Scène III.
VALÈRE, ſeul, entre par le côté oppoſé à celui où Mirza eſt ſortie.
Rien ne paroît ſur les vagues encore émues. Ô ma femme ! tu es perdue à jamais ! Eh ! pourrois-je te ſurvivre ? Non : il faut me réunir à toi. J’ai recueilli mes forces pour te ſauver la vie, & j’ai ſeul échappé à la fureur des flots. Je ne reſpire qu’avec horreur : ſéparé de toi, chaque inſtant redouble mes peines. En vain je te cherche, en vain je t’appelle : Ta voix retentit dans mon cœur, mais elle ne frappe pas mon oreille. Je te ſuis. (Il deſcend avec peine & tombe au fond du Théâtre appuyé ſur une roche.) Un nuage épais couvre mes yeux, ma force m’abandonne ! Grand Dieu, accorde-moi celle de me traîner juſqu’à la mer ! Je ne puis plus me ſoutenir. (Il reſte immobile d’épuiſement.)