‹ Les Mémoires de M. GoronChapitre 34 sur 48 · Partie 3 · Brigands de grands chemins

Partie 3 · Brigands de grands chemins

La bande Catusse avait des ramifications dans tous les mondes ; Jeanolle, le voleur ganté et en habit noir, représentait parmi les affiliés l’élément mondain ; Grison, dont je vais parler, représentait la basse pègre et les classiques bandits de grands chemins.

Àla tête de hardis gredins, il avait longtemps exploité Pantin et ses environs. Et sa bande avait la spécialité des attaques nocturnes et des vols à main armée.

Toute la banlieue Nord-Ouest de Paris fut terrorisée par elle pendant de longs mois.

Ces bandits pénétraient audacieusement dans les maisons, le revolver au poing, arrêtaient les passants sur les routes en plein jour et n’hésitaient pas à échanger des coups de revolver, avec les gendarmes qu’ils rencontraient, tout comme les voleurs d’autrefois qui fusillaient la maréchaussée.

Grison, qui avait à peine vingt-deux ans, était un garçon d’une force herculéenne et d’une énergie morale extraordinaire.

Il avait eu un duel resté célèbre à Montmartre et à la Chapelle, avec Allorto, l’assassin d’Auteuil, dont j’ai déjà parlé, le complice de Sellier. À la suite d’une querelle où ils se disputaient le titre de chef « des voleurs de la Chapelle, » ils avaient tiré leurs couteaux et, sous les yeux des camarades, un combat sinistre avait commencé.

Au petit jour, Allorto fut ramassé par les agents, le corps criblé de huit coups de couteau.

On peut s’imaginer l’ascendant qu’un homme de l’espèce de Grison devait avoir sur toute la pègre qui lui obéissait.

Le service de la Sûreté avait eu le plus grand mal à s’emparer de lui : l’inspecteur Gaillarde, pour l’arrêter, avait dû mettre le revolver à la main et appeler à son aide de nombreux gardiens de la paix, qui n’avaient pu s’emparer du brigand qu’après une lutte acharnée.

Grison, qui était passé devant la cour d’assises, avait été condamné aux travaux forcés à perpétuité pour vols à main armée, tentatives de meurtre, que sais-je encore ? toutes les herbes de la Saint-Jean, quoi ! Cependant, il n’avait pas été dirigé sur un pénitencier, où il aurait attendu le départ pour la Guyane, car il n’avait point réglé tous ses comptes avec la justice.

Il était compromis dans une nouvelle affaire et on le gardait pour tâcher d’obtenir au moins des éclaircissements sur le compte de ses complices ; on le menait deux ou trois fois par semaine, de la Grande-Roquette, où il était interné, au Palais de Justice, où il était interrogé par M. Bedorez. Un beau jour, on l’amena, selon l’usage, à la traditionnelle Souricière ; il s’y montra extrêmement calme et fut confié à un garde de Paris un peu naïf dont il gagna la confiance en lui parlant, avec un abandon très bien joué, de ses remords et des fatalités de la vie qui font qu’un homme qui aurait voulu rester honnête en arrive à avoir maille à partir avec la justice.

Vers cinq heures, en ayant reçu l’ordre, le garde le fit monter dans le couloir du juge d’instruction et s’assit à côté de lui, en face du cabinet de M. Bedorez. On attendit longtemps, tout en causant.

Enfin, Grison dit au garde :

— Allons, il faut que j’en fasse mon deuil, je ne mangerai pas ce soir ; quand je rentrerai là-bas, l’heure de la soupe sera passée ; voyons, monsieur le garde, est-ce que vous ne pourriez pas faire presser un peu le mouvement ?

Le garde, qui était tout à fait bon enfant, se leva, entr’ouvrit la porte de M. Bedorez et, pendant quelques secondes, parlementa avec lui pour savoir ce qu’il devait faire de son prisonnier.

— Eh bien, soit, faites-le entrer tout de suite, dit le juge.

Le garde se retourna. Grison avait disparu.

— Monsieur le juge, il est parti ! fit le municipal ; et il s’affaissa en pleurant sur son banc.

Pendant ce temps, Grison faisait du chemin ! Rapidement, il gagna l’escalier qu’il dégringola le plus vite qu’il put, traversa la cour de Mai et sortit par la grande grille du Palais.

Mais en arrivant sur le boulevard du Palais, il heurta un vieux monsieur qu’il renversa ; celui-ci se mit à se répandre en plaintes violentes et la foule s’amassa autour d’eux. Alors Grison, comprenant le danger, joua des poings et se mit à courir de toutes ses forces vers le quai aux Fleurs.

Pendant ce temps, le garde, revenu de son évanouissement, avait prévenu le poste du Palais de Justice ; des municipaux se mirent à courir à la poursuite du fuyard et fouillèrent toutes les rues voisines.

