paix profonde, Cette Dame de Volupté, Qui, pour plus grande sûreté, Fit son paradis en ce monde[218].

[218] Cf. G. DE LÉRIS, _la Comtesse de Verrue_, p. 208-226 et _passim_ (Paris, Quantin, 1881);--et Édouard FOURNIER, _l'Art de la reliure en France_, p. 189.

ÉLISABETH-ROSALIE D'ESTRÉES, fille de Jean, comte d'Estrées (1672?-1750)[219].

[219] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 159.

Mme DE CAYLUS, Marthe-Marguerite Le Valois de Villette de Mursay, nièce à la mode de Bretagne de Mme de Maintenon (1673-1729)[220].

[220] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 418;--et Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 143.

Elle a laissé de très intéressants souvenirs, remplis d'anecdotes, de portraits, de fines et judicieuses remarques. Sainte-Beuve, qui lui a consacré un article[221], l'a intitulé: _Mme de Caylus et de ce qu'on appelle_ URBANITÉ, confirmant un jugement de l'abbé Gédoyn qui «trouvait, dans Mme de Caylus, l'image la plus achevée et le plus parfait modèle de l'_urbanité_[222]».

[221] _Causeries du lundi_, t. III, p. 56 et suiv.

[222] Cf. M. DE LESCURE, _Notice sur la marquise de Caylus_, en tête de ses _Souvenirs_, p. 30 (édition Jannet-Picard).

MADEMOISELLE DE NANTES, Louise-Françoise de Bourbon, fille légitimée de Louis XIV et de Mme de Montespan, femme de Louis III, duc de Bourbon, prince de Condé (1673-1743).

Elle lisait beaucoup et annotait ses livres, et elle avait rassemblé une intéressante bibliothèque[223].

[223] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 320.

De son mariage avec le duc de Bourbon, prince de Condé, Mademoiselle de Nantes eut plusieurs enfants, dont cinq filles, qui témoignèrent des mêmes goûts que leur mère pour les livres:

1º MARIE-ANNE-GABRIELLE-ÉLÉONORE, religieuse à Fontevrault, puis abbesse de Saint-Antoine des Champs (1690-1760)[224];

2º LOUISE-ÉLISABETH, dite MADEMOISELLE DE CHAROLAIS; mariée, en 1713, à Louis-Armand DE BOURBON, prince DE CONTI (1693-1775).

[224] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 113;--et M.-N. BOUILLET, _Atlas universel d'histoire et de géographie_, p. 520-521.

La bibliothèque de la princesse de Conti, dont le catalogue, dressé par Prault fils, comprenait 1711 nos, fut vendue à Paris le 14 septembre 1775 et jours suivants. «Le catalogue très rare de cette bibliothèque mérite à bon droit d'être recherché, écrit M. Maurice Tourneux[225]. On y remarque, au milieu d'une foule de bons livres, un recueil de pièces de l'ancien théâtre français en 50 volumes in-4, maroquin bleu; une collection singulièrement riche de romans, nouvelles et contes (nos 535-955); et la série complète du _Mercure_ (y compris les extraordinaires) de 1673 à 1774, en 853 volumes in-12.»

[225] _Revue des livres anciens_, année 1914, fascicule IV, p. 350.

3º MARIE-ANNE, dite MADEMOISELLE DE CLERMONT (1697-1741);

4º HENRIETTE-LOUISE-FRANÇOISE-GABRIELLE, dite MADEMOISELLE DE VERMANDOIS, religieuse (1703-1772);

5º ÉLISABETH-ALEXANDRINE dite MADEMOISELLE DE SENS (1705-1765)[226].

[226] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 432;--Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 114-115;--et Ludovic LALANNE, _Dictionnaire historique de la France_, article Condé (Louis III, prince de).

La MARQUISE DE GRIGNAN, Anne-Marguerite de Saint-Amant ou Saint-Amand (1674?-1736)[227].

[227] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 164.

