les disciples
Si l’on excepte Gautier, qui appartient à la génération antérieure, et Mendès dont la nature poétique, toute d’influence subie, exclut toute influence exercée, chacun des grands Parnassiens, Tétrarques ou Épigones, est entouré plus ou moins de brillants seconds qui donnent au Parnasse son volume d’école et sa caisse de résonance. Autour de chaque prince paraissent de grands officiers.
Il y a un rayonnement et une école considérables de Leconte de Lisle. Elle commencerait à Victor Hugo lui-même : les Poèmes antiques ne paraissent pas avoir été sans influence sinon sur l’inspiration, du moins sur le dessein de la Légende des Siècles, non plus que les Émaux et Camées sur les Chansons des Rues et des Bois. On doit nommer tout d’abord Louis Ménard (1822-1901), ami, contemporain, coreligionnaire politique et compatriote alexandrin de Leconte de Lisle. Comme Leconte, Ménard ne pense pas que l’humanité ait rien acquis d’utile depuis les Grecs. Le retour à l’Hellade est son alpha et son oméga. Plus subtil, plus érudit, il est bien moins poète, et c’est son hellénisme plus que son métier qui nous autorise à voir dans l’auteur des Rêveries d’un Païen mystique un Parnassien : louons en lui le poète gnomique, appelons-le le Théognis du groupe, ce sera suffisant.
Si Ménard est le compatriote alexandrin de Leconte de Lisle, nous trouvons en Léon Dierx, moins métaphoriquement, son compatriote de la Réunion et son fidèle compagnon de Paris. Âme haute et pure, vieux poète étranger à toute autre chose que le culte de la poésie, comme un président de la République est généralement un vétéran éprouvé des luttes républicaines, de l’idéal laïque et démocratique, le zèle parnassien de Mendès valut à Dierx presque la même année que Loubet, en 1898, d’être élu, après la mort de Mallarmé, président de la République poétique, soit prince des poètes. On convint qu’il était « apprécié de l’élite ». Son cas ressemble à celui d’Élémir Bourges, figure, lui aussi, de l’honneur littéraire, et moins lu que vénéré. Les anthologies poétiques sont faites pour ces natures secondes qui ont eu une ou deux fois d’heureuses inspirations : les Filaos de Dierx ne sont pas indignes de la Bernica de Leconte de Lisle, et son Lazare ressuscité suit d’un pas respectueux son maître le Nazaréen.
Anatole France figurerait presque au même titre que Mendès et que Ricard dans les origines du Parnasse, puisque, comme lecteur de Lemerre, il fut chargé du Troisième Parnasse contemporain, en fit exclure en leur donnant des notes sévères Mallarmé et Verlaine, y publia des vers, parmi lesquels les Noces corinthiennes, y parut, et comme artiste et comme helléniste, le disciple de Leconte de Lisle, avec une ligne plus simple et plus humaine. Les Poèmes dorés (1873) restent un des meilleurs recueils du Parnasse. Plus tard France se brouilla avec Leconte de Lisle au point que le vieux poète le provoqua en duel. France avait abandonné les vers, la trentaine passée de peu. Par paresse, semble-t-il, et ce fut dommage. Il était doué. On admire avec raison le poème des Cerfs. Madame de Caillavet, si elle eût aimé les vers, lui eût fait écrire aussi bien d’autres Cerfs que le Lys rouge (ce poème et ce roman sont faits d’ailleurs sur le même thème).
Leconte de Lisle mettait très haut le vicomte de Guerne qui l’imitait consciencieusement et infructueusement dans des volumes d’histoires en vers : l’Orient antique et l’Orient grec, linceuls pour dieux morts, lieux communs des petits Parnassiens, qui n’y ont enseveli qu’eux-mêmes.
