‹ Les Fils de familleChapitre 37 sur 108 · Partie I · 37

Partie I · 37

Un silence de quelques minutes a succédé au terrible pronostic porté par Charles Delmare sur l’avenir de Jeane dans le cas où elle n’épouserait pas Maurice ; ce silence, Geneviève le rompt la première, et, encore palpitante de frayeur :

— Charles… lorsqu’un père… et un père tel que toi… ose se livrer à de pareils présages au sujet d’une fille qu’il chérit plus que tout, il faut bien qu’à ses yeux ces présages soient fondés sur quelque chose. Aussi, je te crois ; mais que veux-tu que je te dise !… Je suis comme au temps de mon catéchisme… je crois en aveugle… sans rien comprendre… parce qu’enfin… Jeane…

— Tiens !… je vais te faire un aveu dont je suis épouvanté… un aveu… qu’à toi seule au monde j’ose et je peux faire… car, vois-tu, nourrice, à chacun des mots que tu vas entendre, je souffrirai autant… je souffrirai plus que si un coup de poignard me frappait en plein cœur.

— Que vas-tu donc m’apprendre, mon Dieu ?… Je n’ai pas une goutte de sang dans les veines.

— Tel que je te l’ai dépeint, San-Privato, n’est-ce pas… est un infâme ?

— Tu me le demandes ?

— Eh bien ! cet infâme…

— Achève…

— Misère de moi !… misère de moi !…

— Charles, tu me fais peur…

— Ma fille l’aime !

— Hein !… ta fille… elle aime ?… qui ?… qui cela aime-t-elle… ta fille ?

— San-Privato.

— Miséricorde ! — murmure Geneviève abasourdie, frissonnant et pâlissant.

Puis, secouant la tête comme une personne qui se réveille en sursaut, elle reprend, cherchant à se rassurer par une supposition dont elle reconnaît presque l’absurdité :

— Pour sûr, la fatigue m’aura engourdie. Dame, il est si tard… une heure du matin… et puis, sans m’en apercevoir, je me serai endormie ; c’est ça, pour sûr, mon Charles ; il y a un moment, je sommeillais, n’est-ce pas ? et j’aurai rêvé que tu me parlais de ta fille, me disant qu’elle aimait… ce… ce… enfin, tu sais… cet homme !

— Je l’ai dit, nourrice, je l’ai dit…

— C’est donc vrai !… je ne rêvais pas ! Bonté divine, j’avais bien entendu !

Et, l’esprit troublé par cette incroyable révélation, la nourrice balbutie :

— Faut m’excuser, mon Charles ; ma pauvre vieille tête n’était pas déjà très-forte, je crois qu’elle déménage tout à fait… J’ai des éblouissements, je ne vois plus clair dans mon idée. C’est ma faute, à coup sûr… et non la tienne. Mais enfin, tout à l’heure… tu me disais : « Jeane et Maurice sont certains d’être heureux s’ils se marient bientôt… » Bon !… Et voilà que tu me dis maintenant que ta fille aime ce… Ah ! Jésus ! mon Dieu !… c’est à en devenir folle !

— Pauvre bonne mère, calme-toi, le mal est grand, mais loin d’être désespéré.

— Pourtant, si Jeane aime ce…

— La malheureuse enfant a vaillamment lutté, lutte encore contre ce fatal entraînement ; aussi, je te le répète… rien n’est désespéré.

— Elle… elle… aimer cet homme-là !

— Écoute-moi, et peut-être tu comprendras ce qui te semble inexplicable.

— Parle, mon Charles, je vais t’écouter de toutes mes forces.

— Et, d’abord, il est évident, n’est-ce pas ? qu’il y a en nous, en toi, en moi, dans tout le monde enfin, du bon et du mauvais, des défauts et des qualités ?

— C’est tout simple.

— Jeane est comme tout le monde, il y a en elle du bon et du mauvais.

— S’il y a en elle du mauvais, il n’y en a pas beaucoup, d’après ce que tu m’as dit d’elle si souvent.

— Non ; mais enfin, ses mauvais instincts sommeillaient. Ils ne se seraient sans doute jamais éveillés ; ils seraient morts, faute d’aliments, sans la présence fatale de cet homme. En un mot, Geneviève, pour te rendre ma pensée aussi simple, aussi claire que possible, San-Privato, par ce qu’il y a de mauvais en lui, correspond à ce qu’il y a de mauvais dans Jeane ; de même que Maurice correspond à ce qu’il y a d’excellent dans ma fille. Comprends-tu cela, bonne mère ?

— Attends… Voyons, oui, il me semble, si je saisis bien, que c’est comme si tu disais que Jeane aime Maurice pour son bon cœur… et ce… enfin, l’autre… pour sa scélératesse ?

— C’est cela même.

— Est-ce que c’est possible ?