Son mari, qui était petit-fils de Mme de Sévigné, et fils du lieutenant général ou gouverneur de la Provence, avait reçu les prénoms de Louis-Provence: on lui avait donné, comme à un fils de souverain, le nom de cette province[228].

[228] Cf. Paul MESNARD, notice biographique, en tête des _Lettres de Mme de Sévigné_, édition des Grands Écrivains, t. I, p. 228.

Mlle de Saint-Amand avait dix-huit ans, lors de son mariage, et était, au jugement de Mme de Sévigné, «jolie, aimable, sage, bien élevée, raisonnable au dernier point[229].» Au bout de quelques mois, comme il advient souvent dans ces unions formées par la vanité des uns et les vues intéressées des autres, il y avait déjà mésintelligence dans le ménage[230].

[229] ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 298.

[230] Cf. Paul MESNARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 298.

Louis-Provence de Grignan, né en 1671 et mort en 1704, brigadier des armées du roi, fut l'ami de Saint-Simon, et voici en quels termes le grand mémorialiste parle du marquis et de la marquise de Grignan:

«Je perdis un ami avec qui j'avais été élevé, qui était un très galant homme, et qui promettait fort: c'était le fils unique du comte de Grignan et de cette Mme de Grignan si adorée dans les lettres de Mme de Sévigné, sa mère, dont cette éternelle répétition est tout le défaut. Le comte de Grignan, chevalier de l'ordre en 1688, s'était ruiné à commander en Provence, dont il était seul lieutenant général. Ils marièrent donc leur fils à la fille d'un fermier général fort riche. Mme de Grignan, en la présentant au monde, en faisait ses excuses; et avec ses minauderies en radoucissant ses petits yeux, disait qu'il fallait bien de temps en temps du fumier sur les meilleures terres. Elle se savait un gré infini de ce bon mot, qu'avec raison chacun trouva impertinent, quand on a fait un mariage, et le dire entre bas et haut devant sa belle-fille. Saint-Amant, son père, qui se prêtait à tout pour leurs dettes, l'apprit enfin, et s'en trouva si offensé qu'il ferma le robinet. Sa pauvre fille n'en fut pas mieux traitée; mais cela ne dura pas longtemps. Son mari, qui s'était fort distingué à la bataille d'Hochstedt, mourut au commencement d'octobre (1704), à Thionville; on dit que ce fut de la petite vérole. Il avait un régiment, était brigadier et sur le point d'avancer. Sa veuve, qui n'eut point d'enfants, était une sainte, mais la plus triste et la plus silencieuse que je vis jamais. Elle s'enferma dans sa maison, où elle passa le reste de sa vie, peut-être une vingtaine d'années, sans en sortir que pour aller à l'église, et sans voir qui que ce fût[231]».

[231] SAINT-SIMON, _ouvrage cité_, t. III, p. 121-122.

ÉLISABETH-CHARLOTTE D'ORLÉANS, sœur du Régent Philippe d'Orléans, et femme de Léopold Ier, duc de Lorraine (1676-1744)[232].

[232] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 421.

La DUCHESSE DU MAINE, Anne-Louise-Bénédicte de Bourbon, femme de Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine, fils naturel de Louis XIV et de Mme de Montespan (1676-1753).

Elle aimait beaucoup les livres, et elle tint à Sceaux une véritable cour littéraire, où Fontenelle, Malézieux, La Fare, Sainte-Aulaire, Chaulieu, et plus tard Voltaire faisaient avec elle assaut d'esprit[233].

[233] Cf. Mme DE CAYLUS, _Souvenirs_, p. 193-194 (édition Jannet-Picard);--Mme DE STAAL-DELAUNAY, _Mémoires_, p. 112 et suiv. et _passim_ (édition Jannet-Picard);--Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 107-108;--et Eugène ASSE, _les Bourbons bibliophiles_, p. 93-94.