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Les vrais disciples de Baudelaire sont les poètes symbolistes, et d’abord et surtout Mallarmé. Néanmoins Maurice Rollinat (1846-1903) nous garde assez bien l’idée de ce que pouvait être certain baudelairisme du dehors, tel que l’imaginait Brunetière, avec des horreurs, des hystéries, des névroses et du macabre. Rollinat a de l’invention, le sens des fantômes, des brandes et du frisson des nuits : mais la faiblesse de sa langue, l’insuffisance de sa poétique, voilà qui ne nous permet de le laisser dans un coin du Parnasse qu’à condition qu’il s’y fasse oublier.
L’influence de Baudelaire s’exerce beaucoup plus d’une façon diffuse, par une lente transformation de la vision poétique, que par des disciples et des imitateurs patents. Du fait même de la quarantaine où le tenait la critique universitaire, et parce que, par exemple, quand Gidel était proviseur du lycée Louis-le-Grand, la saisie des Fleurs du Mal dans les mains d’un rhétoricien était un cas d’expulsion, la découverte de Baudelaire, l’action de Baudelaire, ont pris, pour les générations de la fin du XIX siècle, une grande importance. Le poète de ce temps qui nous fournirait la plus claire figure du baudelairien moyen, sur la frontière du Parnasse et du symbolisme, serait Albert Samain, tout au moins le premier Samain, celui du Jardin de l’Infante (1894), un des plus grands succès poétiques de ce temps (quatre-vingt mille exemplaires à ce jour). Flamand timide et maladif, vivant dans les limites, les joies et les devoirs de la bureaucratie parisienne (celle de l’Hôtel de Ville, où les littérateurs sont nombreux), c’est par un malentendu, et parce qu’il fut des premiers collaborateurs du Mercure, qu’on le compte parmi les symbolistes. Sa poésie claire et plastique, de forme liée, impeccable, artiste, ne révèle qu’un carrefour parfait d’influences parnassiennes, une étoile de routes dans une belle forêt. L’article de Coppée qui le fit connaître et célébrer en 1894, c’était exactement la transmission d’un aîné parnassien à un Épigone de la même école.
Àl’auteur des Odes funambulesques on rattachera naturellement la poésie des prodigues et des virtuoses de la rime. Entre les grands Parnassiens, Banville est sans doute celui dont les disciples demeurent le plus agréables. Pourquoi Charles Monselet, qui a publié en 1881 ses Poésies complètes, est-il exclu de toutes les anthologies ? C’est un des princes de la prosodie (voyez les Créanciers) et de la poésie gastronomique (les sonnets du Cochon, de la Truite, de l’Asperge, du Godiveau croquent délicieusement sous la dent). Émile Bergerat, qui, au théâtre comme à la ville, jongla avec les rimes
(Il appert du cachet que cette cire accuse
Que le vin que voici provient de Syracuse)
a joué sympathiquement les utilités à ces Funambules du vers. Ceux qui aiment le Roman comique et le Capitaine Fracasse auront toujours un souvenir et une heure de lecture pour le cher Albert Glatigny, qui les a vécus. Et le vrai successeur de Banville est né en 1848, il est encore heureusement des nôtres. C’est Raoul Ponchon, qui a écrit cent cinquante mille vers de chronique rimée pour le Courrier français et le Journal, verveux, solides, éclatants. Une des rares déclarations de Jean Richepin qui mérite d’être méditée est celle-ci :
Vous ne serez qu’une aubergine
Si vous n’avez pas lu Ponchon !
Je remplace ici vu par lu : car vous n’aurez pas toujours Ponchon parmi vous, tandis que la Muse au Cabaret, le seul livre qu’il ait daigné extraire de ses chroniques, durera toujours pour les bons lecteurs et les bons buveurs.
