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Chapitre 54 Fer contre fer.

Heureux ceux qui s’aiment et qui voyagent ensemble !
Est-il rien de plus délicieux que de rouler côte à côte au galop égal et rythmé de chevaux rapides, de se perdre au détour des chemins pour se retrouver bientôt, d’échanger un regard, un sourire, lorsqu’une voiture dépasse l’autre, de rompre le pain de l’hospitalité voyageuse et, toujours séparés, d’être pourtant toujours ensemble !

Cette joie irritante électrisait le prince, et Zénaïde elle-même, au bout de quarante-huit heures, ne s’interrogeait plus. Elle aimait de toutes ses forces et dans la quiétude de son âme. Mais aussi, que de moyens délicats et discrets le prince ne trouvait-il pas de lui prouver combien elle était présente à ses pensées ! Ce voyage fut pour eux un enchantement, une de ces choses que, devenu vieux, en tisonnant dans les cendres de ses souvenirs, on retrouve comme une étincelle ardente, éclairant d’une lueur joyeuse l’abîme grisâtre du passé !

Il leur fallut se séparer pourtant. Le prince n’osa suivre la comtesse tout le long de la route et gagna Moscou pour prendre le chemin de fer, tandis que Zénaïde, pour la première fois de sa vie, maudissait le voyage en poste et l’inévitable fourgon de bagages, avec la cuisine portative.

Les deux jeunes gens ne furent pas longtemps sans se revoir. Le soir même de l’arrivée des deux dames à Saint-Pétersbourg, Chourof se présenta chez la comtesse pour s’informer de sa santé.

La noble dame se hâta de renvoyer sa fille, qui, pour se consoler, alla dans la grande salle jouer à tour de bras sur le piano désaccordé par sa longue solitude.

— Avez-vous appris quelque chose ? dit la comtesse avec empressement.

— Mon Dieu non ! Je n’ai osé me montrer dans le voisinage de mademoiselle Gorof, de crainte de nuire là où je voudrais être utile. Mais à y bien réfléchir, je soupçonne fort le Tchoudessof d’être pour quelque chose là-dedans.

— Oh ! s’écria la comtesse scandalisée, se pourrait-il qu’un homme bien élevé, un homme qu’on reçoit dans une société respectable, fût capable d’une telle infamie !

— J’en sais plus long que d’autres sur ce monsieur, répondit Chourof. Jadis je me suis tu, n’ayant pas qualité pour parler ; maintenant que je suis compromis, si j’achevais de couper les oreilles à ce joli personnage ?

Malgré les efforts du prince pour la convaincre, et le récit qu’il lui fit des détails communiqués par son ami le sénateur, la comtesse ne voulut pas prendre au sérieux cette dernière proposition.

— Ce que je ne comprends pas, dit-elle, c’est qu’il ait pu en imposer à des gens de bien ; je vous avouerai que je n’ai jamais eu de sympathie pour lui. On me l’avait présenté comme un homme honorable et fort épris de ma nièce ; croyant faire le bonheur de tous les deux, j’avais surmonté mes répugnances, mais j’ai été heureuse que l’événement vint me donner raison.

Chourof, stupéfait, regarda la comtesse. Elle était dans son bon sens et pleinement convaincue : on l’eût hachée menu comme chair à pâté sans lui persuader qu’elle avait jadis pensé d’une façon bien différente.

— Enfin, se dit-il, quand elle sera ma belle-mère, j’essaierai de lui faire entendre raison.

Le prince, on le voit, avait gardé, à trente-deux ans, toutes les illusions de la jeunesse.

Le lendemain matin, Vassilissa fut réveillée par un télégramme. Sa tante était à Saint-Pétersbourg et désirait la voir. Un messager manda Maritsky ; il arriva sans perdre un moment.

— C’est la réponse à ma lettre, dit-il.

— Tu avais donc écrit ?

— Oui. Puisqu’elle est venue elle-même, au lieu d’écrire, c’est qu’elle est bien disposée. Vas-y sans crainte ; je suis retenu en ce moment par mon service ; mais dans l’après-midi, j’irai te rejoindre.

Le cœur plein d’angoisse, Vassilissa partit avec sa mère pour se rendre chez sa noble tante. Elle la connaissait bien et savait, à n’en pas douter, qu’elle allait subir une scène désagréable, – après quoi, peut-être obtiendrait-elle une éclatante réhabilitation.

— Il y a pourtant, pensa l’orpheline, des paroles que je ne peux pas prononcer. Je serai soumise, je lui demanderai pardon de l’avoir quittée. Mais si elle veut que je me repente de n’avoir pas consenti à promettre sans savoir ce que je promettais, je ne pourrai pas le faire !