Ces goûts littéraires ne l'empêchèrent pas de s'occuper de politique, comme le prouve cette conspiration de Cellamare dont elle fut l'inspiratrice. Souvent même, ainsi qu'on l'a remarqué[234], «la littérature fut pour elle le masque de la politique; et l'emblème dont elle timbrait ses livres était aussi le ralliement de ses alliés, les chevaliers de la Mouche à miel. Sur ses livres, en effet, étaient frappées des abeilles d'or, avec, autour de leur ruche, cette devise, tirée de _l'Aminte_ du Tasse: _Piccola si ma fa pur gravi le ferite_ (Je suis petite, mais je fais cependant de graves blessures),--allusion à la petite taille de la princesse et à l'ordre galant de la Mouche à miel, qu'elle avait fondé en 1703.»

[234] Eugène ASSE, _ibid._

La DUCHESSE DE BRANCAS, Marie-Angélique Frémyn de Moras, femme de Louis-Antoine de Brancas, duc de Villars, comte de Lauraguais (1676-1763).

Sa bibliothèque, dont le catalogue, dressé par Prault, comprenait 750 nos, fut vendue, à Paris, peu après la mort de la duchesse, le 14 novembre 1763 et jours suivants[235].

[235] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 140;--et la _Revue des livres anciens_, année 1914, fascicule IV, p. 349, article de M. Maurice Tourneux: _Bibliothèques féminines au XVIIIe siècle_.

La duchesse de Brancas, qui porta longtemps le titre de duchesse de Villars, a écrit ou plutôt dicté, dans sa vieillesse, de très piquants _Mémoires_, qui ont été publiés pour la première fois, en 1802, par son petit-fils le comte de Lauraguais; puis réédités, en 1865, par Louis Lacour, et, en 1890, par Eugène Asse.

La duchesse de Brancas était bien une femme de son époque, et que la sévérité des mœurs n'embarrassait guère. Saint-Simon nous a laissé d'elle et de son digne époux, qui était livré à «une infâme débauche[236]», ce sanglant et admirable portrait:

«Le duc de Villars et sa femme, sans estime réciproque, qu'en effet ils ne pouvoient avoir, vivoient fort bien ensemble dans une entière et réciproque liberté, dont elle usoit avec aussi peu de ménagement de sa part que le mari de la sienne, qui le trouvoit fort bon, et en parloit même indifféremment quelquefois et jusqu'à elle-même devant le monde, et l'un et l'autre sans le moindre embarras. Mais elle étoit méchante, adroite, insinuante, intéressée comme une crasse de sa sorte, ambitieuse, avec cela artificieuse, rusée, beaucoup d'esprit d'intrigue, mais désagréable plus encore que son mari; et tous les deux bas, souples, rampants, prêts à tout faire pour leurs vues, et rien de sacré pour y réussir, sans affection, sans reconnaissance, sans honte et sans pudeur, avec un extérieur doux, poli, prévenant, et l'usage, l'air, la connaissance et le langage du grand monde[237].»

[236] SAINT-SIMON, _ouvrage cité_, t. VIII, p. 438.

[237] ID., _ibid._

«En 1740, la duchesse de Villars, qui, depuis deux ans, portait le titre de duchesse de Brancas, par suite de la mort de son beau-père, avait soixante-quatre ans. C'était, écrit Eugène Asse[238], une femme à l'esprit gaulois, dont l'anecdote suivante peut aider à se faire une idée: «Hier, M. de Richelieu, raconte d'Argenson[239], donna un grand souper à sa petite maison, par delà la barrière de Vaugirard. Tout y est en galanteries..., les lambris... ont des figures fort immondes. Le beau du début de ce souper étoit de voir la vieille duchesse de Brancas vouloir voir ces figures, mettre ses lunettes, et, avec une bouche pincée, les considérer froidement, pendant que M. de Richelieu tenoit la bougie et les lui expliquoit.»

[238] _Mémoires de la duchesse de Brancas_, Préface par Eugène Asse, p. XXXI (Paris, Jouaust, 1890).