— Malheureusement, oui, cela est possible !

— Mon Dieu, mon Dieu !

— Cela est possible, surtout lorsque la scélératesse revêt des dehors aussi séduisants que ceux de San-Privato ; puis, de même que l’abîme, dont nous sondons les périls mortels, nous attire souvent malgré nous, la perversité a un attrait irrésistible, un charme fatal pour certains caractères pervers.

— Jeane… pervertie !… Que dis-tu là ?

— Pervertie… non, pas encore, grâce à Dieu ; mais il existe en elle de dangereux penchants dont elle a hérité de moi, mystérieux et funeste héritage, le seul, hélas ! qu’une destinée vengeresse m’ait permis de léguer à mon enfant ! De ces fâcheux penchants, à peine elle a conscience ; aussi elle se révolte, elle se débat sincèrement contre la pernicieuse influence de San-Privato ; mais il tient Jeane par son mauvais côté, qui n’avait pu, quoique voilé, échapper à mon œil de père, et il n’a pas échappé non plus à la diabolique pénétration de San-Privato.

— En vérité, mon Charles, je n’en reviens pas ; je devrais avoir peur… et, malgré moi, en t’écoutant… je me sens rassurée.

— Que dis-tu ?

— Dame, oui ; comment ! voilà tout ce que tu reproches à ta fille ? De te ressembler par le caractère, à toi si bon, si généreux !

— Pauvre nourrice, tu n’oublies qu’une chose.

— Quoi donc que j’oublie ?

— C’est que je suis homme, et que Jeane est femme ! Tu oublies encore que, sans parler de mon désordre égoïste, stupide, coupable, qui, en dissipant l’héritage paternel, m’a conduit à une ruine abjecte et devait me pousser à un lâche suicide, j’ai, malgré la bonté, la générosité de mon caractère, porté le déshonneur et la mort dans une famille ; que j’y ai introduit l’enfant de l’adultère !… Oh ! certes, les hommes, si tolérants parce qu’ils ont tant besoin de pardon pour eux-mêmes, témoignent d’une fraternelle indulgence pour certains vices, certains crimes qu’ils commettent ou regrettent de ne pouvoir commettre ! que dis-je ? ils les glorifient, ces crimes ! Corrompre et séduire une épouse jusqu’alors irréprochable, tuer son mari en duel, c’est ravissant ! Cela vous pose en crâne, en roué, en don Juan, en héros de roman de cape et d’épée ! Mais qu’une femme jeune, belle, spirituelle, hardie, elle aussi, se livre à la fougue de ses passions ; qu’elle aussi cède sans honte à l’ardeur de son sang ; qu’elle aussi se joue de l’adultère, du repos des familles ; qu’elle aussi fasse couler sans pitié les larmes et le sang, horreur, anathème sur elle ! Grand est le nombre de ceux qui la maudissent : ce sont ses victimes, ce sont les dédaignés, les délaissés, les envieux de sa beauté ; c’est la foule, enfin, et la malheureuse femme tombe, aux cris de malédiction de tous, dans un abîme d’opprobre !

— Ah ! oui, maintenant j’ai peur. Charles, mon Dieu ! soupçonnerais-tu Jeane de devenir jamais… ?

— Ma fille a hérité de mon amour effréné du luxe et des plaisirs ; ma fille a hérité de l’ardeur de mon sang.

— Mais cela, qui te le prouve ? qui te le dit ?

— Qui me le dit ? Ah ! c’est que j’ai vu ma fille… elle, encore si candide, se troubler, pâlir, rougir, palpiter sous le regard sensuel et effronté du séduisant San-Privato ; et cependant elle aimait, elle aime noblement, tendrement Maurice ! Ah ! c’est que j’ai vu les yeux de ma fille étinceler, son front se redresser fier, rayonnant, comme s’il était déjà couvert du diadème des fêtes éblouissantes dont elle se voyait la reine, alors qu’elle écoutait d’une oreille avide les récits de San-Privato. Ah ! c’est que j’ai vu ma fille… et cela surtout m’épouvante… c’est que je l’ai vue, malgré le mépris, malgré la sincère indignation que lui causaient la lâcheté, la perfidie, le mensonge de cet homme, éprouver cependant une sorte d’admiration mêlée d’effroi pour sa rouerie, son audace, lorsque, par un prodige de présence d’esprit et d’adresse, sortant triomphant d’une situation d’un ridicule mortel pour tout autre que pour lui, il osait, en présence de Maurice, réitérer à Jeane l’aveu de son amour en termes passionnés, brûlants, qui la bouleversaient, portaient le feu dans ses veines ! Aussi, confuse, effrayée de ces sensations si nouvelles pour son innocence, j’ai vu ma fille se jeter dans mes bras en me criant : « Sauvez-moi, je suis perdue ! »

— Hélas ! mon Dieu, c’est déjà terrible ; mais il y a bien loin de là, mon Charles, à cet abîme d’opprobre dont tu parlais.

