‹ Les Mohicans de Paris Tome IIIChapitre 60 sur 70 · Chapitre 144 Le soir des noces.

Chapitre 144 Le soir des noces.

Dans cette serre embaumée où nous avons vu Pétrus faire, avec tant d’amour, un portrait détruit avec tant de colère, couchée sur une chaise longue, vêtue de l’habit blanc des mariées, pâle comme la statue du Désespoir, mademoiselle Régina de Lamothe-Houdon, ou plutôt la comtesse Rappt, regardait, avec des yeux où se peignait la stupeur, une centaine de lettres éparses autour d’elle.

Celui qui fût entré dans cette chambre ou qui, simplement, eût jeté un regard par la porte entrebâillée, eût compris, en voyant le visage épouvanté de la jeune femme, que la cause de cette terreur muette, c’était la lecture qu’elle venait de faire d’une ou de plusieurs lettres qu’elle avait laissées tomber à terre avec horreur et dégoût.

Elle resta un instant silencieuse et immobile, tandis que deux larmes coulaient lentement de ses yeux sur sa poitrine.

Puis, d’un mouvement brusque automatique, elle fit remonter jusqu’à ses genoux sa main pendante, y prit une lettre encore pliée, la déplia, la porta à la hauteur de ses yeux ; mais, à la troisième ou quatrième ligne, comme si elle n’avait pas la force d’aller plus loin, elle laissa tomber la lettre sur le tapis où gisaient déjà les autres.

Alors elle plongea sa tête entre ses deux mains et médita quelques instants.

Onze heures sonnèrent dans une chambre voisine.

Elle écarta ses mains de son visage et écouta, comptant des lèvres et silencieusement les vibrations du timbre.

Quand le onzième coup eut retenti et se fut éteint, elle se leva, ramassa toutes les lettres, en fit un paquet, et les serra dans une chiffonnière dont elle cacha la clef derrière le pied d’un strélitzia[1] ; puis, allant à la sonnette, elle en tira le cordon d’un mouvement rapide et nerveux. Une vieille femme de chambre parut.

— Nanon, dit la jeune fille, il est l’heure ; allez à la petite porte du jardin qui donne sur le boulevard des Invalides, et amenez ici le jeune homme que vous trouverez attendant devant la grille.

Nanon traversa le corridor, descendit les quelques marches qui conduisaient au jardin, coupa diagonalement gazons et massifs, et, ayant ouvert la petite porte qui donnait sur le boulevard des Invalides, elle passa la tête par l’entrebâillement de cette porte et chercha des yeux celui qu’elle devait conduire près de sa maîtresse.

Pétrus, bien qu’à trois pas d’elle, lui demeurait invisible, effacé qu’il était par un grand orme contre lequel il s’était appuyé et d’où il regardait les fenêtres de Régina.

Chose étrange ! le pavillon qu’habitait la jeune fille n’était point éclairé ; le pavillon qui lui faisait face ne l’était pas davantage ; un voile de deuil semblait jeté de haut en bas sur l’hôtel entier.

La seule fenêtre illuminée d’une faible lueur, d’une lueur pareille à celle qu’une lampe mortuaire fait trembler dans un caveau funèbre, était la fenêtre de l’atelier de Régina.

Que s’était-il donc passé ? Pourquoi donc toute cette vaste maison n’avait-elle pas un air de fête ? pourquoi n’entendait-on pas la musique d’un bal ? pourquoi ce silence ?

En voyant s’ouvrir la petite porte et apparaître la vieille femme de chambre, Pétrus, qui, comme Régina, venait de compter les onze coups du timbre, se détacha de l’arbre auquel il semblait cloué, et demanda :

— N’est-ce pas moi que vous cherchez, Nanon ?

— C’est vous, monsieur Pétrus ; je viens de la part…

— De la princesse Régina, je sais cela, dit le jeune homme impatient.

— De la part de la princesse Rappt, reprit Nanon.