[239] _Journal_, 22 novembre 1740 (édition Rathery).

La MARQUISE DE VIEUXBOURG ou DE VIEILBOURG, Louise-Françoise de Harlay de Cély (1680-1735).

«La marquise de Vieilbourg, remarquable par son intelligence et sa beauté, était passionnée pour les hautes spéculations de l'esprit. Elle avait colligé un superbe cabinet d'objets d'art et de curiosité, et une bibliothèque du meilleur goût[240].»

[240] Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 208.--Voir aussi Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 422.

Cette bibliothèque fut vendue après le décès de la marquise, en 1735; le catalogue, comprenant 1043 nos, avait été dressé et rédigé en latin par le libraire et bibliographe Gabriel Martin[241].

[241] _Revue des livres anciens_, année 1914, fascicule IV, p. 348, article de M. Maurice Tourneux.

La MARQUISE DE VASSÉ, Anne-Bénigne-Fare-Thérèse de Beringhen, femme d'Emmanuel-Armand, marquis de Vassé, brigadier des armées du Roi (1682?-1749).

Sa bibliothèque, riche surtout en romans de chevalerie, et dont le catalogue comprenait 184 articles, fut vendue en 1750, peu après la mort de la marquise[242].

[242] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 425;--Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 204;--et la _Revue des livres anciens_, année 1914, fascicule IV, p. 349, article de M. Maurice Tourneux.

La COMTESSE DE BISSY, Sylvie-Angélique Andrault de Langeron (1684?-1771)[243].

[243] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 137.

La DUCHESSE DE LA VALLIÈRE, Marie-Thérèse de Noailles (1684-1784).

Son mari était le neveu de la maîtresse de Louis XIV, sœur Louise de la Miséricorde. La duchesse de la Vallière eut deux enfants, dont l'un fut Louis-César, duc de la Vallière, le bibliophile si connu[244].

[244] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 173-174.

La DUCHESSE DE BOURGOGNE, Marie-Adélaïde de Savoie (1685-1712)[245].

[245] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. I, p. 620.

On sait l'influence que la duchesse de Bourgogne, la Dauphine, exerça sur Louis XIV et Mme de Maintenon. Elle avait «beaucoup d'esprit naturel, dit Saint-Simon[246], beaucoup de qualités aimables... Douce, timide, mais adroite, bonne jusqu'à craindre de faire la moindre peine à personne, et, toute légère et vive qu'elle étoit, très capable de vues et de suite de la plus longue haleine, la contrainte jusqu'à la gêne, dont elle sentoit tout le poids, sembloit ne lui rien coûter. La complaisance lui étoit naturelle, couloit de source; elle en avoit jusque pour sa cour.»

[246] _Ouvrage cité_, t. VI, p. 230-231.

ÉLISABETH-MARGUERITE-ARMANDE DU PLESSIS ou DUPLESSIS DE RICHELIEU, dite Mademoiselle de Fronsac, prieure perpétuelle des Bénédictines de la Présentation, à Paris (1686-1744)[247].

[247] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 195.

Mme LE PELLETIER ou LE PELETIER, Marie-Madeleine de Lamoignon, femme du ministre d'État (1687?-1744)[248].

[248] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 176.

La COMTESSE DE TOULOUSE, Victoire de Noailles, femme du comte de Toulouse, fils légitimé de Louis XIV et de Mme de Montespan (1688-1766)[249].

[249] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 429.

La PRINCESSE DE BAUFFREMONT, Hélène, princesse de Courtenay (1689-1768)[250].

[250] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 134.

MARIE-GABRIELLE-ÉLISABETH DU PLESSIS ou DUPLESSIS DE RICHELIEU (1689-....). Amie des livres, comme sa sœur Élisabeth-Marguerite-Armande (Mademoiselle de Fronsac) précédemment nommée, Marie-Gabrielle-Élisabeth du Plessis de Richelieu a d'abord été religieuse à Port-Royal, puis, en 1724, abbesse du Trésor (abbaye cistercienne du diocèse de Rouen)[251].