— Pauvre nourrice, tu ignores combien est rapide la pente du mal. San-Privato est, aux yeux de ma fille, le type du roué, séduisant, sensuel, libertin, sceptique, hardi, insolent et railleur. Il exerce sur elle une sorte de fascination dont se révolte, dont s’effraye encore Jeane, parce que ses mauvais instincts sont à peine éveillés ; mais, crois-moi, Geneviève, s’ils s’éveillaient tout à fait, s’ils se déchaînaient dans leur fougue… oh ! malheur à moi ! malheur à moi ! ma fille me dépasserait de bien loin dans la carrière du vice. Oui, tout me le dit, elle primerait un jour San-Privato lui-même ; elle deviendrait une sorte de don Juan féminin, semblable à cette créature dont le portrait te faisait tout à l’heure frissonner : dehors ravissants, âme implacable, riant des larmes, riant du sang qu’elle fait couler, ayant pour but unique de sa vie l’assouvissement de ses passions, pour règle leur désir, pour frein leur lassitude.

— Miséricorde ! mais ta fille serait un monstre, et ce monstre, c’est ta frayeur qui se le figure, mon pauvre fieu !

— Tiens, nourrice, — s’écrie Charles Delmare en proie à une sorte d’hallucination prophétique, — on l’a dit : les mères et les pères sont parfois doués de la seconde vue… eh bien ! j’en jurerais Dieu… Jeane, à cette heure où tout se tait, où l’on s’écoute penser, Jeane, brisée par les émotions du jour, et agitée par une fiévreuse insomnie, flotte indécise entre l’appel du bien et du mal, entre son bon et son mauvais génie ; tour à tour elle songe à Maurice et à San-Privato. Tantôt le bien l’emporte : alors à ma fille apparaît un avenir riant et pur ; épouse chérie, mère honorée, elle se voit vieillir avec Maurice, entourés de leurs enfants bien-aimés, et atteindre le soir de leur heureuse vie, qui s’est écoulée sereine, comme un beau jour d’été ; alors le cœur de Jeane s’allège, s’épanouit, elle espère. Tantôt, songeant, au contraire, à San-Privato, elle sent palpiter son sein, ses joues s’enflammer, rougir, et pourtant elle est seule dans l’obscurité ; mais le souvenir de cet homme de malheur l’obsède, la domine. Trop innocente encore pour soupçonner où l’entraîneraient ses dangereux penchants, dont à peine elle a conscience, et seulement éblouie, fascinée par le mirage enchanteur d’une vie de fêtes, de plaisirs, de voluptés, elle dédaigne, elle maudit le passé si calme, si prospère, et s’élance dans un étincelant tourbillon, guidée par San-Privato, qui cependant, à ses yeux, est encore pour elle moins un époux, moins un amant qu’un complice.

— Charles, si ta fille en est encore à hésiter entre l’ange et le démon, elle n’est pas perdue, tu le dis toi-même ; s’il y a en elle du mauvais, il y a aussi du bon, beaucoup de bon. Pourquoi, avec ton aide, le bien ne l’emporterait-il pas sur le mal ? Pourquoi, enfin, puisque sa famille et toi désirez ce mariage et que Jeane elle-même, malgré tout, le désire aussi, pourquoi n’épouserait-elle pas Maurice ?

— Là est le salut peut-être, là est mon unique espoir ; car, si le mariage est prochain, la présence de Maurice, la sincère affection que Jeane ressent pour lui, et dans laquelle se concentreront désormais toutes les forces de sa nature passionnée ; enfin la paix, le contentement intérieur dont elle jouira ensuite de tant de luttes, de tant de secrètes angoisses, effaceront peu à peu de son esprit le souvenir irritant, corrosif, de San-Privato ; chaque jour, le charme de ses devoirs prendra sur elle un plus doux empire. Et si elle devient mère… ah ! Geneviève, Geneviève, l’ombre même du mal disparaît de son cœur devant le rayonnement divin de la maternité ; le désir de briller, cette soif de plaisir, si dangereuse dans un milieu qui l’exciterait encore, s’apaiserait, s’éteindrait ici, faute d’aliment, faute d’occasions ! Ah ! l’occasion ! l’occasion, entremetteuse infâme ! combien d’âmes n’a-t-elle pas prostituées au vice et au crime !

— Tu as raison, mon pauvre fieu, il y a bien longtemps qu’on l’a dit : « L’occasion fait le larron. »

— Et Maurice serait, en face de l’occasion, non moins sujet à faillir que Jeane : sa nature impétueuse, énergique, s’il se trouvait dans une voie mauvaise, le pousserait aux plus grands désordres. Est-ce donc dans cette infernale prévision que San-Privato exige de moi que j’use de mon influence sur la famille Dumirail, afin qu’elle envoie Maurice à Paris ?