Malheureusement toutes les recherches furent vaines, Grison demeura introuvable.

Le service de la Sûreté avait, encore une fois, la tâche de rattraper cet évadé.

Mais Grison était un de ces entêtés dans la lutte contre la société qui ne quittent jamais Paris ; ce n’était pas un de ces internationaux, comme Ménégant, ayant des refuges tout prêts à Londres et à Bruxelles.

Je chargeai trois agents, Tréard, Latrille et Blanchet, qui avaient la spécialité de vivre, quand il le fallait, dans la basse pègre, de rechercher Grison. Latrille était un des agents qui avaient su arrêter Ribot et Jeantroux, les assassins de la rue Bonaparte ; nul n’avait plus d’habileté que lui pour se glisser dans les cabarets louches fréquentés par les cambrioleurs de profession.

Quelques jours à peine après l’évasion de Grison, les attaques nocturnes et les vols à main armée reprenaient de plus belle dans la région de Pantin ; il était certain que ce Fra Diavolo avait réorganisé, dans le pays même qui avait vu ses anciens exploits, une nouvelle bande aussi audacieuse et aussi dangereuse que l’ancienne. Les investigations des agents se portèrent donc plus spécialement du côté de Montmartre, de la Chapelle, de Pantin et de Saint-Ouen. Au bout d’une quinzaine de jours d’une chasse patiente, ils parvinrent à retrouver les traces de Grison ; on l’avait vu dans tous les cabarets borgnes qui avoisinent les fortifications. Pendant trois jours, on le suivit à la piste de bouge en bouge, de taudis en taudis.

Enfin, une après-midi de juin, vers cinq heures, les trois inspecteurs reconnurent le chef de la bande de Pantin, qui buvait en compagnie de sept ou huit autres gredins de son espèce, dans un cabaret borgne hors des fortifications, dans la zone militaire, près de la poterne de Saint-Ouen.

Ce bouge, bien connu de la police, portait, dans le parler pittoresque des malfaiteurs qui pullulaient encore dans cette région, le nom pittoresque de : « La boîte à Pierre le Voleur. »

Les trois agents hésitèrent un instant sur le parti à prendre ; ils savaient quels gaillards déterminés étaient ces bandits, toujours prêts à jouer du revolver ou du couteau.

Trois contre huit, la disproportion était vraiment trop grande ; de plus, s’ils ne parvenaient pas à mettre immédiatement la main sur Grison, le bandit pouvait s’enfuir à travers champs. Il ne fallait point songer à une poursuite en pleine campagne. Si Grison sortait de « la boîte à Pierre le Voleur » il était sauvé. Jamais on ne l’aurait rattrapé, dans ce dédale de bicoques, de petits murs, de fossés qu’il connaissait à merveille. Aussi nos trois hommes résolurent-ils d’envoyer chercher du renfort.

Pendant que Tréard et Latrille restaient en observation, surveillant toutes les issues du cabaret, Blanchet courut au poste de la rue Marcadet et revint avec quatre gardiens de la paix qui mirent sabre au clair, et gardèrent les portes de la maison.

Alors il se passa une scène de mélodrame.

Pendant que les gardiens de la paix font le guet, mes trois agents pénètrent brusquement dans « la boîte à Pierre le Voleur », et d’un bond s’élancent sur Grison. Mais celui-ci a vu les agents ; vivement, il se jette de côté, et, tirant un revolver de sa poche, fait feu, presque à bout portant. De leur côté, ses camarades, revenus de leur surprise, sortent leurs armes, et tiennent tête à Latrille, à Tréard et à Blanchet ; ceux-ci ripostent, et c’est dans l’étroite bicoque, pendant quelques minutes, une véritable fusillade.

Un des agents a même la main droite traversée par une balle, un autre a son chapeau enlevé.

Pendant ce temps, Grison, qui a déchargé les six coups de son revolver, saisit son couteau, une large lame catalane qui avait vingt centimètres de longueur, et il se fraye un chemin jusqu’à la fenêtre, par laquelle il saute et s’enfuit dans un terrain vague.

Mais l’agent Tréard l’a vu ; il saute derrière lui et, comprenant qu’il ne pourrait le rejoindre, il lui tire un coup de revolver.

Grison tombe, une balle l’a atteint à la cuisse droite. L’agent court, il va le saisir ; mais le bandit s’est relevé et son couteau brille toujours dans sa main.

— À bas le couteau ! dit Tréard en braquant son revolver sur Grison, ou je te casse la tête.

L’agent avait dit cela avec une telle autorité que le forçat, après avoir hésité une seconde, comprenant que Tréard était capable de tirer, jette son couteau et tend lui-même ses mains au cabriolet.

Pendant que cette scène se passait, les gardiens de la paix arrêtaient le reste de la bande.