[251] Cf. le Père ANSELME, _Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France..._;--_Gallia Christiana_;--et Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 428, qui date de 1714 la nomination de cette religieuse comme abbesse du Trésor.

VICTOIRE-MARIE-ANNE DE SAVOIE, mariée, en 1714, à Victor-Amédée de Savoie, prince de Carignan (1690-1766)[252].

[252] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 129. «Victoire-Françoise», dit M.-N. BOUILLET, _Atlas universel d'histoire et de géographie_, p. 753 et 754.

MARIE-URANIE DE NOAILLES, fille du duc de Noailles, pair et maréchal de France, religieuse au couvent de la Visitation de Paris (1691-1710)[253].

[253] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 190.

CHARLOTTE-FRANÇOISE DE DIENNE (1691-....)[254].

[254] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 150.

ÉLISABETH FARNÈSE, fille d'Édouard II Farnèse, prince de Parme, mariée, en 1714, à Philippe V, roi d'Espagne (1692-1766)[255].

[255] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 126.

La DUCHESSE DE BERRY, Marie-Louise-Élisabeth, fille aînée du Régent, Philippe d'Orléans (1695-1719).

On connaît sa vie scandaleuse et toutes les folies commises par cette princesse. Quoique morte très jeune, et malgré sa dissipation et ses débauches, elle trouva le temps de se former une belle et luxueuse bibliothèque[256].

[256] Cf. Eugène ASSE, _les Bourbons bibliophiles_, p. 49.

«La duchesse de Berry, si connue par ses goûts singuliers et l'excentricité de son caractère, dit de son côté Joannis Guigard[257], aimait beaucoup les livres; mais, si l'on en croit les _Mémoires_ de la princesse Palatine, sa grand'mère, elle n'eut guère le temps de les lire, tant elle avait besoin de divertissements. Quoi qu'il en soit, ses livres étaient nombreux, choisis et bien reliés.»

[257] _Ouvrage cité_, t. I, p. 101.

Trois autres filles du Régent, Philippe II d'Orléans, ont été classées au nombre des bibliophiles:

LOUISE-ADÉLAÏDE D'ORLÉANS, dite MADEMOISELLE DE CHARTRES, seconde fille du Régent (1698-1743).

Elle devint abbesse de Chelles, en 1719, «épouse de Jésus-Christ», et c'est à son sujet que le Régent déclarait être brouillé avec son gendre[258].

[258] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 20.

Une autre, LOUISE-ÉLISABETH D'ORLÉANS, dite MADEMOISELLE DE MONTPENSIER (1709-1742), qui fut reine d'Espagne, devint veuve en 1724, puis regagna la France en 1725, où elle se plongea dans une profonde dévotion, «fit exécuter un assez joli livre d'heures quelque temps avant sa mort»: d'où son titre de bibliophile[259].

[259] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. II, p. 26.

Une autre encore, PHILIPPE-ÉLISABETH D'ORLÉANS, dite MADEMOISELLE DE BEAUJOLAIS (1714-1734), morte très jeune et sans alliance, a été, comme ses susdites sœurs, réputée pour son amour des livres[260].

[260] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 110.

Bibliophile également, LOUISE-ADÉLAÏDE DE BOURBON-CONTI, dite MADEMOISELLE DE LA ROCHE-SUR-YON (1696-1750)[261].

[261] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 434;--et Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 116.

LA MARQUISE DU DEFFAND, née Marie de Vichy-Chamrond (1697-1780)[262].

[262] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 437.

