CHAPITRE XI
LE NÈGRE ARCHITECTE ET MAÇON
Le lendemain matin, on se remit avec ardeur à la construction de la maison, et ce jour-là fut employé à la couvrir. Les planches sciées par Cudjo furent placées d’abord de façon à dépasser de beaucoup les murs, afin de rejeter l’eau très loin; elles furent assujetties à leur extrémité inférieure par une longue perche qui traversait horizontalement le toit d’un bout à l’autre; cette perche fut attachée au moyen de courroies en peau d’élan humectées: précaution qui devait donner ce résultat qu’en se séchant, les peaux, par leur rétrécissement, fixeraient la perche plus solidement aux parois.
Une seconde rangée de planches fut ensuite disposée de façon à recouvrir les premières par leur extrémité inférieure; elle fut attachée à une seconde perche horizontale; puis l’on passa à une troisième rangée, et ainsi de suite jusqu’au faîte, qui, en guise de bouquet traditionnel, reçut un petit drapeau américain qui flottait au milieu d’une touffe de magnolias et donnait vraiment bon air à la construction. Elle était cependant loin d’être achevée, puisque les espaces compris entre les troncs d’arbres qui en faisaient les murs restaient encore à claire-voie. La villa de la clairière ressemblait donc encore plutôt à une immense cage qu’à une maison.
Le jour suivant fut employé à ménager des ouvertures, portes et fenêtres. Pour la porte, Cudjo procéda d’une manière bien simple; il disposa d’abord les poteaux qui devaient la soutenir de chaque côté, et il scia la base des troncs qui se trouvaient entre eux; cette opération fut complétée par la pose de linteaux et de piliers. Les baies des fenêtres furent établies d’une façon analogue. Le nègre scia ensuite dans un grand tulipier la quantité de planches nécessaires à faire une porte et des volets; ces planches, une fois réduites à la longueur convenable, furent assujetties au moyen de chevilles taillées dans le bois si dur de l’acacia épineux. La porte et les fenêtres reçurent ensuite pour serrures peu compliquées, mais suffisantes, des courroies de peau d’élan, et, ce soir-là, tous les ustensiles et la literie que contenait le chariot furent transportés sous l’abri du toit de la maison.
Elle était loin cependant d’être terminée. Le jour suivant fut consacré à construire un foyer et une cheminée. Celle-ci devant se trouver naturellement sur un des bords du toit, M. Rolfe choisit la direction du nord. Le devant de la case regardait l’est. Après avoir enclavé un tronc d’arbre, on y ménagea un espace vide avec la scie jusqu’à la hauteur habituelle d’une tablette de cheminée; par derrière et tout à fait en dehors de la maison, Cudjo construisit un foyer de pierres et de mortier avec un revêtement de même matière. Puis, pour élever la cheminée, il plaça, les uns en travers des autres, des morceaux de bois dur courts et droits. Ces pièces étaient de plus en plus courtes à mesure que l’on approchait du toit; les vides en furent remplis par du mortier, de sorte que l’opération une fois terminée, la cheminée s’éleva au faîte de la maison comme le tuyau d’une petite fabrique, et l’on y alluma un grand feu de souches qui flamba gaiement.
Le lendemain, les interstices de tous les murs furent bouchés avec un enduit fait de copeaux, de pierres et de mortier; il n’y resta pas un trou par lequel une souris pût passer. Quant au sol, qui avait été battu naturellement pendant tous ces travaux, on le joncha de feuilles vertes de palmier, ce qui lui donna un aspect confortable. Ce fut vraiment alors que la famille prit possession de cette maison, qui avait été construite du haut en bas sans employer un seul clou... et pour cause.
«Nous voici tous à l’abri, dit alors M. Rolfe; il faut maintenant construire une écurie à Pompo. Les nuits ne sont pas encore assez froides pour qu’il sente le besoin de reposer à couvert, mais si une bête de proie se glissait, après le soleil couché, dans la clairière, notre pauvre cheval subirait le sort que l’attaque du carcajou a infligé à notre dernier bœuf.»