Pétrus sentit un frisson passer dans ses veines ; une sueur froide perla sur son front. Il appuya sa main à l’arbre pour se donner un soutien.

À ces mots : « De la part de la comtesse Rappt », il croyait à un contre-ordre. Heureusement, Nanon ajouta :

— Suivez-moi. Et, démasquant la porte, qu’elle referma derrière lui, elle fit entrer Pétrus dans le jardin.

Quelques secondes après, elle ouvrait la porte de l’atelier, et, dans la pénombre, le jeune homme apercevait sa bien-aimée Régina, ou plutôt, lui sembla-t-il d’abord, le spectre de celle qu’il avait connue.

— Voici M. Pétrus, dit la vieille femme de chambre en introduisant le jeune homme, qui demeura près de la porte.

— C’est bien, dit Régina ; laissez-nous et restez dans l’antichambre.

Nanon obéit, et Pétrus et Régina se trouvèrent seuls.

Régina fit signe de la main à Pétrus de s’approcher ; mais le jeune homme, sans bouger de place :

— Vous m’avez fait l’honneur de m’écrire, madame, dit-il en appuyant sur ce dernier mot avec la dureté impitoyable des amants désespérés.

— Oui, monsieur, dit Régina d’une voix douce, car elle comprenait tout ce qu’il devait souffrir ; oui, j’ai à vous parler.

— À moi, madame ? Vous avez à me parler, le soir d’un jour où j’ai failli mourir de douleur en apprenant que s’était accompli un mariage qui vous lie à tout jamais à l’homme que je hais le plus au monde ?

— Régina sourit tristement, et l’on pouvait lire dans ce sourire : « Et moi donc, croyez-vous que je haïsse moins que vous ? » Puis, tout haut, et avant que ce sourire fût effacé de ses lèvres :

— Prenez le tabouret d’Abeille, dit-elle, et asseyez-vous près de moi.

Dominé par la voix en même temps douce et grave de Régina, Pétrus obéit.

— Plus près, dit la jeune fille, plus près encore… Là ! regardez-moi bien maintenant… oui, ainsi.

— Mon Dieu ! murmura Pétrus, mon Dieu ! que vous êtes pâle !

Régina secoua la tête.

— Ce ne sont point là les fraîches couleurs d’une fiancée, n’est-ce pas, mon ami ?

Pétrus frissonna, comme si ces deux mots : mon ami, étaient un fer aigu pénétrant dans sa poitrine.

— Vous souffrez, madame ? dit-il.

Le sourire de Régina prit une teinte de douleur inexprimable.

— Oui, je souffre, répondit-elle, horriblement !

— Qu’avez-vous, madame ?… Dites-moi ce que vous avez… Je suis venu ici dans l’intention de vous maudire, et me voilà prêt à vous plaindre !

La jeune femme regarda fixement Pétrus.

— Vous m’aimez ? demanda-t-elle.

Pétrus tressaillit, et, tout balbutiant, tout frissonnant :

— Madame… dit-il.

— Je vous demande si vous m’aimez, Pétrus, répéta la jeune femme d’une voix grave jusqu’à la solennité.

— Le jour où, pour la première fois, je suis entré dans cet atelier – et il y a de cela trois mois, madame –, je vous aimais déjà, dit Pétrus ; aujourd’hui, comme il y a trois mois, je vous aime, avec cette différence que, vous connaissant mieux, je vous aime davantage !

— Ainsi, je ne m’abusais pas, reprit Régina, lorsque je m’étais dit à moi-même que vous m’aimiez tendrement et profondément. Les femmes ne se trompent point à cela, mon ami ! Mais aimer tendrement et profondément, ce n’est qu’aimer un peu plus et un peu mieux qu’on n’aime d’habitude ; moi, je veux être pour vous quelque chose de grave et de sacré, de respecté et de cher !… Depuis deux heures, mon ami, je n’ai que vous au monde sur qui m’appuyer, et, si vous ne m’aimez pas à la fois comme l’amant aime l’amante, comme le frère aime sa sœur et comme le père aime sa fille, je ne sais plus qui m’aimerait ici-bas !