Sa correspondance, qui est très volumineuse (2 vol. in-8, édition M. de Lescure; Paris, Plon, 1865;--3 vol. in-8, édition Sainte-Aulaire; Paris, Calmann-Lévy, 1877; etc.) est des plus intéressantes pour l'histoire des mœurs et des lettres au dix-huitième siècle. Devenue aveugle en 1753, Mme du Deffand, chez qui se réunissaient nombre d'hommes et de femmes remarquables, se faisait faire de longues lectures:

«...Je suis obligée de lire cinq ou six heures par jour; je commence à six heures du matin, et cela dure souvent jusqu'à onze heures ou midi; les insomnies allongent mes jours et abrègent ma vie. On en pourrait faire une énigme[263].»

[263] Lettre du 22 février 1772; t. II, p. 219 (édition M. de Lescure).

«Je passe des nuits sans dormir, et ce n'est le plus souvent qu'à midi que j'attrape le sommeil; je me fais lire cinq heures de suite...[264].»

[264] Lettre du 2 avril 1773; t. II, p. 380 (édition Sainte-Aulaire).

Pessimisme et égoïsme, ces deux sentiments apparaissent fréquemment sous la plume de Mme du Deffand:

«Ceux qu'on nomme amis sont ceux par qui on n'a pas à craindre d'être assassiné, mais qui laisseraient faire les assassins[265].»

[265] Lettre du 8 mars 1767; t. I, p. 415 (édition M. de Lescure).

«Je jouis d'une sorte de plaisir, qui est d'observer l'orgueil et la vanité de tout le monde; il n'y a presque personne qui ne prétende à jouer un rôle; il y a peu de bons acteurs[266].»

[266] Lettre du 19 novembre 1771; t. II, p. 87 (édition Sainte-Aulaire).

«...Le plus beau jour de la vie est celui où on la quitte. Cela revient à peu près, Madame, à ce que vous me dites si souvent: que _le plus grand malheur est d'être né_[267].»

[267] Lettre de d'Alembert à la marquise du Deffand, 25 juin 1763; t. I, p. 276 (édition M. de Lescure).

Mme du Deffand déclarait assez cyniquement «qu'elle n'avait _ni tempérament ni roman_, ce qui ne l'empêcha pas d'être galante avant d'être philosophe[268].»

[268] M. DE LESCURE, notice en tête des _Mémoires de Mme de Staal-Delaunay_, t. I, p. 7 (édition Jannet-Picard).

Sainte-Beuve, dans un de ses articles des _Causeries du lundi_[269], fait grand éloge du style et de la valeur littéraire des lettres de Mme du Deffand:

«Mme du Deffand est un de nos classiques par la langue et par la pensée... Elle est avec Voltaire, dans la prose, le classique le plus pur de cette époque, sans même en excepter aucun des grands écrivains.»

[269] Tome I, p. 412 et suiv.

La MARQUISE D'AMBRES, Henriette-Antoinette de Mesmes (1698-1715)[270].

[270] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 132.

La MARQUISE DE PRIE, née Agnès Berthelot de Pleneuf (1698-1727)[271].»

[271] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 438.

Fille d'un financier, «qui s'était gorgé par bien des métiers», dit Saint-Simon[272], cette amie des livres eut une existence très mouvementée. En 1713, elle épouse le marquis de Prie, qui fut ambassadeur à Turin; rentre à Paris, en 1719, et devient la maîtresse du duc de Bourbon, qu'elle domina bientôt entièrement. Elle était belle, très ambitieuse, et quand son amant fut nommé premier ministre après la mort du Régent, elle exerça un pouvoir absolu, dont elle ne fit guère usage que pour satisfaire ses passions et sa rapacité. Dame du palais de Marie Leszczynska, qu'elle avait contribué à faire monter sur le trône, elle voulut faire chasser Fleury, alors évêque de Fréjus. Elle échoua; le duc de Bourbon fut disgracié (juin 1726); et, exilée en Normandie, la marquise de Prie ne put supporter son malheur et s'empoisonna l'année suivante.

[272] _Mémoires_, t. XII, p. 429; voir aussi pages suivantes;--et Ludovic LALANNE, _Dictionnaire historique de la France_.