Dans cet aimable quartier du Parnasse, non loin de Glatigny, on rangera Léon Valade, funambule à la suite, dont le verre ne fut pas grand, mais qui en eut un bien à lui, la flûte à champagne du triolet. La chronique des années 1880, en triolets signés Silvius, dans la revue la Jeune France, vaut presque la chronique rimée de Ponchon. Louis Marsolleau, Hugues Delorme, ont brillé dans ce journalisme en vers, où la rime fait une partie du comique. L’auteur de Rimes d’audience, Henry Spiess, figure poétique et lunaire, y prendrait facilement place. En 1930, le représentant le plus brillant de cette lignée banvillesque, héritier de la grâce de Banville, de son incroyable facilité pour tout mettre en vers, c’est Tristan Derème, incarnation contemporaine de l’ancien Pierrot, auteur de ces Poèmes de la pipe et de l’escargot, qui s’en vont en spirales, comme la fumée de l’une et la trace d’argent de l’autre, et de l’Enlèvement au clair de lune, dont le titre est tout un programme. Quant à ceux qu’on appelle aujourd’hui les poètes fantaisistes, c’est tout autre chose, et même tout le contraire.
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Si on s’amusait à appeler les disciples de Banville les poètes funambules, on devrait observer les distances en nommant ceux de Sully Prudhomme les poètes penseurs. Il y en a de fort distingués. Rappelons le nom éminent d’un précurseur de Sully, madame Ackermann, qui, née en 1813, appartient à la génération romantique, mais publie encore en 1872 ses Poésies philosophiques et ne meurt qu’en 1890. Et ce nom nous indique que la muse pensive n’a rien du tout de la Muse au Cabaret. Cette muse est pessimiste radicalement avec la schopenhauérienne qu’est madame Ackermann, virilement avec Sully Prudhomme, métaphysiquement avec le poète de l’Illusion, Jean Lahor, qui, de l’Inde décorative de Leconte de Lisle fait descendre la poésie dans l’Inde des philosophes. Cependant les vrais disciples de Sully Prudhomme, ceux qui forment avec lui un groupe harmonieux et solide, seraient bien plutôt ces poètes sans grand lyrisme ni virtuosité, mais très cultivés, toujours soucieux de faire affleurer la pensée jusqu’au bord de leurs vers sérieux et pleins, ces praticiens mélancoliques et subtils de la vie intérieure, généralement universitaires, et à qui la muse offre des repos entre des œuvres de critique, une vie pour soi dans les intervalles d’une vie pour autrui. C’est le critique d’art Georges Lafenestre, dont le dernier recueil, Images fuyantes (1902), contient nombre de pièces solides, d’une émotion bien humaine et d’un beau style. C’est le professeur d’anglais Auguste Angellier, dont le nom restera comme celui de Heredia et de Sully Prudhomme dans l’histoire du sonnet français, et dont les cent soixante-dix sonnets de l’Amie perdue font une manière de Petrarque flamand ; le latiniste Frédéric Plessis, un M. Bergeret plus viril, dont les vers souvent nous font toucher du doigt l’endosmose du vers latin d’humaniste, et de l’alexandrin français, un poète scolaire ou scholarque au sens le meilleur du mot. À ce groupe penseur on joindra volontiers Auguste Dorchain, disciple préféré de Sully Prudhomme, dont il gagna le cœur par le titre et le sujet de son premier livre, la Jeunesse pensive. La tradition de ce quartier poétique serait aujourd’hui maintenue par Fernand Gregh, dont le bon métier date un peu, mais dont les meilleures pièces nous rendent fort bien ce qu’on a appelé l’émotion de pensée, une des saines habitudes de la poésie à la fin du XIX siècle.