À l’arrivée du train, elle trouva dans la gare le valet de pied de sa tante, qui l’attendait avec l’équipage. Du moment où elle devait épouser Maritsky, la comtesse ne pouvait permettre que sa nièce s’encanaillât dans une voiture de louage. Si elle avait dû épouser Tchoudessof ou le policier du gouvernement de N…, c’eût été bien différent, et la voiture de louage, loin d’encanailler Vassilissa, eût été le véhicule approprié à sa situation ; mais noblesse oblige !

La comtesse attendait sa nièce de pied ferme. Elle aussi se préparait à la bataille. Elle tenait dans sa main l’honneur et le mariage de Vassilissa et comptait ne les lâcher que donnant donnant. Il lui fallait une soumission et un repentir absolus. Dès l’entrée de sa nièce, elle comprit que la victoire lui serait chèrement disputée.

Annoncée par un domestique, mademoiselle Gorof entra dans le petit salon de sa tante. Sa mère, à qui la crainte et le chagrin donnaient l’air d’une brebis en peine, marchait sur ses talons. Elle fit un profond salut à sa tante, qui s’était levée, et s’approcha pour lui baiser la main, comme autrefois. Il ne convenait pas à la comtesse d’ouvrir les hostilités ; elle se prêta à cet acte de déférence et se rassit, après avoir indiqué des sièges à ses parentes, puis elle attendit les excuses de sa nièce.

Vassilissa comprit que le moment critique était arrivé ; de ce qu’elle allait dire dépendait le bonheur de sa vie. Toute pâle, baissant les paupières pour contenir l’éclat de ses yeux bleus, animés par la fièvre et par sa colère intérieure, elle parla d’une voix distincte :

— Ma chère tante, dit-elle, je reconnais combien j’ai été coupable en abandonnant votre maison. Je vous en fais mes excuses ; je regrette d’avoir si mal agi envers vous, et je vous demande pardon pour la peine, l’inquiétude et le mécontentement que je vous ai causés.

Elle avait prononcé cette phrase tout d’une baleine ; elle s’arrêta et attendit une réponse. Le visage de la comtesse exprimait un étonnement mêlé de colère, – et cependant, en elle-même, elle admirait l’excellente tenue de la jeune fille, sa dignité modeste, la grâce de son maintien, ces choses-là étaient son œuvre à elle, le fruit de ses efforts ; elle glissa un regard de pitié sur la pauvre madame Gorof, qui pleurait comme une fontaine dans son mouchoir, et se demanda comment cette oie avait pu pondre un cygne. Mais ces satisfactions purement extérieures ne calmaient pas son orgueil blessé ; l’irritation prit le dessus.

— Est-ce là tout ce dont vous avez à me demander pardon, mademoiselle ? dit-elle d’une voix sèche.

— Je sens très bien, ma tante, répondit la jeune fille, que le mauvais exemple de ma révolte était pernicieux pour ma cousine Zina… Ses paupières palpitèrent sur ses yeux, mais elle refoula les larmes jaillissantes… Elle va bien, ma tante ? dit-elle d’une voix émue ; me sera-t-il permis de voir ma chère Zina ?

La comtesse triompha au spectacle de l’émotion de sa nièce.

— Zina va bien ! fit-elle d’un air détaché. Nous verrons tout à l’heure s’il y a lieu de vous permettre de la voir. Alors, vous comprenez que vous avez manqué à tous vos devoirs envers moi ?

— Oui, ma tante.

— Précisez.

— Je comprends que je n’aurais pas dû permettre à Zina de seconder ma fuite, que dussé-je mourir, je n’avais pas le droit d’exposer une fille à déplaire à sa mère… je vous demande pardon de mes offenses et j’attends tout de votre bonté.

Cette dernière phrase toucha particulièrement la comtesse par son élégance.

Décidément, cette jeune fille était admirablement élevée. Mais des causes de la rébellion de Vassilissa, pas un mot ! Persisterait-elle par hasard à se croire innocente et persécutée ? L’insoumission et le manque de confiance allaient-ils reparaître au moment où cette malheureuse enfant avait le plus grand besoin de sa bienfaitrice outragée ?

La comtesse, malgré son indignation secrète, ne voulut pas brusquer les choses et préféra démontrer préalablement à sa nièce la nécessité de se confier à sa générosité. Laissant de côté la question de pardon, elle entama une homélie longuement préparée.

— La Providence, dit-elle, n’a pas tardé à vous punir de votre ingratitude. À peine aviez-vous échappé à la protection de mon toit, que vous étiez déjà en butte à la calomnie. Votre évasion même a donné lieu aux suppositions les plus inconvenantes : on a prétendu que le prince Chourof vous avait accompagné dans votre fuite.

— C’est faux ! s’écria madame Gorof, sortant enfin de son mouchoir son visage ruisselant de larmes.