— Le jour où je cesserai de vous aimer, Régina, répondit le jeune homme avec la même tristesse solennelle, ce jour-là sera mon dernier jour ; car mon amour et ma vie sont animés du même souffle ! C’est vous qui m’avez sauvé du désespoir dans lequel m’avait plongé cette époque de doute où nous vivons ! Penchant déjà vers l’abîme du néant dont la profondeur vertigineuse attire notre jeunesse, je croyais l’art perdu pour mon pays et je menais cette vie inintelligente des jeunes gens de mon âge ; j’avais renoncé au travail, j’étais prêt à jeter par la fenêtre palette et pinceaux, et à laisser cette force que Dieu m’avait donnée, cette énergie que je sentais en moi se consumer, s’anéantir dans une activité dangereuse ou dans une apathique résignation !… Un jour, je vous rencontrai, madame, et, de ce jour, je revins à la vie, j’eus foi dans mon art ; de ce jour-là, je crus à l’avenir, au bonheur, à la gloire, à l’amour, car votre intelligente bonté me relevait à mes propres yeux et m’ouvrait toutes les routes enchantées de l’existence ! Ne me demandez donc pas, madame, si je vous dois tout mon amour, car je vous répondrai : « Non seulement tout mon amour, Régina, mais aussi toute ma vie ! »

— Dieu me préserve de douter jamais de vous, mon ami ! répondit Régina, dont le visage se couvrit de la rougeur d’une orgueilleuse joie ; je suis aussi sûre de votre affection que vous pouvez être assuré de la mienne.

— De la vôtre ! moi, madame ? s’écria Pétrus.

— Oui, Pétrus, reprit tranquillement la jeune femme ; et je ne pense pas vous rien apprendre de nouveau en vous disant que je vous aime ; si je vous ai interrogé, c’était moins, croyez-moi, pour entendre un serment que je savais m’être fait au fond de votre cœur, que pour écouter quelques paroles d’amour dont j’ai, aujourd’hui surtout, un immense besoin, je vous jure !

Pétrus se laissa glisser de son tabouret à genoux, et, incliné, non pas comme devant une femme qu’on aime, mais comme devant une sainte que l’on adore :

— Écoutez, madame, dit-il à son tour ; vous êtes non seulement la personne que j’aime le mieux, mais encore celle que j’estime, que je respecte, que je vénère le plus au monde !

— Merci, mon ami ! dit Régina en laissant tomber sa main dans celle de Pétrus.

— Et, cependant, dit le jeune homme, pour vous aimer ainsi, convenez qu’il faut que je sois bien insensé !

— Pourquoi cela, Pétrus ?

— Parce que vous n’avez pas eu en moi la confiance que j’ai eue en vous !

Régina sourit tristement.

— Je vous ai caché mon mariage, dit-elle.

Pétrus se tut ou plutôt ne répondit que par un soupir.

— Hélas ! continua Régina, ce mariage, je voudrais le cacher à moi-même. J’espérais toujours que quelque catastrophe imprévue, quelqu’un de ces événements sur lesquels comptent les désespoirs, arriverait, qui l’empêcherait de s’accomplir. Alors je vous eusse dit, pâle et tremblante, comme le voyageur qui vient d’échapper à un danger de mort, je vous eusse dit : « Ami ! voyez comme je suis pâle et tremblante ! C’est que j’ai manqué vous perdre pour toujours ; c’est que nous avons failli être séparés à jamais ! Mais me voilà, rassurez-vous ; aucun péril ne me menace plus, et je suis à vous, bien à vous ! » Les choses n’ont point été ainsi : les jours ont marché leur pas ordinaire, sans événement imprévu, sans catastrophe bienfaisante ; les heures ont succédé aux heures, les minutes aux minutes, les secondes aux secondes ; l’instant fatal est arrivé comme il arrive pour le condamné : après le rejet du pourvoi en cassation, le rejet du pourvoi en grâce, puis le prêtre, puis le bourreau !