L’écurie fut l’affaire de deux journées, vu qu’on y employa des troncs déjà coupés et le rebut des planches. Les plus longs ouvrages, c’est-à-dire cheminée et fenêtre, n’y étaient pas nécessaires; sous cette latitude, les écuries n’ont pas besoin d’être calfeutrées avec beaucoup de soin. Cudjo creusa un tronc de tulipier pour faire une auge, et Pompo fut installé dans sa maisonnette, où les deux chiens devaient également coucher pendant l’hiver.
La petite colonie possédait une maison, mais l’intérieur en était nu, sauf les couchettes installées sur des supports de planches; et l’on n’y jouissait pas des aises les plus communes, puisque l’on en était réduit à s’asseoir sur des malles tirées du wagon et à manger, comme autrefois, sur la grande caisse aux provisions. De charpentier à menuisier il y a peu de différence, pensa M. Rolfe, qui entreprit de façonner une table et sept ou huit chaises.
La petite colonie manquait de clous; en revanche, M. Rolfe avait retrouvé dans le coin d’une malle un ciseau, une tarière et quelques autres outils qu’il avait apportés de Virginie, et dont il avait pensé faire usage à la ferme du Caire. Au moyen de ces instruments, Cudjo, qui, selon l’expression de Franck, était sorcier de ses mains, fit des mortaises et des queues d’arondes le plus aisément du monde. Les cornes et les sabots de l’élan servirent à composer de la colle forte excellente. Bientôt le mobilier s’accrut, non seulement du nécessaire, mais de l’agréable, car, outre deux grandes tables, dont l’une avait été expressément commandée par Mme Rolfe, il y eut dans la maison un buffet de planches garni de tablettes, huit chaises et deux petits fauteuils en bambou pour Mary et Louisa.
Pendant cette installation, les castors n’avaient pas été oubliés. De jour en jour ils étaient plus occupés à jeter de grandes branches à l’eau et à les pousser vers leurs huttes pour les provisions d’hiver. La mine bienveillante des colons, qui se promenaient souvent dans leur voisinage, le calme où on les laissait, les avait rassurés peu à peu sur la sécurité de leur refuge, et ils commençaient déjà à s’apprivoiser. Ils ne fuyaient plus à l’approche des visiteurs; les plus hardis s’avançaient même à la rencontre des enfants. Cette confiance détermina M. Rolfe à leur donner un régal qu’ils ne s’attendaient pas à recevoir de ses mains, eux que l’homme n’approche pas sans les détruire.
Cudjo avait montré à son maître de beaux arbres qui croissaient sur le bord de la clairière, assez près de l’habitation. Ils étaient minces, courbés, ne s’élevaient pas à plus de trente pieds, et leurs feuilles ovales étaient d’un beau vert bleuâtre; leurs fleurs avaient la forme d’une rose, bien qu’elles fussent blanches comme neige et que leurs pétales embaumés eussent le satiné mat du camélia. C’était une sorte de magnolier, non pas celui qui est renommé pour ses grandes fleurs, mais une espèce différente appelée magnolia glauca. On le nomme quelquefois sassafras des marais, mais il est plus généralement connu des trappeurs, comme il l’était de Cudjo, sous le nom d’arbre des castors, parce que ces animaux sont si friands de ses tiges et de ses racines qu’on emploie celles-ci dans les pièges que l’on tend à ces animaux.
Dès que le nègre eut fait connaître cette particularité à son maître, tous les deux s’armèrent d’une pique et d’une hache, et, en quelques heures, ils eurent arraché plusieurs souches de magnolias, garnies de fortes racines; puis ils les transportèrent sur les bords du lac. Là, Franck et Henri réclamèrent le plaisir de jeter ces racines dans l’eau du côté des huttes. Aussitôt les castors arrivèrent en foule, et chacun d’eux s’empressa de regagner sa tanière avec une racine ou une touffe entière entre les dents; puis, quand l’emmagasinement fut opéré, tous revinrent joyeusement s’ébattre sur le toit de leurs huttes, en fixant des yeux reconnaissants sur les colons, ravis de cette bonne entente.