La COMTESSE DE GÉLAS, Henriette-Antoinette de Mesmes (1698-....)[273].

[273] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 163.

· · ·

La VICOMTESSE D'AUCHY, Charlotte des Ursins (....-1646).

Jamais personne ne fut si avide qu'elle de lectures--lectures en public--de toutes sortes, comédies, lettres, harangues et sermons même, dit Tallemant des Réaux[274]. Elle avait le goût des réunions littéraires, et «prestoit son logis avec un extresme plaisir pour de telles assemblées». Elle s'avisa même de créer chez elle «une certaine académie, où tour à tour chacun liroit quelque ouvrage». Cette académie paraît n'avoir été, au commencement du moins, qu'«une vraie cohue», selon l'expression de Tallemant, qui y alla une fois, «par curiosité».

[274] _Les Historiettes_, t. I, p. 228.

On examinait et discutait de singulières questions dans ces séances. Un jour, un certain Boutard, qui devint dans la suite «président des trésories de France, à Montpellier,» et qui se plaisait à berner et mystifier les gens, «traita des diverses façons de cracher; il en trouva cinquante-deux, dont il fit la démonstration aux dépens du tapis de pieds de la vicomtesse[275].»

[275] TALLEMANT DES RÉAUX, _ouvrage cité_, t. IV, p. 135.

LOUISE NOGARET DE LA VALETTE, abbesse à Metz (....-1647)[276].

[276] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 192.

La DUCHESSE DE VILLARS-BRANCAS, Julienne-Hippolyte d'Estrées, mariée, en 1597, à Georges de Brancas, duc de Villars (XVIIe siècle, décédée après 1657)[277].

[277] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 139.

Très coquette, et encore plus dévergondée, c'est ainsi que Tallemant des Réaux nous dépeint la duchesse de Villars. «C'estoit la plus grande escroqueuse du monde, ajoute-t-il[278]. Quand il fallut sortir du Havre, pour ne point faire crier toute la ville, car ils (son mari et elle) devoient à Dieu et au monde, elle fit publier que tous leurs créanciers vinssent un certain jour parler à elle. Elle parla à tous en particulier, leur avoua qu'elle n'avoit point d'argent, mais qu'elle avoit, en deux ou trois lieux qu'elle leur nomma, des magasins de pommes à cidre pour dix ou douze mille escus; qu'elle leur en donneroit pour les deux tiers de leur debte, et une promesse pour le reste payable en tel temps. Elle disoit cela à chacun avec protestation qu'elle ne traitoit pas les autres de la sorte, et qu'il se gardast bien de s'en vanter. Les pauvres gens, les plus contents du monde, prirent chascun en paiement un ordre aux fermiers de donner à l'un pour tant de pommes et pour tant à l'autre; mais quand ils y furent, ils ne trouvèrent en tout que pour cinq cents livres de pommes.»

[278] _Ouvrage cité_, t. I, p. 145.

MARIE-ANNE CHRISTINE DE BAVIÈRE, femme du Grand Dauphin, fils de Louis XIV et de Marie-Thérèse (....-1690).

Elle avait des goûts sérieux, aimait les lettres, et elle protégea Racine[279].

[279] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 415.

MARIE-CATHERINE LE CAMUS DE NICOLAI (....-1698)[280].

[280] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 189.

CHARLOTTE D'ALBERT D'AILLY DE CHAULNES, religieuse à l'Abbaye-aux-Bois, puis à Poissy (....-1707)[281].

[281] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 130.

LOUISE-ISABELLE D'ANGENNES DE RAMBOUILLET, religieuse, abbesse de Saint-Étienne de Reims, décédée presque nonagénaire (....-1707)[282].

[282] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 132.

Mme FRANÇOISE DOUJAT, Madeleine Tiraqueau, dont le mari était maître d'hôtel du roi (....-1709)[283].

[283] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 151.