— Je le sais bien, répliqua la comtesse avec hauteur. Si je croyais que ce fût vrai, ma nièce ne serait pas en ma présence.

Elle continua, s’adressant à Vassilissa :

— Vous voyez combien le monde est disposé à juger sévèrement celles qui tentent de se soustraire à ses lois ; non seulement cette calomnie a trouvé un inventeur – je n’ai pas besoin de vous dire que si je puis le découvrir, il sera traité comme il le mérite – mais ce qui est plus triste encore, elle a trouvé des gens disposés à l’admettre ; de sorte que, sans avoir à vous reprocher ce dont on vous accuse, vous êtes justement punie pour une autre faute : votre insoumission envers moi.

Vassilissa baissait la tête ; madame Gorof s’était replongée dans son mouchoir.

La comtesse continua avec une satisfaction intime :

— Par la voie anonyme, méprisable entre toutes, les parents de votre fiancé ont été informés de ce que votre fuite inconvenante avait fait penser de vous ; M. Maritsky, avec une sagesse que je loue, s’est adressé à moi comme à la seule personne qui pût vous défendre et vous protéger. Il sait, m’a-t-il écrit, qu’un mot de moi, que ma présence à votre mariage anéantirait ces bruits fâcheux. Donc, je puis vous rendre l’honneur et vous donner la joie de devenir la femme d’un honnête homme, d’un homme du meilleur monde ; je suis prête à le faire, mon enfant, et avec plaisir, mais je suis lasse de voir mes bontés payées d’ingratitude. Si vous voulez que je prononce ce mot, méritez-le par un aveu sans restriction, humble et complet, de tous vos torts passés, de toutes vos injures à mon égard.

La comtesse se tut. Le silence régna dans le petit salon, interrompu seulement par les sanglots étouffés de madame Gorof.

— Ma tante, dit Vassilissa de sa voix claire, je suis au désespoir de ne savoir mieux exprimer ce que je ressens et de ne pouvoir me faire comprendre. Je vous l’ai déjà dit, et je vous le répéterai sans cesse, j’envisage pleinement l’étendue de mes torts envers vous et envers ma cousine ; je suis pénétrée de reconnaissance pour votre générosité, aussi bien dans les choses morales que dans les choses matérielles ; je vois qu’en vous quittant comme je l’ai fait, non seulement j’ai agi d’une manière imprudente aux yeux du monde, mais encore coupable envers vous, qui remplaciez ma mère…

— Mais, s’écria la comtesse, qui se leva, les yeux brillants de rage, vous ne voulez pas avouer que votre fol entêtement et votre orgueil infernal ont été la première cause de ces torts que vous énumérez si complaisamment ?

Vassilissa leva la tête, et leurs yeux se croisèrent : fer contre fer.

— Je ne puis avouer cela, ma tante, dit-elle courageusement. Si vous ne m’aviez demandé que ce qu’on peut exiger d’une enfant soumise et respectueuse, j’aurais obéi.

— J’ai donc trop exigé ? cria la noble dame.

Vassilissa baissa les yeux et ne répondit pas.

— Soumets-toi, ma fille, fais ce que veut la comtesse, murmura madame Gorof totalement anéantie en tirant sa fille par sa robe.

Vassilissa semblait sourde et muette.

— Taisez-vous, dit brutalement la comtesse à sa pauvre cousine, qui tressaillit et se fit imperceptible, cela ne vous regarde pas. J’ai outrepassé mes droits ? dit-elle à sa nièce d’un ton menaçant.

La jeune fille resta immobile.

— Répondez ! cria la tante en fureur. C’est là ce que vous voulez dire ? Répondez, je vous l’ordonne !

Vassilissa leva la tête d’un air assuré et ouvrit enfin la bouche :

— Puisque vous voulez que je réponde, ma tante, je pense que vous avez exigé de moi plus qu’il n’était juste et raisonnable.

La fureur de la comtesse tomba soudain, remplacée par une ironie amère, implacable. Elle s’assit tranquillement et croisa ses mains sur sa robe.

— Ainsi, dit-elle, voilà une demoiselle que j’ai prise chez moi à l’âge de quelques mois, orpheline, sans un sou, condamnée à végéter dans un institut de province et à se placer ensuite comme gouvernante à trois cents roubles par an chez quelque hobereau campagnard. Je la prends en pitié, elle entre chez moi comme ma fille, je lui donne une gouvernante, des maîtres, des talents, des plaisirs, des toilettes, des bijoux, tout ce qui constitue non seulement le bien-être, mais le luxe ; elle acquiert, grâce à mes soins, des manières convenables ; je lui permets d’avoir pour amie la comtesse Zénaïde Koumiassine, ma fille, – et pour me remercier de tant de bienfaits, le jour où j’exige d’elle une marque de soumission purement apparente, elle me la refuse avec éclat et m’injurie ! Car, sachez-le, mademoiselle, et rougissez éternellement de votre faute, cette promesse que je vous demandais, c’était une épreuve, rien qu’une épreuve, et vous n’avez pas seulement voulu avoir l’honneur d’en sortir triomphante !

