‹ L’Esclavage des noirs ou l’Heureux NaufrageChapitre 25 sur 35 · Scène III.

Scène III.

ZAMOR, MIRZA, VALÈRE.

VALÈRE.

Ômes bienfaiteurs ! Il faut vous ſauver. Profitez de ces inſtants précieux que vos camarades vous procurent. Ils bouchent les chemins, répondez à leur zèle & à leur courage ; ils s’expoſent pour vous, fuyez dans un autre climat. Il ſe peut que mon épouſe n’obtienne pas votre grace. On voit pluſieurs troupes de ſoldats s’approcher d’ici : vous avez le tems d’échapper par cette colline. Allez, vivez dans les forêts : vos ſemblables vous ouvriront leur ſein.

MIRZA.

Ce François a raiſon. Viens, ſuis-moi. Il nous aime ; profitons de ſes conſeils. Cours avec moi, cher Zamor ; ne crains point de revenir habiter dans le fond des forêts. À peine tu te rappelles nos loix, & bientôt ta chère Mirza t’en retracera la douce image.

ZAMOR.

Eh bien ! je cède. Ce n’eſt que pour toi que je chéris la vie. (Il embraſſe Valère.) Adieu, le plus généreux des hommes !

MIRZA.

Hélas ! il faut donc que je vous quitte ſans avoir le bonheur de me jetter aux pieds de votre épouſe !

VALÈRE.

Elle partagera vos regrets, n’en doutez point ; mais fuyez des lieux trop funeſtes.

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