Mme Rolfe et les deux petites filles n’avaient pas assisté à cette expédition. Il y avait eu dans son refus un certain air de mystère qui revint au souvenir de Franck et d’Henri pendant qu’on s’acheminait vers la clairière après avoir régalé les castors. Ils se demandaient quelle surprise leur mère, qu’ils avaient vue les jours précédents en conciliabule avec Cudjo, occupés tous les deux à prendre des mesures sur les murs de la maison, préparait. Il y avait eu aussi une certaine insistance qu’ils ne s’étaient pas expliquée, pour leur faire polir une des deux tables avec des morceaux de pierre ponce trouvés dans la vallée. Après avoir été polie comme une glace par ce moyen, cette table avait été couverte en grand honneur d’un châle de Mme Rolfe en guise de tapis. Il avait été convenu que tant de soins n’avaient pas été pris pour les nécessités domestiques, car on mangeait sur l’autre table. Celle-ci était restée solitaire dans un coin qu’on avait surnommé le salon, parce qu’il était loin des lits et qu’un vase garni de magnolias parfumés avait été appelé à orner le milieu de ce guéridon rustique.
Cette apparence de luxe donnait vraiment bon air à la case, mais Franck et Henri ne se trompaient pas lorsqu’ils pensaient que leur mère avait, ce soir-là, quelque chose à leur communiquer. Tout d’abord ils ne songèrent plus, en arrivant à l’habitation, à la surprise supposée qui avait fait le sujet de leur causerie pendant la route; ils avaient gagné de l’appétit, et ils trouvaient le repas dressé sur la pelouse devant la case. Mary et Louisa y avaient traîné les chaises; malgré leur jeune âge, elles se piquaient d’être utiles à leur mère.
On dîna donc fort bien; le menu se composait d’un quartier d’élan et d’un dindon sauvage, accompagnés, en guise de pain, de cosses d’acacia. L’entretien roula, pendant le repas, sur la nécessité d’une nouvelle expédition de chasse, car, pendant qu’on s’était occupé de construire la case, les provisions de tasajo d’élan s’étaient à peu près épuisées; mais lorsque Cudjo eut enlevé les plats, Mme Rolfe invita tout le monde à rentrer dans la maison. Franck et Henri, ramenés à leur soupçon d’agréable surprise, y pénétrèrent les premiers et virent, au-dessus de la table du salon, une étagère de bambou qui supportait une cinquantaine de livres; elle était flanquée de deux cartes pendues au mur par des chevilles de bois: l’une était un planisphère, l’autre une grande carte de l’Amérique du Nord. Un encrier et deux buvards accotaient le vase de magnolias. C’était toute une installation de cabinet d’étude, sommaire assurément, mais à laquelle rien d’essentiel ne manquait.
«Mes chers enfants, dit Mme Rolfe, vous n’avez pas encore eu le temps de vous ennuyer de la vie libre que nous menons ici; mais ce temps-là viendra assurément, si vous n’exercez pas votre esprit. Vous aurez à vous occuper, plus que dans la vie civilisée, des soins de trouver la nourriture de vos corps; mais, sachez-le bien, l’intelligence peut, elle aussi, périr d’inanition. Il y a des besoins de nourriture intellectuelle, comme il y a des besoins de nourriture physique. Si l’on ne pense qu’à cette dernière, on risque de s’alourdir, je dirai même un gros mot parce qu’il est juste: on risque de s’abrutir. C’est là l’écueil de la vie solitaire. Si votre père et moi ne nous étions pas sentis capables de vous instruire à l’aide de quelques livres que nous emportions à Los Mimbres et qui nous sont restés, sachez bien que nous serions partis d’ici, au risque de notre vie à tous, plutôt que de vous exposer à devenir de rudes coureurs de bois, sans culture intellectuelle. Lorsque, par hasard, vous viendrez de mauvaise grâce à l’étude, je vous prie de lever les yeux vers les deux cartes qui sont là; elles vous rappelleront que, si le monde est grand, il n’est après tout que la maison de l’homme, et que celui-ci doit connaître son habitation et s’inquiéter de tout ce qui s’est fait et se fait encore chez lui. Nous voici confinés dans un petit coin de terre. Pour combien de temps? nous l’ignorons; mais si nous devons en sortir jamais, je ne veux pas que mes deux fils soient inférieurs en connaissances aux jeunes gens de leur âge. Quant à mes filles, je réponds d’elles et du plaisir qu’elles ont de m’obéir.