— Régina ! Régina ! et que suis-je, moi ?… Pourquoi m’appelez-vous ? Que viens-je faire ici ?

— Vous le saurez tout à l’heure.

Pétrus chercha des yeux une pendule : en ce moment, celle qui était dans la chambre voisine sonna la demie.

— Oh ! dites-le-moi vite, madame, reprit Pétrus ; car, selon toute probabilité, je n’ai plus longtemps à rester près de vous !

— Qu’en savez-vous, Pétrus, et pourquoi répondre à ma tristesse par un mot amer ?

— Mais enfin, madame, vous êtes mariée, mariée d’aujourd’hui ! Votre mari est dans le même hôtel que vous, et il est onze heures et demie du soir…

— Écoutez-moi, Pétrus, reprit Régina ; vous êtes un grand cœur, le noble enfant d’une généreuse terre ; on dirait que vous êtes né et que vous avez vécu dans un autre siècle que le nôtre. Vous avez la bravoure et la candeur, la hauteur et la loyauté des anciens preux qui s’en allaient mourir en terre sainte ; votre candeur n’admet pas la ruse, votre loyauté ne soupçonne pas le mensonge ; incapable de faire le mal, à moins que vous ne soyez aveuglé par une passion quelconque, vous ne croyez qu’au bien. Le monde où je vis en réalité, mon ami, est fait de toute autre sorte que celui où vivez en imagination : ce qui lui paraît tout simple, à lui, vous semblerait indigne, à vous ; ce qu’il croit naturel vous paraîtrait haïssable… Voilà pourquoi j’ai attendu ce soir pour vous faire assister à quelque chose comme à la révélation d’un crime.

— D’un crime ! balbutia Pétrus. Que voulez-vous dire, madame ?

— D’un crime, oui, Pétrus.

— Oh ! murmura le jeune homme, ce que je soupçonne est donc vrai ?

— Que soupçonnez-vous ? Voyons, dites-moi cela, mon ami.

— Eh bien, madame, je soupçonne d’abord que l’on vous a mariée contre votre volonté ; que de votre mariage dépendait la fortune ou l’honneur de l’un des membres de votre famille. Je crois, enfin, que vous êtes victime d’une de ces spéculations atroces permises par la loi, parce qu’elles sont mystérieusement abritées sous le toit discret de la famille… J’approche de la vérité, n’est-ce pas ?

— Oui, dit Régina d’une voix sombre ; oui, Pétrus, c’est cela !

— Eh bien, me voici, Régina, continua Pétrus en serrant les mains de la jeune femme ; vous avez besoin de moi, sans doute ? vous avez besoin d’un cœur et d’un bras de frère, et vous m’avez choisi pour quelque œuvre de dévouement et de protection ? Vous avez bien fait, et je vous rends grâce ! Maintenant, ma sœur bien-aimée, dites-moi tout ce que vous avez à me dire… parlez, je vous écoute à deux genoux !

En ce moment, la porte de l’atelier s’ouvrit brusquement, et la vieille femme de chambre qui, dix-neuf ans auparavant, avait reçu Régina entre ses bras, parut dans l’encadrement de la porte.

Pétrus voulut se relever et se rejeter sur son tabouret ; mais Régina, au contraire, le maintint à la place où il était en lui appuyant la main sur l’épaule.

— Non, restez ! dit-elle.

Puis, se retournant vers Nanon :

— Eh bien, qu’y a-t-il, ma bonne chérie ? dit Régina.

— Pardonnez-moi d’entrer ainsi, madame, dit la vieille femme ; mais c’est M. Rappt…

— Il est là ? demanda Régina avec un accent de suprême hauteur.

— Non ; mais il fait demander par son valet de chambre si madame la comtesse est prête à le recevoir.

— Il a dit madame la comtesse ?