La MARQUISE DE LAMOIGNON-BAVILLE, Marie-Jeanne Voysin, mariée, en 1674, à Chrétien-François Lamoignon, marquis de Baville (....-1727).

Conseiller au Parlement, puis avocat général, puis président à mortier, Chrétien-François Lamoignon fut nommé membre de l'Académie des inscriptions, en 1704. Comme son père, il était lié avec les beaux esprits du temps, et c'est à lui que Boileau a adressé sa sixième épître. La bibliothèque du président Lamoignon, qui renfermait d'importants manuscrits, est passée en Angleterre[284].

[284] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 169:--et Ludovic LALANNE, _Dictionnaire historique de la France_.

· · ·

DIANE-FRANÇOISE D'ALBRET, abbesse de Sainte-Croix de Poitiers de 1650 à 1680 (XVIIe siècle)[285].

[285] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 130.

La COMTESSE DE BERLAYMONT, Marguerite de Lalaing (XVIIe siècle)[286].

[286] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 137.

Mme NICOLAS BOUCOT, née Néthine (XVIIe siècle)[287].

[287] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 138.

La MARQUISE DE BULLION-WIDEVILLE, Marie-Catherine de Beauveau (XVIIe siècle).

Sa bibliothèque contenait une fort belle collection d'œuvres dramatiques[288].

[288] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 141.

HONORÉE DE BUSSY (XVIIe siècle)[289].

[289] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 406.

Mme DUGAS DE BOIS-SAINT-JUST, née Maindestre (XVIIe siècle).

Son mari était échevin de la ville de Lyon en 1658 et prévôt en 1696[290].

[290] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 153.

Mme LOUISE DE DURFORT, fille de Jean de Durfort, mariée, en 1683, à Jean-Louis de Durfort, son cousin (XVIIe siècle)[291].

[291] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 153.

La MARQUISE DE FOUQUET, Marie-Jeanne Guyon (XVIIe siècle)[292].

[292] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 161.

N. DE GROSSOLLES DE FLAMARENS, abbesse des Bénédictines (XVIIe siècle)[293].

[293] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. I, p. 165.

La PRINCESSE DE GUÉMÉNÉ, mariée, en 1617, à Louis VII de Rohan, prince de Guéméné, son cousin germain (XVIIe siècle)[294].

[294] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 399.

La DUCHESSE DE LA ROCHEFOUCAULD, femme de l'auteur des _Maximes_ (XVIIe siècle)[295].

[295] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. II, p. 406.

MADELEINE DE LÉRIS (XVIIe siècle)[296].

[296] Cf. ID., _ouvrage cité_, t. II, p. 408.

ERNESTINE DE LIGNE, mariée à Jean, comte de Nassau-Dillenbourg-Siegen, général de la cavalerie de Flandre (XVIIe siècle)[297].

[297] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 178.

CLAUDE DE LORRAINE, fille du duc Henri II de Lorraine, mariée en 1634 (XVIIe siècle)[298].

[298] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, _ouvrage cité_, t. II, p. 404.

Mme THÉVENOT, femme de Melchisédech Thévenot, garde de la Bibliothèque du roi (XVIIe siècle).

Melchisédech Thévenot (vers 1620-1692), qui avait beaucoup voyagé, avait rapporté en France quantité de livres rares et de manuscrits précieux. Il tenait, dans sa maison d'Issy, des réunions périodiques, où chaque invité rendait compte des expériences et découvertes scientifiques qu'il faisait: ce fut là, dit Ménage, l'origine de l'Académie des sciences.

Un neveu de Melchisédech Thévenot, Jean de Thévenot (avec la particule nobiliaire) (1633-1667), qui fut aussi un infatigable voyageur et qui mourut en Arménie, passe pour être l'introducteur du café en France[299].

[299] Cf. Joannis GUIGARD, _ouvrage cité_, t. I, p. 202, et t. II, p. 447-448;--MICHAUD, _Biographie universelle_;--Ludovic LALANNE, _Dictionnaire historique de la France_;--etc.