--Depuis que la maison est faite, j’ai déjà appris deux fables, dit Mary, et voilà Louisa qui commence à lire couramment. Si les garçons ne travaillent pas, nous les rattraperons, n’est-ce pas, Louisa?
--Oh! ils sont trop savants!» répondit la petite Louisa en secouant sa tête brune.
Pendant ce temps, Franck et Henri réfléchissaient. Ce n’est pas que l’étude leur déplût, mais, déshabitués, depuis leur départ de Saint-Louis, de toute obligation à cet égard, il leur en coûtait un peu de reprendre la plume en main et de rouvrir leurs cahiers. A force de porter la carabine sur l’épaule, ils s’étaient pris pour de petits hommes, et n’avaient pas prévu le danger, qu’ils sentaient maintenant, de négliger leur instruction. Néanmoins, le regret de renoncer à suivre leur père et Cudjo dans leurs expéditions se fit jour dans leurs premières réponses.
«Maman, dit Franck, nous ferons ce que vous désirez, parce que vous ne pouvez vouloir que notre bien; il me semble cependant que nos courses dans la forêt ne sont pas sans profit pour nous. Avec les explications que père nous donne, est-ce que nous n’apprenons pas l’histoire naturelle sans nous en douter?»
Henri fut encore plus explicite, bien que sans aucune mauvaise humeur. Il alla vers sa carabine, qui était accrochée à la muraille, et, tapant de la main sur la crosse, il lui dit:
«Adieu, toi! Tu es plus lourde qu’un porte-plume, tu pesais davantage à ma main. Nous voici à la maison pour longtemps; pauvre petite, tu t’ennuieras. Ce n’est pas ta faute, si, croyant appartenir à un tireur de profession, tu étais l’arme d’un écolier en vacances.
--Si tu avais le génie poétique, dit Mme Rolfe en riant, tu pourrais rimer ces adieux à ta carabine; ils n’auraient qu’un tort, c’est de tomber à faux. Pensez-vous donc, chers enfants, que je puis vous garder toute la journée ici à pâlir sur des livres, tandis que votre père et Cudjo se fatigueraient au dehors à chercher seuls de quoi nous faire vivre tous? Non, ce que je vous demande, c’est de consacrer deux ou trois heures par jour, matin ou soir, à vos études. Si vous y travaillez de bonne grâce, avec intérêt, cela, joint à nos conversations, que nous tâcherons de rendre aussi instructives que possible, vous amènera à posséder la somme de connaissances indispensables. Vous serez donc de vrais hommes au dehors pour aider votre père, et des écoliers ici quand vous viendrez vous reposer de vos fatigues. Vous verrez que rien ne délasse le corps comme l’exercice de l’intelligence.»
Les deux jeunes garçons se jetèrent dans les bras de leur mère.
«Oh! de cette façon, dirent-ils, tout sera plaisir pour nous.
--D’ailleurs l’hiver approche, poursuivit M. Rolfe, et, bien qu’il ne soit ni long ni rigoureux dans cette région, vous verrez combien les livres sont d’agréables compagnons lorsqu’on ne peut pas sortir. Ils nous feront passer d’heureux moments; grâce à eux, le monde entier défilera dans notre solitude, et nous y vivrons en bonne et nombreuse compagnie, y recevant les grands hommes du temps passé.