Depuis une minute, Vassilissa combattait avec peine un tremblement nerveux.

— Et Tchoudessof, était-ce aussi une épreuve ? dit-elle.

Muette d’indignation, la comtesse regarda sa nièce sans pouvoir répondre.

— Jusqu’au jour où, malgré mes prières, malgré mon refus formel, vous avez accordé ma main à ce monsieur, qui n’avait ni âme ni conscience, que son éducation et ses habitudes mettaient autant au-dessous de ce que je suis, grâce à vous, que le domestique est au-dessous de son maître, j’ai eu en vous, ma tante, la même foi qu’en Dieu. Je fusse morte pour vous défendre contre quiconque vous eût jugée capable d’une injustice !

Vassilissa prononça ces derniers mots avec une animation fiévreuse.

— Et depuis ? fit la tante, toujours ironique.

— Depuis, j’ai pensé autrement.

— Et qu’avez-vous pensé ? dit la comtesse du plus haut de son orgueil.

— J’ai pensé que si ma tante était toujours bonne et généreuse, elle tenait par-dessus tout à se voir obéie ; j’ai pensé que si des circonstances indépendantes de la volonté de ma faute n’étaient pas venues rompre ce mariage, je serais à cette heure dans la tombe ou bien mariée à Tchoudessof…

— Eh bien ! le beau malheur ! interrompit la comtesse.

— Et si je n’étais pas morte avant, j’aurais tué de ma main cet être vil et méprisable qui, pour se venger, se sert de l’anonyme…

La comtesse tressaillit : c’était aussi l’opinion du prince.

— Qui vous a dit que ce soit lui ?…

— Je l’ai vu, il est venu à Pavlovsk pour voir comment je portais mon infortune ; il se réjouissait de la pensée de me voir triste et pâle… Je l’ai laissé me regarder bien à son aise, et alors je lui ai dit ce qu’il est : lâche, vil et calomniateur ! Il n’a rien répondu.

Inconsciemment, Vassilissa avait élevé la voix ; ses yeux bleus lancèrent une flamme, et elle se tut. Sa tante ne trouvait rien à dire ; peut-être sans le savoir rendait-elle hommage au sang aristocratique qui bouillonnait dans ce jeune cœur. Malheureusement pour elle, la jeune fille reprit :

— Et voilà l’homme dont je devais porter le nom ! Après avoir vu jusqu’à quel point vous voulez être obéie, ma tante, j’ai craint de m’engager dans une seconde épreuve. La première fois, je n’avais rien promis. Que serait-il arrivé la seconde, si je m’étais laissé imprudemment lier ?

— C’est cela, dit la comtesse ; méfiance et ingratitude ! Fidèle à votre devise, vous y ajoutez encore l’insulte ! Et vous refusez de vous excuser ?

— Pour cette méfiance ? Oui, ma tante, je le refuse. Cette méfiance était juste et fondée.

— Je suis donc un monstre, la plus perverse des femmes ? dit froidement la comtesse.

— Non, ma tante, vous en êtes la meilleure, et je ne puis cesser de vous aimer, quelle que soit votre injustice ; mais vous voulez être obéie sans restriction ; il n’est ni de ma dignité ni de mon honneur d’obéir à une volonté despotique.

— Despotique ! s’écria la comtesse avec emportement : elle se calma. – Votre honneur ? reprit-elle, c’est bien peu de chose en ce moment ; je le tiens dans ma main, que je puis garder fermée, si bon me semble. Que je retourne à la campagne sans avoir rien dit, sans avoir rien fait, votre honneur est mort et votre mariage rompu.

— Vous n’en avez pas le droit, ma tante.

— Comment ! je n’en ai pas le droit ? J’ai le droit de parler ou de me taire, suivant mon bon plaisir.

D’un geste ample et superbe, la jeune fille montra le ciel.

— Au-dessus de votre bon plaisir, il y a Dieu et le devoir ! Votre devoir est de sauver une innocente de l’infamie imméritée.

— Et si je ne veux pas sauver une insolente d’un châtiment mérité ? dit la comtesse blême de rage.

— Dieu vous jugera ! car en cachant la vérité, vous seriez complice de l’infamie.

— Sortez ! cria la comtesse en frappant du pied.

Vassilissa s’inclina devant elle et sortit la tête haute.

Madame Gorof essaya de balbutier quelques excuses, mais la comtesse impatientée la repoussa.

— Vous avez mis ce monstre au monde, lui dit-elle, tâchez de lui faire entendre raison.

Madame Gorof sortit plus morte que vive.

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