— Ah ! mon Dieu, Charles, tu me rappelles…

— Quoi, nourrice ?

— Ce que j’avais oublié, ce que tu oublies, les menaces de ce monstre : il veut te forcer de décider M. Maurice à aller à Paris ; il veut te forcer à faire ajourner le mariage de ta fille. Et plus nous parlons d’elle, plus il nous saute aux yeux, à nous deux, qu’elle est perdue si elle n’épouse pas son cousin, et sauvée si elle l’épouse.

— Geneviève, il faut qu’elle soit sauvée ! — répond Charles Delmare se recueillant. — Cet entretien approfondi m’a prouvé qu’il n’est au monde qu’un moyen de salut pour Jeane.

— J’entends… ce mariage…

— Il faut qu’il ait lieu… Il aura lieu avant la fin du mois.

— Mais alors, bonté divine ! ce qui sauve ta fille fait ton malheur, te désespère… te tue, mon Charles ; car, si ce mariage a lieu, ce démon de San-Privato…

— Me dénonce à M. Dumirail comme le meurtrier de son frère, et à Jeane comme le meurtrier de son père.

— Et tu es pour toujours séparé d’elle !

— Mais elle est sauvée, Geneviève ! — s’écrie Charles Delmare avec un accent de dévouement sublime ; — elle est sauvée : l’ange reste dans son paradis, le démon perd sa proie.

— Mais toi… mais toi ?… Il te faudra renoncer à voir ta Jeane, mon Charles, puisqu’elle croira que tu as tué son père, et qu’alors elle aura pour toi autant d’horreur qu’elle a maintenant d’attachement ; il te faudra quitter le pays, aller vivre loin d’elle, ne pas seulement être témoin de son bonheur, que tu auras payé si cher !

— Ah ! je l’avoue, cette pensée est affreuse ! — reprend Charles Delmare avec accablement et les yeux noyés de larmes. — Je te dis tout, nourrice… eh bien ! je suis faible, je suis lâche… oui, je le sens… cette pensée, que mon cruel sacrifice aura du moins assuré le bonheur de Jeane, ne suffira pas à me consoler de notre séparation, hélas ! éternelle. J’aurai, je le prévois, à lutter contre des accès de douloureuse défaillance, de désespoir atroce ; je ne trouverai pas, dans l’accomplissement du plus sacré des devoirs, dans la satisfaction de moi-même, cette puissance de résignation qui fait le calme des âmes fortes ; non, il ne se passera pas un jour, pas un instant sans qu’au fond de ma nouvelle solitude, solitude morne, désolée, comme mon cœur, je me dise : « Quand j’étais là-bas, à cette heure-ci, j’attendais le moment de voir ma Jeane ; » ou bien : « Je la voyais ; » ou bien : « Je l’avais vue. »

Et, étouffant ses sanglots, Charles Delmare ajoute :

— J’accomplirai mon devoir jusqu’à la fin, j’en jure Dieu ! mais je serai bien malheureux… oh ! bien malheureux !

— C’est vrai, — reprit Geneviève, — c’est vrai, tu es bien malheureux ; mais tu peux te dire qu’il y a quelqu’un de plus à plaindre que toi : c’est moi. Ah ! si tu savais quelle est ma peine de te voir tant souffrir et de ne pouvoir que pleurer avec toi !

— Pardon, bonne mère ! — reprit Charles Delmare plus calme ; — oui, pardon pour mon injustice, pardon pour mon ingratitude ; non, je ne suis pas le plus malheureux des hommes ! Je le serais si je ne t’avais près de moi, toujours dévouée, toujours compatissante à mes afflictions ; non, non, je ne suis pas le plus malheureux des hommes, car, lorsque viendra le jour où je devrai pour jamais me séparer de ma fille, je pourrai du moins te parler d’elle.

Et Charles Delmare, entendant sonner deux heures du matin, ajoute :

— La nuit s’avance, va te reposer, nourrice. Je vais tâcher de m’endormir ; le sommeil réparera mes forces, car demain j’en aurai besoin : je prévois une journée de vives et pénibles émotions. Dans quel état moral retrouverai-je Jeane et Maurice ? Ah ! ces pauvres enfants ne causent pas seuls mes inquiétudes. M. Dumirail lui-même, ce soir…

Et, s’interrompant :

— Cherchons d’abord le sommeil, raffermissons-nous pour une nouvelle lutte peut-être ! Bonsoir, nourrice ! bonsoir, bonne mère ! à demain !

Geneviève regagna la cuisine, où elle couchait ; Charles Delmare s’étendit sur son lit. Bientôt la nourrice et son fieu trouvèrent dans le sommeil l’oubli momentané de leurs peines.

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