Ce n’est que très conventionnellement qu’on peut rattacher au Parnasse tant de poètes intelligents et analystes, attentifs d’ailleurs à la tenue du vers, qui poussent sur les confins des penseurs et des inquiets, à égale distance de Sully Prudhomme et de Baudelaire. Nommons, entre les personnalités de ce tiers-parti, Paul Bourget, qui de 1872 à 1882 écrivit quatre livres de poèmes qui furent goûtés plus pour le ton direct et prenant de la confession que pour la forme, qui est sans grâce : les titres du second, la Vie inquiète, et du dernier, les Aveux, sont exacts et significatifs ; Georges Rodenbach, le poète de Bruges, accordé admirablement à tout l’être de sa ville, comme Baudelaire à Paris, Jammes à Orthez, mais ainsi qu’eux purement poète français, qui dans la Jeunesse Blanche, le Règne de Silence, le Voyage dans les Yeux, les Vies encloses, a fait entrer exactement tout ce qu’annonçaient les titres. Le reflux de la mode, la décroissance, depuis trente ans, d’une célébrité momentanée, semblent avoir replacé ses poèmes dans la poussière, les vieilles choses, les mobiliers ternis, dont ils ont besoin, éteint ce qui veut être éteint, mis du désuet dans les armoires de cet amoureux de la durée. Charles Guérin, qui, n’ayant écrit qu’un seul essai de critique, l’a fait tout naturellement sur Georges Rodenbach, et qui, par la pureté des vers, par son don de musique, par la qualité de sa tendresse et de sa mélancolie, par un sens nu, complet, unique, de la vie intérieure, reste entre tous ces poètes celui qui a fait naître et conservé le plus d’affections longtemps et encore fidèles. Par delà Rodenbach et Sully Prudhomme, Guérin rallie une tradition lamartinienne. Ce Lorrain serait peut-être le grand lamartinien de son temps, si son compatriote Barrès n’existait pas. Fils du premier Lamartine seulement, celui qui finit avec les Harmonies. Chez lui, pas d’autre génie oratoire que celui de l’oratoire à prière ! Ce sont les Novissima Verba qu’évoque Nuit sombre, nuit tragique. Et l’admirable Lettre à Francis Jammes, le chef-d’œuvre de l’ « épître » au XIX siècle, se place bien au-dessus de celles de Lamartine et de la Lettre à Lamartine de Musset.
Rodenbach, Angellier, Guérin, forment un trio parfait et mesuré d’intimistes du Nord. Sur des frontières plus incertaines, entre l’école de Sully Prudhomme et celle de Coppée, on voit les poèmes, plus extérieurs, d’André Rivoire, auteur du Songe de l’Amour, ceux, plus traditionnels, d’Adolphe Boschot (Poèmes dialogués) et cette Maison des glycines d’Émile Despax qui évoque un Charles Guérin moins angoissé, moins pénétrant, plus ensoleillé. Ce groupe intellectuel, ces lévites et ces clercs de la vie intérieure, cette jeunesse pensive, inquiète ou blanche, elle mérite, dans un pays catholique, son aumônier. Il semble qu’il lui ait été donné en la personne de l’abbé Louis Le Cardonnel, l’auteur des Carmina Sacra, qui a mené ensemble la vie du poète et la vie du prêtre, sans que rien de l’une périclitât par l’autre, aire favorisée de contrastes, à la fois parnassien et symboliste, franciscain et vivant robuste, chrétien de goût et de foi, païen de sensibilité, et qui n’a pas plus choisi entre les beautés créées que Dieu lui-même ne l’a fait en les créant toutes.
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L’école de Coppée, comparée au cirque des funambules et au jardin académique des penseurs, paraît une école plutôt primaire. Elle compte pourtant un inspecteur général de l’Université, Eugène Manuel, auteur des Poésies de l’École et du Foyer, dont la Robe et autres récits sentimentaux à douze pieds ont trop sévi sur notre enfance pour que nous puissions en parler ici avec l’impartialité qui sied au disciple d’Aristarque. Le nom de Jacques Normand vous dit-il quelque chose ? Je crains que non. C’est pourtant le meilleur élève de Coppée. La Gervaise peut, à droite d’une pendule, faire pendant au Naufragé. Les titres des recueils de Normand À tire-d’aile, les Moineaux francs, les Visions sincères sont interchangeables avec ceux de Coppée. Ses Écrevisses furent célèbres :
J’aurais voulu que tu la visses,
Mangeant des pattes d’écrevisses
En cabinet particulier.