On ficela soigneusement Grison et on me l’amena à la Sûreté.

— Allons ! disait-il, en entrant, où est-il ce Goron, que je lui casse la gueule ?

Mais toutes ces violences et toutes ces bravades ne furent qu’un feu de paille, car il souffrait beaucoup de la balle qui lui était entrée dans la cuisse.

On voulait aller chercher un médecin, il s’y opposa.

— C’est vous qui me l’avez foutue, dit-il, c’est à vous de me la retirer !

Alors, Gaillarde prit un canif et fut assez adroit pour extraire la balle. Le bandit était satisfait, et il consentit à se laisser panser ensuite par le médecin du Dépôt.

Il ne fut pas d’ailleurs malade une seule journée, et peu de temps après il repassait en cour d’assises, où il était condamné une seconde fois aux travaux forcés à perpétuité. Je crois qu’il est le seul qui, dans la même session, ait ainsi cumulé.

Celui-là non plus ne s’est pas échappé du bagne.

Il est à remarquer que ce sont les condamnés qui se sont signalés par de hauts faits demeurés célèbres qui deviennent les plus obscurs des forçats, et, parmi ceux qui sont arrivés à Cayenne, avec une légende d’audace et de courage, il en est peu qui soient parvenus à s’enfuir.

J’ai assisté à une autre arrestation, tout aussi mouvementée, et le bandit auquel mes agents et moi mîmes la main au collet, était aussi courageux que Grison.

Àla suite d’une enquête minutieuse, faite par des agents de mon service, j’avais appris qu’un nommé Godard et sa bande, de dangereux voleurs, qui venaient notamment de dévaliser une boutique de bijouterie au faubourg Saint-Antoine, logeaient dans un petit hôtel de la rue Traversière.

Je savais que Godard, et ses quatre ou cinq associés, ne dormaient qu’avec revolvers et couteaux à portée de leur main. Je pris donc des précautions en vue d’une bataille possible.

J’arrivai à cinq heures du matin, au petit jour, devant l’hôtel, avec un nombre suffisant d’agents, et je laissai un peu plus loin les voitures qui nous avaient amenés, afin de ne pas donner l’éveil.

Je plaçai, dans la rue, Girodot et quelques hommes, avec la consigne absolue, s’ils étaient obligés de faire usage de leurs armes, de ne tirer qu’en l’air.

Puis, avec Rossignol et le reste de ma troupe, j’entrai dans l’hôtel et vins frapper à la porte de la chambre où étaient Godard et ses compagnons.

« Au nom de la loi, ouvrez ! » criai-je de toutes mes forces.

Comme nous n’avions entendu qu’un juron pour toute réponse, les agents brisèrent la porte, mais pas assez vite, heureusement, car sans cela nous aurions reçu une furieuse bordée de coups de revolver.

Toutes les premières balles tirées par Godard et sa troupe vinrent s’incruster dans le bois.

Enfin, la porte céda, nous entrâmes, et, aussitôt, les bandits qui étaient là, jetant leurs couteaux et leurs revolvers, se rendirent à merci.

Seul, Godard, enjambant la fenêtre, avait attrapé la gouttière et, faisant un rétablissement extraordinaire sur les poignets, était grimpé sur le toit.

Au même moment, Girodot et ses hommes qui, de la rue, avaient entendu la pétarade dans l’intérieur de la maison, apercevant un individu sur le toit, se souvinrent de la consigne qui leur avait été donnée de tirer en l’air !… Et Godard reçut deux balles dans les fesses !

Néanmoins, cela ne paraissait pas le gêner beaucoup, car à toutes les sommations qui lui étaient faites de se rendre, il répondait par un geste canaille de gamin de Paris.

Alors Rossignol, avec un courage de zouave montant à l’assaut, suivit le bandit sur le toit et s’élança sur lui. Godard, apercevant ouverte la petite porte d’un grenier, s’y réfugia.

Là, s’engagea une lutte épique entre les deux hommes ; mais Rossignol était doué d’une poigne vigoureuse. Quand nous arrivâmes à son aide, Godard était déjà ligotté et dans l’impuissance de se défendre plus longtemps.

Cependant, les détonations avaient attiré l’attention de la foule des travailleurs qui, à cette heure matinale, traversent ce quartier populaire pour se rendre à l’atelier. Des groupes s’étaient formés devant l’hôtel et, très vite, ils devinrent menaçants.

Un bruit courait de bouche en bouche : « Ce sont des agents qui assassinent de pauvres gens. »

Et comme il arrive toujours en pareil cas, en quelques secondes, une légende s’était faite, et l’on disait que les hommes sur lesquels les agents avaient tiré n’avaient commis d’autres délits que des délits politiques.

Quand j’apparus sur le seuil de la porte de l’hôtel, je fus salué par un cri formidable de :

— À bas la police !

