‹ L’Esclavage des noirs ou l’Heureux NaufrageChapitre 26 sur 35 · Scène IV.

Scène IV.

les Précédens, SOPHIE, ESCLAVES.

SOPHIE, ſe précipitant dans les bras de Valère.

AH ! mon ami, remercions le Ciel : ces victimes ne périront point. Madame de Saint-Frémont m’a promis leur grace.

VALÈRE, avec joie.

Grand Dieu ! quel comble de bonheur !

ZAMOR.

Ah ! je reconnois à ce procédé ſa belle ame. (À Valère.) Étrangers généreux, que le Ciel comble vos deſirs ! L’Être ſuprême n’abandonne jamais ceux qui cherchent à lui reſſembler par la bienfaiſance.

VALÈRE.

Ah ! que vous rendez nos jours fortunés !

MIRZA.

Que nous ſommes heureux d’avoir ſecouru ces François ! Ils nous doivent beaucoup ; mais nous leur devons encore plus.

SOPHIE.

Madame de Saint-Frémont a fait aſſembler ſes meilleurs amis. Je l’ai inſtruite de leur innocence ; elle met tout le zèle poſſible à les ſauver. Je n’ai eu aucune peine à l’intéreſſer en leur faveur ; ſon âme eſt ſi belle, ſi ſenſible aux maux des malheureux !

ZAMOR.

Son reſpectable époux l’égale en mérite & en bonté.

SOPHIE.

Je n’ai pas eu le bonheur de le voir.

ZAMOR, allarmé.

Que vois-je ? des ſoldats qui arrivent en foule ! ah ! c’en eſt fait ! vous vous êtes abuſés, généreux François, nous ſommes perdus.

SOPHIE.

Ne vous allarmez point, il faut ſavoir…

VALÈRE.

Je les défendrai au péril de ma vie. Hélas ! Ils alloient ſe ſauver lorſque tu es venu les raſſurer. Je vais ſavoir de l’Officier qui commande ce détachement, quelle eſt ſa miſſion.

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