Ne sont-elles pas les cousines germaines du petit homard des Batignolles, que mange une grisette qui, entraînée chez Brébant par un galant dangereux,
D’un unique homard avait fait trois heureux,
Car elle avait gardé les pattes pour sa mère.
Au fait, le petit homard des Batignolles est-il bien de Coppée ? La parodie qui a abondé autour de lui, voilà sans doute un des produits gais, vivants de son école. Mais entre ses disciples plus respectables, n’oublions pas les poètes patriotiques. Si Coppée a écrit la Lettre d’un Mobile breton, les premières poésies de Jacques Normand seront les Tablettes d’un Mobile. Le légendaire bonnet à poil de Coppée est exactement dans la tradition de Béranger, poète de Paris. Et si, vous souvenant de ce que les gares de l’Est et du Nord, depuis l’arrivée de Victor Hugo le 5 septembre 1871, jusqu’à la mobilisation du 2 août 1914, ont représenté pour le peuple de Paris, vous voulez bien penser sans ironie que l’omnibus à chevaux Montrouge-Gare-de-l’Est, par les boulevards de Sébastopol et de Strasbourg, avec François Coppée sur l’impériale, passait vraiment par une voie géographique de la poésie parisienne, analogue au Val de Loir ronsardien ou à la route lamartinienne de Bourgogne, je ne trouverai pas cela si ridicule.
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Nous avons dit qu’on ne saurait, avec la meilleure volonté du monde, grouper une école autour de Mendès, en poésie le type même de l’héritier et de l’Épigone. Ce n’est même pas un funambule, car le fondateur de la Revue fantaisiste ne manqua de rien plus que de fantaisie. Mais comme conteur intarissable, et d’ailleurs goûté, son nom figura trente ans dans les journaux presque côte à côte avec celui d’Armand Silvestre. L’Homme tout nu ou Pour lire au bain de Mendès ont fait pendant au Commandant Laripète et aux Histoires joviales de Silvestre. Et pareillement leurs milliers de vers parnassiens, dont Silvestre écrivit une dizaine de volumes, sans compter autant de drames en vers. Ils ont laissé dans les lettres deux noms de bazars. Les deux bazars littéraires, aussi variés, aussi brillants, aussi achalandés l’un que l’autre, se complétaient l’un l’autre, l’un au coin du quai, l’autre un peu plus haut. Avec tout cela, Silvestre, comme Mendès, a adoré la poésie, d’un bel amour pur, qui ne trompe pas. Le cœur de l’homme n’est pas simple, le cœur du poète moins encore. Avec plus ou moins de succès, dans les conditions variées que leur faisaient leurs fortunes, tous les Parnassiens ont eu ceci de commun qu’ils ont aimé généreusement la Muse, ne l’ont jamais trahie sans remords, ont fait, derrière leurs bannières et leurs saints, une corporation de métier, d’allure antique, de volonté unanime. Le regard aujourd’hui ne retrouve pas sans admiration cette procession stylisée sur des bas-reliefs et des vitraux. Vieux Parnassien ! Ce mot rend encore, sous la plume, un son authentiquement noble, comme sonnent Vieux de la Vieille ou Vieux républicain de 1848. Ces hommes de métier ont institué une manière de franc-maçonnerie du vers, un honneur poétique éclatant. Décorateurs, inquiets, baudelairiens, funambules banvilliens, ou penseurs sullistes, voire Prudhommes, groupes de l’Arsenal ou de Montrouge, tout cela distribuait sur le vieux Parnasse des figures aussi contrastées, des natures aussi complémentaires, que les neiges d’été, les rochers, les forêts, les champs de fleurs et ceux de pommes de terre. Grandis dans l’atmosphère du second Empire et de la Revanche, ce n’est pas un hasard si tous ces poètes nous laissent une image de beaux, braves et probes officiers en retraite. Ils ont servi !