--Et même, reprit la mère de famille, lorsque nous serons las d’apprendre et que nous nous sentirons le goût de divertissements, nous pourrons sans difficulté aller au spectacle...
--Oh! cela, dit Henri en éclatant de rire, c’est bien difficile.
--Pas du tout; j’ai retrouvé quelques tragédies de Shakespeare et d’Otway, puis des pièces de Corneille et de Racine; vous savez assez bien le français; vous continuerez à l’apprendre, et nous jouerons la tragédie entre nous.
--Oh! moi aussi, maman, dit Mary.
--Toi, dit Franck, auquel ce projet souriait, tu feras le petit Joas dans Athalie, et Cudjo... oui, Cudjo fera Mathan; il aura le visage aussi noir que l’âme; maman sera Josabeth, et papa Joad. Mais qui fera Athalie?
--Le public ne se montrera pas difficile, répondit Mme Rolfe; je me chargerai, au besoin, des deux personnages, et me donnerai la réplique à moi-même.»
Franck et Henri s’emparèrent si vite de ce projet, que, séance tenante ils allèrent à l’étagère, qu’ils auraient cru ne pouvoir approcher sans bâiller un quart d’heure auparavant, pour y chercher le volume de Racine, afin d’expérimenter la diction de Cudjo. Le nègre, par hasard, savait le français, ayant servi chez un planteur de cette nation, mais il le parlait à la créole, c’est-à-dire fort mal.
Ce fut une scène de fou rire que cette répétition. Cudjo se prêtait de bonne grâce à la fantaisie de ses deux jeunes maîtres; mais il ne pouvait lui-même tenir son sérieux en estropiant les hémistiches, qu’il ne comprenait pas du tout: aussi Franck dit-il gravement, quand l’hilarité générale se fut apaisée:
«Nous sommes trop peu dans notre troupe de tragédie pour nous passer d’un acteur. Il faut que Cudjo apprenne à parler comme tout le monde, et qu’il sache un peu de quoi il s’agit dans cette tragédie. Je me charge de cela.
--C’est une éducation à prendre par le pied, dit M. Rolfe. Je trouve l’idée excellente, car, en instruisant Cudjo, tu aideras à ta propre instruction. Cudjo est jeune, il peut apprendre, s’il le veut.
--Cudjo bête comme sa lance indienne, dit modestement le pauvre nègre. Cudjo ne sait rien...
--Que bâtir des maisons, faire des chaises, chanter de très jolies chansons, dit sa petite amie Mary.
--Eh bien! je lui apprendrai à lire, à écrire, dit Franck; je me charge de lui, ce sera mon élève, et je veux qu’il me fasse honneur.
--Ce sera pour moi l’honneur, dit Cudjo, mais bon nègre aura tête trop dure, peut-être.
--Bah! bah! nous verrons bien; je gage que, quand nous reviendrons dans le monde civilisé, il en saura autant que nous; alors Cudjo, tu vaudras un homme blanc, car, vois-tu, c’est l’instruction, le savoir, qui établissent la supériorité entre les hommes, et non pas la couleur de leur peau. Maman, vous aviez bien raison de vouloir nous faire étudier. Notre vie va être complète, grâce à cette idée, n’est-ce pas, Henri?»
Henri approuva son frère. A partir de ce jour-là, l’étude alterna avec les excursions, et Cudjo se montra d’une intelligence si souple, que les deux jeunes gens lui donnèrent un petit nom d’amitié et s’amusèrent à l’appeler le docteur. Cudjo riait de ce gros rire qui montrait ses dents éblouissantes. De leur côté, les parents se réjouissaient de cette émulation au travail, qui se communiquait jusqu’aux petites filles et entretenait en belle humeur toute la colonie de l’oasis.