— Je répète les paroles de Baptiste.

— C’est bien, Nanon ; dans cinq minutes, je le recevrai.

— Mais, dit Nanon en indiquant Pétrus du geste, mais monsieur ?...

— Monsieur reste ici, Nanon, dit Régina.

— Mon Dieu ! murmura Pétrus.

— Va porter ma réponse à M. Rappt, et ne t’inquiète de rien, ma bonne Nanon ; je sais ce que je fais.

Nanon se retira.

— Pardonnez-moi, madame, s’écria Pétrus en se dressant tout debout, aussitôt que la vieille femme de chambre eut refermé la porte ; mais votre mari ?

— Ne doit pas vous voir, et ne vous verra point ici.

Et elle alla fermer la porte et pousser le verrou, afin que le comte Rappt ne pût point entrer sans frapper.

— Mais moi ?...

— Vous, vous devez voir et entendre ce qui va se passer, pour que vous puissiez rendre témoignage, un jour, de ce qu’a été la nuit de noces du comte et de la comtesse Rappt.

— Oh ! tenez, Régina, dit Pétrus, je deviens fou ; car je ne vous comprends pas, car je ne devine point ce que vous voulez dire.

— Mon ami, reprit Régina, fiez-vous à moi pour ménager votre cœur, en même temps que j’en appelle à votre loyauté. Entrez dans ce boudoir ; c’est là que j’enferme mes fleurs les plus précieuses.

Le jeune homme hésitait encore.

— Entrez, insista Régina. L’obscurité dont mes paroles sont couvertes, le mystère dont ma vie à venir sera enveloppée, l’insupportable contrainte où nous serions forcés de vivre l’un vis-à-vis de l’autre, si vous ne portiez pas la moitié de mon terrible secret, tout m’impose, à titre de devoir, ce que je fais en ce moment… Oh ! c’est une horrible histoire que celle qui va vous être révélée, Pétrus ! Mais ne jugez pas légèrement, mon ami ; ne condamnez pas avant d’avoir entendu, ne haïssez pas avant d’avoir apprécié.

— Non, Régina, non, je ne veux rien entendre ; non, j’ai foi en vous, je vous aime, je vous respecte… Non, je n’entrerai pas là !

— Il le faut, mon ami ; d’ailleurs, il est trop tard maintenant pour vous retirer : vous le rencontreriez sur votre chemin ; je ne serais pas justifiée près de vous, et je serais soupçonnée par lui.

— Vous le voulez, Régina ?

— Je vous en supplie, Pétrus, et, au besoin, je l’exige !

— Que votre volonté soit faite, ma belle madone ! ma douce reine !

— Merci, mon ami, dit Régina en lui tendant la main. Et maintenant, entrez dans ma petite orangerie, Pétrus : elle a reçu mes plus secrètes pensées, c’est vous dire qu’elle vous reconnaîtra. C’est mon confessionnal embaumé !

Elle souleva la tapisserie.

— Asseyez-vous là, au milieu de mes camellias, près de la porte, pour tout entendre. C’est ma place favorite quand je veux rêver. Les camélias sont à la fois de brillantes et de modestes fleurs du Japon, qui ne vivent bien que dans le demi-jour ; j’aurais voulu naître, vivre et mourir comme elles ! – J’entends des pas ; entrez, mon ami. Écoutez et pardonnez à qui a souffert !

Pétrus ne résista pas davantage : il entra dans la petite orangerie, et Régina laissa retomber sur lui la portière. En ce moment, les pas s’arrêtèrent devant la porte, et, après quelques secondes d’hésitation, on frappa. Puis la voix du comte Rappt demanda :

— Peut-on entrer, madame ?

Régina devint pâle comme si elle allait mourir, et, cependant, la sueur perla sur son front.

Elle essuya son visage avec un mouchoir de fine batiste, respira, puis, d’un pas ferme, allant à la porte et l’ouvrant :

— Entrez, mon père ! dit-elle à haute voix.

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