Aussitôt, marchant sur le groupe le plus hostile, je m’écriai :

— Eh bien ! c’est du joli, maintenant ! voilà le faubourg Saint-Antoine qui se met à prendre parti pour les voleurs et les assassins ! Vous ne savez donc pas que ceux que nous venons d’arrêter sont des voleurs qui ont dévalisé un bijoutier de votre quartier ? Vous ne savez donc pas qu’ils ont tiré sur nous ?

Un petit frémissement courut dans la foule ; des gens se parlèrent à l’oreille et firent des signes d’acquiescement.

En même temps, je m’étais mis à distribuer des pièces de vingt sous à deux ou trois moutards, en leur donnant la mission d’aller chercher nos voitures.

Je compris, ce jour-là, à quel point les revirements de la foule sont rapides.

— Mais oui, il a raison !

— Vive Goron !

— Vive la police ! criait-on de tous côtés.

Àce moment, parut Rossignol, précédant son prisonnier. Rossignol était très connu dans ce quartier en sa qualité de gavroche parisien. Ses hauts faits y étaient célèbres.

Quand on le vit les mains pleines de sang, il y eut un murmure de colère et d’indignation dans la foule.

— Ah ! ce pauvre M. Rossignol !

— À mort l’homme !

— À mort l’assassin !

Je dois à la vérité de déclarer que le sang que Rossignol avait sur les mains était du sang de Godard.

Néanmoins, j’eus beaucoup plus de peine à protéger mes prisonniers contre un lynchage possible que je n’en avais eu à faire revenir la foule de ses préventions contre la police !

— Allons, mes amis, disais-je, je vous en supplie, ces hommes sont des prisonniers : ils doivent être sacrés.

Je n’eus, en réalité, que le temps d’empiler agents et prisonniers dans les fiacres, et de faire conduire le tout au poste de l’avenue Daumesnil, où je procédai à un premier interrogatoire.

Je me souviendrai toujours du premier mot que me dit Godard.

— Salaud ! tu as de la veine que j’aie pensé à ma mère ! Je t’ai visé deux fois avant de jeter mon revolver, mais j’veux pas monter à la butte parce que ça lui ferait trop de peine ?

Malgré cette entrée en conversation, plutôt bizarre, je fus bientôt obligé de m’occuper de celui qui avait failli devenir mon assassin.

Tout à coup, malgré son énergie, il trembla sur ses jambes, fut pris de coliques violentes et de souffrances intolérables.

Je le ramenai immédiatement à la Sûreté et envoyai un de mes agents chercher mon médecin, qui prodigua ses soins au prisonnier.

Godard semblait stupéfait qu’on ne l’achevât pas. Rien ne caractérise mieux les idées extravagantes que se font sur la police les misérables qui ont engagé la lutte contre la société que ce mot de lui :

— Quoi ! me dit-il avec un étonnement sincère, vous êtes donc des hommes !

Ce malheureux s’aperçut alors, comme je l’ai déjà dit plusieurs fois, qu’un sentiment de pitié profonde pour les malfaiteurs arrêtés anime les gens de police qui considèrent comme des vaincus quand ils se sont rendus les bandits les plus odieux et les traitent comme tels.

Godard avait reçu deux balles : l’une put être extraite immédiatement ; l’autre, malheureusement, avait pénétré dans la vessie.

Les blessures de ce genre sont souvent mortelles ; mais les brigands de cette espèce ont, comme on dit vulgairement, l’âme chevillée dans le corps. Godard était guéri quand il comparut devant la cour d’assises, où il ne fut d’ailleurs condamné qu’à douze ans de travaux forcés. Il eût été possible de requérir contre lui la peine de mort, attendu qu’il avait tiré des coups de revolver sur des agents de l’autorité dans l’exercice de leurs fonctions.

Mais j’estimai que les deux balles qu’il avait reçues étaient une punition suffisante. J’objectai au juge que mes agents avaient très vite jeté bas la porte et qu’il n’était pas prouvé que Godard et les siens eussent entendu la formule sacramentelle : « Au nom de la loi, ouvrez ! »

Parmi tant d’autres, j’ai choisi ces deux souvenirs des luttes épiques, des batailles sensationnelles entre brigands et agents de police, pour bien montrer au public que les temps héroïques ne sont pas tout à fait passés pour la police, et que, parfois, ceux qui en ont la charge courent quelques dangers.

Mais, en réalité, ces dangers sont beaucoup moins grands qu’ils ne devraient l’être, étant données, à de rares exceptions près, la lâcheté des malfaiteurs, la terreur qui paralyse le plus grand nombre d’entre eux, dès qu’ils se trouvent en face d’un dépositaire de l’autorité.

Grison, Godard étaient des exceptions ; mais les gens qui les accompagnaient se rendaient tout de suite, à peine après un semblant de résistance !

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